yj ^ ^S ,-lffc»? t'î^Nit.''' L "^ ilW li f ..,-4 ■jo^Lp w ,.a-'i"^ «. T* * .T ^B u ^ SIS: yp"*. ^ lA "- ■»# 1 ^* - ^^ W' ^ ;, * «>iN mm m if \.:^:f «%:> ^l.'^^'^l^ •■;%.■)-#' "»■" * ^ '.■VvV ^^^.^ -'4^''- ^'M^^'^^ ^^-^'-^^^^^ ■Oif i.' ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. ANNALES IDE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. r M E SIX î È M E. Xyluia imxiinc niir;inila in miniuiisi. CHEZ F. C. LEVRAIILT, ÉDITEUR, RUE DE LA HARPE, N° 81; A STRASBOURG, MÊME MAISON, hue des juifs, n- 33. 1S37. ANNALES DR LA SOCIÉTÉ ENTOMOLO^i^IQUE ESSAI POUIr servir a L'HISTOIRE DES SOCIÉTÉS ENTOMOLOGIQUES, PAR M. Laporte de Castelnau. {Séance du ai décombu' i836.) S'il est vrai, ain.sl qu'on l'a couvent publié, que les hauts enseignements de l'histoire sont rarement utiles à l'éduca- tion des peuples, il n'en est pas ainsi des réunions particu- lières, soit qu'elles aient pour but des opérations commer- ciales , soit qu'elles aient pour destination de répandre le goût d'une partie quelconque des connaissances humaines, tlffectivement, dans le premier cas, l'intérêt particulier est, pour ainsi dire, perdu dans la cause générale, et chacun est habitué h suivre ses intérêts propres eu dehors de ceux com- muns à tous. t) ANNALES Dans les sociétés particulières, au contraire, le nombre des membres étant nécessairement très-borné, l'intérêt de chacun occupe une place plus grande, et se lie, par consé- quent, d'une manière plus intime avec l'ensemble général. Telles sont les réflexions fjui m'ont amené à croire qu'une courte notice sur les diverses sociétés savantes consacrées spécialement à l'entomologie, qui ont existé ou qui existent dans les diverses contrées de l'Europe, pourrait attirer l'a!- tcntion de la Société, et serait digne de son intérêt. Leur nombre est beaucoup plus grand qu'on ne le pense généra- lement , et leur origine reuîonte h une époque déjà assez reculée. Une grande partie des détails dans lesquels je vais entrer, est empruntée au joli petit oinrage de M. Newman, ayant pt)i;r titre : The ùrnmniar ofE}}lomology,Gvctinmixiie- d'Entomologie. La première tentative de ce genre dont on ait connais- sance est la Société Aurélienne. On ignore l'époque de sa formation; mais Harris nous apprend qu'elle prospérait en ly/f^. Tout ce que l'on en sait, c'est que les membres se réiinissaicnl à la taverne du Cygne. Trois ariuées après, en 174^.- le grand incendie de Cornhill consuma entière- ment le lieu des réunions, et délruisit la bibliothèque et les collections de la Société, ainsi que ses statuts. Le hasard voulut qu'elle fut réunie en ce monicnt au lieu de ses séances, et telle fut la rapidité et la l\i«eur des flanmics. que les membres eurent beaucoup de peine à s'y dérober, et qu'ils s'enfuirent en abandonnant leurs cannes et leurs chapeaux. Cette catastrophe les découragea tellement , que , bien que plusieurs réunions préparatoires aient eu lieu par la suite pour réorganiser une nouvelle Société, elles ne purent jamais réunir un nombre suffisant de mem- bres, et que, pendant quatorze annétîs, aucune tentative de ce genre ne fut couronnée de succès. Enfin, en 17O?, une DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 7 nouvelle Soclélé Aurélienne fut établie h Londres; on ne sait le temps qu'elle dura; mais en 1766 , Harris lui dédia un outrage intitulé : yîurelian. La Société Entomologique de Londres date de 1780; elle exista jusqu'en août 1782. A celte époque les réunions se discontinuèrent. Deux des membres, MM. Teuley etBeulIey, possédaient, dit-on, de belles collections : le premier de Lcpidoptcrcs, et le second de Coléoptères. L'année 1801 vil se créer la troisième Société Aurélienne. Elle se forma sous l'égide de M. Haworlh , qui devait lui abandonner sa beile collection dès que le nombre des mem- bres atteindrait vingt, ce qui n'eut jamais lieu. Le but prin- cipal de celte réunion était de former une collection mo- dèle d'insectes d'Angleterre; d'établir, d'une manière po- sitive , le nom et la synonymie des espèces; de faire con- naître les mœurs et les métamorphoses de chacune; de dé- crire celles qui seraient nouvelles, el de chercher les moyens d'arrêter les ravages que les insectes font si souvent éprouver h l'agriculture. Pour faire partie de la Société, il fallait être reçu h l'unanîmilc; le récipiendaire devait abandonner à la collection commune ions les produits entomologiqucs qu'il possédait el qui manquaientà celle-ci. Il recevait, en échange, soit des doubles d'insectes, soit de l'argent, s'il le préférait. Par ce moyen, disent les staluls, la collection doit arriver au dernier degré de perfection, et les collections parlicu- liè.res de chacun des membres éprouveront un accroisse- ment notable. Mais ces belles espérajices ne se réalisèrent pas : la dissolution eut lieu en avril 1806, et M. Haworth garda sx» colleclion. La cinquième tentative de ce genre eut encore lieu h Londres, sous le nom de Société Entomologique : elle date de la même année 1 80G. Elle était formée, à peu de chose près, des mêmes membres que h précédente; mais les slft 8 ANNALES tuts étaient modifiés, et personne n'était plus obligé de sa- crifier sa collection particulière. M. Ha-vvorth offrit seule- ment à la nouvelle réunion une partie de ses doubles; les séances se tinrent à des époques régulières , et trois fasci- cules de Transactions furent publiés en 1812; mais, vers cette époque, la perte de plusieurs membres influents amena le désordre dans la Société, et après i8ï3 il n'y eut plus de réunions régulières. En 1822, se forma la Société Entomologique de la Grande- Bretagne, qui ne dura que deux années, et se réunit ensuite, comme section, au Club zoologique de la Société Linncenne de Londres. Trois années après apparut, toujours h Londres, le Club entomologique, formé seulement de huit membres, qui ne pouvaient, d'après les statuts, s'adjoindre de nouveaux con- frères. Les réunions ont toujours eu lieu, depuis, l'égulière- ment tous les mois, jusqu'en i856, que le club subit une réorganisation complète, ainsi que nous le verrons bientôt. Dans cet intervalle, deux vacances seulement ont eu lieu par la mort des titulaires, et ont été aussitôt remplies par ja voie de l'élection. Dans l'hiver de i83i à i852, le club décida qu'une revue trimestrielle consacrée à l'Entomologie serait publiée sous son patronage, bien que toute personne s'adonnant à l'étude de celte partie de la zoologie, pût, avec une égalité parfaite , y faire insérer ses travaux. Ce recueil porte le nom (VEntomological Magazine , et a tou- jours paru avec une parfaite régularité. Cette collection forme en ce moment dix-sept numéros , répartis en quatre volumes. La première année fut éditée par MM. Westley et Davis; la seconde par M. Walker, et la troisième par M. Newmann. Cet ouvrage renferme une immense quantité de mémoires consacrés, pour la plupart, à l'étude des pro- duits entomologiques de l'Anglclerre. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 9 Toutes les sociélés dont il a été question jusqu'ici avaient eu pour patrie l'Angleterre, et ce ne futAue vers la fin de l'année 1802 que quelques entomologist^lVançais se dé- cidèrent enfin h essayer une entreprise de ce genre, h la- quelle ils songeaient depuis long-temps, mais dont le ber- ceau semblait devoir être entouré de tant de dilïlcultcs , qu'ils avaient toujours , jusqu'à cette époque , remis à un temps plus favorable l'accomplissement du plus cher de leurs vœux. Les réunions préparatoires eurent d'abord lieu chez M. Percheron : cinq entomologistes seidement y assis- taient; puis, chez M. le baron Feisthamei , au nombre de sept d'abord, nous fûmes bientôt une douzaine. Enfin, le 01 janvier 1802, une séance solennelle eut lieu, et la So- ciété Entomologique de France fut déclarée constituée. Plusieurs membres se souviennent encore de cette pre- mière réunion , dans laquelle le savînt illustre, que la voix publique a appelé prince des entomologistes, et que le suf- frage universel nomma président honoraire de cette So- ciété, forma , en versant des larmes d'attendrissement , des vœux ardents pour la prospérité de notre Société naissante. Ces espérances ont été réalisées. Et quelle ne serait pas la joie de ce vénérable vieillard, si le ciel lui eût permis de voir noire assemblée si nombreuse , et pouvant déjà présenter cinq tomes d'Annales, qui, nous ne craignons pas de le dire, la placent, quoique la septième en date, à la tète de toutes les entreprises de ce genre ! Je ne parlerai pas plus au long de l'histoire de notre So- ciété; mais qu'il me soit permis de rendre ici un hommage public à notre savant et modeste collègue, qui, en rem- plissant avec un zèle si ardent et si soutenu les fonctions souvent pénibles et fatigantes de Secrétaire, surtout dans les premières années où la Société, encore mal affermie, fivait besoin d'une dircciion forte et habile, s'est alliré lo lo ANNALES reconnaissance de lous \vs membres, et a plus contribué que personne h notre prospérité actuelle. Retouinons ^intenant à l'Angleterre; car c'est encore dans ce pays que nous verrons les nouvelles sociétés prendre naissance. Mais à présent notre orgueil national doit être satisfait: car c'est sur la Société française que les nouvelles réunions prendront désormais modèle. La Société Entomologique de Londres fut formée en 1 833. La première réunion eut lieu le 2 décembre : elles se sont toujours succédé avec régularité le premier lundi de clia- que mois. Dé]h , en novembre 1 834 » cette Société se com- posait de cent trente-sept membres, et en ce moment elle en compte environ deux cents. Elle a publié deux numéros de Transactions , et le troisième est en ce moment sous presse; ils renferment des mémoires du plus grand intérêt, et les planches qui les accompagnent sont de véritables modèles. Le naméro qui paraîtra sous peu de jours con- tiendra , parmi plusieurs travaux du premier ordre, la mo nographie du genre Diphaccphalc, par M. Waterhaus. L'on doit vivement resjretter que des discussions qui se sont éle- vées dernièreuîent dans le sein de la Société, aient amené Ja démission d'un assez grand nombre de membres. 11 est cependant possible que ce fâcheux événement tourne, en définitive, au profit de la science, puisqu'il est en ce moment cause de la formation d'une Société nouvelle. Puisse la concurrence qui va nécessairement s'établir ne consister qu'en une noble émulation, et espérons que nos collègues d'Angleterre, rejetant loin d'eux toutes les petites- ses de l'envie et de i'inlrigiic, marcheront toujours, quoique séparés , vers le but commun de leurs efforts : les progrès de la zoologie. Le Club Ep.tomologique dont nous avons parlé ci-dessus, après avoir duré dix :;ns, vient de se déclarer dissous, et DE LA SOCIETE EiMOMOLOGIQLE. ii c'est en se réorganisant qu'il se forme en une nouvelle So- ciété, toujours sous le même nom. \oici les principaux ar- ticles (les nouveaux statuts : Le club est toujours formé de huit membres , mais peut s'adjoindre un nombre illimité de correspondants honoraires, qui assistent aux séances, mais ne prennent aucune part aux élections. Il n'est prélevé au- cune contribution quelconque sur les membres; mais toute espèce de présent voionlairc est reçu avec reconnaissance. Les réunions auront lieu tous les mois, à tour de rôle, chez chacun des membres fondateurs. Une collection universelle d'entomologie sera établie , ainsi qu'une bibliothèque. Les éditeurs de VEntor!xolos.lc'd Magazine ont mis leur publi- cation ij la disposition du nouveau Club, et près de vingt membres lui ont fait donation de leurs collections entières. Il nous reste h parler d'une dernière réunion qui a lieu sous le nom de Société Pratique d'Entomologie, dont les mem- bres, déjà assez nombreux, se réunissent toutes les semaines ix la taverne du duc de Bridgwater. Le but de cette associa- tion est d'établir des liens de sociabilité et de fraterni!é en- tre les entomologistes de Londres. A ces onze Sociétés Entomnlogiques , l'on peut joindre les sections particulières des Sociétés de Bonn et deLeipzick, particulièrement consacrées ù la science des insectes, et l'on aura ainsi une idée exacte des diverses réunions savantes c|ui ont existé jusqu'à ce jour, pour la spécialité qui nous occupe. Tel est le labîeau rapide de l'histoire des Sociétés Enlo- mologiques; puisse-t-il engager à la formation de réunions semblables dans toutes les autres parties de l'Europe où i! n'en existe pas encore ! Quant h moi, je me trouverais bien récompensé de ce faible travail, s'il pouvait contribuer d'une manière quelconque au\ progrès de l'une des plus belles j)arties des sciences nali;rcl!(S. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. '^v**^■v\vw***^•^^wvv^■^,\^\A*^.*^^*^«^** xw*. GROGALLE DU LENTISQUE , CROCALLIS-LENTISCARIA ; PAR M. DoNZEL. (Séance du 21 décembre i856.) (PI. I. flg. I c?,2 $.) B. Elingais , alis ijilcgerrimis , nlbido-falvis , fiisco pulve- ridis , puncto discoidaii nigro ; anticis strigis duabui ni- gris; posticis, strigâ unicâ nigrâ. In aprili, propè Hiersum. Enverg. çf \7>h i4 lig. ? 17 à 18 lig. Les quatre ailes sont entières, fl'iin blanc roussàti-c pâle, semées d'atomes brunâtres; les supérieures sont marquées d'un point discoïdal noir, allongé , et de deux raies de la même couleur ; la première de ces raies, h partir de la base, n'atteint pas la côte; la seconde est flexucuse et formée par ime suite de points noirs. Les ailes inférieures ont aussi un point discoïdal noir; rulre ce point et le bord externe règne une ligne courbe, composée, comme dans les supérieures, de points noirs. Les antennes, le corps et la frange sont de la coulciu' du fond. i/j AN.\ALKS Le dessous ne (liUère (lu dessus »[»i'en ce qu'il est plus pâle, el que les caractères y sont bien moins indiqués. Celle description est faite d'après une femelle prise h Ilières , à la Monière, le i5 avril 1829. Je chassais avec M. Cantener , qui la prit devant moi et voulut bien m'en faire cadeau. Le mâle, qui a aussi été pris en Provence et en avril, par mon ami M. Foudras, de Lyon, ne diffère de ia femelle que par ses antennes fortement peclinées , sa taille plus petite, et ses traits bcjaucoup moins caractth'isés. Celle espèce, ayaiil b^s ailes parfailement entières, doit former, dans le genre Crocallis, la division B ; les C. elin- guarla cl cxtiniaria, qui ont les ailes dentelées, doivent for- mer la division A. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i5 DESCRIPTION DE L'ARGYNNIS SELENIS (Evebsmann); PAR M. A. Lkfeuvui;. (Séance du a» drctiubie i856.) i;Pl. I, li-. 3 et 4.) a' Knvcrg. 55 à 4o mill. Je ne connais que le mâle tle cette espèce, tient jv, pos- sède deux exemplaires : c*est donc de ce seul sexe que je donnerai la description. Cependant, comme dans les Ar- gynnis , les l'emelles diffèrent ordinairement très-peu des mâles , il y a lieu de croire qu'il en est de même de la le- mclle du Selenis, Cette espèce, que je tiens de l'obligeance de M. le pro- fesseur Eversmann , h Casan , est trop peu connue encore pour que sa figure et sa description n'intéressent pas les Lépidoptérophiles. (iety/rgj/2?îù a en dessus, pour le dessin et la couleur, toul- à-fnil le faciès de VA. Dia $ , et, comme elle, le Selenis ç^ a des dessins noirs assez grêles, et la série commune de points marginaux formée de taches assez petites, notamment les trois qui terminent cette série vers l'angle apical des pre- i6 ANNALKS uiières ailes. En outre, les cellules Ju bord des ailes sont, dans le Selenis, très-petites et très-surbaissées, tandis qu'au contraire, dans le Dla, elles y sont hautes et très-sagilli- formes. De plus ( toujours aux premières ailes ) les trois petites taches noires (en dessous quatre) qui existent dans l'espace compris entre le bord apical de la grande cellule centrale de l'aile, et la série de points marginaux de l'extrémité, et d'ha- bitude placée en biais entre les trois nervules supérieures , ces trois taches noires se touchent dans le Selenis, et forment une sorte de ligne ; dans le Dla, au contraire, il n'y a que les taches supérieures qui soient confluentes , et la dernière du bas , qui fait face eu arrière à la nervule cellulaire , s'y trouve hors de ligne et rejetée en dehors. Parfois il arrive, comme cela existe dans un de mes deux mâles, qu'aux premières ailes, les deux taches noires placées entre les nervures médiane postérieure et troisième ner- vule inférieure d'une part , et la nervure sous-médiane de l'autre, l'une plus près de la base, et l'autre plus loin; parfois, dis-je, ces taches se réunissent à celle qui est placée entre et au-dessus d'elles , dans l'angle que forment les deuxième et troisième nervules inférieures , à leur dépari de la nervure médiane postérieure. C'est cette réunion qui figure un grand arc ouvert et posant sur la nervure sous-médiane (et représentée dans la figure) que jamais je n'ai rencontrée dans le Dia, où ces trois taches m'ont paru constamment séparées dans les indi- vidus, à leur état normal. Voici, pour le dessus, le peu de caractères spécifiques que j'ai pu réunir; quant au dessous, il est lout-à-l'ait diffé- rent de celui du Dla, et se rai)proche davantage du Setene et de Vino, pour le dessin et la coloration. En effet, aux pre- mières ailes, même coloration générale et même disposition DL LA SOCIî'iTÉ ENTOMOLOGIOIJK. 1? de taches roussâtres vers i'apcx , mêmes éclaircies jaunes qui distinguent le Selene. Aux secondes ailes, même aspectque les z/. Ino et Z)mpour la coloration violacée; mais il n'existe au Setenis aucune tache métallique, et la bande commune de cellules jaunâtres qui traverse l'aile demi circulairement du milieu de son bord antérieur au milieu du bord interBe^ est, dans le Se/e/u'^, d'uu jaune terne qui se délache vivement sur la teinte d'un roux foncé qui l'enloure; puis, toutes les cellules de celle bande sont vivement cernées de noir dans tous leurs contours , les nervures les sillonnent distinctement, et le point isolé commun qui se remarque avant celte bande dans une cel- lule roussâtre, près de la base, est vivement accusé et an- nulaire. La petite bande do cellules jaunâtres qui existe entre ce point et la base qu'elle entoure, est assez vive. Mais un caractère propre à cet Arf^ynnis, et qui frappe au premier coup d'œil, c'est la l'orme Irnpézoïde qu'affecte, dans celte grande bands centrale ,' la deuxième cellule , à pariir du bord inlerno. Elle y est très-grande, bien qua- drilatère, et fort peu disposée, à ses faces supérieures et in- férieures , h se fendre ou à se bifurquer, couînie on le voit dans les J. Ino, Sclenc, Eupliroslne ; cl, en outre, la nelilc cellule qui hii ed conliguè, ainsi qu'h la nervure anale, y est conslanuncnl pelile et annuliforme. Aucun Ar^ynnls ne préseiilc le })romier de ces deux caractères d'une manière aussi positive. Maintenant , au-delh de celle grande bande cenlralc de cellules jaunes qui parcourt l'aile d'uu bord à l'aulro , la série commune de points marginaux se détaciie sur un ùv.iiS. roussàlre , que précède une série qui lui esl parallèle, de petites lâches sagittiformes tournées vers la base de l'aile, et d'un rose pâle violacé qui se répèle y\n peu çà et \l\ , ce qui fait une série do n;arbrure qu'augmentent les taches VI. 2 i8 ANNALES /aunes communes du milieu du bord externe et de l'angle anal , et qui sont non moins vivement accusées que dans VEuphrosine. La série de points marginaux est d'un biun noir, comme dans ce dernier Argynnis^ et les traits noirs sagittiformes des cellules du bord de l'aile sont petits , isolés des ner- vures, et non réunis comme en dessus par le point noir qui termine chaque nervure, et vient former sur la frange, qui est blanche, une entrecoupure noire, comme c'est le propre de la plupart des Argynnis. Du reste, le corps, les palpes, les antennes, etc., tout est dans le Selenis comme dans ses congénères. Quant à la coupe des ailes, elle est plus conforme ti celle des À. Selenc et Os- slanus ; et celle des secondes ailes y est, h leur bord anté- rieur, légèrement arrondie comme dans le SeleneelV Euphro- sine , et non droite et anguleuse comme celle des A. Dia et Pales. Cet Avgynnis habilcles environs du Volga et de l'Oural. Tels sont les caractères spécifiques que j'ai pu saisir et qui m'ont paru devoir être les plus stables, sauf les variétés innombrable? que les Argynnis présentent ordinairement dans le dessin du dessus de leurs ailes. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19 DESCRIPTION DE TROIS NOUVELLES ESPÈCES DE LÉPIDOPTÈRES ; PAB M. PlERBET. (Séance du 7 décembre iS56.) 1 . Salyrus Aôd-el-Kader, MiHi. (PI. i. ilir. f- et 6 (f.) Ails supra fusco-nigris , andcis ocidis duoOus nigris , aiùo pu/nUalis , tolidfmqiic punclis intermediis alùis; posdcts vcalo nigro albo papiilalo, punctis(pic duobus albis, nota- Lis, subtàs concoioriùus; poslicis octiUs quatuor, nigris , incerjualiôus, levUer alùo puptUatis, strigisque tribus, fpia- rum una, strigâ baseos, breviori, angulatâ, nigrâ, intcr- ruptd, duahus nliis externe nigris, interne albidis ; costd asqaè in média albidd ; capite, corpore et abdomme ex utrâ- (jue parte nigris ; aniennis fuscis , clavâ fidvâ {marem tantàm novi). Ce satyre ressemble beaucoup en dessus au C ordula (^ de. Fabricius ou Brycc «le Godart. Les ailes sont, en dessus, d'un brun noirâtre, chàloyant, avec une bande poslérictn-c pluî^ claire , offrant aux premières ailes deux yeu\ noirs h ^nj- nelle blanche, plus deux points blancs intermédiaires; vers 20 ANNALES l'angle anal des secondes ailes , on voit un œil également pupille de blanc, placé à la suite de deux petits points sem- blables à ceux dont nous venons de parler. Le dessous des premières ailes est à peu près du même ton que le dessus; mais il est sans reflet, et ofTre , vers le milieu de l'aile, quelques bandes noirâtres peu distinctes, et , près du bord postérieur, une autre bande transverse plus prononcée. Le dessous des secondes ailes présente, sur un fond bru- nâtre parsemé d'atomes, trois bandes transverses dont l'an- térieure, plus courte, est noire, anguleuse, et interrompue; l'intermédiaire, formant presque un angle obtus , dont le sommet regarde le bord postérieur, est également noire et bordée de blanc h sa partie inférieure; la dernière bande, enfin, se compose de deux lignes noires brisées, presque parallèles, séparées par une surface blanche. On remarque, entre la bande intermédiaire et la bande postérieure, quatre yeux noirs, légèrement pupilles de blanc , d'inégale grandeur et inégalement distants; puis, enfin, deux petits points blancs situés entre le premier et le second œil, à partir du sommet de l'aile. La côte est blanche depuis la base jusque vers le milieu du bord antérieur. Ce Satyre n'a donc de commun avec le Cordnla çf ou Brycc , que la taille et le dessus des ailes su]>érieures. Le faciès étrange du dessous des secondes ailes l'isole de tous ses congénères. Celle description a été laite d'après un individu mâle. Je ne connais point la femelle. Il se trouve ii Oran. L'Atlas est sans doute sa patrie pri- mitive : car il est à remarquer <[ue presque toutes les es i!è*s de la Barbarie semblent être descendues originai- rement des sommets do cette montagne, qui paraît être le DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. a . berceau d'une foule de Lépidoptères, dont la plupart se sont perpétués sur tout le littoral du Nord de l'Afrique, et jus- que dans les parties méridionales de l'Espagne. Nota. C'est un devoir pour ,noi d'e'.prioier ma profonde gratitude h M. Audouin, qui a bien voulu mettre à ma dis- position les nombreux ouvrages de sa belle bibliothèque , et notamment le Symholœ Physicœ d'Ehrenborg, qui ren- ferme une grande partie des espèces nouvellement décou- vertes en Barbarie. a. Argus Aùcnccrragus , Mmi. (PI. ..fig.7$.) Atis suprà n'igro-cceruicscentibus , fimbriâ albo et fnsco va- ricgatâ , anticis lunuld tnediâ nigrâ exteriàs alùcsccnte , stibtàs albido cinereis , punctis occilaribus nlgris; posticis lunuld med'ul albescente , capilc, corpore , abdomlne, suprà nlgris, subtils cinereis {feBminam tantàm nm^i). Le dessus des ailes de cette espèce , qui doit se placer h côté de V Argus hylas, est noirâtre, avec la base d'un violet brillant ; quelquefois même cette dernière teinte absorbe presque entièrement la couleur du fond. Les ailes supé- rieures ont une lunule centrale noire et bordée de blanc. Le dessous des ailes est d'un gris cendré , avec plusieurs séries transverses de points oculaires disposés en ligne courbe. Le dessous des inférieures oflVe en outre une lunule blancliC; au centre de laquelle est im petit point noir. La tête, le corps et les palpes, sont noirs e^i dessus et gris en dessous. Les antennes sont noires et annelées de blnnc, avec la massue brune. La frange est blanche et entrecoupée de noir. Ainsi qu'onje voit par cette description , et surtout par •22 ANNALES l'excellente figure que je dois encore à l'auiilié de noire collègue, M. Berce, cet y^î*g^«5 ressemble beaucoup à r//j/rt5; mais il en diffère essentiellement par l'absence de taches fauves aux ailes inférieures en dessous ; par le rétrécisse- ment des points oculaires, et principalement par la présence de la lunule centrale blanche qu'on remarque sur le des- sous des ailes inférieures , et qui ne se trouve point dans Y Hylas. Je ne connais que la femelle de cet Argus ; mais je pré- sume que le dessus du mâle est d'un bleu cendré , comme celui de V /4rgus hylas. Je possède une femelle qui présente une singulière ano- malie : le point qui est le plus rapproché de la base , dans le dessous fies ailes supérieures , a disparu , et les taches du dessous des ailes inférieures sont toutes oblitérées , à l'ex- ception de celles de la dernière rangée qui avoisins le bord postérieur. Cette espèce se trouve à Oran, en Barbarie. Il serait pos- sible que, malgré les différences caractéristiques que je viens de signaler, cet Argus ne fut qu'une variété locale de notre Hylas, produite par l'influence du climat ou de la localité. Toutefois, ces différences m'ont paru assez remarquables pour qu'il méritât d'être décrit et figuré. 5. Zygena Zulelma, Miui. (PI. 1. (!{(. 8.) Alis anticis subdlap/tanis , piutnbco-ccerulescentibas , fasciis Iriôus longitudinaLibus, ijuarum média cxtremâ parte recur- va, r abris ; poslicisruùro-miniaceis ; antennis ryanco-nigri- cantibii$ ; capite vl lorporc nigris, villosis. Les ailes supérieures do celle Zygcm joiil .) Presque lous les insccles sont miiels ; ceux qui jouissciil d(î la propriété de produire des sons se trouvent répeirlis dans les divers ordres , à l'exceplion de ceux des Névro- ptères, des Diptères et des Aptères, qui, h ma connaissance, ne renferment aucun insecte bruyant habitant nos con- trées (i). Les plus remarquables des insectes bruyants sont les Grillons, les Sauterelles, les r.riquets et les Cigales. Ces petits animaux font entendre, pendant l'été, des sons aigus, monotones et très-fatigants , qui ont été ouïs de tout le monde, et qui ont reçu le nom de chant. Mais si l'oa est convenu de désigner par ce mot le bruit formé dans le la- rynx par le passage de l'air expulsé des poumons , on con- cevra bientôt qu'il y a une grande différence entre le méca- (i) Dan» ce mémoire, 1 n'est pas question du bourdonnenient. N'ayant observé aucun fait qui puisse jeter du doute sur la cause aisigntc n ce bruit daoi un article de la Revue enlowo!of;!qiie, tom. IH, pag, loi, on n'« paj cr« devuii en purler de nouveau. 32 ANNALES nisme du chant des insectes et celui des autres animaux; car les premiers ne respirant pas par la bouche, on ne pour- rait donner rigoureusement le nom de voix au bruit qu'ils font entendre, que dans le cas où il serait produit par l'air expulsé des trachées qui résonnerait dans les sligniales; mais si ce bruit résultait du frottement de membranes so- nores les unes contre les autres , ou s'il était produit par toute autre cause mécanique, il ne constituerait plus une véritable voix, et devrait être désigné par un autre mot, afin de distinguer, par des noms différents, des choses très- distinctes , et de ne pas confondre des sons articulés avec des bruits purement mécaniques. La suite de ce mémoire montrera que les insectes sont privés d'une véritable voix , et qu'ils sont pourvus d'instruments musicaux dont le jeu la remplace suffisamment. Au lieu de les désigner sous le nom d'insectes chanteurs, il est plus Juste de les appeler in- sectes musiciens , ainsi que l'a fait l'illustre Latreille. Le mot de stridulation me paraît très-propre à désigner les sons qu'ils produisent. Je l'emploierai dans celle acception, sans abandonner, toutefois, ceux de voix et de chant, qui sont iîénéralement admis, afin de faciliter le discours et d*é- viter la répétition trop fréquente du mot de stridulation. Pendant long-temps on a fait des hypothèses pour expli- quer le chant des insectes. Quelques auteurs ont avancé qu'il était produit, en général, par le frottement des élytres l'une contre l'autre : ce qui est vrai, en particulier, pour quelques-uns d'eux, et ne l'est pas pour les autres ; mais il manquait à cette explication , pour être complète , d'indi- quer comment ce frottement produit la stridulation, et de faire connaître les instruments musicaux des espèces obser- vées. D'autres l'ont attribuée à l'action de l'air renfermé entre l(;s élytres , qui , étant obligé de s'échapper lorsque l'inseclo les applique l'une contre l'autre, heurte, en s'é- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 33 coulanl , les nervuros qui les divisent en comparliments , les lait vibrer et prodiiit le son, ce rjui est contraire à la vérilo eu tout point. D'autres entomologistes ont cru qu'il résulte d'organes spéciaux renfermés dans le corps de l'in- secte , ce qui paraît fondé pour les Cigales et n'est pas exact pour tous les autres insectes bruyants. Enfin, tout récem- ment , un savant entomologiste étranger (i) a avancé que l'organe vocal des Criquets réside dans les cavités sous- alaires que portent ces insectes , et. que le chant des Gril- lons et des Sauterelles est dû ù une émission rapide seule expérience si l'on veut éviter des erreurs très-préjudiciables aux progrès de ia science. Réaumur a vu, pendant la stridulation, les pal- pes frémir, se presser contre la trompe comme ponr y chercher un frottement; il a rabattu les palpes, les r. écar- tés de la trompe de manière à ce qu'ils ne pussent pas lou- cher contre, et l'insecte s'est tu; il a écarté un seul des palpes, et les cris de l'insecte ont été faibles, comme si le jeu de l'instrument n'avait pas été complet. De ces observa- tions , il s'est cru en droit de conclure que la stridulation esl due au frottement de ces organes. Il a été indijit en er- reur par son insecte , dont le hasard a fait coïncider le si- lence et les cris avec les expériences de ce clairvoyant ob- servateur. M. Passerini place l'organe sonore dans une cavité de la tête, continue avec le faux canal de la trompe (1). L'air entre dans cette cavité et en jorl avec rapidité, à la volonté de l'animal, et produit le son dans ce mouvement. M. Lorey attribue la cause de la stridulation h l'air qui s'échappe avec rapidité de deux cavités particulières du ventre (2). Je n'ai pas lu les travaux de ces deux derniers natura- listes, et j ignore les raisons et les expériences sur lesquelles ils fondent leur opinion. Je n'ai eu, en conséquence , que des indicalii)ns vagues pour diriger mes recherches. Dans (1) Revue cntomologique, t. I, p. ijS. (î) Ciivier, Régne animât, t. V, {>. 090. 68 - ANNALES l'automne de i835, je me suis procuré un Sphinx à tête de mort, qui, ëlanl pris depuis deux jours et percé d'une épingle, se trouvait très-affaibli, cl ne poussait plus que des cris rares et sans énergie. Pour vérifier par une seule expé- rience les opinions de Réaumur et de M. Passerini, j'ai dé roulé la trompe, je l'ai saisie h sa racine avec des bruxelles, de manière à empêcher les palpes de la toucher et l'air de pouvoir sortir par lecanal, et j'ai soulevé l'insecte, qui s'est mish crierautantqueses forces leluiont permis. J'observais en même temps ce qui se passait dans les palpes et dans la membrane blanche (|ui tapisse le fond du canal qu'ils for- ment. Je n'ai remarqué aucun mouvement dans ces parties, ni dans aucun autre membre de l'animal; ce qui m'a prouvé que les deux auteurs précités n'avaient pas bien vu la cause de la stridulation. Pour vérifiei Tassertion de M. Lo- rey, j'ai déplumé le Sphinx sous le ventre autour des deux premiers anneaux, et, à ma grande surprise, je n'v ai pas trouvé les cavités que j'y cherchais. Je dois dire que l'in- secte était déjà mort, et que dans cet état elles échappent ordinairement aux observateurs. En i836, j'ai recommencé mes recherches sur im insecte vivant, et qui avait toute sa vigueur. J'ai reconnu, de chaque côté de l'abdomen, sur le premier et le deuxième anneau, une cavité double (i); la pre- mière, celle du premier anneau, e.^t formée d'une membrune lisse, translucide, analogue à la timbale des Cigales,- la se- conde est tapissée d'une membranemolle, couverte d'un du- vet soyeux ; l'iusecte peut l'ou vrir et la fermer à volonté. Lors- qu'il veutcrier ilTouvrCjCt onen voit sortir un long faisceau <..e poils fauves qui se relève, s'épanouit en cùne, et dont les poils ont un mouvement de tournoiement; ce faisceau a sa racine à la partie supérieure de la cavité du premier an- DE LA SUCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 69 neau , et lorsqu'il est couché, il cache exactement les deux cavités et disparaît lui mêiue. On ne peut s'empêcher d'aduiettre , h la ])reoiit're vue, que ces cavités, ces fais- ceaux de poils cl ce mouvement de tourbillon, ne soient intimement liés avec les cris que pousse rinsecle. Mais, comment se forme le son ? C'est ce qui n'est nulle- ment apparent. Pour essayer de le découvrir j'ai enlevé la plaque écailleuse de l'abdomen correspondante aux cavités, je l'ai nettoyée du tapis blanchâtre et graisseux qui la recouvrait en dessous, je l'ai mise à nu sans l'altérer , et j'y ai vu un gros muscle blanc, analogue à ceux qui font mouvoir les ailes des mouches; ce muscle aboutit aux bords de la cavité dupremier anneau, et l'on ne peut guère douter qu'il ne joue un rôle important dans la production du son. En observant la membrane à la loupe , on ne voit aucun trou dans les cavités par où l'air pourrait sortir; ainsi l'opi- nion de M. Lorey qui admet une émission rapide de l'air par les cavités, ne me paraît pas fondée; il l'a supposée en voyant le mouvement des poils du faisceau dont j'ai parlé. Comme je tenais la plaque cartilagineuse sur le doigt , la surface interne en dessus, pour l'observer, le hasard me la fit remuer, en même temps j'entendis un petit son que je reproduisis un grand nombre de fois ensuite , en lui don- nant un mouvement comme pourla froisser; je vis alors que ce bruit était dû à la cavité du premier anneau, qui se dé- formait et devenait convexe, et que probablement le méca- nisme de la stridulation était produit par le muscle dont l'eflet était de rendre alternativement concave et convexe l'organe sonore. Il me paraît donc qu'il y a de l'analogie entre les instruments musicaux de cet insecte et ceux des Cigales. Ouïra Vyicheronl la nlropos , on cite encore comme lépi- doptère bruyant le Chtionia pndici màlc. Je n'ai jamais 70 ANNALES possédé cet insecte vivant, et ne l'ai jamais entendu; en cons(M[ue(ice, Je ne puis rien dire sur ses organes vocaux. Il mesemble , d'après ce qui précède, (pie l'instrument musical de tous les insectes que j'ai pu observer, est formé d'une membrane mince, sèche, translucide et sonore , qui rend un son sensible lorsqu'on l'excite artificiellement; qu'elle est mise en jeu par un archet strié ou par un muscle qui la fait vibrer en la déformant, et qu'il n'est pas nécessaire de faire intervenir un courant d'air sortant des stigmates pour expliquer la stridulation. Si les organes sonores étaient renfermés dans une cavité, et si les stigmates débouchaient immédiatement dans celte cavité, on pourrait admettre l'in- fluence de l'air sur la production des sons; mais la plupart de cesorganes sontexlérieurs, lesautressonl éloignés desslig- matcs , et il ne paraît pas probable qu'il existe de relation entre les uns et les autres. Je suis donc porté h croire que les insectes nont pas ime véritable voix , mais des instru menls sonores ; qu'ils ne sont pas chanteurs, mais musiciens. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUK. 71 EXPLICATION DE LA PLANCHE III. La fig. 1 représente l'élytre gauche du Grytlus campes- iris mille vue en dessus. On y voit le couvre-flanc mm et le couvre-dos nn. L'archet correspond à la nervure a ; b est la brosse et c la chanterelle. La fig. 2 fait voir la même élytre en dessous ; l'archet se montre en a. Les autres lettres désignent les mêmes objets que dans la fig. 1. La fig. 3 montre l'élytre gauche du Cryiius talpa mâle vue en dessus; nn est le couvre-dos; mm le couvre-flanc; a est la nervure qui correspond à l'archet , et Z» le bord qui sert de chanterelle. La fig. 4 est celle de la même élytre vue en dessous. On y voit l'archet en a. Les autres lettres indiquent les mêmes objets que dans lalig. 5. La fig. 5 représente l'élytre gauche du Cryllus sylves tris mâle vue en dessus et grossie à la loupe. Le couvre flanc mm est opaque; le couvre-dos nn est transparent, «l les nervures y sont faiblement marquées. L'insecte place celte élytre sous l'autre. La fig. G montre l'élytre droite en dessus, et la fig. 7 la fait voir en dessous, l'une et l'autre grossies, mm est le couvre-flanc; nn le couvre-dos; a est l'archet; le bord interne fait l'olfice de chanterelle. La fig. 8 est celle de l'élytre droite du LocusUi verra civora mâle vue en dessus, nn est le couvre-dos; mm le couvre-flanc; 4* le tambour; ù la chanterelle. La fig, «j représente la même élytre en dessous. Oulro les objets désignés par hs lellrcs de la fig. 8, <»n y voit un 72 ANNALES faux archet d qui ne me parait pas propre à exciler des sons. La fig. lo est celle de Télytre gauche vue en dessous. Outre les objets dénommés précédeuiment, on y voit le vé- ritable archet c. Les fîg. iJ , 12 , i3, sont celles des élytres du Locusta vlridissima mà\e; ii est l'élytre droite en dessus; 12, la même en dessous, et i3 la gauche en dessous. On y distin- gue le couvre-dos nn , le couvre-flanc mm , le tambour a, la chanterelle b, le véritable archet c, et le faut archet d. Le tambour est toujours placé sous l'archet dans l'état naturel. Les fig. 14. i5 , représentent les élytres du Locusta idifoUa mâle; i4 est l'élytre droite en dessus; i5, la gauche en dessous; nn est le couvre-dos, m m le couvre- flanc, a le tambour, b la chanterelle, et c l'archet. La fig. 16 est celle de l'élytre gauche du Locusta ephip- piger mâle vue en dessus. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 75 EXPLICATION DE LA PLANCHE IV. La fîg. 1 est celle de l'élytre droite du Locusta eplii/jpiger, également vue en dessus. Les fig. 2 et 5 représentent les élytres du même insecte vues en dessous. On y voit le tambour a , la chanterelle ù , l'archet c, et le faux archet d. L'élytre gauche, dans sa position naturelle , est toujours placée sur la droite, l'ar- chet est situé sous la première; la chanterelle est sur la dernière. Les fig. 4 6t 5 montrent les élytres du Locusta ephip- piger femelle en dessus. On voit la chanterelle b située sur la gauche, et l'archet c placé sur la droite, ce qui est le contraire de ce qu'on observe dans le mâle. Les fig. G, 7 et 8 sont celles des élytres d'une Sauterelle du genre Anlsoptera, Lat. m est l'élytre gauche en dessus ; n, l'élytre droite en dessus; o, l'élytre gauche en dessous. a est le tambour, et c l'archet. Le bord interne du tambour sert de chanterelle. Dans ce genre, les femelles sont privées d'iiiles et ne possèdent que des élytres à peine visibles. La fig. 9 montre l'élytre droite de V Acridium mâle , décrit dans le texte. On y voit le couvre dos nn , le couvre- flanc mm. Sur ce dernier on voit la table musicale aa , appelée tambour ou violon , sur laquelle est placée la chan- terelle b b. La fig. 10 est celle de la cuisse du même Criquet, vue du côté de la face interne. On y distingue l'archet ce. La fig. 1 1 représente l'élytre gauche de V Acridium biguttulum m-d\e. nn est le couvre-dos; mm, le couvre- flanc; a, la table musicale ou violon; h h, la chanterelle. La fig. 12 montre l'élytre gauche de V Acridium cœru- -jh ANNALES leum mâle, nn est le couvre-dos; mm, le couvre-flanc, sur lequel on distingue une très-petile table musicale a et la chanterelle h h. La fig. i5 montre une partie du corps du C'icada pie- beia mâle, vu en dessous, lorsqu'on n relevé les opercules a a pour laisser voir les instruments musicaux. Ce dessin et les deux suivants sont copiés d'après les planches de Réau- mur. aa, les opercules ou volets ; hh, la membrane blanche et plissée; ce, les miroirs; d, cloison écailleuse qui divise la loge abdominale en deux cellules; ee , cavités dans le fond desquelles sont situées les timbales; ff, triangle écailleux. La fig. i4 représente une partie du corps de la même Cigale , vu en dessus , dont on a enlevé la portion du derme qui recouvre les instruments musicaux, g g sont les tim- bales; /i/i,les deux muscles qui les font mouvoir; ii , sont les miroirs. La fig. i5 représente les timbales gg, et la manière dont elles sont liées au muscle hh qui les met en jeu. La fig. 16 est celle d'une partie du thorax et des élytres du Cerambyx lieras, a, prœscutum lisse qui frotte contre le bord intérieur du prothorax et produit le bruil que fait en- tendre cet insecte. La fig. I 7 représente une partie du thorax et des élytres du Lumia Textor. h est une petite saillie longitudinale , lisse, située au milieu du praîscutum ; c'est contre elle que frotte le bord intérieur du prothorax. La fig. i8 fait voir l'extrémité de l'abdomen du ISecro- pliorus vespiUo. ce sont deux stries saillantes contre les- quelles frotte l'extrémité des élytres lorsque l'insecte crie. La fig. 19 est celle de l'abdomen du Mitlilta curopca mâle. On voit eu d l'organe sonore sous forme d'écusson , placé surletergum du troisième anneau; cet écusson frotte DE LA SOCIÉTÉ EÎNTOMOLOGIQUE. ^5 contre le bord intérieur du deuxième anneau lorsque l'in- secte fait rentrer ces anneaux l'un dans l'autre. La fig. 20 représente une partie de la plaque; écailleuse des deux premiers anneaux de l'abdomen du Sphinx h tête de mort, vue en dessus, a est la cavité du premier anneau formée d'une membrane mince, translucide et sonore,* b est la cavité inférieure située sur le deuxième anneau; elle est formée d'une membrane mince , flexible et molle , tapissée d'un duvet blanc et soyeux; c est un faisceau de longs poils fiuives qui s'épanouissent en cône lorsque l'in- secte chante , et qui se meuvent en tourbillon autour d'un point d qui est leur point d'attache commun. Dans le repos, le faisceau replié est couché dans les deux cavités qu'il ferme; on ne dislingue alors ni celles-ci, ni le faisceau. L'insecte peut épanouir ces cavités ou les resserrer à vo- lonté. En dessous, un gros muscle s'étend le long des ca- vités; il sert h redresser le faisceau , à le faire mouvoir, à ouvrir ou n\sscrrer les cavités, et à produire un mouve- ment dans la timbale de la supérieure, d'où résulte le son que l'insecte fait entendre. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 77 OBSERVATIONS SUR L'ACCOUPLEMENT DE QUELQUES GENRES DE LÉPIDO- PTÈRES DIURNES , ET SUR LE GENRE PIÉRIDE; PAR M. DONZEL. f Séance du i6 novembre iS36.) Aucun auteur que je connaisse n'ayant parlé, en trai- tant des Lépidoptères diurnes, du mode d'accouplement particulier à chaque genre , des allures , de la position , des fondions des sexes volant accouplés, j'ai pensé que quelques observations faites avec soin sur ce sujet pourraient ne pas être sans intérêt pour la Société dont j'ai l'honneur de faire partie, et qu'elles fourniraient de bons renseignements pour la véritable place qu'il convient d'assigner à certaines espèces sur la classification desquelles les auteurs ne s'ac- cordent pas. Tout ce qui concerne Paccoupleniont , toutes les circonstances qui accompagnent ce grand acte de la nature, sont h mes yeux d'une haute importance, et doivent nécessairement fournir des caractères génériques de pre- mier ordre. Ces observations n'ont pu, comme on le pense bien, porter que sur des Diurnes; toutes les autres, tribus , à l'ex- ceplions des Zygénides et de quelques Crépusculaii es , doi- 78 ANNALES vent échapper h dépareilles investigations, à moins , toute- fois, qu'on ne se condamne au pénible et dangereux métier de passer, la lanterne à la main , la nuit dans les champs ; encore un si beau dévouement n'amènerait-il , selon moi , aucun résultat satisfaisant, parce que l'important c'est de surprendre les Lépidoptères accouplés , de les faire voler dans cet état, de bien voir quelles sont les fonctions de chaque sexe pendant le vol. Or, ces observations, assez fa- ciles en plein jour, me paraissent impossibles pendant la nuit. C'est très-fàcheux, parce que d'après mes idées, ce serait, je le repète, un moyen de rectifier une infinité de genres nocturnes dont la classification, malgré les travaux des savants entomologistes de notre époque , est encore loin d'avoir atteint une exactitude parfaite. Il y a bien parmi les Nocturnes quelques genres tels que Eaprepia , Gastropacha , Saturnla, etc., dont on ren- contre fréquemment les espèces accouplées ; mais elles sont toujours dans un tel état d'inertie qu'elles ne pciivent être d'aucune utilité pour l'objet que je me propose. Lorstj'ie j'eus très-clairement remarqtié que les sexes n'étaient pas indifféremment porteurs ou portés pendant le vol, au moment de l'accouplement; que les rôles chan- geaient selon les genres, je me dis : la nature prouve tous les jours h ceux qui l'éludient de très-près, qu'elle ne se soumet il aucun joug, qu'elle n'admet aucune règle sans restriction, qu'elle se plaîl h renverser ious les systèmes exclusifs ; et ce point n'est que trop démontré par les ter- giversations des auteurs par rapport à la classification de telle ou telle espèce. Cependant, tout en adoptant ce prin- cipe général , que la classification ne peut s'opérer que sur des lignes courbe's , par dégradation , et non sur des lignes droites , c'est-à-dire exclusives, je vis qu'il existait des es- pèces qui se groupaient naturellement, qui, évidemment. DE LA SOCIÉTÉ K.NTOMOLOGIOUE. 79 formaient des genres parfaitement exacts : tels sont les genres Thaïs, Parnassien, Argus, Argynne, etc., dont toutes les espèces se rangent sans la moindre hésitation sur une ligne droite. Je jugeai , par prévision, que toutes les espèces formant ces genres si naturels devaient, sans exception, se compor- ter de la même façon pendant le vol au moment de l'ac- couplement; que si quelques-unes s'en écartaient, ce de- vait nécessairement être celles sur lesquelles les a\iteurs ne s'accordaient pas. Or, l'événement a complètement justifié mes prévisions par rapport h la prétendue Piéride cratCÉgi. Depuis long-temps je voyais avec peine cette es- pèce figurer parmi les Piérides; je l'y trouvais déplacée, non-seulement à cause de sa conformation toute particu- lière, mais encore je savais que Linné et Dcvillers, se gar- dant de la mettre avec leurs Danai Candidl, l'avaient ran- gée avec leurs Hellconii. Tous ces motifs réunis me firent apporter une attention sou- tenue à examiner le genre Piéride pendant l'accouplement. Je ne tardai pas à m'assurer que chez les P. brassica', rapcc, Daplidice, c'était toujours le mâle qui portait la femelle lorsqu'on les forçait de voler accouplés; et, par induction, je suis convaincu comme si je l'eusse vu de mes propres yeux, que leurs véritables congénères , napl, Collidice et Cldori- dice , ne se comportent pas autrement. Il me restait h pren- dre le cratcBgi sur le fait : l'occasion s'en présenta bientôt , et je vis avec une satisfaction bien vive que c'était la fe- melle qui portait le mâle; je vis voler le couple à plusieurs reprise^ , et toujours le miile se lai;*sa emporter sans donner le moindre signe de vie. Quoique celle circonstance, bien consciencieusement constatée, soit suffisante à mes yeux pour que cette espèce soit distraite du genre Piéride, je dois encore signaler une 8o ANNALES différence de conformation qui me parait très-essentielle : c'est que dans les Piérides les ailes supérieures n'ont que neuf nervures bien sensibles, tandis que le cratagien a dix. Cette différence provient de ce que la nervure qui part du haut de la cellule discoïdale se ramifie en trois chez le cra- tcegi, et seulement en deux chez les Piérides. Celte espèce me semble faire la transition des Parnas- siens aux Piérides, comme le Doritis ApoUincs des Thaïs aux Parnassiens. Il est donc indispensable de créer un genre pour elle , comme on a créé le genre Leucophasia pour les P. sinapis et latliyri; et, à moins qu'il n'en existe un pour les exotiques, dans lequel on la puisse faire entrer, je pro- prose de créer le genre Leuconea. Ce nom est tout-à-fait de fantaisie , sans racine grecque. Quant aux Piérides Giaace , Belia et suivantes , dont M. Duponchel a fait la division B dans le catalogue métho- dique qu'il a publié dernièrement , leur conformation , leurs allures et même !a forme de leurs chrysalides diffèrent tel- lement des vraies Piérides , qu'il me semble indispensable aussi de créer un genre exclusivement pour elles , comme le docteur Boisduval a si judicieusement créé le charmant genre Antlwcaris pour les P. Eupkeno et cardamines. Voici , dans les genres que j'ai observés , les fonctions de chaque sexe pendant le vol, au moment de l'accouplement : Genre Thaïs : Médésicaste , Hypsipyle ; c'est la femelle qui porte le mâle. Genre Piéride', brassicce, rapcc , Daplidice; c'est le 7nâle qui porte la femelle. Genre Coliade : Edusa , Ilyalc , etc. ; c'est le niàlc qui porte la femelle. Genre Thecla : acacia- , spini, ilicis , etc. ; c'est la fe- melle qui porte le mâle. DE LA SOCIÉTI'. RNTOMOLOGIQUE. 8i Genre Argus : Corydon, Escherli , Adonis Melca- gcr , elc. ; c'est le mâle qui porte la femelle. Genre ^rgjnne ; Daphne, Aglaia, elc. ; c'est la femelle qui porte le mâle. Genre Mélitce : Atkalia, Didyme, elc. ; c'est la femelle qui porle le mâle. Genre 5afjre ; Cordula, Megœra, Nepkele, Justina, etc.; c'est la femelle qui porte le maie. On peut être certain que toutes les espèces qui se rr.t lâ- chent directement aux genres ci-dessus se comportent, sans aucun doute, de la même façon; pour moi j'en suis aussi sûr que si je l'eusse vu de mes propres yeux. Dans le genre Vanesse tel qu'il existe aujourd'hui, je ne serais point étonné que les F. cardui , Atalanta et même Prorsa, se comportassent autrement que leurs congénères yintiopa , Polycldoros , etc.; leur conformation et leurs allures diffèrent nssez pour qu'on puisse 'c présumer. vr. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 85 MEMOIRE SUU UNE GALLE DE LA. BRUYÈRE A RALAIS ET SUR LES INSECTES QUI L'HABITENT; PAU M. LiiON Duiocr., MRMRRK II0.\0RAII1E DE LA SdClÉTE. (Srancc du iC n(ivrm!)re i856.) La devise de, noire Soci«Hé entomologîque est : Natiira maxime mivanda in minimls, et le petit mémoire que je lui offre est une pièce h l'appui. En traversant, à la fin de septembre i835, les grandes landes de Bordeaux, je remarquai avec surprise que plu- sieurs des sommités de la bruyère à balais ( Erica scoparia. Lin. ) présentaient une sorte de tête compacte, sphéroïdale, assez semblable à un épi non encore développé. En exami- nant de près ces sommités , je constatai bientôt que ers têtes étaient formées par l'imbrication assez serrée de feuilles et d'autres parties du végétal qui avaient subi une alléraliou particulière, et qu'elles constituaient une galle. J'en cueillis une grande quantité , et, de retour de mon voyage, j'étudiai avec soin cette production. Examinons d'abord la galle, nous parlerons ensuite de ses habitants. Observons que déj^ s/jo ans avant moi , l'immorlcl Glu- 84 ANNALES sîus , h la sagacité duquel rien n'échappait , avait constaté le même fait sur la même bruyère et dans la même localité. Extremis ramuUs , dit-il en parlant de cet Erica , ca/^àa/a midtis foli'is compacta nonnunquam gignit his non multuni absimilia, (juct in vidgari et dariore thymo aliquando cons- piciuntnr... Spatiosis illis solitudinibus et incultis inter Biu- digalam et Bayonam lacis, qaœ vtdgo Landes de Bordeaux nuncapantar, nuUmn ferc aliud virgidtian conspicitur. Clus. Hist. rar. i , pag. 42 , cum icon. Ce savant botaniste s'est borné à cette simple expositiou dii fait. Ces galles, de cinq h six lignes de longueur sur quatre à cinq d'épaisseur, terminent les rameaux de la bruyère, cl j'en ai compté jusqu'à unesoixantaine sur un même pied de col arbuste. Elles se couiposent extérieurement de leuillcs imbriquées , fort différeules pour la forme , pour la gran- deur el pour la texture, de celles des rameaux qui ne portent pointdeccsexcroissances. Parla dissection decelles-ci, on re- connaît quecesfeuillesontun développement accidentel con- sidérable, une sorte d'hypertrophie , et que quelques-unes d'entre elles, les plus intérieures, acquièrent même une vil- losilé sublomenteiise tout-h-fait dépendante de celte irrita- tion nutritive. Les unes sont simplement dilatées à leurbase, qui devient ainsi embrassante ou amplexicaule; les autres, plus uniformément élargies, sont ovalaires. Mais cette dis- position élagée des feuilles ne constitue que l'enveloppe accessoire de la galle. L'œuf, la larve ou la nymphe de l'in- secte, ont un réceptacle tout-h-f;iit intérieur, un berceau spécial garanti des injures du temps par la double ou tri- ple rangée des écailles extérieuresqui leur servent de para- vents. Dans les aisselles des feuilles les plus centrales , on distingue des corps gemmlforraes qu'un examen altentif rj'npoîl'* sr.ns pclro aux germes anormaux ou hyperlro- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLiE. 8;> phiés de fleurs qui , dans les conditions naturelles , étaient destinées h éclorc au printemps suivant. On y rcconnail évidemment les quatre folioles du calice , mais trcs-déve- loppées et défij;; a réespar l'exubérance végétative. Ces folio- les, dilatées h leur base où elles sont comme soudées, s'at- ténuent au bout opposé, (i'est dans le fond de la partie dilatée et excavée de ce calice qu'est logée la larve ou le pe- tit cocon qui recèle la nymphe. Chaque galle contient plu- sieurs larves, et j'y en ai compté jusqu'à quinze ou seize. Admirons l'instinct merveilleux de ce petit et frêle in- secte, qui va déposer sa progéniture au milieu de toutes les conditions propres h en garantir la conservation et le développement. La présence de l'œuf, et peut-être celle de quelque liqueur irritante inoculée au moment de la ponte, provoquent ce surcroît morbide de vie végétative, cette af- fluence de sucs nutritifs qui amènent la surabondance de tissu, la véritable hypertrophie des feuilles destinées à ser- vir de cuirasse au berceau. Tel est, je crois, le principe d'à - j)rès lequel on peut expliquer physiologiquement la forma tlon des galles en général. Etudions maintenant les habitants de ces galles. Nous y en trouverons de deux espèces appartenant à deux ordres différents d'insectes. L'un estun Diptère, le véritable auteur de la galle : il appartient au genre Cecidomyia; l'autre est un Hyménoptère parasite du Diptère et se rapporte au genre Ealophus. Comme le génie créateur de la nature semble se complaire dans la variété des moyens ! Quelle singulière destinée que celle d'un animal qui, d'une part, a mission ir- révocable d'insérer un œuf dans chaque germe floral pro- fondément situé d'une plante déterminée, et qui, de l'autre, est condamné à nourrir dans son sein et aux dépens de ses propres entrailles, un autre animal d'une espèce tout-h- fait distincte de la sienne , et dont l'existence est une con- 86 ANNALES (lition (le mort pour lui 1 Ainsi l'ilyniénoptèrc ne pourrait pas cxislor s'il n'était précédé dans la vie par le Diptère. Cclui-oi est sous la dépendance de VErica scoparia, rjui à son tour se trouve sous celle du sol et du climat. Et cepen- dant, au milieu de ces enchaînements réciproques, de ces usurpaiions obligatoires , de ces sacrifices imposés, les es- pèces se perpétuent , l'ordre général des créations marche sans interruption. Qui nous révélera le secret, le but final des lois immuables qui président h celles-ci? 1 . Cècldoviyie- (iVst précisément h son existence dans une galle que ce Diptère doit In dénomination générique qiîe Latreiile lui imposa. La Larve habile , comme je l'ai dit , le fond du calice axillaire; elle y a pris la place de la corolle et des autres j»arties de la fleur qui lui servent de nourriture. Ovale- obiongue, blanchâtre, d'une ligne de longueur, hérissée p;i!-ci par-là de quelques poils isolés , elle se compose de treize segments , y compris la tête. Elle n'offre aucune patte, aucun tubercule, aucun mamelon qui en tienne lieu; en un mot elle est apode. Et à quoi lui auraient servi des pattes dans son étroite cellule? Le cocon dans lequel elle s'enferme pour subir sa pre- mière métamorphose est sjibovoïde , d'un beau blanc sa- tiné, d'un tissu membraniforme mince, glabre, scnrie.ux ou sec. Toujours seul dans chaque calice , il est plus large et arrondi par un bout qui repose sur le fond de la cellule, un peu atîénuévers le bout opposé, qui est tronqué et fer- mé par un diaphragme plan. Ce couvercle se détache dans une partie de son contour, lors de la sortie de l'in- secle parfait. DE LA SOCIÎ^.TÉ ENTOMOLOGÏQ HE. 87 La larve de la Cécidoniyie passe l'automne, l'hiver et une grande pnrtie du printemps dans ce cocon avant d'ar- river h l'état de nymphe; elle ne prend plus de nourriture et demeure dans une sorte d'engourdissement; elle se con ■ tracte , se ratatine lentement , et finit par acquérir une teinte hriquetée ou presque safranée. La nymphe ou la chrysalide paraît ne conserver cet état fjue fort peu de temps avant la transformation de l'insecte jtarfiut; sa physionomie est des plus singulières : la tctL; et le thorax, de consistance cornée, sont noirâtres, luisants , glabres; les pattes ainsi que les antennes , quoique étroite- ment emmailloltées, sont bien distinctes , et forment en bas , par la contiguïté des tarses , une pointe saillante détachée du corps; l'abdomen est très-distinct des parties précé- dentes, tant par une consistance bien moindre que par sa segmentation marquée, et par sa teinte rougeâtre. On voit que cette structure de la larve de notre Cécido myie a la plus grande analogie avec celle que Latreille ;) signalée , et que M. Macquart a décrite dans la C. du saule (1 ). Quant à l'insecte parfait, je n'ai pu le rapporter h aucune des espèces décrites soit par Latreille, soit par M. Meigen et par TM. Macquart; je la crois donc nouvelle, et je vais en donne une courte description. Cecidomyia Ericcs scoparice, Nob. Cécidomyie de la bruyère à balais. Dilate sanguinca, thoracis dorsonigrescente, alis subfumosis, villosis, pcdibus nigricantibus ; antennis (f iy-arliciUatis, (1) Macquart, Ins. Dïpf. Tipulatr6.t,p. 114. 88 ANNALES disùncLc uionUiformihus, longe hiisulis , $ id-(>rlicu(uiis fdifovmibas. H oh. larra in {rU'Cc scoparlœ <^aUis. Lon^. \\\ \ lin. Antennes noirâtres, nxins longues que !f corps; celles Ju maie à articles globuleux Lieu détachés les uns des autres et coinme pédicellés ; celles tle la femelle l\ articles conti- gus cl décidément filiformes. Ailes frangées, parcourues pjsr trois nervures seulement; la première, rapprochée de hi côte et parallèle ocelle-ci; la deuxième, plus courte .moins droite, émettant la troisième, qui est transversale et atteint le Lord postérieur de i'ailc. Balanciers assez grands, d'un blanc sale. Abdomen ayant souvent une teinte noirâtre h sa région dorsale; cchii de la feuiclle prolongé en un o>. i- scapte alongé rétraclile , de trois pièces engainantes, dont la tenninale esl velue à son extrémité; celui du mâle, plus nnnce, terminé par deux faibles crochets qui font la pince. Ce dernier sexe a une couleur plus pâle que l'autre. CelteCécidomyieades rapports avec le C. bicolor, Maccp; mais, indépendamment de ce qu'elle est du double plus grande , elle en diffère encore par ses pattes obscures et non pâles , ainsi que par la teinte de son abdomen; elle se dislingue aussi du C. pygmcca, Mucq., par sa taille et pr.r ses antennes moins longtics que le corps. C'est dans le mois de juin que la Cècidomyie de la bruyère à balais est éclose en abondance dans les bocaux où j'avais })!acé les galles. Au moyen du microscope j'ai reconnu J» leur oviscaple les œufs dont la forme alongée et Irès-acéi ée est favorable à leur insertion dans la profondeur du tissu végétal. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQlE. 89 a. Eulophc. Le genre Eulopkus fut fondé par Geoffroi sur une seule espèce d'IIyniénoptère qui paraît êlre fort rare. Fabricius ne l'adopta point; mais Olivier, et, après lui , Latreiilc , le rétablirent. Toutefois les caractères de ce genre soûl loin d'être positivement fixés. Je ne connais point le travail monographique de M. Daîman , mais il est présumable que V Eulopkus de Geoffroi ou Dlplolepis ramicornis , Fabr. , ainsi que les Eulopkus pectinicornis et fiabeltatus de M. Boyer de Fouscolombe (1), appartiennent à une coupe générique différente de celle du petit Hyménoptère que je vais faire connaître , et d'une aulre espèce dont je donnerai le signalement. Qu'il me soit permis d'exposer ici les résultats de l'étude comparative de ces deux espèces. 1°. Caractères g€néri(jucs et habituels. Antennes légèrement brisées après le premier article , in sérécs loin de la bouche, vers le milieu du front, compo- sées de huit articles ; celles du mâle plus longues, à articles alongés , garnis à leur bord supérieur de longs poils sim- ples; celles de la femelle à articles plus gros, ovalaircs , nus ou dépourvus de longs poils , terminées par une masse ovale-oblougue de trois articles serrés, dont le dernier est rudimentaire (2). Tête arrondie , avec la face déprimée. (1) Ann. des Se. nat., t. îG, p. 297. (2) Latreille , dans son Gcncra, et MM. de Saint-Fargeau et Servillr dans VEneyelopédie, paraissent s'en êlre rapportés aveuglément à Geoffroi quant au nombre des sept articles aux antennef. Je ferai , à ce sujet , 90 ANNALES Palpes non saillants. Ocelles disposés sur une ligne nrcs- fjuc droite. Thorax de niveau avec la tête et l'abdomen , et di^ même largeur qu'eux. Prothorax étroit, à tranche dorsale linéaire droite. Ailes v(dues sans aréoles ou cellules, nervure costale des antérieures cornée jusqu'aux deux tiers , émettant h ce point un court rameau transversal, simple, tronqué. ylbdoiuen sessile, oblong, subdéprimé dans le mâle, un peu comprimé et terminé en poinle conique dans la fe- melle; oviscapte peu ou point saillant. Pattes Irès-simples, à jambe^ droites et h cuisses non renflées. Ces petits Hyménoptères sont parasites des larves gal- licoles des Diptères; ils ont une démarche peu précipitée, mais ils sautillent h la manière des Cynips et des Chalcls lorsqu'on les surprend ou qu'on veut les saisir. Leurs ailes sont habituellement croisées et couchées le long du corps, qu'elles dépassent de beaucoup. Quand ils marchent, ils tiennent, les mâles surtout , les antennes dirigées en avant, et droites comme si elles n'étaient pas coudées. Les longs poils de celles du mâle peuvent , au gré de l'insecle , se re- dresser, s'étaler ou se ployer, se coucher longitudinale- ment, de manière que dans ce dernier cas ils ne sont pas faciles h constater. La forme et la structure des antennes une observation qui leur .i échappé : c'est que Geoffroi, dans le texte, ne donne effectivement que sept articles aux antennes de son Kuloplie, tandis que le dessinateur en a rtcllement exprimé huit dans la figure. Dans la 4 juillet, je fis arroser abondamment la terre d'un champ où les Cébrions avaient paru les années précédentes. Deux jours après, en fouillant la terre, je rencontrai plusieurs femelles de C, xanlomcrns qui avaient l'oviducte élargi , et, quelques jours plus tard, une femelle ayant le ventre très -contracté et point de mâles, ce qui ne doit pas étonner > car s'il y en avait quelques-uns dans un champ voisin , il est clair qu'ils ne pouvaient sortir avant qu'on eût arrosé et ramolli la terre qui les renfermait. Je conservai vivantes , pendant quelque temps , les fe- melles que j'avais placées dans une boîte, sans leur donner à manger : elles ont vécu jusqu'en septembre. Comme je l'ai^déjà dit, ce n'^^t que le 2 1 du même mois qu'il tomba à Galdas une forte averse, el M. Sans, qui se trouvait là, sortit pour se promener le matin après la pluie. 11 ne doutait pas alors que les Céhrioun qui devaient éciore cette VI. 7 g8 ANiNALES nnnée ne profitassenl tîe cette pluie pour sortir de terre ; cl , en effet , il ramassa plusieurs mâles et une femelle noyés dans une flaque d'eau. De toutes ces observations, je crois pouvoir conclure : 1°. Que l'apparition des Cébrions , quoique ayant lieu ordinairement en grande quantité après les pluies d'orage, n'est point due à l'inlluence électrique; mais qu'on la re- marque aussi dans ces circonstances où le fluide électrique est en équilibre, comme cela a eu lieu dans les apparitions de i85o et i85i. 2°. Que la seule cause de leur apparition dépend de la pluie ; car il est probable que déjà les Cébrions, ayant subi leur transformation , ne peuvent sortir de terre à cause de la diu'eté du terrain, occasionée par la sécheresse de la sai- son : ils ont besoin que la terre se ramollisse à une certaine profondeur, afin de pouvoir traverser toute l'épaisseur du terrain dans lequel ils se trouvent. Il faut donc, suivant moi, la condition sine qaa non d'une pluie ou d'une inondation artificielle , pour que l'apparition de ces Coléoptères puisse avoir lieu. 3°. Que, l'aute de la condition indispensable déjà indi- quée, il peut arriver que les Cébrions ne paraissent point pen- dant la canicule, et que leur apparition soit même retardée de plusieurs mois, comme je m'en suis convaincu aux mois d'octobre î85o, août \83i et 21 septembre i85(). 4°. Que la cause de l'apparition instantanée d'une quan- tité si nombreuse de ces insectes dépend des conditions in- diquées; car, sans cela, ils ne pourraient sortir que dilfici- lement, h moins d'une cause particulière et accidentelle, comme je lai expérimenté en juillet dernier, ou comme j'ai pu l'observer à Caldas de Monbuy en avril i8.3i. D'un autre côté , comme les Cébrions naissent dans le même moment f\ dnns le même endroit, il s'ensuit que la DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 9»»»»»>»»»liVV\ »»llWW»«»>«»««'>*W<«»»«»W»«l»««W»»««r»>WrW[»MI» LETTRE ADRESSÉE A LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE miISCB , SUR UN GROUPE DE BUPRESTIDES ; PAR M. MaXIMILIEN SPIItOL.i. (Séance du 3 férrier i856.) Messieurs , Quoique appliqué depuis quelque temps à l'étude des Serricornes , je n'avais pas osé publier encore mes obser- vations parce qu'elles me paraissaient incomplètes , faute (le matériaux. Le catalogue du comte Dejean est le pro- gramme d'un travail immense qui, s'il avait été achevé, aurait du rendre le mien inutile. Mais malheureusement, le Species du même savant semble conçu sur un plan si vaste, qu'il est permis de craindre que la vie d'un seul liomme n'en voie pas la fin. Les travaux antérieurs d'Esch- schoitz , sitôt enlevé aux sciences, auraient dû me servir de guide dans mes recherches ; mais je n'ai pas encore pu obtenir d'Allemagne les ouvrages dans lesquels il a inséré ses nouveaux genres de Baprestides. La plupart de ces genres ont été adoptés par MM. Dejean et Solier. Ce der- nier est cependant le seul qui en ait publié les caractères dans un écril {Ann. de La Société Entomol., année i833. 102 ANNALES 2' Iriincslre) qui est maintenant ce que nous avons de mieux raisonné et de plus étendu sur cette famille. M'étant dé- cidé, enfin, à vous en entretenir, ce travail sera, Messieurs, notre point de départ. Los bornes usitées d'une lettre ne me permettront pas d'embrasser tout l'ensemble de l'édifice; ilme faudra choisir entre ses diflerentes parties. Pour le moment, je me contenterai donc de j)asser en revue le genre Latipalpis, saul'ù vous parler des autres dans les lettres suivantes. Le genre Ldtipalph , Sol. , se compose, d'après son au- teur, de tous ics Buprestides qui réunissent les caractères suivants : Ecusson apparent, sub-orbiculaire, ou sub-rcclangulaire. Menton tronqué antérieurement , muni de trois dents à cette troncature. Labre rectangulaire. Dernier article des palpes maxillaires dilaté, séouriforme, vX h peu près delà longueur du pénultième. Tarses peu ou point dilatés; les deux premiers articles non lobés, à peine échancrés, le quatrième à peine plus petit que le troisième. Ce genre couîprend les genres Dicerca, Escbsch. , Pero- tis et Lampra,Me^., et Polybotkris, Dej. Il diffère, dans le tableau de M. Solier, du i^enrc PsUoplera, Serv., par le dernier article des palpes maxillaires , qui n'est pas sensible- ment plus long que le pénultième ; du genre Euchroma, Serv. , par les pelotlcs des tarses, qui sont d'une grandeur moyenne; du genre Pclccopselaphus, Sol., parle quatrième article des tarses presque égal au troisième; des genres Chal- cophora, Serv., Bupreslls, So\., Poljcesta, Serv., par le der- nier article des palpes maxillaires dilaté et sécurilbruie ; des genres Conognatha, Eschsch,, Temognalha et Strigino- dcres , Sol. , par le labre tronqué, et par la bouche, qui ne s'avance pas en une espèce de rostre; riifin , de tous les- DE LA SOCII^.TÉ ENTOMOLOGIQUE. io5 autres Buprettides, par la présence et par la forme de son écusson. Les longueurs respectives des deuxième et troisième arti- cles des antennes, la forme de l'écusson , celle du dernier anneau ventral dans les deux sexes , ont ensuite fourni h M. Solier quelques divisions que je ne dois pas omettre. L\ DIVISION I * a correspond au genre Dicerca , Eschsch. — I * 6 ne contient qu'une seule espèce, le Bu- prestis conapersa, Fabr., que M. Dejean a mis dans le genre Lampra^ Meg. — l * c réunit des Lampetis et des Perotls. — \* d contient les autres espèces du genre Lam- pra. — II ne contient que le 5a/jreii/5/r)/5flna,Rossi, que M. Dejean a compris dans le genre Dicerca. M. Solier ne cile aucune espèce du genre Polybothris , Dej. ; mais à moins de restreindre les caractères du genre Latipalpis, comme je lecrois convenable, il est impossible de placer ailleurs les Polybothris qui notis sont connus. Indépendamment des différences observées par M. Solier, les mêmes parties , savoir : les antennes , l'écusson et Kî dernier anneau ventral, étant soumises h un examen pins scrupuleux, offrent d'autres caractères auxquels ce savant n'a pas cru devoir attacher la même importance , et qui m'ont paru néanmoins bien nets , bien tranchés , assez ap- parents, et par cela même aussi bons que les autres pour l'établissement des nouvelles divisions. D'ailleurs plusieurs de ces caractères s'allient souvent avec un /la^/fas distinct qui est lui-même le résultat d'une combinaison particulièro jo4 ANNALES d'autres caractères d'un ordre secondaire. Les coupes in- troduites d'après celle manière de voir mériteraient , dans i us les cas , le nom de genres; mais elles le méritent d'au- tant plus dans celui-ci, que, sur huit ( y compris VEctlno- gonia ), il y en a six qui avaient été proposées par les ento- mologistes qui s'étaient occupés de celle famille avant nous, et qui étaient indiquées dans plusieurs catalogues impri- més , et , de plus , qu'elles étaient suivies dans la plupart des collections ordonnées d'après les méthodes récentes. En vous présentant le tableau synoptique suivant , mon Lut a été de rétablir les genres que je crois bons à conser- ver, de résumer le résultat de mes observations, et d'en restreindre rexposilicn dans les moindres loraies , afin de la contenir dans les bornes de cette lettre. DE LA SOCHiTE ENÏOMOLOGIOUE. io5 gulaiic n'étant guère plus I longqut Ifi secoii poncliformi-; î'ai- IIlIi; des a t'ïï '"! l-ide„U9, I G. '"'' ( liiaenté 5*- ) iiti'iioes I aui^si long que \e ( abdumeii \ \ premier, et le } hidrnlé Ç , \ douxiinie réunis; (^ tronqué ^. ) \ r.ctihgne Ir posté plus ou deuxitme arti- cle des antennea et ylol.u- leux ; le troitîiéiTit: plus long ([ue le < I druiièuie , mais plus cdurt que le preiuiir et le s. tlcuzièiue réunis; iibdoinen fortement éeh^nieré , presque bi- denté 9 , oudi (^. ^n'étant guère plus\ abdomen |Ul quatrième arti- le alongé, obeoi lU peu dilaté euieuleul, mais jamais assez pour tonner des dents de la seii- ; 3« article des] QUteuuefl ; dïux aplu, long que le | lron<|ué oti 1 e ; corps dessus; deux fois plus long que le deuxiè- me : corps souvent cylindroconique , toujour.-î convexe | en dessus; 'rement écliancré 2 • arrondi (^. abdomen rrondi '^ (f- I. Dicerea. II. Latipalpii. IH. I.aïupra. IV. 0. Peiotîs. y. Ipelée cloison exicrieurc de la caiilè des hanches postérieures, {f'oy. Distribution de la famille des Serri- corncs, dans les Ann. de la Soe. Bnlom., i834» '" Irim.) DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 107 Le Bupreslls metailica , auquel M. Dejean rapporte avec raison le Buprestis cuprea , Fabr, , m'a paru un Pcrotis. Le Dicerca (loudotil, Dej. , est pour moi un Lampelis. Je ne connais pas les autres Dicerca indiqués dans le ca- talogue Dejean, dont un est de Java, un autre du Sénégal, et sept se trouvent dans l'Amérique septentrionale. IL Genre Latipalpis , Soi. Les antennes sont h peu près les mêmes dans le» deux sexes, ce qui est é}:;alement vrai dans lo genre précédent et dans ceux qui suivent. Le quatrième article , le plus loiig de tous , est triangulaire et constitue la première dent de la scie. Les dents de celle-ci , assez aiguës aux quatrième et cinquième articles, s'émoussent insensiblement, en sorte qu'elles sont arrondies h partir du huitième article jusqu'au dixième; le onzième est orbiculaire. Présternum plan, son bord antérieur droit , appendice postérieur labouré par deux sillons longitudinaux qui partent de chaque côté un peu avant l'insertion des hanches antérieures, et qui se réunissent près de l'extrémité postérieure; celle-ci en pointe mousse, atteignant le métasternum. Milieu du mésoster- num toujours caché. Métasternum légèrement échancré en avant, ou plutôt largement évasé pour recevoir le préster- num. Epimères très-étroits près du bord extérieur, augmen- tant graduellement de largeur, et sans aucune sinuosité jusqu'à l'insertion des hanches postérieures, sensiblemenk dentées près de celte insertion. Convexité du corps inter- médiaire entre celle des Dicerca et celle des jPe?of/5. Cor- selet siuué latéralement , ayant son maximum de largeur un peu avant h; milieu, à peu près à un tiers de sa longueur. io8 ANNALES Elytres pas plus larges à leur base que le corselet à son mnximiim de largeur, très-faiblement échancréos latérale- ment , se rétrécissant insensiblement après les deux tiers , non acuminées ; bord extérieur toujours convexe. /Ipix tronqué,, unidenté. ESPÈCE UNIQUE. Lalipalpis pisana , Sol. Dicerca plsana , Di:j. Baprestis pisana, Rossi et Fabr. Bupresùs plana, Oliv. Eut. Sa, pî. VI, fig. 53, a. b. Toscane et Italie méridionale. Assez rare. III. Genre Lampra , Még. Préslernum large , plan; bord antérieur droit , point de sillons longitudinaux sur l'appendice présternal , extrémité postérieure finissant en pointe mousse et n'atteignant pas le mélasternum; souvent une dilatation latéraleet denli- forme un peu avant cette extrémité. Partie visible du mi- lieu du mésoslernum profondément enfoncée. Mélaster- num peu ou point échancré antérieurement. Epimères augmentant insensiblement de largeur , à partir du bord extérieur jusqu'au-dessus des hanches postérieures ; sans dents et sans échancrure sensible. Corps plus ou moins convexe. Elytres toujours tronquées. Leurs proportions et celles du corselet donnent lieu à deux subdivisions. rBEMIKBB SUBDIVISIOn. Corps inégal et convexe comme dans les espèces du genre Dicerca. Corselet penlagonal, s'élurgissant rapidement à DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE uxj partir du bord antérieur, arrirant nu maximum de sa lar- geur dès le tiers de sa longueur, puis se rétrécissant insensi- blement jusqu'au bord postérieur; bords latéraux arrondis sans aucune sinuosité; bord latéral des élytres sensiblement écbancré; celles-ci commençant à se rétrécir visiblement aux deux tiers de leur longueur, ^pcx tronqué et édenté. ESPÈCE UKIQUE. Lampra conspersa , Dej. Je ne coDuais pas le Latipalpis conspersa , a;iquel M. So- lier rapporte le Buprcstis conspersa, Fabr, L'espèce dont j'ai sous les yeux plusieurs exemplaires des deux sexes a l'é- cusson du genre Lampra tel que je l'ai décrit dans mon tableau synoptique. CBI'XIÈUK SCBD1TISI0^. Corps moins inégal et moins convexe que dans la subdi- vision précédente. Habitas bien moins des Dicerca que do quelques espèces du genre Bapreslis, Sol. et notamment de celles qui entrent dans les genres y^ncj/ocAeiVû, Eschsch., ei Eurytliyrea, Serv. Corselet trapézoïdal, augmentant in- sensiblement de largeur en parlant du bord antérieur jus- qu'au bord postérieur. Elytres très-laiblement échancrécs , ne se rétrécissant qu'insensiblement en approchant de l'A • pex. Apex tronqué et pluridenté. ESPÈCES. 1. Lampra rutiUins , Meg. et Dej. Buprestis rutdans , Fabr. Europe. y. Lampra festiva , Meg. et DhJ. Buprcstis festiva, Fabb. Europe. Ces deux espèces , les seules qui me soient connues, ont cinq dents à rexîréuiité des élytres. MO ANNALES IV. Genre Perotis , Még. Préternum plan, bord antérieur droit, appendice préster- nal doublement sillonné longitudinalement , sillons larges, profonds , réunis près de l'exlréniilé postérieure , celle-ci arrondie , recouvrant le milieu du mésosleriujm , et attei- gnant le roétasternum ; une petite échancrure latérale , un ]}eu avant l'extrémité. Mélasternum largement échan- cré en avant. Corps très-aplati en dessus. jCorselet aussi largo à sa base qu'à son maximum, se joignant très-près de la tête , et ayant tout au plus un tiers de la longueur totale. Angles postérieurs ne dépassant pas en arrière les angles huméraux des élylres. Celles-ci sans écliancrurc latérale visible en dessus, et sans rétrécissement brusque; elles sont en outre ovales, muliques. y4pex arrondi. Epimèrcs peu ou point sinueuses avant l'insertion des hanches pos- térieures; au dessus de cette insertion elles sont visiblement échancrées et faiblement dentées dans les mâles, peu échan- crés, et sans dent apparente dans les femelles. ESPÈCES. 1 . Perotis ruprca , Nobis. Dicerca cuprca , De». Biipreslls cupreu , Fabr. B u prcst is mctalllca , Oi.iv. 02, taù. XI, fig. 1 "ïo. Afrique. Mon exemplaire m'a été envoyé par M. de Gris- iofori de Milan , comme venant de la côlo de Barbarie. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. m •2. PtTOlis unicolor, J)e3. Buprcslis unlcolor , Oliv. Ent. 3*2, tab. VIII, iig. (ji. Afrique. Donné par M, Dupont. 5. Peroiis tuguùris, Meg. et Dej. Biiprcstis lugnùrls , Fabh. Europe. On le trouve, quoique rarement, dans les environs de Gènes. 4. Pcrotis striata , Nohls. Plus grand que le Perotis unlcolor, auquel il ressemble par sa couleur et par son habitas. Il en est cependant Irès- dislinct. Couleur vert -métallique en dessus, tendant au cuivreux sur le devant de la tête et sur le dos du corselet; les teintes cuivreuses paraissent très -variables. Le des- sus du corps cependant est constamment de cette couleur, avec des poils blanchâtres , plus épais sur les côtés , qui prennent naissance dans des points enfoncés clairsemés sur le ventre, très-profonds, quelquefois oblongs , plus souvent irréguliers et confluents. Les élytres ont sept ou luiit stries longitudinales formées de petits points assez ser- rés; interstices peu élevés, réunis en cavités difformes et ru- gueuses. Cet insecte est plus grand queles plus gros individus dn Perotis lugubris ; sa taille est plus svelte, commeceîle du Perotis anicolor. Afrique. Un exemplaire de cette espèce m'a été anciennement envoyé par M. Walner de Genève, sous le nom de Buprestis punctatissimaf Sénégal; mais les ély très de mes individus sont entières, et non bidenlées. Je ne connais pas le Perotis cldoranoy Dej. Cat. 112 ANNALES 5. Perdis Buijuctu, N. Sp. De Caycnne, donné par M. Buquet. Cotte cspc'ce , qui devrait être , h mon avis , le type d'un genre à pai't , et que je n'ai réunie aux Perotls que parce qu'elle a précisément les antennes de ce genre, diffère de toutes ses congénères par : Le présternum, dont l'appendice postérieur n'a pas de sillons longitudinaux, et dont le bord antérieur est faible- ment, mais risiblement cchancré ; Les angles postérieurs du corselet prolongés en arrière, au-delà des angles humérauxet des élytres ; Les élytres lortement échancrées près du milieu, brus- quement rétrécies aux deux tiers de leur longueur, aca- minées comme dans le genre Dicerca , et armées à leur ex- trémité, de deux dents aiguës, dont la suturale est la plus longue. Si ces différences paraissaient un jour assez importantes pour l'admission d'un nouveau genre , la fornsc des angles postérieurs du corselet me ferait proposer le nom géné- rique XEctinogonia, composé des deux mots grec sy~uvo [produco) et yovta (angiilus ). Le Pcrotis ou Ectinogonia Bucjueiii [Psiloptera impressi- collis des colicct. ) est de la taille du Dicerca œnca. Sa couleur est un violet métallique, plus foncé en dessus, plus clair et plus brillant en dessous. La tèle et le corselet sont fortement ponctués; les points peu serrés, mais profonds et très-apparents, les intervalles élevés inégalement, formant des aspérités irrégulières, plus prononcées sur le front et sur les bords latéraux du corselet. Celui-ci ayant de plus deux côtes longitudinales, largos, élevées, moins fortement ponc- luérs et d'une couleur plus foncée , atteignant la base et !e DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i,5 bord antérieur , en sorte que le dos du corselet paraît divisé en trois cavités longitudinales h peu près égales entre elles. Elytres ayant huit stries de points enfoncés plus gros et plus profonds, qui diminuent cependant à mesure qu'ils s'éloi- gnent de la base et de la suture. Entre la seconde et la troi- sième strie , entre la quatrième et la cinquième, une côte élevée, interrompue, dont la première s'arrête aux quatre cinquièmes , la seconde aux trois quarts des élytres. Tous les autres intervalles finement pointillés; points petits , nom- breux et quelquefois confluents. Dessous du corps plus fortement ponctué, points gros très-eufoncés, confluents et formant des rugosités irrégulières. Pattes de la couleur du dessus du corps. Antennes noires. Dernier anneau ventral tronqué dans les femelles. Mâle inconiui. V. Genre Lampetis> Dej. • Présternum un peu bombé, bord extérieur droit; appen- dice présternal , avec deux sillons longitudinaux comme dans les genres précédents; extrémité postérieure large, arrondie et atteignant le métasternum. Celui-ci largement échancré en avant. Epimères s'élargissant brusquement au- dessus de l'insertion des hanches postérieures. Corps tou- jours très-convexe et presque cylindro-conique. Corselet s'élargissant très-peu du bord antérieur au bord postérieur, sub-cylindrique. Les élytres paraissent parallèles dans les deux tiers ou même les trois quarts de leur longueur^ parce que leur échancrure latérale n'est pas visible en dessus. Au- delà de ce terme elles se rétrécissent insensiblement, et s'ap- prochent de l'extrémité sans faire de sinuosité. Extrémité sou- vent bidentée et tronquée obliquement entre les deux dents. VI. 8 ,,4 ANNALES ESPACES. 1. Lampetis bioculata, Dej. Buprestis biocaiata , Oliv. Enl. 32, tab. viii , fig. 90. Du Sénégal. 2. Latnpetis valens , Dej. iôid. 3. Lampctts compo3ita,J)E3. ibld. Donné par M. Dupont. 4. Lampetis fastuosa , Dej. Buprestis fastuosa, Fabr. et Oliv. Ent. 02, tab. vu, fig. 8, De Java. Ce n'est que par analogie et d'après l'autorité de M. Dejean que j'ai placé ici cet insecte; l'individu unique que j'ai eu de M. Dupont n'avait plus d'antennes. 5. Lampetis galamensis , ^ùh\%. Buprestis galamensis. Sol. Ann. de la Société Entomolo- gique de France , i834 » p. 289. Du Sénégal. 6. Lampetis chalybeata , Nobis. Buprestis chalybeata, Klug. Insect. Madag. n" Go. Buprestis exophthalma , Guerin. Mag. de Zool, sect. ix , planche 26. Dicerca Goudotii , Cat. Dej. De Madagascar. DE LA SOCll^TÉ ENTOMOLOGIQUK. 1 1 5 VI. Genre Polybothris , Dej. Présternum plan, mais non déprimé; bord antérieur plus ou moins profondément écliancré; appendice présternal for- tement rebordé h partir de l'insertion des hanches anté- rieures; les deux rebords n'arrivant cependant pas jusf[u'i» l'extrémité; celle-ci brusquement rétrécie au-dessus du mésosternum , qu'elle cache dans toute sa longueur. Extré- mité arrondie atteignant le métasternum.qui est tronqué en avant ou légèrement échancré. L'épimère n'a pas la même forme dans toutes les espèces, et peut fournir d'assez bons caractères pour les distinguer entre elles; en général il augmente graduellement de largeur jusqu'à l'insertion des hanches postérieures; il n'offre jusque là ni dent, ni si- nuosité; mais à partir de ce point il est tantôt entier, tajî- tôt écliancré , tantôt tronqué en ligne droite , tantôt arrondi en demi-cercle. Le corselet est toujours trapézoïdal; ses bords latéraux sont arrondis , sa base est bisinuée; mais la différence de largeur entre le bord antérieur et le bord postérieur varie beaucoup selon les espèces. L'écusson est toujours très-petit, orbiculaire , le plus souvent concave, quelquefois convexe. Les élytres réunies sont constam- ment plus larges à leur base que le corselet; mais cette dif- férence varie encore beaucoup selon les espèces. Les angles huméraux arrondis et peu saillants ; leur rebord se prolonge toujours en lame horizontale; mais celle lame est tantôt très-courte i tantôt assez longue pour donner à ce Bu- prestide les fausses apparences d'une Gassidaire. L'échan- crure latérale paraît être prononcée en raison inverse de l'extension horizontale Au rebord marginal; elle n'est or- dinairement visible (juc de côté. Le contour des élytres est tantôt ovale-oblong, tantôt orbiculaire. L'extrémité est tantôt 1 16 ANNALES entière, tantôt tronquée et bidentëc , tantôt tronquée obli- quement de dedans en dehors, en sorte que les élytres réu- nies dans le repos offrent une échancrure angulaire dont le sommet est h la suture et dont les côtés se prolongent quel- quefois en épines. Aucun genre de cette famille ne réunit de» espèces aussi différentes par leurs habitudes; les unes res- semblent aux autres Buprestides, et particulièrement à des Ps'doptcrcs , d'autres ressemblent i» des Imatldies ; mais entre ces deux extrêmes on trouve tant d'espèces intermé- diaires, qu'il est impossible de tirer entre elles une légère ligne de démarcation. Les divisions que l'on pourrait faire d'après les différences de l'écusson, de l'épimère ou de l'extré- mité des élytres, intervertiraient l'ordre naturel. Ces motifs m'ont engagé à laisser le genre tel qu'il est, et h me contenter d'en disposer les espèces à la suite l'une de l'autre, d'après les proportions et l'analogie de leurs parties respectives; juo- qu'îi présent il n'est pas très-nombreux en espèces. Parmi les C arabiques, le genre /''ej'onta l'est bien davantage, et pré- sente les mêmes difficultés , et cependant les entomolo- gistes sont obligés de convenir qu'il est impossible de le subdiviser. Il en est de même des genres Carabus elBembi- diuni. Combien d'espèces connues ne pourraient-elles pas êtra placées indifféremment dans plusieiirs des divisions que l'on a introduites pour la commodité de l'étude ! ESPÈCES. Toutes celles que je possède viennent de Madagascar, et m'ont été données par M. Dupont. La plupart ont. été pu- bliées par le docteur Klug {Insect. Madag. ) ou par M. Guérin {Mag. de ZooL). DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQLIE. 117 1 . Polybothris sumptuosa , Nobis. Buprestis sumptuosa , Klug. Ins. Mad, w" l\^, tab. 1 \, fig. i. Polybothris crœsus, Dupont, dans le Mag. de Zoolog. sect. IX', pi. 77. 2. Poiybolhris carcharias , Nobis. Buprestis carcharias, Klvg. Ins. Mad. n° 49» tab. 11. fig. 2. 3. Polybothris zivetta., Nobis. Buprestis zivetta , Klug. Loc. cit. n" 4^, tab. ii, fig. 6. 4' Polybothris ancora , N. Sp. Corps assez allongé, vert métallique, anneaux du ventre bleus. Antennes et pattes de la couleur du corps. Tête ponc- tuée et rugueuse; une élévation parfaitement lisse part du milieu du front, descend jusqu'au bord de l'épistome; 15 se divise en deux branches divergentes de manière h repré- senter une espèce d'ancre dans quelques individus. Corse- let pareillement ponctué et| rugueux; on observe surtout, près du bord antérieur, quelques espaces lisses , élevés irré- gulièrement , et d'une couleur plus foncée. Élytres réguliè- rement striées près de la suture ; stries ponctuées ; à me- sure qu'on s'éloigne de la suture, les stries deviennent ir- régulières, les points grossissent et se confoitdcnl , les in- tervalles se rident , en sorte que l'élytre paraît simplement rugueuse, et non striée près du bord latéral. II y a de plus des impressions enfoncées , variables , difformes , couvertes de poils blancs , /lans les individus frais; au-dessous de ces poils les élytres sont finement pointillées et d'un vert \n\ peu plus clair. Ces impressions sont vaguement dispersées^ ii8 ANNALES sur la surface des^ôiylrcs, plus petites et plus distinctes près de la base, confluentes vers le milieu; elles y forment une espèce de bande ondulée qui n'arrive pas à la suture; la plus* large est aux trois quarts de la longueur, près du bord extérieur; la dernière touche à le'xtrémitéquie si échancrée et subbidenlée. 5. Polybothris aneo-maculata , Nobis. Buprestis aneo maculata , Klvg. loc. cit. n" ôg. M. Dupont mo l'a donné pour le Polybothris sttgmati- pcnnis , Dej. Cat. C. Polybothris cassidea, Nobis. Buprestis cassidea, Klug. loc. cit. n° 67. Buprestis colUciata, GuÈRiN,Mag. de Zool. sect. ix, fig. 27. 7. Polybothris chalcochrysea, Nobis. Buprestis chalcochrysea , Klîjg. loc. cit. n° 58. Je ne connais pas le Polybothris I^-fovcolata , Dej. Cat. mais je suppose qu'il se rapporte à cette espèce ou à la précédente. 8. Polybothris sex-foveolata ,N, Sr. Nobis. Corps orbiculairc, cassidiforme. Tête noire en dessus, vert métallique en dessous. Vertex avec quatre impression» enfoncées, disposées de manière h imiter une fleur de lys. Front avec cinq ou six points enfoncés , ^ros et distincts. Corselet noir en dessus, vert métallique en dessous. Ap- pendice prosternai p poitriue cfabdomen cuivreux. Corselet DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1 1*9 trapézoïdal, unicanaliculé, lisse, avec quelques points en- foncés, gros et distincts; points confluents près des bords ; bords latéraux arrondis. Llytres noires, plus larges à leur base que le corselet; ovales 1 rebord marginal très-dilaté dans toute sa longueur; extrémité arrondie et mutique; surface striato-ponctuée; intervalles des stries un peu élevés au milieu et près de la suture, aplatis partout ailleurs; il y a de plus sur chaque élytre trois impressions enfoncées , lisses , et d'un vert doré très-brillant; la première est plus petite au quart; la deuxième est moyenne à la moitié; la troisième est plus grande aux trois quarts de la longueur de l'élytre ; elles m'ont paru s'appuyer sur la ligne où com- mence la dilatation horizontale du rebord marginal. Dans son maximum , cette dilatation est au moins le quart de la largeur totale. 9. Polybolkris lamina ^ Nobis (1). Buprcsils fies us , Klug. lac. cit. n. 53, tab. a , fig. 10. Buprestis complanata,G\]tMS , Mag. dcZoot. sect. ix,fig. 25. 1 o , Polybothris solea , Nobis. Buprestis solea ^ Klug. loc. cit. n. 55 , tab. 1 1 , fig. 1 1. 1 1. Polybothris cassido'ules , Nobis. Buprestis cassidoides , Guéri n, loc. cit. fig. 29. « C'est encore à ce genre qu'il faut rapporter les Buprestis rhombus, platcssa , lamina, du docteur Klug; \q Buprestis (1) Le Bitprcslis lamitia de. Klug, que j'ai ooiinu postciieurement , est très-voisin dn mien; rf.]iendant , il en diffère assrz pour séparer le» deiu espèces jysqu'à plus ample examen. ho ANNALES rotundata , Guérin ; et , sans doute , quelques autres espèces de Madagascar publiées par les mêmes savants. Je ne sais pas si le Polybotkris madagascariensi , Dej. Cat., ne se rap- porte pas à une de celles que nous avons citées. Il n'y en a aucune à laquelle ce nom spécifique ne convienne à juste litre. VII, Genre Apateum. Présternum sans dépression, bord antérieur fortement échancré comme dans les Polyhothris. Appendice présternal rebordé dans toute sa longueur, légèrement atténué près de son extrémité; extrémité arrondie recouvrant le milieu du mésosternum et atteignant le métasternum ; celui-ci largement évasé pour recevoir l'extrémité du préslernum. Epimères sinueux , notamment élargis après l'insertion des hanches postérieures, un peu échancrés au-dessus d'elle. ESPÈCE UNIQUE. Apateum calceatum , Nobis. Buprestis catceata,K.LVG , Loc. cit. n. 47» ^'^^' >•> fig» 5. Buprestis Luczotii, Guérin, Mag. de Zool. sect. ix, fîg. 65. Apateum, àe «Traraw [simulo), parce que l'espèce unique qui compose ce genre jusqu'à présent simule l'iiabitus d'un Psiloptcre. De tous les caractères qui distinguent les Apatées des Polybothris , le seul qui paraisse essentiel est celui tiré du rebord des élytres en côte arrondie ; les autres , tirés de l'écusson et ducorselet,nesontpcut être que descaractères spécifiques. Le genre Apateum, conçu alors d'une manière un peu plus large , admettrait plusieurs espèces que j'en DE LA SOCIÉTÉ FNTOMOLOGIQIJE. 121 crois très rapprochées , mais sur lesquelles je ne me pro- nonce pas parce que je ne les ai pas sous les yeux : telles me semblent les Bupreslls aarcop'dosa, Guérin, ou Buprestis Goudotii , K\w^ ; Buprestis scnpidaris , Guérin; Buprestis analis, Chevrolat , dont la description plus complète me semble confirmer mes soupçons; Buprestis Goryi, Guérin; Buprestis margindta , Oliv. , etc. Si nous comparons en- suile nos y^/)flfée5 avec les PsiLotères, nous serons frappés de leur ressemblance , et nous serons convaincus que ces deux genres doivent se suivre dans un ordre naturel. Indépen- damment de l'habitusdes Apalêes, les Psiioptères ont les an- tennes de ce genre et des Polybothris. Dans plusieurs es- pèces, entre autres les Psiloptera tessellata et dynasta, qui ressemblent beaucoup à notre y^pflfcamcû/ceflf «m, ils ont les deux derniers articles des palpes maxillaires à peu près de la même longueur. Si ce caractère était seul et indispensa- ble , je crois qu'il serait bien difficile d'en faire usage. Après cela on n'a plus pour distinguer les deux genres que le bord antérieur de leur présternum ; il est acuminé dans l'un, et échancré dans l'autre. Mais ce caractère, très-bon, sans doute, pour les divisions artificielles dont la science ne peut pas se passer actuellement , ne peut être mis qu'au dernier rang dans nn^. division fondée sur l'ordre naturel. C'est pour conserver cet ordre et pour le concilier avec la commodité de l'étude que je proposerais d'intervertir celui que M. Solier a suivi ^ans son tableau entre le genre Copnodis , n° 12, et le genre Temognata , n" 1 8. Sans changer un seul mot au texte de ce tableau , et en le trans- posant d'une manière convenable, on pourrait donner à ces Buprestides cet ordre de succession, que je croirais pré- Cérable : 122 ANNALES N"' 1 2. Genre Capnodis. i5. Genre Chrysesthes. \l^. Genre Euchroma. i5. Genre Pelecopsètaphus. » i6. Genre Latipalpis. Ici, au lieu de ce genre unique, j'intercalerais le tableau synoptique exposé plus haut, et les nouvelles divisions que j'ai essayé d'en faire ressortir. N" 17. Genre PsUoptera. 18. Genre Temognatha , tilc DE L.\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQl E. li*? NOTE SUR LES MOEURS dU BRYOPHILA ALGjE PAn M. GuiNÉE (de C4hâteaudun). (Séance du 21 décembre i8S5.) J'ai lu dernièrement ,^dans les Annales (3" cahier, i836 , p. 46 du Bulletin), une note concernant les mœurs de la che- nille du Bryoph'da algcc, et dans laquelle on annonce que celte chenille vit dans l'intérieur des branches. Les faits qu'on cite à l'appui de cette observation tendraient à faire croire que la manière de vivre de cette espèce est analogue à celle des Cossus, Zeuzera , etc., et fort éloignée , par conséquent, de celles des autres espèces de Bryoph'da. Habitué h baser les rapprochements dans les Lépidoptères , principalement sur les mœurs qu'ils présentent dans leurs premiers états, je ne saurais laisser passer ce fait , qui, bien que fort inté- ressant, m'a paru exposé d'une manière trop générale. La chenille du Bryophila olgœ vit ordinairement sur les ironcs et les branches des arbres , dont elle dévore les li- chens ramollis par la rosée et la fraîcheur de la nuit. Aus- sitôt que la chaleur se fait sentir, elle se retire entre les écorces ou sous les touffes de mousses ou de lichens, prin- cipalement aux aisselles des branches. Je l'ai trouvée ainsi bien des fois , et des éducations fréquentes et répétées d'an- 124 ANNALES née en année ux'ont convaincu que le fait ci-dessus cité ne constitue qu'une anomalie fort curieuse, sans doirle, mais qui ne doit avoir aucune influence sur la classification des Bryoph'des. Je saisis cette occasion pour faire obseryerque XesBryo- phila algce et reeeptricula {Striguta Dup. ) ont été obtenus par moi de la même chenille et ne forment conséquemment qu'une seule et même espèce. Il est même très -probable que le Bryophila calligrapha (Hub. 53o) n'est qu'une de ces nombreuses variétés; du moins j'ai reçu du midi de la France des exemplaires très- semblables à la figure de cet iconographe, et qui se rapportent incontestablement à Y Algce. Enfin , je ne serais nullement surpris que le mcn- dacula du même auteur (fig. Sao) fut encore une aberra- tion du même type. DE LA SOCIÉTi!: RNTOMOLOGIQUE. i25 VWV «%^ v«^ V\% WV \%« VV^ \ \ W-W VM W«ii«M> \%%\%«r%M« %%M V NOTICE SUR LA DÉCOUYEIITE D'UN CRYPTOCÉPIIALE NOUVEAU; PAn M. LE DOCTEUH LOREY (l). (Séance du 3 août i8ô6.) J'ai l'honneur de présenter à la Société le dessin colorié d'une notivellc espèce de Cryptoccpkalc, découverte par moi dans les environs de Suze, en Piémont, dès l'année i8o'i. Ce Coléoptère , vu dans ma collection par M. le comte Dejcan, ayant paru lui faire plaisir, je me fis un devoir, dans l'intérêt de la science , de le lui offrir. Vinj|;l ans et plus se sont écoulés depuis lors ( i8i5) sans que j'entendisse parler de cet insecte ; mon étonnement fut grand lorsque , l'an dernier , me trouvant dans le cabinet du docteur Passerini, directeur du Muséum de Florence, il me fit voir un très-beau dessin du Cryptocéphale en ques- tion, en me demandant si je le connaissais. En vérité, j'en avais perdu le souvenir. M. Passerini me raconta alors , (i) Cette notice devait précéder la description du Ctyptoccplialus Lorcyi, par M. Solier, insérée dans le 4' trioicslre de i836 ; c'est par inadvertance que cela n'a pas été fait. 126 AiXNALES qu'ayant dédié celto espèce rare au professeur Savij de Pise, il en avait référé à M. le comte Dejean pour avoir son ap- probation; que le savant pair de France lui avait répondu que cet insecte existait dans sa collection depuis 181 5, et que, le tenant de moi, il lui avait donné mon nom, sur quoi M. Passerini ne crut pas devoir le publier, me laissant, dit- il , Vlwnneur de cette publication. Pour moi , n'apportant qu'une importance légère k cet honneur, et préoccupé, d'ail- leurs, de ma translation à Marseille, j'avais presque oublié cette découverte , lorsque, visitant la collection de M. Bo- nier, grammairien, professeur de langues à Dijon, je vis un Cryptocéphale semblable au mien dont, me dit-il, deux individus furent trouvés par lui dans les environs dePouil- ly-en-Auxois, l'année d'auparavant; déjà il avait disposé de l'un d'eux en faveur d'un savant do la même ville, qui consentit h me le céder en échange d'un JBuprestis pisi; de son côté , M. Bonier voulut bien se démunir en ma faveur du seul individu qui lui restait. C'est ainsi que je me trouvai en possession de ces deux individus , dont le souvenir ne s'était pas parfaitement con- servé dans ma mémoire. Cependant, voulant m'assurer de leur identité avec celui que j'avais donné dans le temps à M. le comte Dejean , j'écrivis à mon ami M. Duponchel de lui demander la permission d'en faire un croquis ; ce cro- quis me fut envoyé , et me donna la certitude que je voulais acquérir. Je priai, en conséquence, mon savant ami M. So- lier de me faire un dessin de l'espèce en question , et c'est ce dessin, avec la description, que j'ai l'honneur d'adresser à la Société. Voilà donc quatre individus de ce Cryptocéphale dans les collections: celui de M. De jean, celui de M. Passarini, et les deux de Pouilly , dont l'un est maintenant dans la collection de M. Solier, et l'autre me reste. J'engage les amateurs à DE LA SOCIÉTli: ENTOMOLOGIQUE. 127 porter leurs pas investigateurs dans la Gôte-d'Or. Le Cata- logue de MM. Villa, de Milan porte un insecte sous le nom de Crypt. Lorei, avec un point de doute qui indique l'incer- titude; ce n'est que de M. Passerini qu'ils peuvent avoir connu ce nom : ce qui annonce que M. le professeur de Florence a renoncé, ainsi qu'il me le dit, h lui conserver celui de M. Savi. ANNALES DK LA SOCIJ^nÉ KiNTOMOLOGIQUE. ncj MONOGRAPHIE DES LIBELLULINES DES ENVIRONS D'A IX PAB M. BOVKR Dli FoNSCOf.OMBE. (Séance du !•'' février iSÔ-.) f > FAMILLE DES LIBELLULINES, Latr. * M Genro IJbeUula , Latr, Faru. Geoi-fr. Caractères géncrùjues . Bouche. Labre Iransverse , quoique assez large , arrondi extérieurement et en forme de segment de cercle, un peu gibbeux et relevé dans son disque, légèrement cilié au bord externe. Mandibules épaisses à leur base , légèrement courbées le long de leur dos, minces à l'extrémité, qui est terminée par une forte dent accompagnée inférieurement d'une au- tre un peu plus petite; leur base est armée de quatre dents assez courtes, mais fortes : deux de chaque côté. Mâchoires à peu près de la forme des mandibules, minces, aplaties, membraneuses, Ircs-arrondies inférieurement, ter- jninées en crochet et armées à leur extrémité de six épines 9 i3o ANNALES crochues : les deuxexlérieures, en dessous delà terminale, moins longues, mais plus fortes et plus crochues que les in- térieures; Je contour de la partie arrondie longuement ci lié. De la base de leur dos part le palpe maxillaire, qui est presque couché le long de la mâchoire, allongé, linéaire, obtus, très-hérissé de poils, épais, d'un seul article, sauf la hase, qui est peu distincte. Lèvre très-épaisse, renflée, arrondie en avant, presque transparente , hérissée de poils ; ses côtés un peu obliques et convergents vers la région du gosier, qui paraît être placé au-dessus d'elle. Menton composé de cinq parties : sa hase triangulaire et centrale, surmontée de chaque côté de deux très-grandes pièces presque carrées, arrondies supérieurement, presque droites h leur côté extérieur , échancrées intérieurement par l'insertion de la base ou première partie , rapprochées du côté intérieur, quoique séparées par une ligne suturale; les deux côtés de la base et la partie inférieure de ces deux pièces ont chacun un appendice allongé, triangulaire, qui est articulé avec eux et avec la partie voisine de la tête; les bords des deux grandes pièces sont ciliés , surtout su- périeurement. 7"^fe hémisphérique; une vésicule très-distincte près du derrière de la tête, et perlant les petits yeux lisses qui sont disposés en triangle. Ailes horizontales (Latreille). Abdo- men plus ou moins lancéolé. liSPliCES. 1 . LibeKula depreasa. JÀb. ahdomine lato , deprtsso, su/>rà cceridco ( nias. ) ; aul ollvticto ( l'emina ) ; macidis latercdiàus lutcis ; idis an- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIE. i3i licis macula ohlongâ ùaseos, posticis triangulare fuscis; viemùranulâ accessorlâ nlbâ. } LiNN. Faun. Suec. cdit. 11, p. i4î5. LiNN. S. N. 2, qo2, 5. Fabr. Eut. Syst. 2, 373, 2. L4TR. Hist. nat. t. xiii, p. 12. De Vili.ers, Ent. Linn. t. m, p. 4» 'i** 5' Gmelin. Syst. Nat. édit. XIII, t. i, pars v, 261,5. Lat. Gêner, t. m, p. 181. Geoffr. t. II, p. 225, n" 7, lab. i3, fig. 1; ÏELéonorc, Ibid. n° 8, la Ph'dinte. Rossi, Faiin. Etrasc. n° 94^* ScHiEFF. Icon. tab. 106, fig. 1 (mas.); tab. 52, fig. 1. (fem.). Scopo. Enfom. Carn. n° 678. Réaum. vol. VI, tab. 35, fig. 1,2. \ RœsEL, t. II, tab. vi , fig. 4 (fem.), tab. 7 fig. 3 (mas.). Oliv. EncycL méthod. t. vu, 56o, 10, pi. 94, fig« 9- Panzer, Faun. Fasc. lxxxix, tab. 22 (mas.l. . ' 'i'ill J) Toussaint de Guabpentier, Horœ Entomologie^^ p. l\0. Vanderlinden, Monogr. Libell. Earop. p. 7, n" 1. Long. 0,045. Enverg. des ailes 0,075. '"'> Mâle. Tête brune , corselet d'un roux brun , plus pâle en dessus, avec deux traits longitudinaux blanchâtres. Ab- domen bleu en dessus, excepté le premier et le dernier segment, qui sont bruns; taches latérales jaunâcres an\ .52 ANNALES troisième , quatrième et cinquième. Appendices anals petits, noirs , un peu recourbés, un peu plus longs que le dernier segment; les supérieurs minces , presque fili- formes, l'inférieur plus épais , terminé en pointe. Ailes blanches , la tache marginale ( ou stigmate) noire ; tache allongée h la base des ailes antérieures , triangulaire h celle des postérieures , brune, avec quelques nuances ou veines safranées. Membranule accessoire blanche; pattes noires ; cuisses roussâtres. Femelle. Même laille que le mâle; les traits antérieurs du corselet jaunâtres; l'abdomen olivâtre, bord latéral de tous les segments , jaune, excepté le premier et les deux derniers; ligne dorsale noire aux trois derniers. Deux appen- dices anals minces , h peine de la longueur du dernier segment ( traduit de Vanderlinden ). J'ai trouvé une seule fois une variété très-remarquable de cette espèce, qui est très-commune partout. Le devant de la tête de cette variété est noir-bleuâtre , les yeux grisâtres, le corselet noir-brun , velouté , pubesccnt et unicolore en dessus ; les côtés et le dessous brun foncé , moins noirs que le desssus. Abdomen bleu, un peu poUincux, plus étroit et beaucoup plus lancéolé que dans la variété principale ; les trois derniers anneaux noirs; la tache basilaire des pre- mières ailes n'est qu'une ligne courte cl étroite ; celle des secondes est de la môme forme que dans l'insecte ordinaire, mais beaucoup plus petite , et sa partie antérieure est sé- parée , et forme une ligne un peu plus large que celle des premières ailes. Pattes toutes noires, à peine teintées de roux à la base des cuisses. Trouvée aux bords do la Duranre , le 19 juin. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i35 y. LibelUda quadrimaculata. Lib. rufa, abdomine depi-esso, apice late nigro : atis albis basi croceis, omnibus macula cubitali et macula marginali ordinarid nigris ; posticismasculà triangulari baseos fuscâ; meinbranulâ accessoriâ albâ. LiNN. Faun. Suec. édit. II, n" 1409. LiNN. S. N. 2, 901, 1. Gmelin, Syst. nat. 2G19, i. De Villers, Ent. Linn. t. m, p. i, n' 1 . Fabr. Ent. Syst. 2, SyS, 1. Latu. Hist. nat. t, xiii, p. 2. Làtr. Gen. t. m, p. 181. Geoffr. t. !i, p. 224, n" i, la Françoise. Scop. Ent. carn. 679. De Vill. Ent. Linn. tab. vin, lig. 1, Harris. l. 46, iîg. 1. Panz. Faun. Fasc. lxxxviii, tab. 19 (tem.). Oliv. Encycl. méthod. vu, ôôg, 1 , pi. 94, fig. 7. Toussaint de Charpentier, Hor. Entom. p. 4i- Vanderlindkn, Monogr. Libell. Europ. p. 9, n" 0. Long. o,o4 Enverg. 0,075. Tête jaunâtre ou gris-jaunâtre en avant; bouche noire; raie noire entre le front et la petite élévation verticale , cette élévation grise. Yeux bruns, plus clairs en avant et inférieurement ; derrière des yeux noir, avec deux taches j aunes de chaque côté. Corselet en dessus presque diaphane, pubescent, d'un i3A A.^NALES brun-jaunâtre presque doré; entre-deux des ailes jannàtrc, avec les séparations et les points calleux, noirs; côtés du corselet jaune - verdâtre ou grisâtres , très-pubescents , avec deux lignes irrégulières, ondées, noires, réunies in- férieurement par une troisième. Poitrine noire, avec une tache jaune postérieure. Abdomen lancéolé , assez large , diminuant peu à peu de diamètre , et en pointe vers l'anus, caréné en dessus, pubescent vers sa base, de la même couleur que le corselet jusque vers le milieu , noirâtre depuis le milieu jusqu'à l'ex- trémité. Il y a une tache jaune sur le côté de tous les seg- ments , excepté les deux derniers. Appendices anals supé- rieurs de la longueur de ces deux derniers segments ensemble, un pou en spatule, sinués à leur base, à peine pointus à leur extrémité; l'appendice inférieur triangulaire ; ces trois appen- dices noirs; ventre noir, avec des taches jaunessur les côtés. Ailes fortement lavées de couleur aurore à leur bord ex- terne, cette couleur s'étendant jusqu'au tiers de la largeur de l'aile vers la base; les supérieures ont une tache noire cubitale, ou au milieu du bord extérieur , très-marquée , accompagnée d'une teinte noirâtre moins foncée assez large inférieurement, et le stigmate ordinaire très-noir, avec une tache nébuleuse au-dessous, qtii se prolonge presque jusqu'au bord inférieur do l'aile. Les secondes ailes ont les mêmes ta- ches, et, déplus, une autre grande tache triangulaire qui oc- cupe l'aisselle ou la partie supérieure de langle interne de l'aile, sans loucher au bord antérieur ni au bord postérieur: elle est h peu près ronde, un peu irrégulière, précédée, du côté qui regarde le disque de l'aile , mais supérieurement , par une branche ou une autre tache triangulaire qui lient à la première ; elle est très-noire , et réticulée de nervures jaunes. La membranule accessoire est blanche. La femelle est semblable en tout au mâle que je viens DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. i35 de décrire; le ventre seulement est plus gros et plus large j le dernier segment seul n'a point de tache jaune: il n'y a point d'appendice inférieur. II y a une variété presque aussi fréquente que Tespèce principale, dont elle diffère par la couleur du corselet et des premiers segments de l'abdomen, qui est brun-grisâtre; la côte des ailes est h peine teintée de jaune, et le stigmate n'est pas accompagné d'une tache noire nébuleuse dont, ce- pendant, quelques traits indiquent parfois l'ébauche. Rare en Provence. Aux bords marécageux de la Du- rance, du 18 au 25 de juin. 3. LihelUda cancellala. Lib. abdomine depresso basi gibbo, siiprà cinereo, apice nigro (mas.); aut oiivnceo strlgà utrinqae longkadinnll nigrâ (fem.); alis albis macula marginaU nigrâ; mcmbronidd accessoriâ fuscâ. LiNN. Faun. édit. II, p. 074, n° i465. LiNN. Syst. nat. 3, 902, 7. Gmelin, 2621, 7. Fabr. Ent. Syst. 2, 078, iS. De Villers, Ent. Lînn. m, 5, 7. Olivier, Encyc. vu, 662, 1 6. Latr. Hist. nat. xiii, i3, 6 (fem.) ; Cancellala. Latr. Ibid. 12, 5 (mas.); jDeorwjfl. Geoff. Ins. Il, 226, 9 (mas.); la Sylvie (1). RœsEi.,/n5. Il, tab. 7, fig. 4 (mas.) ? ScH.EFF. Icon. tab. 106, fig. 2 (mas.); fig. 3 (fem.)? (1) Ce n'est pas comme, Geoffroy l'indique, la (ig. 2 de la pi. Ô5, Réaii- mur, t. 6, puisque Réauaiur la donne coninic le inûlt; de la Ucjircssa. [l'^oy. ton artitlc ci-dessus. ) i36 ANNALES KiRBY ««(/ Spence, Introd. to Entomology , i, t. ii, f. o (lem,). Vanderlinden, Monogr. L'ibell. Europ. p. 1 1 , n° 4- Long. 0,045. Enverg. 0,075. Sa forme est à peii près la même que celle des-espèees suivantes; mais elle est plus grande. L'abdomen, lancéolé, est plus large vers la base; il se rétrécit proportionnelle- ment davantage et insensiblement vers son extrémité; la tête elles yeux sont d'un gris-verdatre, le menton marqué d'une tache noire; le derrière des yeux est jaune, avec quelques taches noires. Le corselet est d'un brun un peu bleuâtre; il n'a point de taches blanches sur le devant. L'abdomeu , un peu gibbeux ^ sa base, est d'un bleu cendré : mais ses derniers segments sont tout-à-fait noirs; le troisième est coupé par une ligne transverse noire ; l'arête dorsale de tous est marquée par une ligne noire très-line : dans quelques individus on aperçoit quelques taches jau- nâtres peu apparentes sur les côtés de l'abdomen, aux seg- ments du milieu; les deux appendices supérieurs de la queuf^ sont noirs, linéaires, un peu llexueux, légèrement hérissés de poils , presque terminés en pointe ; on voit à i'aide de la loupe qu'ils sont finement dentelés en des- sous; l'appendice inférieur est assez semblable aux autres. La femelle , entièrement différente du mâle , mais que j'ai trouvée très-fréquemment accouplée avec lui , est de la même forme , l'extrémité de l'abdomen étant seulement moins rélrécie et obtuse. Sa couleur est d'un vert tirant un peu sur le jaune. Le front, le chaperon , la bouche , les mandibules sont d'un jaune-grisâtre; la ligne qui sépare \qs \cu\ du front est noiio ; le tubercule qu'on remarque DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. iS; dans toutes ses congénères, sur le vertex, est vert-jau- nâtre, entouré de noir. Les yeux sont d'un vert-cendré; la partie postérieure de la tête derrière les yeux, jaune, tache- tée de noir; on voit sur le col deux lignes transverses noires. Elle a, sur la partie antérieure du corselet, deuxlignes lon- gitudinales noires , et sur les côtés deux lignes flexueuses, communes h toutes les espèces du même genre , de la même couleur. Les tubercules et les lignes élevées qui se voient dans l'espace qui est entre les attaches des ailes, au- dessus du corselet, sont également noirs. Chaque segment de l'abdomen a l'arête latérale , le bord postérieur, et, ds chaque côté du dos, un trait ou bandelette longitudinale assez forte , un peu arquée , un peu dilatée inférieurement , qui va d'un bord à l'autre du segment , tous noirs; quelquefois la bandelette est légèrement polli- neuse. L'arête dorsale , qui règne depuis la base de l'ab- domen jusqu'à l'anus, est marquée par une ligne noire, surtout vers la queue, entrecoupée irrégulièrement, dans le reste de son étendue, de noir et de jaune. Les deux appen- dices de l'anus sont petits, coniques et noirs. Le ventre estd'un vert-jaunâtre sur les côtés ; le milieu et le bord pos- térieur des anneaux sont noirs, avec une poussière bleuâtre. Les ailes ont la côte jaunâtre et le stigmate noir. Au mois d'août, autour des bassins et aux bords maré- cageux de la Durance. 4. Llbeliala cctrulescens. Lib. tola ccerulcscens (mas.), aiit rufescens (fem.); abdomine sub depresso suprà carinato, alis albis, macula marginati brunneâ ; niembramdd accessorid albd. Fabr. Siippl. y>. 280, j8, i(j(mas.). S<;op, Eut. Carn. ]». 9.^\ {fÀb.rul}:(i{a).\9v. ijH'^HS'). 3 38 ANNALES Scu.EFi-. Jcon. tab. 'io6, fig. 2 (mas.) ; fig, 1 (fem.)? Toussaint de Guarpemier, No7\ Entom. p. /^6. Vanderlinden, Monog. Libell. Europ. p. 12, n' 5. Long. 0,04. Enverg. 0,075. Elle ressemble beaucoup à la suivante : elle a le même air et la même forme; mais elle est plus grande. Le devant de la tête, sa partie inférieure et le front sont d'un gris-bleuâtre ou quelquefois un peu brunâtre. Les yeux bleus, plus clairs dans leur partie inférieure; la tête, derrière les yeux, e§t jaune, avec quelques taches brunes peu dis- tinctes. Le corselet, légèrement pubescent, est en entier d'un gris bleuâtre et conmie pollineux ; j'ai vu des individus chez qui les côtés du corselet étaient mi-partie de bleu-brunâ- tre, et de gris ou bleu clair. L'abdomen est de la couleur du corselet. Le ventre est d'un noir bleuâtre. La tache marginale des ailes est brune, bordée de noir; la membranule accessoire est blanche. Les pattes sont d'un noir bleuâtre, avec la base des cuisses d'un jaune brun en dessus. La bordure noire des segments et les points noirs cités par Vanderlinden sont nuls ou peu sen- sibles dans la grande quantité d'individus que j'ai examinés; aussi me suis-je cru permis de retrancher ce caractère de la phrase spécifique de cet auteur. La femelle, que j'ai trouvée souvent accouplée, ressemble beaucoup, sauf la taille, h celle de l'espèce suivante, et en- core plus à ma Lib. brunnea. Ses yeux sont d'un bleu clair, grisâtres ;i leur pailie supérieure, avec quelques lâches fu- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 109 {^aces noires. Le devant de la tête est gris-bicuàtre ; les ta- ches derrière les yeux sont peu distinctes. Tout le corps est d'un brnn-roussâtre ou olivâtre. Le mi- lien delà partie antérieure du corselet est marqué de trois traits noirs: celui du milieu un peu plus long que les deux autres. Les côtés, sous les ailes, sont un peu bleuâtres ou ver- dàtres, sans autres taches quedeuxlignes noires, flexueuses, très- fines et peu distinctes ; le milieu de ces mêmes côtés est vm peu brun. L'abdomen n'est nullement rétréci après sa base. Le bord postérieur de chaque segment est bordé d'une ligne noire, et avant celte ligne il y a deux points rapprochés entre les- quels passe la ligne longitudinale , aussi noire , qui marque l'arête. Les côtés de l'abdomen , un peu carénés vers le ventre, sont aussi marqués d'une ligne noire ordinairement bien prononcée Le ventre est cendré, avec une ligne longi- tudinale bleuâtre un peu largo , qui occupe le milieu. Les ailes sont comme dans le mâle ; les pattes d'un gris verdàtre , avec le dessons des jambes et les cils noirs. Tout Tété, jusqu'en septembre. J'ai observé, commeVandcrlinden,qu il y a une variété du mâle absolument semblable , mais d'une taille beaucoup plus petite, et dont l'abdomen est plus étroit. Il doute avec quelque raison si ce ne serait pas une espèce distincte. 5. LibcUuLa olympia (nobis). Lib. fusca, abdomine iineari, ccenUescente toto (mas.),aMf oli- vacco (fem. ) ; lineâ sculelli pallidà ; membranidd accessorià alàâ. Long. o,o5. Enverg. o, o55. Elle diffère des précédents par son abdomen linéaire 50 i4" ANNALES rétrécissant et à peine insensiblement à sa partie postérieure, un peu caréné sur le dos, et finissant en pointe; un peu rétréci, au contraire, après sa l)ase, qui est légèrement ren- flée, ce qui n'a pas lieu dans l'espèce précédente, La tête du mâle est d'un gris livide ou verdâtre , les yeux de la même couleur, le bord postérieur de la tête, jaune, à peine tacheté de noir. Le corselet est brun, marqué de deux taches blanchâtres à sa partie antérieure; les côtés, sous les ailes, sont d'un gris-bleuâtre età peine marqués de deux ou trois lignes noirâtres peu sensibles ; l'espace entre la base ou l'origine des quatre ailes est marqué h la région de l'écusson d'une ligne ou petite bande longitudinale blan- châtre, assez constante dans cette espèce. L'abdomen est d'un bleu-cendré, comme pollineux ; la base seule du premier segment est un peu brune ; les trois appendices sont semblables à ceux de la Liù. cancellata; les côtés du ventre sont un peu jaunâtres. Les ailes sont transparentes, avec le stigmate ordinaire brun assez clair, bordé de noir; la membranule accessoire est petite et blanche. Les pattes sont noires, les cuisses jau- nâtres en dessus et brunes en dessous, du moins à leur base. La feuielle diffère du mâle paria couleur de son abdomen, qui est jaune-brun, olivâtre, ou même quelquefois gris-brun, à peine parsemé, dans la plupart, d'une poussière ou pollen gris-bleuâtre. Les yeux et le front sont gris, mais légèrement teintés de rougeâtre. Les côtés du corselet sont d'un gris-verdâtre; une ligne noire, fine, règne le long du dessus de l'abdomen, et marque l'arête; elle passe entre les petits points noirs rapprochés, qui sont placés par paire et presque réunis à la partie pos- térieure et dorsale de chaque segment ; les côtés de l'abdo- men sont marqués dune ligne longitudinale noire. Les ap- [vendiccsanals sont roussâlrcs cl Ircs-petils, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. iz,i Les pâlies sont jaune-roussûtrc ; les jambes noires en dessous seulement. Je l'ai trouvée souvent accouplée avec le mâle , volant autour des bassins et des eaux dormantes, depuis la fin de juin jusqu'en septembre. G. Libelluta ôrunnea (nobis). fJb. ôrunneo-lutescens , pimcto hino-dorsaii et margine en- jusque segmentlfîiigris; alisalbis, maculdmarginall laten ; memhranulâ accessoriâ albâ (mas. et fem.). Long. 0,04. Enverg. o,o65. Mâle. Entièrement d'un jaune-grisâtre ; le devant de la tête et des yeux gris-verdàtrc; le derrière des yeux jaune, obscurément taché de brun. Le devant du corselet est mar- qué de deux bandes gris-blanchâtre , suivies sur les côtés d'une autre bande brune. Le milieu des côtés, sous les ailes, est gris-glauque au devant, puis brunâtre, sans sépa- ration bien distincte; et sous les secondes ailes, vers l'abdo- men, le reste de ces côtés est d'un gris-glauque ; le dessus du corselet entre les ailes pst jaune-sombre , avec quelques taches blanchâtres. L'abdomen est unp eu caréné, jaunâtre, marqué, sur l'arête, d'une ligne noire, et sur le côlé de chaque segment, d'une bande ou nuance d'un gris-violàlre : ils sont terminés postérieurement par une ligne noire, précédée aux quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième segments, de deux i4'^ ANNALES poinls rapprochés au milieu du dos: le côlé inférieur de cha- cun est aussi marqné d'une ligne noire longitudinale. Le ven- tre est taché de quelques nuances légèrement hleuâtres. Les pattes sont jaunâtres, avec les cils noirs ;les ailes en- tièrement transparentes, les nervures noires, le stigmate jaune bordé de noir. La membranule accessoire est blanche. La femelle est plus jaunâtre que le mâle ; le devant de sa tête est jaunâtre ; les côtés des segments abdominaux sont marqués d'une tache ou bande longitudinale plutôt brune que violàtre , qui se perd insensiblement dans la couieur du fond. Elle diffère peu de la femelle de la Llb. cœridesccns : elle est seulement un peu plus jaune, nullement saupoudrée de pollen bleuâtre , et le stigmate est jaune. Le 2 2 mai, au bord de l'Arc, en quantité, tant mâles que femelles. ]\ota. Serait-ce la var. roussûtre du maie de la Lib. cccra- lescens, que cite Vanderlinden? En effet je l'ai prise assez noxivellement née, et il y avait au môme endroit, et en même temps des Lib. cœruU'scens niàles. Je la crois néanmoins «ne espèce très-distincte. 7. Libcilula ferraginea (1). fJb. abdomine deprcsso, iota rubra (mas.),aat thorace iutco , abdomine vircscenlc Laier'ibus luieis (l'emina) ; alis albis, antlcis vix, posticis lalè basi croceis, macula marginali falvâ ; nicmbranuld acccssoriâ cinereà. Fabr. Ënt. Syst. n, 280, 55. Ouv. Encyci. vu, 505, 5i (mas.).^ (1) Ce nom est bien mal choisi; car celle espèce est du plus beau cra- moisi dans r«';tat vivant. Néanmoins, je dni.s le laisser subsister, par res- pect pour la synonymie. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. \l^ Drury, lilus. of. Nal. U ist. lah. /ij ,ii^. 6 (mas.) [Servilia). Vanderlinden, Monog. Libeil. Europ. p. i5, n" 6. Long. 0,04. Enverg. o,o65. Sa forme est la même que celle des espèces précédentes: tout le corps est rouge, la lête d'un rouge assez clair, les veux rougeaires, variés de bleuâtre inférieurement. Le corselet est entièrement d'un rouge obscur, ainsi que les pattes. L'abdomen, dans l'insecte vivant, est d'une belle couleur écarlate ioncée , qui perd tout son éclat, et devient même souvent d'un roux assez terne après la mort et la dessicca- tion de l'insecte. La base des ailes est occupée par une lâche assez grande d'un rouge-jaunâtre, plus petite aux ailes suj)é- rieures. Le stigmate est jaunâtre, bordé d'une nervure noire. Tel est le mâle. La femelle a l'abdomen un tant soit peu plus déprimé que dans les espèces voisines. Sa lête est d'un jaune verdâtre tirant sur le brun; elle n'a point de tache derrière les yeux. La couleur du corps est d'un vert un peu jaunâtre; les côtés du corselet d'un jaune grisâtre, sans autres taches ni nuances; les lignes flexueuses n'y paraissent point ; le devant est plus brun, et marqué de deux traits pales bien distincts. L'espace entre les ailes est coupé longitudinalement par une bande blanchâtre distincte et constante, comme dans la femelle de la L. Olympia. L'abdomen est d'un vert un peu grisâtre, et les côtés de chaque segment sont d'un jaune assez clair qui se fond in- sensiblement dans la couleur verte. Les points noirs rap- prochés an bord postérieur des segments, sont à peine sen- i44 ANNALES sibles dans celte espèce; mais la ligne qui les termine postérieurement et celles des arêtes dorsales et latérales sont noires et marquées. Le ventre est légèrement pollineux, d'un gris jauiuUre; son milieu est marqué d'une bande noire longitudinale. Les ailes sont comme dans le mâle. Cette belle espèce se trouve autour des bassins et aux bords marécageux de la Durance, en juillet et août. Nota. J'ai reçu de la Chine une Libellule qui me paraît être absolument la même espèce : elle en diffère à peine par sa taille un tant soit peu plus grande, et par l'extrémité des ailes très-légèrement teintée de brun-roussâtre, ainsi que le bord postérieur des secondes, mais h peine distinctement. 8. lÀbeUala flaveola- Lib. abdoraine alis nolobUiler breviorc rabro , suOcylindriro (mas.), aut compressa , flarescente (fera.) ; alis albis , ant /lavescentibus , basi, postiroram prrsertim croreâ. LiAN. Faun. Suce. i46o (Lib. jlavcolata). LiNN. S. N. Xi° 2, 901, 5!. Gauïlin, 1, 2G19, 2. De Villers, Ent. lÀnn. m, 3, 2. Fabr. Ent. Syst. t. 11, p. 576, n° G. Latr. Hist. nat. t. xiii, p. i/^, 6. ScHiEFF. Jean, tab 4. ''g- ' (fem. ), tab. 26, fig. 1 (fem.), var. ? Rossi, Faun. Etrasc. n° 945 [pro feminà). Toussaint de Charpentier, Hor. Entom. p. 49- Vanderlindkn, Monog. LihelL Europ. p. i5, n'*9. Long. o,o35. Enverg. o,o65. Le mâle. Sa l'orme est ;i peu près la même que la Lib. DE LA SOCIETE EINTOMOLOGIQUE. i45 ofj7n/)(a, l'abdomen étant cependant linéaire et plus étroit, avec sa base un peu élevée et gibbeuse. La tête est rouge- jaune , et tachetée de noir derrière les yeux; ceux-ci sont roussàtres, un peu bleuâtres dans leur partie inférieure; le menton est aussi roussâtre. Le corselet, en dessus, est pubescent-roussâtre ; les côtés, sousles ailes, sont d'un gris livide ou d'un roussâtre sale, avec des taches et des bandes d'une couleur plus claire , et les lignes flexueuses ordinaires noires. La poitrine est bleuâtre. L'abdomen est d'un rouge écarlate : le premier et le der nier segment sont marqués, en dessus, d'une tache ou ligne noire, longitudinale. Le ventre est rouge pâle, avec une ligne longitudinale noire au milieu. Les secondes ailes sont rousses à leur base ; cette couleur s'aperçoit à peine à la base des premières : dans toutes , les nervures du bord externe sont roussàtres ; le stigmate est jaunâtre, entouré d'une nervure noire. Les pattes sont noires, marquées en dessus d'une ligne jaune. La femelle. Sa tête est d'un vert-grisâtre pâle , le menton presque jaune, les yeux d'un vert-grisâtre, le derrière de la tête comme dans le mâle. La couleur de tout le corps est d'un vert-grisâtre ou jaunâtre, plus foncé et un peu nébuleux sur le milieu de l'abdomen, dont les côtés sont plus jaunâtres. Les côtés du corselet ont les lignes flexueuses ordinaires noires. Sa partie antérieure a, de même que chez l'espèce précédente, deux petites- lignes latérales blanchâtres, comme transparentes. La base du premier segment de l'abdomen est noirâtre, et le second marqué d'une ligue transverse noire ; les trois premiers et les trois derniers segments en ont une longitu- dinale-dorsale. Sur les f ôtés de tous, on voit ime ligne noire assez grande. VI. w) i4^ ANNALES Les ailes soat comme chez le mule ; les pattes d'un vert-jaunùtrc en dessus , noires en dessous , les cils noirs. Cette cspôxe est très-commune au mois d'août; on la trouve fréquemment accouplée. 9. LibeUala nitens (nobis). lAb. CËaea, capitc thovaceijuc immacalatis, segmentis omnibus abdomims macula dorsali , gemlnald seu slmplici , luted ; macula marginali atarum brunneâ. Long. 0,045. Enverg. o,o65. Je ne connais que la femelle , que j'ai prise une seule fois le 10 juin, sur les roseaux ou les joncs, au bord de l'Arc, près d'Aix. Elle est bronzée , avec le front couvert de petits points en- foncés qui le rendent raboteux. Les mandibules et les yeux sont d'un vert-grisâtre, et le derrière de ceux-ci est entouré d'une ligne noirâtre. La partie postérieure de la tête, après les yeux, est pubcscente, ainsi que le corselet, et le devant est grisâtre. Il n'y a point détaches jaunes à la tête ni au corselet. L'abdomen est d'un bronzé obscur, excepté au premier segment, qui est aussi brillant que le corselet; il est presque cylindrique, avec la base et l'extrémité à peine plus épaisses. Le bord postérieur et les côtés du second segment sont jaunes. Le dos de l'abdomen, ù partir du troisième, est marqué d'une suite de taches jaune-verdàtre placées longitudinalement, deux à la suite l'une de l'autre, ou une double, si l'on veut, sur chaque segment: la première allongée, ovale ou en carré- long, assc:t grande ; la seconde, ovale, plus petite, et terminée DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 147 postérieurement en pointe. Le septième segment n'a qu'un seul point , et le neuvième a tout le dessus jaunâtre. Il n'y a point de taches aux côtés des segments. La base des ailes et la région de la côte extérieure sont légèrement jaunâtres; le stigmate est brun; la mem- branule accessoire est toute blanche. Les pattes sont noires, un peu jaunes en dessus h leur origine. Cette Libellule, non décrite par Vanderlinden , se rappro- che de sa L. flavo-maculala : peut-être est-ce sa femelle ; il n'a connu que le mâle. 10. LibelUda vulgata. Lib. abdomine atarum fera longitudine, sabcylindrico, rubro , aat rubescenie (mas.) ; vel compressa, ollvaceo (fem.) ; alis albis, basi vix luteis, macula marginati rufâ. LiNN. Faun. Suec. édit. II, n° 1461. LiNN. S. N. 2, 901, 3. GmELIN, I, '2,2 20, 3. De Villers, Ent. Llnn. m, 3, 3. Fabr. Ent. Syst. 2, 377, 16. Lat. Hist. nat. t. xiii, p. i3, n" 4- SchtEff. Icon. tab. 92, fig. 1 (mas. ); tab. 126, fig. j tab. 107, fig. 1 (fem.). Harris, tab. 46» %• 5, 4- RœsEL, vol. II, tab. 8, omnes. Scop. Ent. Carn. n° G80, var. 2. Toussaint de Charpentier, Ilor. Entom. p. 49. Vanderlinden, Monog. LibeU. Europ. p. 14, n° 8. Long. o,o48. Enverg. o,o53. Elle diffère un peu des espèces précédentes par la forme i48 ANNALES de l'abdomen, qui n'est pas du tout déprimé, mais caréné ou en vive-arète tout le long du dos, en prisme triangulaire, assez mince, linéaire, avec sa base un peu renflée. Le devant de la tête, la bouche et le fronl, sont d'un jaune-grisàtre ; les yeux d'un brun légèrement rougeâtre dans leur partie supérieure, grisâtres inférieurcment, avec quelques points fugaces, noirs. Le derrière de la tète, après les yeux, est jaune, tacheté de noir; la ligne Iransverse qui est sous les petits yeux lisses, est noire. Le corselet pubescent , est brun en dessus, avec les deux taches oblongues de couleur pâle sur le devant. Ses côtés, sous les ailes, sont d'un jaune-verdatre, parsemés d'une pous- sière ou pollen bleuâtre; le milieu de ces côtés est rougeâtre chez les mâles ; dans les deux sexes on voit les lignes ondées d'un noir-bleuâtre. L'abdomen du mâle est d'un rouge beaucoup plus terne que dans la L, flaveola. La ligne dorsale est jaunâtre ainsi que le bord postérieur de chaque segment, et avant ce bord on distingue deux très-petits points mi-partie de jaune et noir, qui ne sont pas très- remarquables. La base de l'abdomen est marquée d'un cercle noir , et son exlrémité de quelques traits de la même couleur. La femelle a l'abdomen d'un brun-verdâtre ou vert-jaunâ- tre. Chaque segment est marqué h sa base d'une ligne noire très-iine qui l'entoure en anneau, et de deux points noirs rapprochés vers le milieu de son bord postérieur, bordé aussi de noir. La ligne dorsale est noirâtre, peu sensible, et les côtés de chaque segment ont uneliture noire comme dans la L. flaveola. La base du premier et du second segment est largement noire; le huitième et le neuvième ont chacun une tache sur le dos, de la môme couleur. Les appendices do la queue, dans l'un et l'autre sexe, sont fort courts, et d'un DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 149 brun-verdatre. Le ventre est varié de brun et de noir, et sou- vent parsemé d'une poussière bleuâtre. Les ailes ont leur base très-légèrement et à peine tachécide jaune, au lieu de l'avoir entièrement de cette couleur, com- me danslaL. flavcola. Le stigmate est brun, bordé de noir ou même presque entièrement noir. Les pattes, jaunes en dessus, sont noires inltrieurement. Cette espèce est très-commune partout ; elle vole mémo loin des eaux; elle se met souvent en vedette sur les extré- mités des rameaux secs, et de là s'élance sur sa proie. Enété, et surtout ea automne. Variété. Le mâle dill'ère de celui de l'espèce principale, en ce que ses yeux sont gris-verdâtrc, et inférieurement jauuiitres. Les côtés du corselet sont entièrement jaunes, non pollineux, avec les lignes ondées, noires, plus ou moins marquées. Le devant du corselet est plus foncé, avec les deux tacbes pales , quelquefois accompagnées chacune d'un trait noir, quelquefois peu distinctes. L'abdomen est d'un jaune à peine roussâtre; la ligne dorsale est formée de deux traits noirs, très-fins, rapprochés, parallèles, peu distincts. Les points noirs du bord postérieur des segments ne sont pas acccompagnés de jaune; ils sont ceints d'une ligne fine, noire, un peu après leur base: les derniers segments ont une liture noire sur les côtés, comme la femelle de l'espèce principale; mais elle manque quel- «[uefois; il y a aux deux avant-derniers segments, une liture noire dorsale, bien marquée, comme dans la femelle de la variété principale. Les appendices ne diffèrent que parce qu'ils sont plus noirs vers le bout. Les ailes et les pattes sont de môme; le stigmate est gris , ou brun, ceint de noir. La femelle est entièrement semblable au mâle ; les litures i5o ANNALES latérales des segments sont plus marquées, et existent dans tous, sauf aux deux ou trois premiers. Cette variété, qui me paraît s'éloigner trop peu de la Lib. vulgata pour former une espèce , se montre plus tôt que la principale; elle vole depuis la fin du printemps jus- qu'au commencement d'août. La différence de couleur sem- blerait n'être due qu'à l'influence d'une saison moins avan- cée. Le mâle, comme on voit, est assez différent; la femelle est presque semblable à celle de la L. vulgata. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGlQUIi. 101 ESSAI SUR LES (JOLLAPTÉKIDES (Suite) l\\R M. SoLIER. ( Seanco du 19 avril \87ty.) 8" Tribu. — Adélostomites. Le mcntou, très-grand et très-transverse, se rétrécit vers sa base et s'élargit d'une manière très-notable vers la partie antérieure , fortement échancrée par un sinus large , dont le fond paraît comme tronqué carrément. Ce menton rem- plit en entier l'échancrure progéniale, et ne laisse aucun intervalle entre ses bords latéraux et ceux de cette échan- crure (i); le pédoncule sur lequel il s'articule est h peine ou point saillant. La languette courte et transverse est quelquefois en partie à découvert, à cause de la grande échancrure du menton, mais elle ne dépasse pas les lobes latéraux de cet organe; elle se trouve ainsi entièrement enfoncée dans cette échancrure , et l'insertion de ses palpes est recouverte. La (1) Il ne laisse, du moins, qu'un inlervallp ttès-pc lit. i52 ANNALES partie saillante est épaisse, subcorncc, échancrée antérieu- rement, et garnie de cils épais et assez longs. Dans quelques- uns cette languette paraît très-petite et entièrement cachée. Les mâchoires sont courtes , entièrement cachées clans l'inaction , terminées par deux lobes garnis de cils , et dont l'inlcrne est armé à son extrémité d'un crochet corné très- distinct. Les yeux , très-courts , très-transverses , sont latéraux , fortement lunules, et paraissent, au premier aspect, situés au-dessus de la tête; mais ils reparaissent en dessous, étant presque recouverts dans le milieu par le bord latéral de cette dernière. Leur orbite forme à la partie supérieure un pli longitudinal, costiforme. Les mandibules sont courtes , cachées entièrement ou presque entièrement dans le repos, bidentées à l'extrémité. Le labre, très-petit, peu apparent, est situé dans une forte échancrure de l'épistome. La tête, tantôt enfoncée jusqu'au delà des yeux , dans le prothorax, tantôt libre, est notablement dilatée sur les c«')tés antérieurement, et recouvre en dessus toutes les par- ties de la bouche. Les .':ntenncs ont dix articles, dont le dernier, notable- ment plus gros que le pénultième , est tronqué carrément ou anguleusement. Prothorax plus ou moins aminci latéralement , tantôt en saillie très-grande , et tantôt en une simple arête costi- forme. Dans ceux dont les bords latéraux sont fortement dilatés, le prothorax est notablement transverse, etletergum fortement échancré par le prolongement des parties amin- cies , vers les angles antérieurs. Dans les autres , le pro- thorax est presque aussi long que large, et tronqué carré- ment en avant et à la base. Les hanches intermédiaires sont recouvertes en dessus DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i53 par la réunion du mésosternum et du métasternum, et elles paraissent orbiculaires comme les antérieures et les posté- rieures. Les pattes sont assez courtes et minces ; les posté- rieures assez écartées h leur insertion. Cette petite Tribu se lie avec les Akisiles par les Eury- chora , et aux Tagcnites par les Adelostoma; elle semble unir ainsi les Brachyglosscs et les Phanéroglosses. Elle ne se compose, à ma connaissance, que de trois genres, dont voici le tableau synoptique. enfoncée jusqu'aul delà des yeux, dans uneéchancrure pro- 1 fonde du tergum du I prothorax , forte- f ment dilaté et amin- ci latéralement ; élytres amincies en caène latérale- ment ; écusson formant une saillie sensible à leur base; 1 troisièmearticle des antennes plus long que les deux sui- vants réunis i. Eurychora, arrondicslatéralement ; écus- son sans saillie sensible à leur base ; troisième article des antennes plus court que les deux suivants réunis, . . 2. Pogonobasis. libre et non enfoncée dans une échancruredupro- thorax, simplement caréné latéralement. ... 3. Adelostoma. PREMIÈRE DIVISION. {Euryclioritcs.) Tergum du prothorax lorteinent dilaté et notablement aminci latéralement, avec le bord antérieur profondément échancré pour recevoir la tète, qui s'y enfonce jusqu'au delà des yeux ; palpes en partie apparents. 1Ô4 ANNALES Genre 1. Euryc/iora, Tuunb. — Fabr. — Latr. Cm. C. et Ins. — ScuœiN. Syn. Inscct. — Herbst. Encycl. Méth. Pimelia, Ouy. (FI. 7. fig. de 1 à 5.) Menton remplissant en entier l'échancrure progéniale , fortement transverse, réniformc , profondément et large- ment échancré antérieurement, mais légèrement à la base, avec une élévation transverse près de l'échancrure anté- rieure; lobes latéraux antérieurs arrondis; pédoncule à peine saillant [fig, 1 ). Languette épaisse, transverse, échancrée antérieurement et réniforme {fig. 1 ). Lobe interne de la mâchoire gauche terminé par un crochet corné, court, très -large, creusé en gouttière en dessous, et bidenté par une échancrure (^g^. 2) (1). Palpes maxillaires subfdiformes, terminés par un ar- ticle allongé, comprimé, tronqué au bout, et pas sensible- ment triangulaire {fig- 2). Palpes labiaux à dernier article ovalaire, presque pointu, à peine légèrement tronqué au bout ( fig. 1 ). Labre très-petit, transverse, à peine saillant, situé dans un sinus profond de l'épistome {fig. 3). Tetc élargie antérieurement sur les côtés , de manière à recouvrir les mandibules à peine apparentes, même lorsque l'insecte les ouvre. Yeux très-courts , très-transverses , subfdiformes, forte- (1) La inàclidirp de droite manquait ;i l'individu que j'a^analysc. DE LA SOCIÉTÉ iUNTOMOLOGIQlJE. iSÔ ment lunules, et presque entièrement recouverts dans leur milieu par le bord latéral de la tête. Ils se dilatent aux deux extrémités , tant en dessus qu'en dessous, et l'insecte paraît avoir quatre yeux ( fig. 5 ). Épistome fortement échancré dans le milieu , avec deux petites dents plus ou moins apparentes au fond de l'échan- crure {fig. 3). Antennes filiformes ou grossissant légèrement et insensi- blement vers l'extrémité, de dix articles; le premier, plus long que les autres, le troisième excepté, va en grossissant notablement vers l'extrémité , c'est-à-dire en cône ren- versé , et se trouve caché en grande partie par le bord la- téral de la tête: le deuxième^ très-court, transverse, subcy- lindrique, réuni au premier par un pédoncule tout-ij-fait excentrique et situé au côté extérieur; le troisième, le plus souvent cylindrique, et plus long que les deux suivants réunis. Articles de quatre h neuf, ordinairement plus longs que larges, diminuant très-légèrement delongueurdu qua- trième au neuvième , et subcylindriques ; quelquefois ces mêmes articles sont transverses, un peu turbines, dimi- nuant de longueur du quatrième au neuvième , comme dans les précédents , mais allant en augmentant de largeur, et, quoique légèrement, d'une manière cependant assez sensible, le dernier plus gros et plus long que le pénultième, tronqué en coin à son extrémité {fig. ô ). Prothorax transverse, à tergum notablement aminci et dilaté sur les côtés relevés en dessus (i) , fortement échan- cré antérieurement pour recevoir la tête , plus ou moins tronqué carrément h sa base garnie de cils assez longs et serrés que l'on retrouve sur tout le pourtour , mais moins (i) C'cst-à-dirc qnr le tcrgam est concave en dessus. i5G ANNALES nombreux. Eciisson formant une saillie triangulaire à la base des élytres [fig. 4 )• Arrière -corps court , plus ou moins subcordilormc, et cilié sur le bord marginal. Élytres tronquées oblir|uement de cbaque côté à leur base, de manière que cette dernière présente comme une saillie subtrapéziformc piiriant des angles huméraux et venant embrasser l'étranglement du mésothorax; elles sont dilatées en carène latéralement, et elles présentent de chaque côté un hiatus très-notable entre leur base et celle du prothorax: ces élytres Irès-embrassantes , leurs parties latérales comme recourbées dessous la carène, et subhori- zontales (/?g. 4)' Pattes assez courtes, très-étroites, filiformes; tibias an- guleux, tétragones , garnis de cils redressés et subépine^x aux angles. Tarses filiformes , courts, allant en augmen- tant de longueur des antérieurs aux postérieurs {fig. 5 ). Les espèces de ce genre, qui semble propre au Cap de Bonne-Espérance, se recouvrent d'une sécrétion remar- quable, jaunûtre ou blanche , et imitant le plus souvent une toile d'araignée. Tant que l'insecte est vivant, il reproduit cette sécrétion h mesure (pi'on l'enlève, d'après M. Von Winthem de Hambourg, et elle n'aurait lieu qu'à l'époque des amours, selon une note que j'ai vue sous l'espèce la plus commune du genre, dans la collection du Muséum de Turin. DE LA SOGIÉTl'i ENTOMOLOGIQUE. lôy Voici l'analyse des quatre espèces qui me sont connues : (un peu relevé en ''très-peu relevé dessus, de manière/ dans le milieu à former commel et granuleux une gouttière de 1 sur les côtés. . i. Ciliata. chaque cùté , entre ) ce bord et le milieu \ ^ et à troisième ar- / du dos, peu ou mé-l sensiblement I liclecylindrique;\ diocrement relevé ;f relevé dans le milieu et lisse bord maiginall dos des élvtrcs \sui lescôtés. . 2. Major. [des élytres pas sensiblement relevé; leur dos, notablement gibbeux, se relève de ^ces bords au centre 5. Cinerea. grossissant légèrement de la base à l'extrémité , et à \ troisième article notablement conique 4- Crenata. PREMIER GROUPE. Antennes à troisième article cylindrique , filiformes ou ne grossissant pas sensiblement vers l'extrémité. Tergum du protliorax à base un peu prolongée en arrière, en angle dont le sommet est tronqué dans toute la largeur de l'étran- glement du mésotborax. Arrière-corps court, subcordi- forme , tronqué ou suborbiculaire. Angles buméraux forte- ment arrondis. I. Euryclwrac'diata, Tuunb. — Fabr. Syst. Eleuth. — En- cycl. Mélh. — Schoen. Syti. Insect. Pimella c'diatà , Oliv. Entom. t. m, n" ôq, PI. s, fig. 19, a et b. Long. i4 <^ i5 mill. Larg. 8^9 mill. (PI. 7. fig. dei à 5.) Nigra , p'dis rufis dense ciliata. Prothorace , sulco transver- so dorsali elytriscfue mcdio vix convexiusculis , margi- i58 ANNALES 7iiùus d'datatis suprà granulatis , rcjlexis et sccrctionc albidâ araneosâ tectis. D'un noir très-légèremenl brillant et se recouvrant, à l'é- tat do vie, d'une sécrétion blanche imitant une toile d'arai- gnée que l'insecte aurait emportée en la traversant. Corps cilié dopoils roux très-serrés. Tergum du prolhoraxàbords latéraux très-dilatés , relevés en dessus , légèrement denti- culés , et couverts, tant en dessus qu'en dessous, de gros points enfoncés entremêlés de granulosités. Une impression transverse postérieure, parallèle h la base. Elytres h peine légèrement convexes dans le milieu, avec les borxls latéraux dilatés, relevés en dessus, et couverts, ainsi que les flancs, de granulosités entremêlées de rides peu apparentes, surtout en dessous. Poitrine , abdomen et pattes couverts de très- fines granulosités et de petits poils roux couchés en arrière. Du Cap de Bonne-Espérance. Cette espèce m'a été en- voyée par M. Von Winthera. 2. Eurycliora major. Long. i5 h 18 niill. '. Larg. 10 h i 1 mil!. ^. Nigrn , margine dense rufo-cUiata. Prothorace dorso saico postico transversali ., marginibus valdè dilatatis , reflexisy panctuiatis sabtiUterqiu- granulatis. Elytris dorso média inagis conrexo et marginibus acatis, suprà vixre/lexis Ice- ribuscjue , saperante. Cette espèce ressemble beaucoup h la précédente : ce n'en est peut-être qu'une variété ou l'autre sexe. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i5(j Plus grande ; bords du prothorax moins granuleux; ceux des élytres moins relevés en dessus et entièrement lisses; dos de ces dernières beaucoup plus convexe et sensiblement plus élevé que les bords: caractère qui semble distinguer suffisamment cette espèce de la C'diata. Je n'en connais que deux individus déflorés. Du Cap de Bonne-Espérance. Collections de M. Gory et du Muséum de Paris. 5. Earychora clncrea. Long. 12 mill. Larg. 8 mill. IMgra , cinereo-pulverulenta , margine demè rufo-ciliata, Prothorace dorso valdè concavo, siilco postico transverso. Elytris convexis , margine acutis haud reflexis. Elle ressemble un peu par sa forme h. la C'diata ; l'arrière- corps est cependant un peu plus court et plus orbiculaire. D'un noir obscur et entièrement recouverte d'une espèce de sécrétion pulvérulente d'un cendré-jaunâtre , qui la fait paraître de cette couleur. Prothorax plus court que dans la Ciliata , mais de même forme et avec la même impression transverse. Elytres convexes , relevées dans le milieu au- dessus du bord marginal , sans dépression latérale comme dans les deux précédentes. Ventre couvert de sécrétions roussâtres beaucoup plus épaisses qu'en dessus, et le ca- chant entièrement. Sur les flancs des élytres , ces sécré- tions sont très-làches, blanchâtres, et comme des fds en- trelacés irrégulièrement et déchirés dans plusieurs parties. Pattes comme dans la Ciliata. Du Cap de Bonne-Espérance. Elle m'a été donnée par M. Gory. u\o ANNALES DBUXifeME GROUPE. Antennes à troisième article notablement conique, al- lant en grossissant vers l'extrémité ; articles de quatre à neuf, courts, comprimés, transverses et subtrapéziformes. ïergum du prothorax plus plan en dessus et presque tron- qué carrément à sa base. Arrière-corps subparallèlc ; an- gles huméraux saillants. 4» Eurychora crcnata (i). Long. 9 mill. Larg. 4 niill. ~. Nigra- obscurci, siibpandleia, marglne crennto- serrai a. Ca- pite granidato , iineâ longitudinoU elevatâ. Eiytris sub- planatis , Laxè profundè punctatls , marguic luimcrisque acutis, suprà reflexis. D'un noir obscur, subparallèle. Tergum du prothorax di- laté fortement sur les côtés peu relevés en dessus, et irré- gulièrement crénelés en dents de scie. Tète notablement granuleuse, avec une ligneélevéelongitudinalebien marquée, atteignant le milieu des deux petites dents bien prononcées de l'échancrure de l'épistome. Élytres presque planes, avec des points assez gros, nombreux, mais écartés, tant en dessus que sur les flancs. Bord latéral très-aigu, Torlemeut denté en scie et dilaté , surtout aux angles huméraux , et un peu relevé en dessus. (i) Serait-ce la Pusilla de Herbst ? Ne possédant pas les ouvrages de cet auteur^ je ne puis m'en assurer. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i E. Elytres carénées latéralement ; chacune avec quatre côtes en carène: arrière-corps parallèle ou en ovale-allongé. 1. Adelostoma sulcatum , Duponchel, Mém. Soc. Linn. Paris, vol. vi , pi. i 2. Adelostoma carlnalum , Dej. Collecl. Long. 5 h 5 Qiill. [. Larg. a uiill. Bafo-obscurum, sabninsacrés jiar l'usage. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 176 Le thorax est gris, un peu mélangé de roussâtrc, sans lignes bien sensibles au collier ni aux ptérygodes. L'ab- domen est du même Ion que le fond des ailes supérieures, sans crêtes ni zones plus foncées. Les antennes sont forte ment ciliées jusqu'aux deux tiers, puis filiformes jusqu'au sommet, comme chez les A. segetum, triix, etc. Les palpes sont tachés extérieurement de noir, comme chez les autres Agrotls. ^ ' . • ■ En dessons , toutes les ailes sont blanches , et on voit seulement dans la partie où sont situées les deux taches principales des supérieures, une ombre noire, large, qui détache une sorte de carré apical de la couleur du fond. La femelle est tantôt du même ton que le mâle , tantôt beaucoup plus foncée; ses ailes inférieures sont fortement ombrées de noir en approchant du bord terminal, et ses an- tennes sont fdiformes. Cette Noctuelle paraît en août. Comme la Crassa, elle aime ^ se cacher dans les trous, en terre, ou sous les écor- ces, mais toujours très-près du sol. Je ne connais pas la Chenille; mais j'espère pouvoir en offrir plus tard la des- cription à la Société, Je l'ai dédiée à mon collaborateur et ami, F. deVilliers. Elle habite le centre de la France, la Hongrie, et plu- sieurs parties de l'Allemagne; elle varie beaucoup, comme toutes ses congénères. Nota. Avant de considérer cette espèce, qui existe certai- nement déjà innommée dans plusieurs collections , comme tout-h-fait nouvelle, il faudrait être bien d'accord sur ce qu'on veut appeler Ituris. La Bu7'{s d'Hubner est une Oôe- Usca; celle de Godart est une espèce très-commune qui se confond complètement avec AfiuUiiia, et qu'on ne peut pas raisonnablement en séparer; du moins, d'après l'énorme quantité d'individus de cette liuris el(V A(/uilina (^uc j'ai été h i;6 ANNALES même d'observer, tous m'ont paru se rapporter évidemment au même type. Le peu de certitude qu'on a surces Agrotis, très-voisines et extrêmement variables, vient de la difficulté qu'on éprouve à en donner de bonnes figures , et de l'igno- rance h peu près complète où l'on est de leurs premiers états. Il résulte de là que plusieurs entomologistes ont re- gardé ma Vdilersii comme une variété de liuris, parce que celle-ci est une espèce pour ainsi dire énigmalique, et que chacun dispose de son nom pour baptiser les yi gratis, qu'il ne peut nommer avec certitude. Ce que je me borne h affir- mer, c'est que l'espèce que je décris ici n'est pas la Buris de Godart, dont elle diffère par beaucoup de caractères, et surtout par l'absence des traits sagittés; ni la Raris d'Hub- ner, ou Obelisca, qui n'a point les antennes ciliées , et qui n'est guère moins commune ni moins variable que VAqui- Lina. La ViUiers'ù, au contraire, est rare, du moins chez nous, et l'époque de son apparition n'est pas la même que celle de la Raris aqa'dina. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGïQUE. DESCRIPTION D'UNE NOUVELLE ESPÈCE DU GENRE HADENA (BnscuvAL); PAR M. PiF.RBET. (Séance du i" février iS.ïj.) Hadena Latenai, MiHr P^ //. Dentina affinis ; statura paulb major , alœ obscariores , lineameii ta macidaque odontidea magis consplcna. Patria Helvetia. > La noctuelle dont il est ici question , et qui se rapporte naturellement au genre BadenadeM. Boisduval, ressemble beaucoup h la Dentina , dont elle n'est peut-être qu'une va- riété locale. Toutefois, quelques différences assez remar- quables dans le faciès m'engaji;ent à la publier. Indépendamment de la taille, quiest plus grande, celle espèce se distingue de la Dentina par l'intensité de la cou- leur de ses ailes supérieures, et par les traits noirs de ces mêmes ailes qui sont plus prononcés. La lacbe denliforme est plus grande et mieux marquée. C'est à la fois un devoir et un plaisir pour moi de dédier celte espèce, ou plutôt cette variété remarquable, à M. de Latena, conseiller à la cour des comptes, qui l'a rapportée, en i856, di-s glaciers du Montanvert, et qui m'a géné- reusement donné le seul exemplaire qu'il possédait. VI. 1Î4 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOÎVIOLOGIOIJE. i 79 ^ w\ w\ \x\ ««V\ v*^w\^^AA^ vwvw<«. v« NOTICE SUR DEUX TEIGNES QUI ATTAQUENT L'OLIVIER PAR M. BOVER DE FoNSCOLOMBE. (Séance du ?. juin i855.) j^^-S. L'olivier, ainsi que son fruit, est sujet aux attaques d'un grand nombre d'insectes qui lui nuisent beaucoup. Je no veux parler ici que des Lépidoptères, ennemis de cet arbre précieux. Les insectes des autres tribus pourraient fournir d'autres articles : plusieurs d'entre eux sont, d ail- leurs, connus et déjà décrits. Quant auxLépidoptères, après avoir cité seulement les Sphinx atropos et Ugustrl, qui lui sont plus dommageables à raison de leur grosseur que de leur multiplication, qui n'est jamais très- grande, je décrirai les mœurs et les caractères extérieurs de deux ennemis bien plus petits, mais qui exercent néanmoins de grands ra- vages et nuisent beaucoup h cet arbre. Avant de quitter les deux Sphinx que je viens de nommer, je dois cependant ajouter que j'ai trouvé, dans certaines années, la chenille àcV Atropos assez fréquemment sur l'olivier, se nourrissanl de ses feuilles et même des pousses tendres de l'année; je n'y ai vu qu'une fois la chenille du Sphinx Ugustti. Heu- reusement, les larves de ces deux Lépidoptères attaquent généralement tous les végétaux de la famille des Jasminées et des races voisines. La première, très-commune chez )8o ANNALES nous, se nourrit ordiiiairenienl aussi de la feuille du Sota- viim iaberosnm. Celte abondance de nourriture laissée à leur choix est une sauve-garde j)our l'olivier. Les deux Lépidoptères de la famille des Tinettes attaquent l'un la feuille et même les bourgeons , l'autre l'olive elle- même. J'ai lieu de croire qu'ils n'ont été décrits par aucun entomologiste. Dès la lin de l'hiver, on aperçoit aisément, sur la page supérieure d'un grand nombre de feuH'es d'olivier, des ta- ches irrégulières d'un brun tirant tantôt sur le jaune-feuille- mortc, tantôt sur le brun noirâtre. Si on examine le dessous de la feuille, on aperçoit facilement, à l'endroit correspon- dant, un Irou presque imperceptible, entouré de quelques excréments. La petite Chenille dont cette tache signale l'habitation, qui, dans son plus grand accroissement, n'est pas plus épaisse qu'un gros fil, et au plus de la longueur de deux lignes, vit entre les detix surfaces de la feuille, et se nourrit du parenchyme. Elle quitte souvent cette retraite vers la fm de sa vie , et se loge alors , h l'aide de quelques fils de soie, entre les bourgeons et les jeunes feuilles, le long des pousses les plus tendres, qu'elle ronge et détruit. La petite taille de cette Chenille n'empêche pas, à cause de sa grande multiplication et du mal qu'elle fait aux bour- geons, qu'elle ne devienne très-imisiblc; elle cause surtout beaucoup de dommage aux oliviers du département du Var et du comté de Nice, où elle paraît être plus multipliée. Celle Chenille a seize pattes; elle est d'un vert-brun ou vert-grisâtre , avec une plaque noire écailleuse sur le cou et imc autre sur le dernier anneau du corps ; elle a aussi quelquefois une suite de taches noires des deux côtés du corps, qui, vers les sliguialcs, sont d'un jaune pâle ou livide. La tête est jaunâtre, avec deux taches noires; \i\ Chenille est presque entièrement rase, n'ayant que quelques poils rares DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i8i et courts, très-parsemés; elle se change en chrysalide ordi- nairement à la fin de mars ,• quelquefois on la trouve en- core dans son premier état vers le milieu du mois suivant, sans doute selon que les chaleurs sont plus ou moins pré- coces. Cette chrysalide , oblongue, d'un vert-Jaunâtre, était entourée de quelques brins de soie que la Chenille avait filés contre les feuilles mêmes, dans mes boîtes ; mais probable- ment, dans l'état de liberté, c'est dans les gerçures de l'é- corce de l'arbre qu'elle abrite sa coque. La Tinéite quiéclot de cette chrysalide en avril, du moins quant aux Chenilles qui se sont métamorphosées les pre- mières, porte ses ailes roulées presque en cylindre autour de son corps. Ses antennes sont filiformes , presque de la longueur du corps, assez épaisses, un peu en scie en dessous par la prolongation légèrement anguleuse de chacun de ses articles. Les palpes sont assez allongés , cylindriques , épais, h trois articles distincts et allongés eux-mêmes (le dernier plus court et en pointe mousse), dirigés ordinai- rement eu bas , un peu hérissés. La trompe est courte et peu roulée. La tête est couverte d'écaillés ou de poils ap- pliqués et ne formant pas de touffes. Tout le corps est d'un gris cendré luisant. Les ailes allongées sont couvertes d'é- cailles distinctes , très-luisantes ; elles sont ordinairement fort légèrement marbrées de nuances noirâtres ou foncées, dont quelques-unes forment souvent une ou deux petite» taches au bord ou au milieu de l'aile ; leur frange, très- haute et bien fournie d'écaillés, occupe toute leur extré- mité, et remonte un peu le long du bord interne; les infé- rieures sont cendrées, un peu moins foncées; et leur frange, encore plus ample , mais sans nulle écaille , formée de longs poils , se prolonge tout le long du bord interne jus- qu'à la base. L'abdomen est jaunâtre, mais couvert de poili* gris qui forment h l'anus une queue ou touffe. Les antennes iS2 ANNALES et les pattes sont grises. Le milieu des jambes postérieures est armé d'un grand éperon; c'est sans doute à l'aide de cette arme que la Teigne saute d'une manière très-marquée. Je crois pouvoir la caractériser par la phrase spécifique suivante et le nom trivial que je lui donne : Tinea? oieella, nobis ; antennis filiformiùus, hitàs subserratis ; tibùs posùcis, medio caLcaratis, saitalor'ds ; cinerea , nigro submarmorata, erucâ viridi-griseâ, intrà foLium oteœ latente; nobis. Une autre Chenille se loge dans l'amande même de l'o- live. L'œuf dont elle provient a dû être pondu sur les bourgeons qui donneront le fruit l'année suivante. Lors de sa naissance, l'été d'après, elle pénètre dans le noyau en- core tendre, elle s'y nourrit de la substance de l'amande. L'olive croît , son extérieur n'annonce aucune lésion ; elle est en tout semblable aux autres. A la fin d'août ou au com- mencement de septembre, la Chenille, ayant atteint toute sa grosseur , consumé toute sa provision , qui est la pulpe de l'amande , et songeant à se métarmerphoser , perce le noyau à l'endroit où le fruit s'attache à son pédicule : c'est la seule place où elle puisse trouver une issue, ie noyau étant de la plus grande dureté, excepté à ce point, où il est percé. La Chenille se laisse tomber, et cherche une retraite pour se changer en chrysahde. Je ne l'ai pas trouvée dans cet état au pied des arbres ; mais les olives que je soupçonnais piquées et que j'avais recueillies dans des boîtes, ayant donné naissance aux Chenilles qu'elles recelaient, celles-ci ont filé entre les olives, ou dans les recoins des boîtes, une petite coque ovale, d'un tissu fort clair , blanc-grisâtre. Je décri- rai tout 5 l'heure la Chenille et la chrysalide. Les olives dont la Chenille vient de sortir tombent aussitôt , leur attache au pédicule étant affaiblie par le trou qu'a fait l'insecte en sortant. Quand on en voit déjà quelques-unes au pied de l'arbre , on peut conjecturer qu'il y a encore des Chenilles DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQUE. i85 dans une grande partie des olives restées aux branches ; et si l'on veut avoir la Chenille avant sa sortie, on peut alors cueillir quelques olives , en choisissant de préférence celles qui viennent aisément à la main. Cette Chenille est un peu plus grosse que celle que j'ai précédemment décrite, longue de trois lignes, rase, d'un vert-grisûtre marbré ; elle a sur le dos quatre lignes longitudinales noires, et deux taches de la même couleur derrière la tête. La chrysalide est jaunâtre, avec les étuis des ailes un peu bruns. Elle donne naissance au bout d'une dizaine de jours à une Tinéite extrêmement semblable à la Mineuse de la feuille , un peu plus grande, d'un gris foncé peu ou point marbré; ses antennes sont plus minces et ses palpes moins hérissés. On peut la déter- miner par le nom et la phrase spécifique suivants : Tlneai... OUvella , nobis ; antennls filiformlbus , intàs subserratis , tlbiis posticis medio calcaratis , saltatorlis ; cinei^ea ; erucd viridi-griseo marmorata, inirà nuctcum olivœ degente; nobis. La ressemblance des deux Lépidoptères, assez de confor- mité entre leurs Chenilles, quoique au fond dissemblables, leur habitation sur le même arbre , ont fait croire à un savant observateur , M. Bernard , qui émet cette opinion comme positive dans un Mémoire sur l'olivier et sa cul- ture, couronné par l'Académie de Marseille-( i ) , que ce n'étai l qu'une seule et même espèce; que la Teigne mineuse de la feuille déposait , avant de périr, ses œufs à portée de l'o- live qui devait paraître, et qui était à peine encore en bou- ton; que la petite Chenille qui en sortait s'introduisait dans l'olive dès qu'elle se développait, et qu'au sortir de ce nouveau gîte , les œufs qu'elle pondait cette seconde fois étaient destinés à donner naissance à la Mineuse. Il est impossible que ce savant ait vu par lui-même ce qu'il sup- («) Voyez les Mémoiies de celle Acad«inic pour 1782. i84 ANNALES pose, attendu l'extrême difficulté de suivre exactement de si petits objets. Ses conjectures , démenties d'ailleurs par la différence des Chenilles, ne peuvent paraître probables à quiconque est habitué h observer les mœurs des insectes. Elles supposent deux apparitions de la mémo espèce dans la mênie année, et, en effet, beaucoup de Lépidoptères sont dans ce cas ; mais ici la Teigne mineuse pondant ses œufs au plus tard au milieu d'avril, à une époque où les bou- tons h fleur ne sont pas encore développés, est-il probable que ces œufs restent jusqu'au milieu de juin,- où la petite olive est encore à peine formée, sans éclore et sans que les Chenilles qui en proviennent s'introduisent dans leur nou- velle demeure, malgré la chaleur du printemps, très-forte dans les départements méridionaux ; tandis que la première ponte ne serait resiée qu'un ou deux mois dans l'œuf ? De plus, quelle différence de nourriture entre le tissu cellulaire d'une feuille aussi peu charnue que celle de l'olivier, et la substance farineuse, grasse et nourrissante de l'amande du noyau? deux genres de nourriture si différents peuvent-ils convenir âu même insecte ? La Teigne de l'olive pourrait tout aussi bien choisir de nouveau, h sa naissance, l'habitation des feuilles; et cependant, tout l'été, jusqu'à Thivcr suivant, on ne trouve plus sur les arbres de feuilles minées. Je regarde donc celte supposition comme impossible, et le savant lépidoplérisle, M. Dnponchel, a pensé comme moi que ces deux Teignes constituaient réellement deux espèces dis- tinctes. Bosc, bon entomologiste, a adopté, il est vrai, l'opinion de Bernard ( dans son Nouveau Cours complet d^ Agriculture) ; mais il paraît que ce n'est qnc de con- fiance, d'autant ])lus que, n'habitant j)as les départements méridionaux, il a pu encore moins observer nos Teignes par lui-même. 11 n'est pas étonnant, au rcslc, de voir deux espèces de Lépidoptères très-semblables dans ieur étut par- DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 180 fait et (illl'érant seulemenl par leurs Chenilles , surtout quand ils vivent sur le même végétal. Les Sphinx Nicœa et euphorbi^B , les Pieris ùrassiccc et rapCB en sont des exem- ples frappants , et cependant personne ne songe à réunir ces espèces. Je me permettrai encore de signaler une autre erreur (que du moins je crois telle) concernant la Mineuse, dans le même Mémoire de M. Bernard. Il pense que les chancres auxquels les branches déjà anciennes de l'olivier sont su- jettes, ont pour origine les ulcérations qui se forment sur les jeunes pousses par suite des morsures que la Mineuse y a faites en les rongeant. Il me paraît difficile qu'une si petite cause produise un effet si durable , quand bien même le rejet, pour lors bien tendre, y résisterait. D'ailleurs, la Mi- neuse est fort commune autour d'Aix, et je n'ai jamais vu de chancre à nos oliviers : ce sont les oliviers plus grands et plus robustes des quartiers plus chauds qui y sont sujets. Il paraîtrait, d'après des renseignements que je viens de recevoir de M. Laure, agriculteur distingué et membre de la Société d'Agriculture et des Sciences du Var, que ces chancres seraient causés ou habités du moins par une Che- nille, il n'a pas donné de suite encore à celte observation, dont j'attends de lui avec impatience la confirmation. Il est plus aisé sans doute de décrire ces insectes nuisi- bles que d'indiquer de sûrs moyens de s'en préserver ou de les détruire. Ce serait cependant le but le plus impor- tant de l'observateur, et c'estle vœu trop bien fondé del' agri- culteur. Mais les moyens d'atteindre de si petits animaux ne sont faciles ni à trouver ni à pratiquer. Dans les pays où les oliviers ne sont pas très-grands, comme auprès d'Aix, on pourrait, les années où la Mineuse paraît en plus grand nombre , cueillir les feuilles tarées , qui sont faciles à re- connaître;* les cueillir, dis-je, avant le mois de mars, cf i8G ANNALES les brûler sur ic-champ. Mais il faudrait que l'autorité lo- cale intervînt pour faire exécuter généralement cette opé- ration ; sans cela l'insecte n'étant pas extirpé partout , les Teignes du voisin négligent viendraient de nouveau apporter le mal aux oliviers du propriétaire plus soigneux. Ce remède, le seul qu'on puisse indiquer, devient impra- ticable dans les localités où ces arbres sont très -grands , et malheureusement ce sont les contrées qui soufl'rent le plus des ravages de la Mineuse. Il est plus difficile encore d'atteindre la Chenille du fruit. J'ai dit qu'on connaissait sa présence en voyant les olives tomber à la fin d'août. Dès qu'on en voit quelques-unes sur le sol , on doit con- jecturer qu'une grande partie de celles qui restent sur l'arbre sont attaquées. On pourrait, avec quelques coups légers, faire tomber celles qui céderaient à ce choc : on peut être assuré qu'elles sont tarées. On les transporterait dans un local clos , où l'on ferait aisément la chasse aux petits Papillons , qui ne lardent pas à éclore ; on les écraserait avant qu'ils pussent s'échapper au dehors. Au reste , ces olives , quoique tombées long-temps avant leur maturité , peuvent se conserver en les tenant dans un état de fraîcheur modérée ; et nos cultivateurs en tirent encore un peu d'huile quand le moment de la récolte générale arrive. Je n'ai jamais aperçu ces deux espèces de Teignes vol- tigeant autour des oliviers; j'en conclus qu'elles doivent pa- raître seidement pendant la nuit , comme la plupart de leurs congénères. On devrait donc encore essayer de les attirer en allumant des feux dans les vergers, le soir, aux deux époques du commencement d'avril et du milieu de septembre : elles viendraient s'y brûler, et ce procédé, fondé sur la connaissance des mœurs des insectes , n'est pas h négliger, et devrait être tenté par les agriculteurs. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. .8; Observation de M. Duponchel. Dans un Mémoire adressé sous forme de lettre à M. le commandeur Lapo de Ricci, le 4 juin i832, et inséré dans le Journal d'Agriculture de la Toscane, M. le docteur Pas- serini, de Florence, décrit une espèce de Teigne qui cause beaucoup de tort aux oliviers de celte contrée , et qu'il rap- porte à celle que Hubner a figurée sous le nom de Tinca accesella. Cette espèce ne ressemble ni à l'une ni à l'autre des deux Tinéites décrites par M. de Fonscolombe. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ËNTOMOLOGIQUE. i8«j NOTE SUR LES PREMIERS ÉTATS DE L'AGRILUS VIRIDIS; PAR M. AWBÉ. (Séance dui" mars >836.) Au point où en est rentomologie , la connaissance d'un insecte nouveau passe presque inaperçue , la publication isolée de cet insecte, loin de faire faire des progrès h la science , en entrave plutôt la marche. On ne peut adresser le même reproche à la publication d'un fait qui se rattache à l'étude des états primitifs des insectes et à leurs mœurs pre- mières. Celui que je présente aujourd'hui à la Société est de ce nombre, et il aura d'autant plus d'intérêt qu'il vient confirmer ce que M. Audouin a déjà dit sur les larves de deux Buprestides. Vous vous rappelez tous, messieurs, qu'il y a près d'un an, M. Audouin, notre président, a présenté h la Société, des larves qu'il pensait devoir appartenir au Buprcstis Bero- Uncnsis (i). Cette idée a été vivement combattue au sein (i) Vovex Annatef de la Sociéfé, iSjG. Hiillclin, pag. xvn. iQo ANNALES lie la Société, et la plupart des nieQibres présents à la séance de ce jour ont quitté cette enceinte avec la conviction que ces larves appartenaient à un Longicorne; moi-même je partageais cette opinion. Depuis lors , ayant eu l'occasion de saisir la nature sur le fait et d'observer toutes les trans- formations d'un insecte delà famille des Buprestides, toute espèce de doute a disparu de mon esprit. Vous vous rappelez aussi que notre savant collègue a présenté de nouveau à la Société , il y a environ deux mois, une larve qu'il a trouvée entre l'écorce et le bois d'un jeune poirier, et qui avait beaucoup d'analogie avec celles que vous avez vues l'an dernier (i). M. Audouin vous a laissé entrevoir qu'il pensait que cette larve était celle d'un Bu- prestide , mais il n'a pu en acquérir la certitude. Dans un fait de ce genre, j'ai été plus heureux que lui, et j'ai pu ob- server sous tous ses états un insecte du genre Agrilus. Vers le mois de mars dernier , j'ai trouvé dans le bois de Boulogne, déjeunes bouleaux entièrement attaqués par des insectes qui les avaient sillonnés à peu près de la même manière que les scolytes sillonnent les ormes et les chênes, mais non toutefois sous le rapport des dessins. Quelques-uns de ces arbres avaient été brisés à un pied environ de leur racine. En soulevant l'écorce de ces petits tronçons, j'ob- servai plusieurs larves bien portantes. Curieux de savoir à quelle espèce d'insecte elles appartenaient , et pensant tou- tefois, d'après leurs caractères apparents, que ce devait être à quelque Longicorne, j'arrachai trois ou quatre de ces arbres mutilés et les emportai chez moi. Ce n'est que vers les premiers jours de mai que ces larves passèrent h l'état de nymphe , et le 12 juin j'obtins le premier insecte parfait ; les autres apparurent quelques jours après; cet insecte est, (i) Voyez Annaka delà Société, iS36, I5nIletiD, }>:ig. ixx. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 191 je crois, VAgrilas viridis , ou l'une des ses nombreuses variétés. Chaque membre de la Société , d'après la description de celte larve et la figure que je présente, pourra se convaincre que les deux espèces de larves qui lui ont été soumises et celle que je dépose sur le bureau , ont la plus grande ana- logie. Aussi je n'hésite pas un instant à affirmer que celle que M. Audouin nous a montrée et qui vit aux dépens du poirier, appartient également au genre Agriius. Les diffé- rences qui existent entre elles sont si légères , que , bien certainement, ce ne sont que des différences spécifiques. Etats primitifs de CA^vilns viridis. j;/, f , t La larve de ce Coléoptère, parvenue à son entier dévclop - pement, a environ dix millimètres de longueur; son corps est composé de treize segments; sa forme générale est longue et étroite , plus large en avant qu'en arrière et un peu dé- primée. Le premier segment, celui qui supporte la tête, est le plus gros de tous, et présente en dessus un petit sillon peu profond ; les second et troisième sont plus courts que les suivants ; les sept qui suivent sont à peu près égaux en longueur , mais diminuent insensiblement de largeur au fur et à mesure qu'ils s'éloignent davantage de la tête; les onzième et douzième sont plus courts que les précédents; et enfin le dernier , ou segment anal, est un peu plus grand que le pénultième et armé de deux épines cornées. Cette larve est apode; sa couleur est d'un jaune pâle, h l'exception de la bouche et des épines du segment anal, qui sont bni- nûtres. Les mandibules sont courtes, fortes, pointues, légère- ment échancrées en dedans et creusées en dessous; le 19» ANNALES labre, très-petit, arrondi; la lèvre inférieure arrondie , cou- verte de poils courts ; les mâchoires garnies en dedans de poils rudes ,• les palpes maxillaires courts , les premiers ar- ticles h peine visibles, le dernier assez fort, ovoïde; les palpes labiaux extrêmement courts , leurs articles tellement serrés que je n'ai pu les analyser. Cette larve est très-commune dans le bois de Boulogne, où elle fait de très-grands ravages , attaque les bouleaux de manière à les faire périr promptement , vit en so- ciété entre l'écorce et le bois, et aux dépens de l'une et de l'autre, et se creuse des sillons tortueux dirigés dans tous les sens, dont la largeur et la profondeur augmentent avec son accroissement. Lorsqu'elle a acquis tout son dévelop- pement et qu'elle est sur le point de so transformer en nymphe , elle se creuse dans le bois une petite cavité ou elle se métamorphose. Enfin lorsque l'insecte a subi la der- nière transformation, il fait h l'écorce, pour sortir de sa prison, une ouverture en forme de bouche de four par la- quelle il s'échappe, le ventre dirigé vers l'arc de cette ou- verture. La nymphe rappelle très-bien la forme de l'insecte parfait. En dessus l'on voit le sommet de la tête et une partie des yeux, un corselet court et quadrangulaire, la base des élytres qui se replient en dessous, l'écusson court et ar- rondi, et enfin l'abdomen très-allongé et assez largement rebordé. En dessus on observe la partie antérieure de la tête, le front, la presque totalité des yeux, les antennes , les palpes, les quatre premières pal les presque libres, les ély- tres allongées qui recouvrent les pattes postérieures et les ailes, et ne laissent libres que les tarses, l'extrémité des ailes, et enfin la partie inférieure de l'abdomen. DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQCE. 19^ NOTICE SUR LES PARTICULARITÉS QUE PRI^SENTENT lES CHANGEMENT* DE PEAU DE LA CHENILLE DU CHARAXES JASIUS ; PAn M. DUPONCHEL. (Séance du i5 mars iSôj.) J'ai donné, dans mon Iconographie des Chenilles , une description très-détaillée do celle du Charaxes Jasius , et cette description , je l'ai faite, ainsi que la figure qui rac- compagne, d'après la nature vivante, m'étant détourné de ma roule et rendu exprès pour cela à II) ères, dans un voyage que je fis en i853 dans le Midi de la France, et qui n'avait d'ahord pour objet que le département de la Lo- zère. Malheureusement, j'arrivai trop tard h Hyères pour avoir le temps d'observer les mœurs et les habitudes de celte Chenille avant sa transformation en chrysalide; de sorte que tout ce que j'en dis , depuis sa sortie de l'œuf jusqu'à celte transformation , a été pris dans une note que j'avais reçue quelque temps auparavant de M. Chavanne VI. 1 5 i|)4 A^NALKS de Lauzanne , ealomologiste distingué, qui a eu occasion d'observer celle même Chenille pendant toutes les périodes de sa vie. Trois ans s'élant écoulés depuis que cette partie de mon I conograpliie a i^aru, ']G ne pensais piusîi la Chenille du Jasius, et je croyais bien en avoir donné une histoire aussi complète que possible, lorsque, le 12 janvier dernier, j'en reçus six in- dividus qui m'étaient envoyés d'Hyères par M. Azambre, en même temps qu'un plus grand nombre destiné pour le Mu- séum d'histoire naturelle. De ces six Chenilles, j'eus le mal- heur d'en voir mourir trois quelques jours après leur arrivée ; j'attribue leur mort à ce qu'elles étaient dans la mue au mo- ment de leur départ; ce qui leur a ôté la force de supporter les fatigues de la route: car les trois autres, qui n'étaient pas dans le même cas , m arrivèrent pleines de vie; et grâce ù la précaution que je pris le jour même que je les reçus , de les placer sur un pied d'arbousier, où elles se mirent tout de suite à manger, et de les tenir de ce moment dans une chambre constamment chauffée à i5 degrés de Réaumur, elles sont parvenues aujourd'hui à presque toute leur taille, après avoir subi ime seule mue , la dernière probablement qu'elles subiront avant de se mettre en chrysalide. Ainsi, j'ai l'espoir de les voir parvenir h l'état de papillon dans le Cviurant de mai, si la température extérieure est assez douce pour favoriser leur développement. Or, depuis deux mois que je possède ces trois Chenilles, on pense bien que je n'ai pas laissé passer un seul jour sans les observer; et je dois dire, à la louange de M. Chavanne, que mes observations n'ont fait que coniirmerles siennes ; de sorte que si je les mentionnais ici, je ne ferais que répéter ce que j'ai déjà dit d'après lui dans mon iconographie. Mais, soit qu'il n'ait pas observé les mues de la chenille qui nous <îccupc , soit f{u'i! n'ait pas éîé franpc comme moi des parti- DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. 190 ciibrilés qu'elles présentent , toujours est-il qu'il n'en parle pas clans sa noie, et e'est pour remplir cette lacune que je vais avoir l'honneur d'entretenir la Société d'un objet qui m'a paru digne de fixer un instant son attention. Dans toutes les Chenilles quej'ai élevées jusqu'à présent, j'ai remarqué que la tète se dépouille en même temps que le corps, et que l'enveloppe de l'une est toujours adhérente h. celle de l'autre, Lien que la première se divise presque tou- jours en trois parties pour iaciliter la sortie de la tête. Il arrive de Ih que l'ancienne peau rejelée est quelquefois si entière, qu'on la prendrait pour la Chenille elle-même, surtout lorsque celte peau , comme celle des Chenilles du genre Chelonia, est couverte de longs poils. Les choses sont loin de se passer ainsi dans la Chenille de Jasius : chez elle , la tête se dépouille séparément du corps, et son enveloppe cornée, extrêmement épaisse, tombe tout d'une pièce , et sans aucune altération do forme ni de couleur , comme si c'était la tête elle-même , une minute ou deux avant que la Chenille dégage son corps de sa vieille peau. Voici comment s'opère ce dé- pouillement extraordinaire. Pendant les trois jours qui pré- cèdent la mue , ou voit la tête qui , dans sa position habi- tuelle, est renversée en arrière, avec ses mâchoires dans une position horizontele; on la voit, dis-je, se redresser peu à peu , et finir par prendre une position presque verticale, de sorle que le dernier jour elle est loul-à-fait séparée du pre- mier anneau dans sa partie supérieure , et n'y lient plus que par sa partie inférieure. Alors il se fait un gonflement et un mouvement de retrait dans les trois premiers anneaux, à l'aide desquels la Chenille dégage la seule partie de sa tête qui se tiouve encore logée dans son ancienne enveloppe, et dans le moment même celie-ci tombe en entier comme je l'ai dit jilus haut. Aussitôt on voit se développer xm nou- u)<> AiNISALES veau crâne trois fois aussi volumineux que celui qui est tombé , et qui semble se former aux dépens du premier an- neau. Le nouveau crâne est d'abord jirrondi sur son bordan- tes ieur ; mais il ne tarde pas h être surmonté , comme l'an- cien, de quatre cornes ou épines qui grandisscnth vue d'œil. Ce n'est qu'après le développement de ce nouveau crâne , développement qui s'opère en beaucoup moins de temps que je n'en ai mis h le décrire , que la Chenille se débarrasse de sn vieille peau , qui se fend etsedétachede lamême manière que dans les autres Chenilles. Pour compléter le résultat de mes observ tiens relative- ment à la tête de notre Chenille, il me reste à dire que pendant les trois jours qui précèdent la mue , on voit poindre sur le bord postérieur du premier anneau quatre j)etits tubercules roses , qui ne sont autre chose que les rudiments des qua- tre cornes qui doivent surmonter le nouveau crâne. Ainsi ce qui dislingue celte mue de celle des autres Che- nilles que nous avons observées jusqu'à présent, c'est que d'abordla tète se dépouille séparément du corps, et en- suite , c'est qu'elle semble se renouveler entièrement, h chaque mue, aux dépens du premier anneau, et n'avoir rien de commun avec l'ancienne. Nous avons lu altoulivement le quatrième mémoire de Réaumur, qui traite exclusivement des changements de peau des Chenilles , dans l'espoir d'y trouver quelques faits ana- logues h ceux que nous venons de rapporter ; mais il n'y est question que de Chenilles communes , dont la mue s'o- père h la manière ordniaire. Cependant, h propos de l'aug- mentation considérable du volimie que prend la tête de cer- taines Chenilles après la mue, Réaumur cite Malpighi, qui, ayant ouvert un \er h soie prêta muer, trouva son nou- veau crâne vers le premier anneau, c'ost-h-dire assez éloigné de l'ancien.. Sur quoi io natnralisie français s'exprime ainsi: DE LA SOCllVn^ EiNTOMOLOGIQUE. ly; « Jo ne crois pas pourtant que le crâne ait crû, ou, comme » Icditce célèbre auteur, qu'il ail été formé à quelcpie distance » de l'autre. Tout ce qu'on pourrait en conclure, c'est que » le nouveau crâne, qui ne pouvait pas être contenu en entier »sou8 l'ancien, qui lui l'ormait une boîte trop étroite, s'est » allongé , qu'il a pris une figure oblongue , et s'est étendu «sous cette partie de la vieille peau qui recouvrait le prc- » mier anneau. » Cette explication, que donne Réaumnr d'un l'ait qu'il n'a- vaitpas observé lui-même, me paraît très-juste, et s'accorde parfaitement avec l'opinion que jo m'étais formée reialivc- menth la Chenille du yrt5i«,v, avant d'avoir lu le passage que jo viens de rapporter. Eu clTet, loin ([ue je pense qu'il se forme une nouvelle tctc aux dépens du premier anneau, à chaque mue que subit cette Chenille, jo suis convaincu, au con- traire, que c'est toujours la même tête qu'elle avait en nais- sant qui subsiste, mais qu'augmentant de volume avec le corps pendant que son enveloppe cornée ne prend aucun accroissement, il arrive un moment où la substance q-je celle-ci renferme ne pouvant plus y être logée , s'échappo forcément par la seule issue qui lui soit ouverte, c'est-à-dire par le trou occipital, et s'étend sur le premier anneau sana se confondre avec lui , pour reprendre la forme et la posi- tion de l'ancien crâne, aussitôt que celui-ci est tombé; et ce qui prouve évidemment que les choses se passent ainsi, c'est que cet ancien crâne, tout entier qu'il paraisse, est creux dans toutes ses parties , et n'offre plus que l'enve- loppe des organes les plus ténus qu'il contenait : tels que les parties de la bouche, la filière, les antennes, etc. Ainsi la fornîation d'une nouvelle tête h chaque mue, aux dépens du j)rcmicr anneau , n'est (ju'ajjparenle; il n'y a en réalité qu'augmentation de volume dans celte partie de l'insecte, el déplacement momentané de la substance qui la compose. inS ANNALES par siiito do celte angraenlalion. L'opinion de Malpiglii re- lativement au crâne du Ver h soie était donc erronée et contraire h tout principe de physiologie. Nous ne terminerons pas cette note sans faire observer que beaucoup d'autres Chenilles sont sans doute dans le même cas que celles du Jasius, notamment celles des genres Nymphale et Apnture (les Sylvains et les Mars) , dont l'or- ganisation diffère Irès-peu de la sienne; mais ces Chenilles, qui se tiennent ordinairement h la cime des arbres les plus élevés , sont très-diflîciles h rencontrer, et je ne sache pas qu'aucun auteur se soit jamais étendu sur les particularités qu'elles présentent dans leurs mues , avant de pnsser h l'état de chrysalide. Nota. Je mets sous les yeux de la Société, pour justifier l'exactitiule de mon exposé : 1° Une petite fiole contenant une jeûna Chenille de Ja slus, qui est morte avant d'avoir pu se débarrasser de son ancien crâne , derrière lequel on voit le nouveau qui n'a pas encore de cornes; 2° Trois crânes tombés au moment de la mue , et qui appartiennent aux trois Chenilles que j'élève en cemoment. P.j5. Depuis que j'ai lu cette notice à la Société, l'espoir que j'avais de voir mes trois Chenilles parvenir h l'état d'in- secte parfait s'est heureusement réalisé. La première s'est chrysalidée le 1 5 août, la seconde le 20, et la troisième le 28. Le pa])illon de la première est éclos le 29 mai, celui de la seconde le 5i, et celui de la troisième le 5 juin. Ces trois éclosions ont eu lieu entre sept et huit heures du matin , par une température de 1 5 h 17 degrés Réaumur ; et ces trois papillons se sont parfaitement déve- loppés. DE LA SOCll^Tb: EMOMOLOGIOUE. u;9 OBSERVATIONS SUR QUELQUES PARTICULARITÉS DE LA STRIDULATION DES INSECTES , ; ' ET EN PARTICULIER S' SUR LE CHANT DE LA CIGALE, PAR M- SOLIER. (Séance du 19 avril i85j.) La stridulation des insectes , quoiqu'ayant iixé l'atten- tion d'un grand nombre d'observateurs, paraît encore fort peu connue. Cette stridulation, preuve certaine que les insectes jouissent , ainsi que les animaux supérieurs, du sens de l'ouïe, mérite donc d'être étudiée de nouveau, malgré les difficultés qu'elle peut présenter. Dans des re- cherches semblables, il m'a paru utile et même indispen- sable de s'appuyer sur l'observation directe en même temps que snr l'anatomie. Parmi les insectes connus pour produire des sons plus ou moins remarquables, les Cigales tiennent, sans aucun doute , un des premiers rangs ; et quoique Réaumur aitdéjî» donné unccxplicalion du chant d'une des espèces de co genre, comme cet habile observateur n'a op(';ré que sur •^oo ANNALES des insectes morts, j'ai pensé qu'il pourrait être utile de confirmer ses observations en examinant le même phéno- mène sur des insectes pleins de vie. C'est ce que j'ai entre- pris l'été dernier, et je viens soumettre aux entomologistes les remarques que j'ai faites. Quoique n'ignorant pas, ainsi que la plupart des habi- tants de la Provence , que les Cigales mâles que l'on a saisies crient lorsqu'on les y excite , il m'a paru plus convenable d'examiner l'insecte chantant en liberté, avant d'opérer sur diéè individus en esclavage. Les Cigales sont généralement très-craintives et s'envo- lent au moindre bruit suspect qu'elles entendent; on peut cependant , avec im peu de précaution , en approcher d'assez près pour les examiner avec facilité. On voit alors que lorsqu'une Cigale mâle chante, elle remue avec rapi- dité sou abdomen , de manière h l'éloigner et le rapprocher alternativement des pièces nommées, par Réaumur , les opercules. A ce mouvement abdominal est joint une espèce de tremblement du tergum du mésothorax. Ces deux cir- constances accompagnent toujours le chant, qui paraît formé par une seule note répétée avec rapidité. Il s'affai- blit insensiblement après un certain temps , et l' in sec te pro- duit alors un son plus faible et prolongé, h peu près comme un sifflement occasioné par de l'air renfermé et comprimé sortant par une ouverture. Je n'ai remarqué cette espèce d'expiration que dans la Cigale commune: car la Cigale de l'orne (i) s'arrête brusquement dans son chant , sans laisser entendre celte espèce de sifflement : tout ce qui précède et ce qui va suivre ne regarde donc que la pre- mière. (i) Tiblcen orni, Lalr. Je parlerai plus lard de celle csprce, la seule que j'ai pu comparor à la Cigale coniinui.e. DE LA SOCIÉTÉ ElNTOMOLOGIQUË. 201 Au moment du son prolongé, le mouvement abdomi- nal et le mouvement thoracique cessent; mais ils ne tardent pas à recommencer, et léchant reprend aussitôt : ce jeu con- tinue ainsi alternativement tant que Tinsecte chante. Ce silllement marque donc un repos dans la stridulation , soit que la Cigale y soit obligée par la fatigue, ou soit qu'elle veuille donner une modulation aux sons qu'elle produit. Le chant continue ainsi que je viens de le dire, jusqu'à ce qu'effrayée par les mouvements de l'observateur, elle fuie en s'envolant. Elle jette alors un seul cri assez fort , et seringue le plus souvent par l'anus , et assez loin , une liqueur qui m'a paru inodore. J'ai observé un assezgrand nombre d'individus, et j'ai tou- jours remarqué le double mouvement de l'abdomen et du thorax lorsqu'ils chantent en liberté. Ces mouvements me paraissent donc indispensables à celte espèce pour produire son chant; s'ils étaient inutiles, l'insecte les ferait il con- stamment dans cette circonstance ? Avant de parler des diverses expériences ane j'ai faites pour connaître où résidait le vrai moteur du son , il est convenable de décrire l'appareil singulier qu'offre cet in- secte, à la base de son abdomen et de son thorax. Il est vrai que cette organisation a été déjà décrite par Réaumur, avec cette exactitude qui le distingue ; mais comme ce cé- lèbre observateur n'a pu voir que des insectes morts , il lui est échappé diverses petites circonstances que je crois né- cessaire de faire connaître. Cet appareil, regardé avec juste raison comme destiné à la stridulation, est formé par quatre cavités principales , dont une dans le métathorax et les trois autres dans l'ab- domen. Pour abréger, je nommerai la première, cavité tlio- racUjiie; la contraic des trois autres, cavité abdominale, ei eo2 ANNALES les deux latérales cavités sonores ( i ) , parceque , comme nous le verrons par la suite, ce sont elles qui renferment la membrane produisant le son , ainsi que Réaumur l'a fort bien observé : je conserverai à cette membrane, le nom de timbale que cet auteur lui a donné. La cavité ihoracîque est séparée des divers viscères ren- fermés dans la partie antérieure de la poitrine , par une cloison mince, ou grande apophyse cartilagino - cornée , offrant dans le milieu une fente verticale étroite , partant du bas et remontant aux deux tiers de la hauteur. Cette fente est cachée par une membrane tapissant l'intérieur de la cavité. Cette cloison est recourbée, vers la tête, en saillie creusée en dessous , et ce creux n'est que le prolon- gement d'un enfoncement longeant la fente médiane. Dans cette cavité thoracique débouche immédiatement de chaque côté , un grand stigmate à peu près vertical , mettant ainsi cette cavité en communication directe avec l'air extérieur, circonstance qui semble avoir échappé à l'œil observateur de Réaumur : je ne crois pas cependant que la nature l'ait produite san» but. Cette cavité communique avec l'abdo- minale par une ouverture considérable formée dans le haut par le tergum de l'abdomen , dans le bas et sur les côtés par deux muscles très-forts , réunis h la partie infé- rieure et terminés du côté opposé par un clisquc tendi- neux (2). La cavité thoracique est divisée en deux par une membrane inclinée et irrégulière partant , dans la par- tie supérieure, delà cavité abdominale, et aboutissant vers le bas , en avant des hanches postérieures. Les deux muscles dont je viens de parler , plus larges {i)Ces dernières manquent quelquefois ou sont du moins tris-inconi- plèlcs, conime dans Iegcnrar un leiidin lirs-reniarqnalile. DE LA SOClÉTl': EN TOMOLOGIQUE. v.o3 dans le bas que dans le haut , sont protégés en dehors , h la partie inférieure, par deux pièces cornées, sublriangu- laires, s'appliquant contre ces muscles, et faisant partie du deuxième segment de Tahdomcn en le regardant en-dessus, ou du premier segment en le regardant en dessous. Ces deux pièces sont réunies entre elles , dans le bas , par une espèce de crête saillante, partie cornée et partie membra- neuse. Si l'on regarde en dedans , après 'avoir enlevé la partie postérieure de l'abdomen, les deux muscles précités, on voit qu'ils forment, ainsi que les deux pièces cornées dont on vient de parler , une espèce de V dont l'angle inférieur, formant une petite élévation , est hé h l'abdomen par une membrane figurant , avec les muscles , un X irrégulier dont les branches inférieures sont très-courtes. La cavité abdominale est très-vaste et présente , dans le bas, deux membranes ovales, irisées et très-minces. Les cavités sonores sont situées une de chaque côté de l'abdominale; elles sont profondes et formées par le tégu- ment solide de l'abdomen, qui enveloppe les timbales, mem- branes sonores, bombées, ayant de très- gros plis trans- verses, irréguliers, et séparant ces eavités»dela thoracique. Elles présenttint dans le bas une ouverture presque trian- gulaire, libre, et communiquant avec l'air extérieur, lorsque l'abdomen est relevé. Ces cavités sont séparées de l'abdo- minale par une cloison cornée. La cavité thoracique offre à l'opposite des deux mem- branes irisées de l'abdominale, deux membranes molles, sé- parées par la saillie du n:étathorax ; elles sont très-flexibles, peuvent se tendre et se plisser avec la plus grande facilité, et s'appuient en avant sur la cloison fendue de la partie antérieure de celle cavité, et en arrière sur les pièces cornées recouvrant extérieurement les deux gros muscles. Ce syslènir musiral es! protégé ou dessons jiar deux so4 ANNALES grandes plaques fixes , ou opercules , que je crois formées par un développement remarquable de l'épimère métatho- racique. Le trochauter de chaque hanche postérieure {'orme une saillie épineuse s'arançant au-dessus d'un creux peu profond de l'opercule correspondant, et qui semble destiné, par cette disposition, h servir de frein à cet oper- cule; mais cette destination, admise par Réaumur, me paraît fort douteuse, Kopercule étant fixe et ne m' ayant jamais paru atteindre cette saillie dans le mouvement de l'abdomen. L'appareil que je viens de décrire présente encore quel- ques particularités; mais comme je ne les ai remarquées que postérieurement aux diverses expériences que j'ai faites sur la cause du son , j'ai pensé qu'il était convenable de n'en parler que plus tard , et de suivre dans ce mémoire l'ordre dans lequel j'ai fait mes observations. Je compléterai ensuite ce qui manque h ma description, qui suffira pour le moment, je l'espère du moins, à faire saisir les divers essais que je vais citer. Lorsqu'on a saisi une Cigale commune mûIe, elle jette, dans les premiers moments , des cris très-forts, offrant une différence assez ^nsible avec les sons qu'elle produit lors- qu'elle chante en liberté. Ces cris m'ont paru, analogues à celui qu'elle pousse lorsqu'elle s'envole à l'approche de l'observateur s'avançant un peu trop brusquement, ou qui a tenté inutilement de la saisir. On peut donc, sans crainte d'erreur , attribuer ces cris h la frayeur. Dans ce moment elle agite sou abdomen, le lergum de son thorax et ses ailes, si elles sont libres. Les nervures vésiculeuses de la base de ces dernières éprouvent des gonflements et des afi'aissements alternatifs assez rapides, et bien visibles lorsqu'on les a coupées pour mieux observer. La captive, fatiguée de ses cris, cesse bien souvent de les pousser, sans cesser de se débattre et de faire les nièuies mouvements dont je viens DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 2o5 de parler. Cette agitation n'est donc pas la cause du son, et l'on voit qu'il dépend entièrement de la volonté de l'insecte. Lorsque la Cigale, par suite de fatigue, ou peut-être par l'habitude du danger , cesse les cris qu'elle poussait , on peut les lui faire reproduire en l'excitant soit par une pres- sion latérale avec les doigts qui la retiennent, soit en grat- tant la partie inférieure de l'abdomen , ou en agitant ce dernier de toute autre manière , c'est-h-dire, en d'autres termes, en tourmentant ce pauvre animal. Dans cet état de captivité, les temps de repos ne sont plus marqués, comme dans l'état libre, par cette espèce de sifllement que l'on peut en partie imiter en prononçant les deux consonnes st. en appuyant d'abord sur la première d'une manière prolongée et en sifflant un peu , et terminant par la deuxième pro- noncée faiblement, comme lettre muette. On ne peut donc refuser de distinguer ce cri du chant ordinaire , d'autant plus que dans ce^ deux cas le son n'a pas la même into- ' nation. Si le cri me paraît différent du chant, je ne doute cependant pas qu'ils ne soient dus l'un et l'autre au même organe , mais que l'insecto peut seulement s'en servir pour produire à volonté un chant d'amour ou un cri de douleur ; ainsi trouver le siège de l'un c'est fixer le siège de l'autre. Rien de plus facile que de se convaincre que les opercules ne sont pointdestinésb produire le son, mais simplement à le modifier et à protéger les membranes irisées, appelées mi- roirs par Réaumur:il suffît pour cela de les couperenlièrcment et d'exciter l'insecte à crier. On ne tardera pas à entendre le son plus fort qu'auparavant, parce qu'alors les miroirs et les cavités sonores étant h découvert, la vibration est plus immédiatement en contact avec l'oreille de fobservateur, rien ne s'interposant entre cette dernière et la vibration, si ce n'est l'air extérieur qui sert h la Iwi transmettre. Si par ;>o6 ANNALES la suppression de ces opercules le sou est plus fort qu'au- paravant , il ne m'a point paru modifié dans son intonation ; mais peut-être qu'une oreille plus sensible que la mienne eut saisi une différence qui lui a échappé. Après ce premier essai, au résultat duquel je m'attendais, je supprimai, toujours à la même victime, les miroirs qui, pendant l'agitation de l'insecte et pendant ses cris, se plissent légèrement transversalement pour se tendre un instant après, et qui éprouvent une vibration manifeste. Les cris n'ont point cessé de se faire entendre après cette nouvelle mutilation ; le ton seulement m'a semblé plus faible et modifié. J'ai supprimé ensuite Iss membranes flexibles de la cavilé thoracique, et le son était encore distinct lorsqu'on excitait ce malheureux insecte, mais sensiblement moins fort. Il me restait à examiner la membrane plisséc, ou timbale, des cavités sonores : je la déchirai en dedans avec un poinçon, et le son devint très-faible, mais continuait encore; il cessa entièrement après avoir complètement enlevé les deux timbales, et ce fait se reproduisit en faisant immédiatementla même opération à. un autre individu. Bien convaincu dès lors que ces timbales jouaient le principal rôle dans le phé- nomène dont je recherchais la cause, je tentai de leur côté quelques nouvelles expériences. Je pris donc un individu plein de vigueur et n'ayant subi d'autre mutilation que la suppression des ailes, et cela au moment où j'allais faire mes nouveaux essais. Après cette opération indispensable pour n'être pas gêné dans les obser- vations, j'enlevai avec des ciseaux la partie cornée de l'ab^ domen, formanten dehors les cavités sonores, pour examiner avec soin les timbales. Ces membranes ne sont point plissées de la même manière postérieurement et antérieurement; dans le haut de la partie postérieure existe un enfoncement DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQIJE. ^o; ovale dans lequel sont deux gros plis semMables à deux pe- tites vessies oLlongues, qui s'enflent et s'abaissent alterna- tivement en vibrant d'une manière très-sensible (i ). Si dans cet état on partage verticalement la membrane sonore entre les deux gros plis semi-vésiculeux, le son est tout-h-coup considérablement affaibli ; il ne s'entend plus que d'une manière sourde, àpeu près, mais en petit, comme un tambour dont la peau serait tendue, et Ton voit les deux parties de la membrane continuer de vibrer. Voulant examiner si l'on pourrait apercevoir directement l'effet des deux gros muscles sur les timbales, je pris une autre Cigale et je lui enlevai la partie inférieure de l'abdomen, en arrière de la cavilé où se trouvent ces muscles, de manière à découvrir ces derniers. Je craignais qu'une pareille opération n'ôtât les forces à la Cigale et qu'elle ne pût donner aucun son; mais elle me tira bientôt d'erreur , en eu produisant un bien distinct, quoique plus faible qu'avant cette cruelle mutilation. J'exa- minai alors avec attention les deux muscles, que l'on pourrait nommer musicaux , et je ne pus distinguer avec la loupe le moindre mouvement. Lorsque l'insecte ne rendit plus aucun son, j'essayai de ti- railler ces muscles avec uneépingle légèrement crochue; mais, trop mous et trop faibles, ils se déchiraient sans produire au- cun effet. Cependant Réaumur étant parvenu à tirer des sons par un essai semblable, je persistai de nouveau, et j'enlevai la partie inférieure de la cavité thoracique de manière à dé- couvrir de tout côté les muscles sur lesquels je voulais agir sans endommager cependant ni ces muscles ni les timbales. Dans cet état j'observai les premiers et leur point d'attache. (i) Celte vibration a été également reconnue par M. Goureau , chef de bataillon du génie, qui s'occupe avec grand succès de la physiologie des insectes, et en particulier de leur stridnialion. 2o8 AISiNALES Dans le premier moment ils me parurent indépendants des timbales et nullement liés avec elles ; mais je fus bientôt détrompé de cette première erreur , et j'aperçus enfin à chaque muscle un tendon assez fort s'appuyant d'une part sur le disque cartilagineux de la partie supérieure de ce muscle, et de l'autre venant s'attacher à la timbale, h la réunion des deux gros plis semi-vésiculeux , ainsi que l'in- dique très-exactement le célèbre observateur que j'ai cité. Le disque cartilagintiux est attaché à peu près, par un de ses diamètres,sur la cloison cornée séparant la cavité sonore de l'abdominale. En donnant à ce disque un mouvement de bascule autour de cette ligne fixe , de manière h faire baisser le tendon , ce dernier tire h lui une partie de la membrane sonore, et en lâchant brusquement le disque pour faire redresser cette membrane, on produit un son assez sensible , et en répétant ce manège par de petits coups accélérés, donnés avec un poinçon ou la tête d'une épingle sur le disque, on produit en petit le chant de la Cigale. Il n'est pas étonnant que dans cet état le son ne soit pas aussi éclatant, les cavités avec toutes les membranes qui les composent étant évidemment destinées à augmenter l'intensité de celui produit par la timbale. Après la découverte du tendon, principal moteur du son, je fendis de nouveau la membrane sonore de manière à isoler de ce tendon mie partie de cette membrane, et cette partie continua de vibrer comme l'autre , ainsi que je l'avais re- marqué dans une précédente expérience. En réfléchissant à tout ce que j'avais observé, et cherchant è me rendre compte de la cause réelle de tous les sons pro- duits, j'examinai, dans cette préoccupation, un nouvel indi- vidu auquel je n'avais enlevé que les opercules, lorsque tout- à-conp j'aperçus une masse jaunâtre s'avancer dans la cavité abdominale, et la remplir presque en entier, si je tourmentais DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 209 davantage l'insecle. Celte masse, qui me paraît èlre formée par les viscères renfermés dans TaLdomen, en arrière de cette cavité, se relirait ensuite pour s'avancer de nouveau. N'ayant point encore remarqué cet effet dans tous les in- dividus précédemment examinés, je pense que ce raccour- cissement de l'abdomen était accidentel, et qu'il était dû à quelque gêne particulière que je faisais éprouver, sans m'en douter, à cet individu. Je crois donc qu'il doit être écarté de toute explication de la stridulation , d'autant plus que le son est produit malgré la suppression de cette partie de l'abdomen. L'insecte pourrait cependant s'en servir à mo- difier le son en augmentant ou diminuant à volonté la cavité abdominale (1). L'espèce de tremblement du tergum du mésothorax , qui est constamment produit par les Cigales chantant en liberté, m'engagea à enlever une partie de l'abdomen, de manière à voir la cavité thoracique. Alors je distinguai un mouvement de vibration dans la membrane enveloppant la grande apophyse qui termine antérieurement celte cavité. J'examinai ensuite un des stigmates du mésothorax , et je remarquai que lorsque l'insecte crie, la petite soupape de ce stigmate a un mouvement beaucoup plus accéléré que lorsque l'insecte se tail. J'ai cependant remarqué quelque- fois cette accélération sans production de son ; mais elle a toujours eu lieu avec ce dernier. Telles sont les diverses expériences et les diverses obser- vations que j'ai faites sur la Cigale commune, avant de cher- cher h me rendre compte de la manière dont le son est pro- duit par cet insecte. (i) Ce qne je ne pense cependant pas, le chant et le cri étant trop uni- formes; ils seraient plus vari<^s si l'insecte pouvait ainsi varier la grandeur des cavités. VI. i4 '2 10 AiNNALES D'après tout ce qui précède, on ne peut guère douter que les timbales ne soient réellement le siège du son que produisent les Cigales , et que tout l'appareil qui les en- toure n'ait d'autre destination que d'augmenter l'éclat de ce son , et de permettre ù l'insecte de le modifier diverse- ment. Nul doute encore que le tendon qui surmonte chaque disque tendineux des deux gros muscles musicaux, n'y joue aussi un grand rôle; mais par quel moyen ces plateaux, sup- ports de ces tendons , éprouvent-ils le mouvement de bas- cule que je crois indispensable, et dont j'ai parlé plus haut? Les muscles qui m'ont paru coaiposés de deux fais- ceaux de fibres , distincts quoiqu'en apparence réunis , peuvent très bien remplir cet objet, non par un tiraille- ment horizontal, mais plus probablement par l'allongement d'un des faisceaux musculaires pendant que l'autre se rac- courcit de manière à tirer d'un côté vers le bas une moi- tié du disque , et de l'autre faire remonter la moitié oppo- sée. Il suffit pour cela que l'insecte puisse renfler le premier daus le sens horizontal en même temps qu'il contracterait le deuxième dans le même sens. Or, ces deux effets ne me paraissent nullcuienl impossibles. S'il paraît hors de doute que ce mécanisme concourt h la production du son , on peut se demander encore s'il est seul nécessaire, et si l'air ne joue aucun rôle dans ce phénomène. Comme la nature ne fait rien sans qu'elle ait un but utile, surtout lorsqu'il s'agit d'un point important de l'or- ganisation , on ne peut guère douter qu'ici elle n'ait voulu l'aire concourir l'air au son qu'il s'agissait de produire. En effet , comme je l'ai dit plus haut , les stigmates du méta- ihorax débouchent immédialemenl dans la cavité thora- cique, et la membrane qui la tapisse semble n'être qu'une «xtension considérable d'une partie des trachées -artères. L'air peut donc déjà s'introduire directement dans les DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIJE. qii cavités (loslinées h produire le chant; mais il est facile de s'assurer que ce n'est pas le seul moyen qu'elle ait employé pour y amener ce fluide élastique. En effet, l'on voit que ]es membranes tapissant les cavités ihoracique et abdomi- nale sont sillonnées dans divers sens par des tubes aérifbres, qui très probablement débouchent dans ces cavités parleurs dernières ramifications, trop ténues pour que cette commu- nication puisse être aperçue. Ce n'est pas tout encore : si l'on enlève la partie postérieure de l'abdomen , et que l'on mette ainsi à découvert les muscles , les miroirs et enfin toute la partie antérieure de l'appareil musical , Ton aper- cevra de chaque côté un gros tube aérifère venant de la partie antérieure , longeant la cloison qui sépare la cavité sonore de l'abdominale, et débouchant au milieu de la par- tie latérale du miroir; si l'on suit ce tube, on voit qu'il se rend dans la partie cornée latérale et extérieure du segment de l'abdomen , où se trouvent les ouvertures des miroirs , et sur laquelle l'opercule s'appuie. Cette pièce , qui n'est qu'un appendice de la cloison cornée et interne de la cavité sonore, est creuse, et se termine à la partie inférieure do la timbale, h l'opposile du tendon du muscle musical. On ne peut donc ])oint douter que la nature ait pris tocs les moyens pour amener de Tair dans toutes les cavités desti- nées h produire la stridulation. Pour conserver h cet air l'élasticité nécessaire à la vibration, n*était-il pas, en effet, indispensable qu'il pût se renouveler? et n'en- est-il pas ici comme de notre oreille, où iair , pour concourir à la per- ception des Fons, doit se renouveler dans le tambour par la trompe d'Eustache ? 11 me semble qu'il y a similitude, puisque le son et sa perception ne peuvent avoir lieu l'uu et l'autre que par la vibration. Je vais tenter maintenant de donner une explication du chant de la Cigale commune, quoique je le fasse en bési- 2i'i Aïs N A LES tant, convaincu que je suis, que la plupart des explications des phénomènes vitaux sont plus ou moins hypethétiques. Gomme nous l'avons déjà vu, lorsque cet insecte chante en liberté, soit pour appeler sa femelle et l'inviter h l'acle de la reproduction, soit parce que le chant ait par lui-même des charmes pour ses oreilles , comme une observation que je citerai plus tard semble l'attester; lorsque, dis-je , cet insecte chante, il remue son abdomen, et l'on voit le dos de son prothorax se gonller et s'abaisser alternativement, de manière à éprouver une espèce de tremblement. Les opercules recouvrant exactement les miroirs et les cavités sonores, le son serait à peine sensible si cette disposition ne changeait pas. L'insecte doit donc soulever son abdo- men pour faciliter l'émission du son et pour le moduler. Les opercules font i'olEce des clefs des instruments h vent, avec cette difTérence qu'ici la clef est fixe, et que c'est l'instrument qui se soulève. Pendant que l'insecte élève et abaisse son abdomen pour produire son chant tremblotant composé d'une seule note répétée très-rapidement et è des intervalles égaux, il doit accélérer sa respiration, ainsi que le fait présumer le mouvement du thorax, pour augmenter l^ volume d'air renfermé dans les cavités , pour tendre toutes les membranes, et pour multiplier les parties vi- brantes : ce qui doit donner plus d'éclat au son qu'il pro- duit , h mesure que , par l'effet des gros muscles , il fait yibrer les timbales par le mécanisme que j'ai indiqué plus baut. Cette dernière vibration est probablement augmentée par les courants aériens qui s'établissent par le moyen de la respiration, et surtout par le tube aérifère qui vient aboutir à la partie inférieure de la timbale ( i ). La vibra- (i) Le mouvement que j'ai remarqué dans le tergum du thorax, et qui marque assez un uiOuvem«'nt respiratoire, n'a peut-être d'autre but que DE LA SOCIÉTI^: ENÏOMOLOGIQCE. 2i5 tion de celle dernière se communique à l'air renfermé dans les cavilés abdominale et thoracique , et se transmet ainsi au loin. Les faits observés au moment du chant cl l'organi- sation de l'appareil musical semblent donner quelque appa- rence de vérité à cette explication. 11 restait à me rendre compte de celle espèce de sifïlcment que la Cigale produit dans les intervalles du chant, et voici comment j'ai conçu celte particularité. L'însecle, en res- pirant plus librement et accumulant l'air dans les cavités musicales, doit nécessairement se fatiguer, et sentir le be- soin d'un petit repos pour reprendre haleine. Suspendant pour cet cflet son chant, il laisse échapper, par les stig- mates mélathoraciques, l'air qui s''était accumulé dans ces cavités, et de \h ce sifllemcnt qui ressemble bien en effet à de l'air qui sortirait, par une pctile ouverture , d'une ves- sie que l'on comprimerait : tel esl ce qui m'a paru le plus naturel pour expliquer le chant de la Cigale commune en liberté. Dans les cris que cet insecte pousse lorsqu'on l'a saisi , comme ils ne sont pas si accélérés que dans le chant, ni 6i continus, il est probable que cette action l'cssoulllant moins, il n'est pas dans la nécessité de celle expiration qu<^ l'on observe dans le chant ordinaire. Dans la Cigale de l'orne {Tlbicen onii) les timbales n'étant point recouvertes latéralement, comme dans la Ci- gale commune , l'insecte n'a nul besoin de remuer son ab- domen pour découvrir ces membranes sonores, et c'est ce qui arrive , en effet, lorsqu'elle chante en liberté. Le mouvement thoracique a toujours lieu , mais il est moins rapide. Le son produit par cet insecte est plus fort , mais d'établir un cour.iul rapide par ce lubc, pour .nidcr h la viljialidii di membrane. yi4 ANNALES d'une intonation beaucoup plus basse , et le chant, moins accéléré, dure moins que dans la Cigale commune; ses re- pos, beaucoup plus longs, ne sont point marqués par cette expiration que j'ai observée dans cette dernière. Il me reste à parler, avant de quitter ces insectes , d'une particularité très-remarquable de la Cigale commune (i). Je dois sa connaissance à mon ami M. Boyer , pharmacien h Aix, avec lequel je lai vérifiée. Lorsqu'on entend chanter une Cigale , on s'en approche en sifiîant d'une manière un peu tremblotante, à peu près comme elle (2), mais de façon cependant h dominer son chant L'on remarquera d'abord qu'elle descend à reculons un petit espace le long de la branche où elle se trouve , comme pour se rapprocher dusiflleur, et qu'elle s'arrête en- suite. Si on lui présente doucement une canne , en conti- nuant toujours de siffler, elle s'y pose et redescend lente- ment, encore à reculons ; elle s'arrête de temps en temps, probablement pour écouter, et finit enfin, attirée par cette musique inaccoutumée, à arriver jusqu'à l'observa- teur. De cette manière , mon ami en a fait placer une sur son nez, où elle continuait h chanter en même temps qu'il sifflait h l'unisson. Cet aa mal paraissait charmé par cette musique et avait perdu sa timidité naturelle. Un fait pa- reil , que je puis attester , semble donc démontrer , d'une manière certaine que ces insectes , non-seulement enten- dent très-bien , mais qu'ils ont un certain goût pour une (i) Il est possible que rctte particularité soit commune à d'autres es- pèces de ce genre ; mais je n'ai eu l'occasion de la reconnaîire que clier celle dont je m'occupe, cette espèce étant la seule qui vivait alors. (2) Ou peut-être bien de foute autre manière ; nous pensons même M. Boyer et moi, qu'une serinette ferait le même effet et seiait plus com- mode : car il faut siffler a^seï long-temps pour bien juger de l'effet produit aurcci insecte. J'enfrag^doncrcntoinologisle qui voudra tenter celte expé- rience ?» 5e servir d« cet in;.tnuni nt. DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQUE. 2i5 musique appropriée à leur organisation. Le fait singulier que je viens de signaler m'a fait clouter si ces insectes no chantaient pas souvent pour le seul plaisir de chanter. Comment expliquer ce sentiment de plaisir qu'éprouve ce faible animal par cet instinct purement mécanique auquel on semble vouloir réduire les insectes? Quant h moi, je leur suppose une intelligence analogue à celle des animaux ver- tébrés, beaucoup plus faible, il est vrai, mais proportionnée h leurs besoins. Je voudrais pouvoir joindre aux observations qui précè- dent quelque chose sur la striduiatioji d'autres insectes qui ont déjà fixé l'attention des entomologistes , et sur lesquels il semble s'élever encore plus d'un doute ; mais le temps et les circonstances ne m'ont pas permis de les étudier d'une manière complète, et je me bornerai pour le moment à dire un mot sur la Chelonia pudica, et h faire une seule observa- tion sur le son produit par les Longicornes. J'ai souvent été intrigué, dans les soirées d'été, par un bruit très-fort et très -remarquable produit par im insecte que je ne pouvais saisir; je ne savais si je devais l'attribuer h un Orlhoptère, et jepenchais pour cette opinion ; mais j'ai EU depuis, par un jeune collecteur de cette ville, que l'in^ ëecte que je cherchais à connaître n'était qu'un assez faible Papillon, la Chelonia pudica. Ignorant si ce fait avait été observé, j en fis part à M. Duponchel, et ce savant me marqua dans une lettre que déjà M. de Villiers en avait parlé dans le premier volume des Annales de la Société Enlomo- logique de France. J'ai donc cherché h lire l'article relatif à cette stridulation Ci), et j'ai vu que son auteur attri- buait ce bruit « à deux creux situés de chaque côté de la (i) Je dois à ce sujet des remercimenis à M. le docteur Lorcy , qui a bien voulu me cdiniHuniqucr le volume qui le conlenaif. yiC ANNALES poilriae,h îa Daissance des ailes inférieures. Ces creux sont ta- pissés (je parle toujours d'après M. de Villiers) d'une pellicule blanche et recouverte hermétiquement par une autre petite peau épaisse, » J'ai vainement cherché ces organes dans la poitrine de l'insecte, mais j'ai découvert ^. chaque hanche postérieure une grande vessie qui la déborde. Les deux han- ches précitées étant appliquées contre le corps, ces deux ves- sies paraissent, au premier aspect, appartenir à la poitrine, et c'est peut-être ce qui a trompé l'observateur que j'ai cité. On peut se convaincre que ce n'est qu'une illusion : car en détachant une des pattes postérieures, l'on verra que la vessie correspondante appartient réeliementà la hanche. Ce corps vésiculeux est déprimé et dune forme subtriangulaire. Il présente, à la surface inférieure du côté interne, des côtes élevées, courtes et transverses, subparaîlèles, dont quel • ques-unes plus gr<;sses el plus longues. La face verticale interne a deux sillons longitudinaux laissant entre eux un gros pli dans le même sens. La partie de cette vessie où sont situées ces côtes s'engage sous les hanches in- termédiaires. Ces dernières m'ont paru réunies et fixes (ce que je n'oserai cependant assurer, n'ayant étudié que sur le sec), et elles sont ciliées de brosses de poils au côté exté- rieur correspondant aux petites côtes de la vessie. Il me paraît doue très-probable que lorsque l'insecte veut pro- duire sa stridulation , il fait mouvoir les hanches postérieures contre les brosses desintermédiaires, qui , passant sur les côte» élevées delà vessie, font vibrer cette dernière, et produisent le son remarquable que ce Papillon fait entendre en volant. Ces vessies seraient donc deux espèces de violons dont les hanches intermédiaires seraient les archets. Ce que l'on peut assurer c'est que la stridulation n'a lieu que par la vo- lonté de l'insecte, et qu'elle n'est point le résultat forcé du vol, puisque je l'ai vu souvent agiter avec une très-grando DE LA SOCIÉTÉ liNTOMOLOGIQLE. 217 vitesse ses ailes , sans produire d'autre son que le bourdon- nement naturel dû h l'agitation de l'air que ces ailes met- tent en mouvement. J'ai remarqué que la plupart des entomologistes qui ont parlé des Longicornes pensent que le bruit produit par ce» insectes était le résultat du frottement de la base du pro- thorax contre celle des élytres. Cette hypothèse me paraît une erreur : car si l'on examine avec attention un Longicorne criant, l'on verra qu'en abaissant et relevant alternative- ment sa tête et son prothorax , il fait frotter le tergum de ce dernier sur une partie très-lisse de l'écusson.etquec'est à ce frottement qu'est dû le cri plus ou moins aigu que font entendre ces insectes. Dans ce mouvement, la base du pro- ihorax n'atteint pas le plus souvent celle des élytres. En traitant la Tribu des y^kisites, dans mon Essai sur les Collaptérides, j'ai fait remarquer une organisation particu- lière des élytres du Caclciss amtrlcanus , qui lui sert h pro- duire un son assez fort, selon M. Lacordalre, qui a pu étu- dier cet insecte vivant. J'ai fait moi-même reproduire co bruit, du moins en partie, par le frottement des cuisses postérieures contrelescôtes transverses desflancs des élytres. Dans les Pet/mtVaquej'aipu observer, les mâles produi- sent un petit bruit en remuant l'extrémité de leur abdomen, qu'ils font ainsi frotter contre le bord postérieur des élytres. La nature emploie donc divers moyens pour arriver au même but, et l'on ne peut rien établir de général sur la stri- dulation des insectes , puisque dans les uns c'est par des frottements divers de deux corps durs qu'elle est produite ; que dans d'autres ce résultat est dû à un corps dur frot- tant sur une membrane tendineuse et sonore, et qu'enfin dans d'autres le son est produit par le tiraillement d'une membrane semblable, et au moyen d'un système beaucoup pins compliqué. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 219 »V%^»»»V\VVV»VVVV\\V\VV%VVVVX%»V^»V\»VVVV\\VVV*VVVV»V\VV\VVVV\VVVVVVV»VV»»V»VVV-1.\V»i%»VV»-V»»VVVVV»»»»Ni%» NOTICE SUR QUELQUES NOUVEAUX GENRES à ÉTABLIR DANS l'oRDRE DES LÉPIDOPTÈRES , ET PRINCIPAIEMEST DANS LE GENRE NOGTUA DE LINNÉ . etc. ; PAR A. GuÉNÉE (de Châteaudun). (Séance du 19 avril 18S7.) La tribu des Noctuélldes (de Latreille) est une de cel- les de l'ordre des Lépidoptères qui attirent le plus au- jourd'hui l'attention des entomologistes. Chaque jour, de savantes explorations des pays les moins coimus jusqu'ici 80U9 le rapport de l'entomologie , et d'attentives investiga- tions dans ceux qu'on a déjà explorés, viennent accroître le nombre déjà énorme des espèces de cette tribu. Jamais aussi, il faut en convenir, le nombre des Lépidoptéristes n'a été si grand qu'aujourd'hui, et jamais les découvertes apportées de tous côtés à la science n'ont trouvé plus de fa- cilité pour se produire. D'uu autre côlé, l'éducaliondcs Cbe- 220 ANNALES nilles, iong-lemps réservée aux marchands et à ceux des sa- vants qui font de l'entomologie l'objet d'une étude toute spé- ciale, est devenue aujourd'hui presque générale, et les per- sonnes même qui ne cherchent dans cette partie delà zoolo- gie qu'un simple amusement, poussées par le désir d'obtenir de beaux individus pour leurs collections, se sont livrées avec ardeur à la recherche des Chenilles. Le moindre avantage que la science ait retiré de cette dernière disposition, est l'aug- mentation des espèces; en effet, la découverte des premiers états d'un foule de Lépidoptères connus d'une manière in- complète , la fixité acquise à certaines espèces souvent très- voisinrs l'une de l'autre, ou, au contraire, la possibilité d'éla- guer une muhitude de variétés qui rendent l'étude des ca- ractères spécifiques si difficile, sont des conquêtes bien au- trement importantes. Mais il est encore un résultat qui n'est pas h dédaigner : c'est la facilité qu'ont maintenant les méthodistes d'invo- quer les caractères tirés des premiers états, sans être taxés de parler pour ainsi dire une langue étrangère à la plupart des lecteurs; et c'est surtout dans les Noctuélides que co dernier avantage se fait vivement sentir : car il est facile de se convaincre qu'il faudrait renoncer à établir dans cette tribu des genres rationnels, si on ne devait considérer que les insectes parfaits. En effet pour quiconque a essayé do distribuer ces Lépidoptères d'après une méthode naturelle, le premier inconvénient qui s'est présenté, c'est la varia- bilité des organes , qui fournissent si facilement des carac- tères pour les tribus supérieures : je veux surtout parler des antennes et des palpes. A l'exception de quelques groupes , comme dans les Agroùs et les Ortliosia, qui présentent même unocertainequantité d'anomalies, l'observateur est désespéré par la prodigieuse différencequp présentent souvent les palpes d'espèces Irès-Toisine.^ entre elles, et cVst anpoinUpi'oncsl DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. '221 parfois tenté de ne plus considérer la forme de ces organe» que comme un caractère spécifique. D'un autre côté, si le thorax et l'abdomen olFrent ici un peu plus de ressourcos que chez les Diurnes , il est rare que les caractères qu'ils fournissent ne soient pas communs à bien des espèces éloi- gnées , h bien des genres opposés. Les taches des ailes, qui sont toutes imprimées sur Je même modèle; la coupe de ces ailes souvent taillée sur le même patron , la spiritrompe, qui varie à peine en longueur ; les pattes, qui présentent coa- stammentles mêmes appendices , etc. , etc. , tout est dénature à rebuter l'entomologiste qui ne voudrait pas admettre les premiers états comme moyen de classification. Pour celui là, h l'exception de certains groupes privilégiés, comme les TriphcBna ou les Cucullia^ il faudrait pour ainsi dire tout faire rentrer dans le même genre : aussi est-ce le parti qu'ont pris jusqu'ici la plupart des entomologistes français qui se sont occupés de cette tribu. Aujourd'hui , cependant, l'é- norme quantité d'espèces qu'elle renferme a fait sentir le besoin de divisions, et chacun est revenu aux méthodes alle- mandes, qui sont, comme on sait, basées presque exclusive- ment sur les premiers états. Cependant, pour n'avoir pas été travaillées par un assez grand nombre d'entomologistes et être restées si long-temps sans perfectionnements successifs, ces méthodes offrent d'assez graves contradictions. En effet, si d'un côté on peut s'étonner de voir figurer dans les mêmes genres des espèces aussi disparates que Potyodon et Exoleta, SateUitia et Faccinu,BasUineaelOleracea, PetrorhizaeiLi- narlcc, etc., etc., d'un autre côté on se demande en quoi une foule A'Hadena diffèrent des espèces du genre Mamestra ? pourquoi on a isolé plusieurs Xanthia du genre Ortlwsia, dentelles ne diffèrent sous aucun de leurs états? etc., etc. Déjà , dans son Index Mctkodicus^ M. Boisduval a relevé plusieurs contradictions analogues. M. Treitschke, dans son 2 2 s ANNALES Supplément, vient d'en faire disparaître quelques autres; enfin, MM. Curtis et Stephens, parmi un trop grand nombre de genres, sans doute, en ont créé plusieurs de fort naturels. Cependant, de l'aveu de tous , il existe encore bien des la- cunes à remplir , bien des erreurs à rectifier. Dans un mo- ment où deux savants entomologistesfrançais, MM. Boisdu- val et Duponchel, sont sur le point de faire subir h la tribu des Noctuélidcs une refonte générale, il n'est peut-être pas inutile que des observateurs secondaires viennent apporter Ma science le tribut de leurs travaux. Occupé depuis long- temps d'une classification méthodique des Noctuélides, il m'a semblé utile non-seulement d'ajouter aux genres éta- blis par les naturalistes allemands, quelques-uns de ceux créés par les méthodistes anglais, comme les G. Ceropacha, B usina, XyLophasia etc.; mais encore d'en intercaler un petit nombre de nouveaux. J'ai l'honneur d'en soumettre aujourd'hui quelques-uns h la Société. Tous les genres de l'ancienne tribu des Noctuélides de Latreille rentrant, pour moi, dans treize tribus ou sous-tribus distinctes, j'indiquerai en tête de chaque genre celle à laquelle il appartient. En outre , je chercherai h préciser la place de ces nouvelles coupes, et j'exposerai à la suite de chacune les différences qui, dans mon opinion, les séparent des genres déjàadoptés par la majeure partie des entomologistes. AMPHIPYRIDES. I^ota. Celte tribu se compose, pour moi, des genres Am- phipyra (Spectrum), Syntomopus et Philopyra (Tragopo- gonis, etc. ) . Ce dernier genre a été créé par M . Stephens, sous le nom de Pyrophila; mais cette dénomination ne peut sub- sister, car il existe une espèce d'Agrotis qui la porte depui» long-lemps. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2 25 Quand on connaîtra mieux le» Chenilles du genre Agrotis, il est possible que certaines espèces de ce genre viennent se ranger dans la tribu des Amphipyrides. Genre Syniomopus {a^-jzoïioÇfbrevis; kovç, pes)^ Chenilles cylindriques,rases,àtête assez petite,globuleu8e, dépourvues d'éminences sur le onzième anneau, vivant sur les arbres. Chrysalides cylindrico- coniques, luisantes, contemies dans des coques minces composées toutes de soie, et placées entre les feuilles. Insecte parfait. — Antennes assez courtes, complètement filiformes dans les deux sexes. Palpes courts, dépassant h peine la tèle, épais, tendant h se rapprocher par le sommet: leurs articles peu distincts, le second conique, épais; le troisième très-court, obtus. Thorax court, convexe, velu, non crête. Abdomen très-déprimé, unicolore, velu latéralement, et terminé par une brosse de poils laineux, large et coupée carrément. Ailes luisantes, subdenlées; les supérieures pres- que rectangulaires, très- arrondies au bord terminal, àdessin strié et confus , sans lignes transverses ni taches distinctes; les inférieures médiocrement développées. Pattes courtes, velues, à ergots à peine distincts. ESPkCES. Cinn amomea. C'est surtout à l'état parfait que ce genre se distingue des autres Amphipyrides. Ses palpes courts, droits et quasi laineux; la forme et les dessins de ses ailçs, et surtout la u'.4 ANtNALES brièveté de ses pattes et de leurs ergots, justifient suffisam- ment sa séparation d'avec les <4w/j/u/îjra proprement dits, dont les palpes sont comprimés, ensiformes , très- longs et recourbés, et les antennes subciliées dans les mâles, les pattes longues et fortes, à ergots prononcés, etc. Il s'éloigne des espèces du genre Ph'dopyra, h peu près par les mêmes ca- ractères, et en outi e sa Chenille n'a point, comme la plupart de ces dernières, le onzième anneau relevé en pyramide, et ses métamorphoses sont un peu différentes. ORTHOSIDES (l). Q&atG Dasy campa {Smvç, hirlus; ^xp.Tzn, larva). • Chenilles cylindriques , moniliformes , garnies de poils soyeux, à tête subglobuleuse, sans lignes obliques. Chrysalides cylindrico-coniques , lisses, luisantes, d'une consistance assez molle , h peau fine , contenues dans des coques irrégulières, molles, composées de soie, de poils et de grains de terre, et placées à sa surface. Insecte parfait. Antennes épaisses et subciliées dans les mâles. Toupet frontal assez proéminent , composé de deux touffes bifides superposées. Palpes ne dépassant pas ce tou- pet, droits ou peu incombants , velus, assez grêles , mais h articles distincts, surtout le dernier. Thorax peu convexe , carré, à collier saillant, un peu caréné, et suivi d'une très- légère toufle de poils entre les ptérygodes. Abdomen dépas- sant un peu les ailes inférieures, très-aplati, terminé par des poils dans les deux sexes, coupé carrément à l'extrémité ( i) Je fais entrer dans cette tribu les genres Epistma? Tieniocampa, Xan- Ihia, Orthosia, Cerasiis, Dnsyrampn (^t MecopUra. DE LA SOCIÉTÉ E^TOMOLOGIQUE. ç!>ô dans les o"» 6t très-légérement conique dans les $ . Aiies supérieures épaisses, droites à la côte, coupées carrément aux deux tiers du bord terminal, à taches confuses ; la ré- nilornie fortement salie de noir inférieurement. Vol noc- turne. ESPiiCES. Rablginea. A n'examiner que ia Chenille, on serait tenté de placer ce genre auprès des Acronycta; mais l'insecte parfait rentre évidemment dans la tribu des Orthosides. Il a sans doute les plus grands rapports avec les C erastls ,\Mivxï\\ lesquels il a été placé jusqu'à présent; mais sa Chenille, qui ne ressemble en rien , soit pour le vêtement soit pour les dessins , à celles de ce genre, ne permet pas de l'y laisser. Sa chrysalide est con- lenuedansunecoque toute différente, et n'est jamaisenterrée aussi profondément. I! arrive souvent , même ii l'état de li- berté, que les coques sont agglomérées et adhérentes Tmic h l'autre. L'insecte parfait n'offre que de légères différences; toute- fois ses palpes , mieux développés que ceux de ia plupart des autres Orthosides , et le thorax moins arrondi et à collier plus saillant que dans les Ceraslis , tendent déjà à former passage au genre suivant, et par suite aux XyUnides. Genre Mecoptcra (ftrjxoç, longitudo ; mspov^ ala). Cheniîlescylindriques, rases, un peu atténuées antérieure- ment, decouleurs sombres, et sans ligues obliques, à têtesnb- globuleuse , vivant rie j)!anfes b;iss(>s, sous lesquelles elles VI. ] 5 2 2G ANNALES se cachent pendant le jour, et accideulellement de feuilles d'arbres. Chrysalides cylindrico-coniqiies , renfermées dans des coques peu solides, et entcriHjes peu profondément. Insecte parfait. Antennes épaisses et subciliées dans les mâles. Toupet frontal très-épais, très-serré, coupé carré- ment, et semblant ne faire qu'un avec les palpes. Ceux-ci ne le dépassant pas, velus, droits; leur dernier article h peine visible et caché dans les poils du second. Thorax assez con- vexe , carré , à collier un peu saillant, et suivi dune petite crête qui forme carène avec lui. Abdomen aplati dans les deux sexes, velu, terminé cari'ément dans les mâles, et légè- rement conique dans les femelles. Ailes supérieures longues, étroites, ayant les bords supérieur et inférieur presque pa- rallèles; le terminal denté, la tache rénilorme seule visib|e, netite, nullement salie de noir inférieurement, et les lignes iransverses bien marquées, inférieures, sinuées et denti- culées. Vol nocturne. ESPIXES. SatcUilia. Serotlna ? ? Ce genre doit suivre immédiatement le précédent, avec lequel il a quelque affinité. Seschenilles,quine sontpoint ve- lues comme celles des Dasy campa, ^ï qui ne sont pas marbrées ni marquées de points comme celles des Cerasiis ; l'insecte parfait, qui aies ailes bien plusoblongues, et quiserapproche déjà des Xylinides, auxquelles il forme une transition Irès- naturelle; la conformation toute diflérentc du toupet frontal et des palpes, etc. . le distinguent suffisamment des genres voisins. DE LA SOCIÉTÉ 1:.>T0M()L0G1QI]E. ^.27 XYLINIDES. Nota. Cette tribu renferme les genres Xyl'nia, Cucullia, ('(Uocarrpa, CLoantha et Xylocampa. Genre Xylocampa (Çv),ov, iignum; r-uu-Kn, larva). Chenilles ressemblant à celles de certaines Ophiusa , rases , plus ou moins allongées , très-atténuées aux deux extrémités, renflées au milieu, à fausses pattes très-longues, surtout les anales; à tête petite et aplatie, et munie d'une éminence sur la partie postérieure du onzième anneau. Elles sont très-vives, et se nourrissent d'arbrisseaux. Chrysalides pou allongées, ayant la partie postérieure peu conique , h anneaux abdominaux assez saillants , à partie postérieure terminée carrément à angles très-aigus. Coques papyracées, recouvertes de mousses ou de débris de végé- taux, et placées contre les branches ou à la surface de la terre. Insecte parfait. Antennes plus ou moins ciliées dans les mâles , munies à leur base d'une touffe de poils. Palpes velusj h dernier article bien visible, nu. Thorax subcarré, à collier saillant et formant une espèce de capuchon. Abdo- men creté sur les premiers anneaux, velu latéralement. Ailes supérieures ayant les deux taches visibles et réunies inférieurement. ESPACES. Lithoriza. Rarnosa. Ce genre est lout-à-tall distinct par Ja forme singulière des Chenilles, qu'on serait tenté de prendre pour des Ophiusa 228 ANNALES si elles n'avaient les fausses pattes toutes égalca. Comuie ces dernières, elles exécutent des sauts brusques en se re- pliant, et se tiennent exactement collées contre les branches des arbrisseaux qui les nourrissent. C'est ci tort qu'il a été dit qu'elles étaient garnies sur les côtés d'appendices charnus , comme les Catocala : elles n'en présentent ancune trace; mais, comme elles, elles ont le ventre marqué de taches noires. Les deux espèces connues vivent sur les chèvrefeuilles {Lonicera) , et ne paraissent qu'une fois l'an , c'est- h-dire dans le courant de l'été. Les insectes parfaits paraissent au printemps suivant; l'espèce qui habite nos environs se développe dès le mois de mars. Ce genre ne saurait mieux se placer qu'entre les G. Cloantha et Cleophana. Sa chenille et son mode de trans- formation présentent déjà beaucoup d'analogie avec la Cleophana? ustutata, et ses papillons ne manquent pas de ressemblance avec les Cloantha hyperici , rcctUinea , etc. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 22.) NOTE SUR L'ALLCITE XYLOSÏELLE , HE A LA SOCiLTÉ d'hISTOIRE NATURELLE DE l'iLE MAURICE A LA SÉANCE DU JEUDI, 1*' OCTOBRE 1835 ; PAR M. fl. Desjaruins. (Séance du iGnoveniLie i856.) Parmi les insectes qui causent de grands ravages dan.s nos jardins légumiers, je citerai la petite Phalène de cou leur grise qui attaque principalement les choux ( Brassica oleracea, Linn.), les navets et les choux-navets, et qui. malgré la petitesse de sa larve, parvient à réduire les feuilles les plus épaisses douces plantes h la consistance d'un réseau on d'un crible. Les nervures les plus grosses sont aussi en- tamées. Une feuille de choux nourrit quelquefois des cen- taines de ces larves, et l'on voit, après leur deuxième mé- tamorphose, un nombre considérable de petites Phalènes voltiger en tous sens autour des pieds, et choisir même ceux qui n'ont pas été atlaqués , pour y déposer leurs œufs. Jîienlôt après, de petites larves qui alteigneul à peine un maxiunun de cpielques lignes de longueur deviennent 1< fléau de nos potagers. 23o ANNALES Le Papillon , une fois sorti de sa chrysalide , ne vit que très-peu de jours; mais il a satisfait au besoin de la nature en s'accouplant pour produire des œufs qui serviront à perpétuer son espèce. Les oiseaux détruisent h leur tour ces Papillons. Ceux qui leur ont échappé viennent, la nuit, trouver un autre genre de mort en se brûlant aux lampes allumées dans nos maisons. Aussi, un des meilleurs moyens h employer pour les détruire est de multiplier dans les chambres des lumières , auprès desquelles on devra placer de larges assiettes remplies d'eau : car c'est plutôt dans cette eau qu'ils terminent leur existence, avec une multi- tude d'autres espèces d'ordres différents. Les Geckos, que l'on voit courir contre les plafonds des appartements, sont encore de grands destructeurs de Phalènes. Dans l'économie domestique rien ne doit se perdre; l'ha- bitant de la campagne doit chercher particulièrement à profiter de tous les bienfaits que la nature a répandus au- tour de lui ; souvent les plus {)ctits moyens conduisent à des résultats importants. En recevant dans les vases rem- plis d'eau ces innombrables Phalènes , on procure aux pois- sons qui peuplent nos viviers une nourriture dont ils sont très-friands. C'est ainsi que sur mon habitation j'ai coutume de le faire : un domestique porte le matin au bassin les vases , qui contiennent quelquefois des milliers d'insectes ailés, et il est curieux de voir alors arriver les gouramys et les carpes (i ) qui saisissent avec avidité l'innocente proie qu'on leur pré- sente. (i) Je dis Carpe pour me conformer à l'appelialion vulgaire : c'est un poisson bi(!n supérieur à h» vraie carpe [Cyprinus Carpio), laquelle ne se trouve pas dans nos îles. Ce cpie nous appiUms Carpe, à Maurice, esl ap- pelé, à Couibon, poisson de loclie {Dulcs rupcslrcf , et D. banda viUata , Cuv. cl Val.). DK LA SOCIÉTI^. ENTOMOLOGIQUE. t-Si J'avais piaulé des léguiues dans deux jardins : l'nn nou- veau et sans abri, exposé aux brises du Sud-Est; l'autre ancien, et dans un (uidroit entouré de grands arbres, de baies vives, et à l'abri d'un coteau assez élevé. C<'lui ci m'a fourni des légumes qui n'étaient pas du tout endom- magés. L'autre, où, dans le principe, j'avais réussi à faire venir un semis on ne peut plus abondant, a iini par être presque entièrement détruit par i'espc'îcede Chenilledont je vais faire la descri[)tion. J'ai appris de plusieurs de mes voi- sins , à qui j'avais distribué des plantes de ces choux, qu'ils avaient éprouvé les mêmes accidents pour ceux qu'ils avaient plantés en plein vent. C'est une chose qui me paraît cependant contraire au raisonnement ; mais dans la nature ce sont les faits qu'il faut constater, et non les hypothèses. J'aurais cru que les brises qui régnent dans le jardin que j(^ viens de créer près de ma maison auraient empêché ces frêles insectes de multiplier de la sorte, et qu'au con- traire ils auraient été moins tourmentés dans le jardin abrité. Je dois cependant ajouter que le nouveau jardin étant en grande partie formé de terrasses et de terres rapportées , n'a pu fournir assez de vie aux plantes pour qu'elles fussent à même de disputer de vigueur avec leurs ennemis : car un des moyens à employer contre le fléau que je signale, est de rendre la terre la plus riche qu'il sera possible, et d'ar- roser abondamment, afm que les plantes, croissant avec ime grande force, ne permettent pas aux œufs et aux larves des Phalènes de se développer à leurs dépens. Il faut que par leur prompt accroissement les insectes soient déroutés <'t détruits. Je n'ai pas besoin d'indiquer les feux allumés dans Ifls allées , que l'on emploie aussi avec succès. 232 ANNALEIS CLASSE INSECTE. io<= Ordrk. lépidoptères [Glossala, Fabr.). 5' Famille. Nocturnes {Noclarna, Latr. ). Genre Phalena, Linn. 9' Section. Tiniùlcs, Latr. Sous-genre, Aiticilcs (Alucita , Latr. Ypsolophus,F /mw.). Quoique Latrcille ait dit que cette famille présentait re- lativement h sa classification de grands embarras ( li. ^1. V. ^96), j'ai cru devoir rapporter l'espèce qui m'occuj)e à la 9° section, celle des Tinéiles , qui comprend les es- pèces les plus petites des Lépidoptères. Je vais en donner la synonymie et la descriplion. La Teigne à bandelette blancbe (Ceoft'. II, igG, N° 55). L'Alucitexylostelle. Enc.melli. pi. 93. Alucite, i'. i. a. b. c. d. Bosc, Nouv. Cours (TAgric. I, 2^6 (1809). Aluciie xylostelle. Fab. Enc. mtth. lY, 1 19, N° 1. Phalama tinoa xylostella. Linn. Vm. '2610. 389. Ypsolophe xylostelle (F. xylostci). Walckenaer. Faune parisienne, II, 32'i. Alucite xylostelle {Alucita xylosici). Latr. Ed. deSonnini, XIV, 255. La Chenille ou la larve est composée de douze segments, sur lesquels on observe de longs poils rigides, noirs. Sa couleur est d'un vert tendre tirant un j)eu sur le jaime. La tête est d'une couleurgrise-verdàlre; les trois paires de ])attcs écailleuses sont adhérentes auxtroi ssegments qui sui\ eut im- médiatement la tète; aj)rès les pattes il y a deux segments libres; les quatre segments qui suivent ont chacun une paire DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 935 d'iunbulacrcs ou pieds membraneux et sans ongles; doux au- tres ambulacres sont situés à l'extn'milé du corps en se di- vergeant : ce sont les pattes anales; en tout seize pattes. Le segment de l'avant-dernier ambulacre offre une tache un peu plus jaune que le reste du corps, et les segments libres entre les ambulacres et les pattes offrent aussi une teinte jaunâtre , mais plus pâle. Longueur totale, 4 lignes ( 8 mil- limètres). Diamètre, i millimètre. Avant d'atteindre son maximum de grosseur , elle a sur les flancs et auprès de la tête, mais particulièrement h la base des poils , une tache rougeâtre. Plus jeune , elle n'a aucune nuance de vert. C'est dans cet état qu'elle fait un si grand dégât dans les jardins po- tagers, principalement sur les fouilles des navets, choux et choux-navets, où je l'ai trouvée en très-grande quantité dans le mois d'août. Elle se suspend quelquefois ^ un Cil qui a jusqu'à lo pouces de long; d'autres fois elle se re- dresse sur les ambulacres de derrière, pour s'élancer : c'est ini moyen pour éviter son ennemi. En général, ses mou- vements sont assez vifs Elle se forme un cocon en forme de navette , composé de fils blancs très-forts, et qui offre ij l'œil un filet comi)osé de losanges très- réguliers : c'est dans ce cocon, attaché avec beaucoup de solidité contre les nervures des feuilles , soit en dessus , soit en dessous , ([u'elle subit sa j)remière métamorphose. La chrysalide qui se trouve dans ce cocon est d'une couleur de jaune fauve très-pâle, avec une ligne d'un brun roux sur les flancs; les yeux offrent deux taches noires très-prononcées. Elle de- vient ensuite presque totalement brune. Elle ne reste dans l'étal tle chrysalide qu'environ une semaine. Plusieurs de ces Chenilles que j'avais mises sous un bocal ont filé lems cocons contre les parois du verre. Le description de l'insecte parfait se rapporte on no '^5^ ANNALES peut mieux h la pliraso caractéristique des auteurs que j'ai citos. Les antennes, beaucoup moins longues que le corps, sont composées d'articles arrondis, que l'on voit h l'œil nu. Elles sont blanchâtres, avec des taches brunes au nombre de trois ou quatre. La tête et le corselet sont blanchâtres, et cette cou- leur se continue sur le bord interne des ailes supérieures , jusqu'à l'endroit où ces ailes se relèvent en s'élargissant , ce qui forme une bande flexueuse lorsque les ailes sont réunies. Sur ces mêmes organes on remarque des nuances d'un gris-roussàtre , particulièrement aux bords externes. La portion qui avoisine la ligne blanche est la plus foncée. Les ailes inférieures sont d'un gris d'ardoise, et bordées d'une longue frange unie au bord externe. Les pattes sont de la couleur des antennes , et armées de longues épines. Une autre Alucite , qui pourrait bien constituer une es- pèce distincte, se trouve sur les mêmes plantes. La ligne blanche des ailes se voit à peine. Quoique tous les auteurs citent celte espèce comme vi- vant sur les chèvrefeuilles et les giroflées , je persiste à croire que celle-ci est V A incite xylostelle. Il faut remarquer aussi que parmi les diverses espèces d'insectes citées par ces mêmes auteurs comme vivant aux dépens des choux , il n'y en a pas qui se rapproche de celle-ci. ffe me suis assuré qu'elle n'est pas mentionnée dans la Faune publiée sur nos îles, par M. Boisduval [Nonv. Ann. du Mus. iCHist. Nat. H. i855). DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 235 RAPPORT SUR LE MÉMOIRE PRÉCÉDENT, FAIT A LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE PAR M. DUPONCHEL, (Séance du i5 février iSôj.) Messieurs , Vous m'avez chargé de vous faire un rapport sur un mé- moire lu h la Société d'histoire naturelle de l'Ile-de-France, le i"^ octobre i835, par M. Julien Desjardins, et qui a pour objet les ravages causés dans les jardins potagers de cette île par un petit Lépidoptère delà tribu des Tinéites, que l'auteur rapporte h la Tinea xyLostella de Linné. En effet , la description qu'il en donne s'applique parfaitement h cette espèce, qui est répandue dans une grande partie de l'Europe, et qui est assez commune aux environs de Paris : c'est i'Hy- psolophas xylostel de Fabricius ; V A Incita xylosteila do Latrcille; la Teigne h bandelette blanche de Geoffroy ; et enfin la Plutella xylosteila de Treitschke. Malgré sa petite taiile, cette Tinéite offre un dessin tellement tranché , qu'il est impossible delà confondre avec aucune autre espèce du même genre ; aussi est elle figurée d'une manière très rc- connaissable dans Rœsel et dans Hiibncr. Nous pensons 956 ANNALES donc qu'elle est la même que celle observée à l'Ile de- France par M. Desjardins. Cependant , ce qui pourrait je- ter quelque doute sur leur identité, c'est que l'espèce d'Europe , à l'état de larve , n'attaque que le chèvre-leuillo des buissons, ainsi que son nom l'indique; tandis que celle de l'Ile-de-France vit aux dépens des plantations de choux ; mais M. Desjardins va lui - même au-devant de cette objec- tion en faisant observer que beaucoup de Chenilles, ce qui est vrai , changent de nourriture suivant les lieux et les circonstances. D'ailleurs, il donne une description très-dé- laillée de celle dont il s'agit, ainsi que de sa Chrysalide; et cette description s'accorde parfaitement avec la figure que R(csel donne de la Chenille et de la chrysalide de la Tinea xylostclia de Linné. Ainsi, malgré la distance énorme qui nous sépare de l'Ile- de-France , il paraît constant que la Tinéite, qui y cause tant de ravages dans les plantations de choux , est bien la même que celle qui vit en Europe sur le chèvre-feuille dos buissons, soit qu'elle soit indigène à cette île, soit plutôt rju'elle y ait été importée sous l'état d'œuf , avec les pre- mières graines des plantes brassicaires qu'on y cultive. Quoi qu'il en soit, il n'y a rien d'étonnant h ce qu'un Lépidoptère se trouve à la fois dans des contrées les plus éloignées et les plus opposées du globe : on sait, en effet, que la Vanessa Cardui, si commune en Europe ,se retrouve sans aucune altération au cap de Bonne-Espérance : que la Fa ncssa anliopa ou morio de l'Amérique du Nord ne diffère nullement de la nôtre; que VAclicrontia atropos et les Déi- léphiles ncr'd et cderio ont pour limite septentrionale notre climat, et pour bornes méridionales l'Ile-de-France, et enfin que la P/u.sm gaunnu est répandue sur tout l'ancien (iOntiuent, jusqu'aux confins de la Chine. Voilà, Messieurs, tout ce que j'avais à vous dire sur le DE LA SOGIIîlTÉ ll\ TOMOLOGIQI E. i<3v uiomoirc que vous m'avez chargé d'examiner, lequel, du reste , ofiVe plus d'intérêt sous le rapport de Thorticulture que sous celui de l'entomologie : son auteur ayant eu pour objet principal d'appeler l'attention des cultivateurs sur les moyens de s'opposer autant que possible aux ravages de l'insecte dont il parle. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 9.7h) NOTE SUR UN INSECTE NOUVEAU FAISANT PARTIE DE LA FAUNE DE L'ILE MAURICE, COMMLNIQUÉF. A LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATt'RELLE DE CETTE ILE, DANS LA SÉANCE DU 14 JlIN 1836; PAR M. Julien Desjardins , Secrétaire. (Séance du 16 novembre i836.) ORDRE HÉMIPTÈRES. SECTION HÉTÉROPTÈRES. Famille Hïdrocorises ou Punaises d'eau {Hydrocorisa , Latr.)R. a. 2o5; ou Rémitarses, Dumér. Zool. Anal, 265. Tribu des Nepides, Latr. R. A. Genre A'epa, Linn., ou Scorpions d^cau. Sous-genre Naucore [Naucoris] , Geoff. Farr. R. A. 20G. ESPACES. Nnacore rugueuse. Naucoris rugosa, J. Desj. L'insecte que je décris pourrait bien constituer un genre nouveau. Son faciès, qui le rapproche des A^è/;a proprement •24rv ANNALES dites et des Naucores, oft're cependant assez de difTérence pour empêcher qu'on ne le place dans aucun de ces deux genres : il n'a point de filets abdominaux comme les Ncpcs, et ses pattes postérieures ne sont point garnies de poils comme les Naucores. Il est d'ailleurs aptère, et même l'é- cusson et les élytres sont tellement soudés ensemble, qu'il est difficile de les séparer , bien que la suture qui les réunit soit trt's-apparente. Je me suis assuré de l'absence totale de toute membrane alairc sous ce bouclier rugueux. Je ne pense pas que ce soit un insecte qui n'est pas encore rendu h l'état parfait: sa consistance extrêmement coriace et crustacée ne }>ermet pas de douter un seul instant qu'il ne soit adulte. Parmi neuf individus que j'ai trouvés il y en avait un beaucoup plus petit que les autres : il n'a- vait pas une ligne de longueur , tandis que les autres attei gnaient jusqu'à trois lignes (environ sept millimètres). C'est dans les premiers jours du mois d'octobre i855 qu'un de mes amis, M. Théodore Sauzier, qui ne laisse échap- per aucune occasion de m'être agréable , m'apporta cet in - secte. Il l'nvait trouvé en cherchant attentivement sous les tos de pierres, qu'il avait fait retourner, et que l'on trouve en si grande quantité sur le rivage voisin de Mahébourg. (peler en peu de mots les différences de climat, de sol et de végétation qui les distinguent l'un de l'autre, et qui rendent presque iiiipossible que la même espèce puisse exister dans tous deux à la fois. Il suffit do jeter les yeux sur une carie de l'iimérinue du Sud pour voir qu'à latitude même égale , les productions de Buénos-Ayres et du Chili ne peuvent être les mêmes; trois cent cinquante lieues de distance les séj)arent d'abord ; puis entre eux s'interposent les Andes, barrière infranchis- sable pour la plupart des animaux, et (jui, si elle ne fait pas fjuc tous, sans exception, diffèrent dans les deux pays, rend du moins leur identité un l'ait rare et exceptionnel. ( \) /Innalcs des Sciences naltircllcs, t. xx. 'jôo ANNALES (lelle vaste élendiic de terrain ainsi comprise entre les Andes et l'Océan Atlantique, se divise elle-même en deux régions distinctes, dont l'aspect général, la végétation , et surtout les insectes sont parfaitement tranchés. A Buénos-Ayrcs, un sol argileux, peu de localités sablon- neuses, sauf ça et îh sur les bords de la Plata ; point de cailloux , et pour toute plante grasse V/4gave americana ; point d'arbres non plus, ni même d'arbrisseaux : l'homme a planté presque tous ceux qu'on aperçoit; partout, enfin, un sol couvert d'herbe et uni comme la mer. On sent qu'un pareil pays ne peut être bien riche en Mélasomes ; aussi tous se réduisent-ils h quelques Scotobius. L'influence du sol est ici tellement frappante, que Montevideo, qui n'est qu'à quarante lieues de Buénos-Ayres, de l'autre côté de la Plata, possède un grand nombre d'espèces , et même certains genres de cette famille qui sont complètement inconnus aux environs de cette dernière ville; elle les doit aux sables qui s'éleudent le long de la rive nord du fleuve sur laquelle elle est située. En s'avançant h l'ouest de Buénos-Ayres , on rencontre pendant près de deux ceni quarante lieues le même sol et la même végétation. Ce n'est qu'en arrivant h San-Luis de la Punta, petite ville perdue au milieu des pampas, qu'on commence à voir une nature différente. Là, tout prend un nouvel aspect : le terrain devient plus aride et plus sablon- neux ; les plantes grasses plus abondantes et plus variées dans leurs formes; des bouquets d'arbres rabougris aux troncs torlus, aux feuilles sèches , des plantes .ilcalines, se montrent de toutes parts; enfin, d'autres insectes appa- raissent. San-Luis est, en effet, situé sur les bords d'une vaste région aride qui a près de rpiatre cents lieues de iougueur du Nord au Sud , sur une largeur de quatre-vingts h cent vingt lieues, îi pnrlir des Andes. A mesure qu'on s'approche DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQliE. 201 de CCS liantes montagnes, ies caractères que je viens d'in- diquer se prononcent davantage, et lorsqu'on arrive h Men- doza, qui est située à leur pied, on est sur un sol caillouteux, couvert, dans de fréquents endroits, d'une eftlorescence ni- treuse, et partout hérissé d'innombrables cactus de toute forme et de toute grandeur. Celte région, si différente des plaines monotones de Bué- nos-Ayres, constitue ce que les habitants du pays nomment ta Traverla, la traversée ; et en voyage ils se hâtent en effet de la franchir, car l'eau y est en général fort rare. C'est là qu'abondent les Mélasomes et notamment les Psectracelis, Cerostena, Epipcdonota , Mitra^enius, Entomodcres , etc.. dont pas une espèce n'existe ^ Buenos -Ayres. Lh, tout est nouveau pour l'observateur entomologiste, et il n'existe pas en Amérique un théâtre d'exploration plus vaste qui pro- mette de plus abondantes récoltes au collecteur qui consa- crerait une année ou deux h l'explorer. Je considère comme rien ce que j'y ai recueilli, auprès de ce qui reste encore ji faire , et je ne peux m'cmpêcher d'exprimer ici le regret que tous les entomologistes , et ils sont nombreux , qui se rendent dans l'Amérique du Sud , persistent à choisir le Brésil, qui commence à devenir banal, tandis qu'ils ont à leur disposition une contrée immense et encore vierge. Le voyage serait peut-êlre un peu plus pénible et plus coûteux; mais ils en seraient amplement dédommagés par la beauté et la multitude des espèces nouvelles qu'ils découvriraient. Lorsqu'on pénètre dans les Andes on trouve encore quel ques-uns des genres indiqués plus haut; mais ce sont d'au- tres espèces, et dans le nombre apparaissent des Praocis et genres voisins , qui indiquent qu'on approche du Chili. Quand on arrive sur le revers occidental de la Cordillièrc, la scène change encore une fois : la végétation est antre ; ce n'est plus le sol de la Trnveria : d'autres insectes se font 202 ANNALES voir, et la plupart des genres ci-dessus ont disparu complé- lement. Il y aurait encore quelques nuances entomologiques à signaler au Chili; mais, pour abréger, je les passe sous silence. On voit, par ce court exposé, qu'il n'est nullement indif- férent de dire de telle espèce , qu'elle se trouve en même temps h Buénos-Ayres et au Chili ; je n'en connais pas quatre parmi les Coléoptères qui soient dans ce cas. Aussi, lorsque M. Solier indique , par exemple , VEpipedonota ebenina comme existant dans ces deux pays à la fois , il y a double erreur , car elle ne so trouve ni dans l'un ni dans l'autre ; et cette erreur est presque aussi forte que s'il donnait pour patrie h XElenoplwras collaris, du midi de la France, les en- virons d'Amsterdam ou de Londres. , Si l'on objectait que par Buénos-Ayres on entend l'en- semble des provinces du Rio de la Plata , ou , en d'autres termes, la république argentine, je ferais observer que cette indication à: habitat est encore plus fautive, ou plutôt n'en est pas une : car ce n'est pas désigner la patrie d'un in- secte que de dire vaguement qu'il existe sur un territoire qui a six cents lieues de longueur sur trois h quatre cents de large. Ceci posé , je vais reprendre une. h une les espèces de Nyctélites décrites par M. Solier, et que j'ai observées, en leur restituant leur pairie. 1°. Nyctdla nodosa. Indiquée de Buénos-Ayres et du Chili. Se trouve seulement dans ce dernier pays : Buénos- Ayres ne possède pas une seule Nyctdla. 2°. Pscctraceiis disdcollis. Indiqué du Chili. Le genre Pscclracelis est un de ceux qui se trouvent h la fois h l'est et à l'ouest des Andes, et eu même temps un de ceux qui s'étendent le plus au nord , car il existe également au Mexique, ]\iais respècc en question est propre h San-Luis, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ^53 où elle est très-commune , et nu se trouve pas même h Men- doza. J'en ai rapporté plus d'une centaine d'individus; et ceux décrits par M. Solier, et que lui ont communiqués MM. Gory et Petit , provenaient indubilablenxent de mon voyage. Personne que je sache n'a rapporté en France cette espèce depuis cette époque. 5°. Pscctracells mamdloneus. Indiqué des Andes. Loca- lité exacte ; seulement il eût été bon d'ajouter, d'après mon Mémoire , que celte espèce ne se trouve que sur leur re- vers oriental^ et à une assez grande hauteur (de six mille à dix mille pieds). Les dix ou douze individus que j'ai rappor- tés sont probablement les seuls qui existent dans les collec- tions, et c'est l'un d'eux qu'a du décrire M. Solier. 4°. Cerostena depLanata. Indiquée du Chili. Ce genre est toul-à-fait propre à la Traveria, et n'a jamais été rencontré au Chili. L'espèce ici indiquée n'existe même pas h Men- doza, mais seulement sur les plateaux inférieurs des Andes orientales, à environ trois à quatre mille pieds de hauteur. 5°. Cerostena résilia. Indiquée aussi du Chili. Elle rem- place, à Mendoza, l'espèce précédente, et ne s'écarte que très-peu de cette ville à l'est. On ne la trouve pas h San- Luis. 6". Mitragenius Dejeanii. Indiqué du Chili. Ce beau genre, dont j'ai rapporté six espèces, est également propre à la Traveria. Je crois cependant en avoir vu, dans la collec- tion de M. Dupont , une espèce venant du Pérou. Les six dont je parle sont étrangères aux Andes et à Mendoza : toutes ont été recueiUies sur les bords de la Traveria, entre San-Luis et Cordoba. Il est h. regretter que M. Solier n'en ait eu qu'une seule h sa disposition. Je ne doute pas que ce genre remarquable ne devienne un jour un des plus riches ie l'absence d'ailes et d'é- iytres dans cotte femelle (1), et c'est le premier exemple que nous en connaissions dans la famille des Lamellicornes. On sait que le petit nombre d'espèces de Coléoptères dont les femelles sont aptères appartiennent à la tribu des Serri cornes : tels sont les Driles et quelques Lampyres; et, bien que la cause de l'avortement des organes du vol chez ces insectes soit un point de physiologie encore inconnu, le (i)M. Audouin, qui a examiné cet insecte avec soin, a trouvé, en désarti- culant le corselet ou prothorax, des rudiments d'éiytres dans cetinsecle. Il se propose de les figurer dans ces Annales. Mais la présence de ces organes, réduits à de si petits rudiments, n'empêcLepas que la femelle de ce Laniel- licorne ne soit un des insectes les jjIus curieux de cette tribu, et qu'on ne puisse la regarder comme aptère, si l'on a égard àTimpoissibilité où se trouve l'insecte de se transporle-r par le vol d'un lieu i\ uu autre. VI. J - 258 ANNALES fait n'en cstpas moins certain. Voici donc un nouvel exemple d'insecte privé de la faculté de se transporter dans l'air, sans que le reste de son organisation l'isole d'une manière bien marquée de toutes les espèces environnantes. C'est une anomalie encore inexpliquée, comme tant d'autres par- ticularités des cires créés , dont la cause nous échappe et nous échappera probablement long-temps; c'est un de ces faits que nous devons nous contenter d'inscrire dans la série de nos connaissances^ sans pouvoir en discuter la rai- son. J'avais cru d'abord , lorsque je reçus cet insecte, que c'était lin individu avorté ; mais lorsque j'en demandai d'au- tres, jo ne tardai pas à me convaincre qu'ils étaient dans leur état normal. M. Buquet en reçut de semblables prove- nant aussi du même pays. Je crois donc faire une chose utile aux entomolo2;istes en leur sia;nalant cette femelle si bizarre, dont je leur présente la figure. J'y ai joint aussi celle du mà\e, , parce que le dessin qu'en a laissé Olivier , et le seul que je connaisse, me semble bien imparfait. Ce Coléoplère a éprouvé bien des vicissitudes dans sa no- menclature : placé d'abord avec les Scarabées, par Fabri- cius et par Pelagna, etc., il fut transporté ensuite dans les Mélolonthes par Olivier. Fabrîcius le réunit plus lard avec ses Géotrupes, qui sont les Scarabées des auteurs modernes; ce qui, ainsi qu'on le voit, n'était pas un changement; puis, enfin, on le rangea tout récemment dans un genre dont Latreille donna les caractères sousle nom de Paciiypits. Plus récemment encore , M. le comte Dejean en a fait le type d'un nouveau genre {Ccclodero), mais dont les caractères ne sont pas encore publiés. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. v.ôy Packypus excavatus. Scarabeus excavatus, Ent. Syst. i, 3i, loo. ScarabcHS candlda, Petagna. Spcc. Col. ulter, 3, 9, tab. 1 , f.g. 6. CyriU. Ncap. Ent. 1 ,.tab. 1, fig. 12. Mclolontita cornata. Hanneton cornu, Oliv. Ins. 1, 5, 20, iG, tab. 9, fig. 74. Geotrupcs excavatus, Fakr. t. 1, p. 19^ n° 67. Pachjpus excavatus, DiiJ. Catalogue de 1821. Cœlodera excavata, Dej. Catalogue de i853. iiufo-brunneus , subtàs rillosus ; thorace excavato antrorsàm cornutp, cornu brevl recuroo; fcm'uia aptera, rufa, thorace incrtni, DJ'SCRIPTION DU MALE. (PI. 8. Gg. ,4.) Ce Coléoptère est d'un roux brun. Le corselet, qui est d'un brun noir, est enfoncé antérieurement et armé d'une corne courte, pointue, un peu recourbée. L'écusson est ar- londi postérieurement. Les élytres sont lisses et noirâtres aux extrémités. Les antennes sont fauves; le premier article est poilu , et les sept derniers forment une masse feuille- tée. La lèvre supérieure est arrondie et ciliée antérieure- ment. Le chaperon est arrondi, légèrement rebordé. Le dessous du corps , cpii est très-velu , ^st d'une nuance plus claire que le dessus. Les poils sont d'un rouv un peu cendr<'. Les tarses longs cl velus. i>()o ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOC.IQUE. DESCRIPTION nP. LA FF.MF.LI.r. (l). (PI. 8. fig. i5.) La Icmelle est aptère, sans aucune trace de rudinienl d'aile. Eile est entièrement rousse en dessus comme on des- sous. Le corselet n'est point enfoncé comme dans le mâle ; seulement, quelques individus présentent une légère excava- tion de chaque côté de la tête. Le corps est couvert de poils très-courts en dessus comme en dessous. Les antennes ressemblent à celles du mâle , à l'exception qu'elles sont plus petites. Il se trouve en Corse et en Galabre. (i) Depuis la rédaction de ce Mémoire , M. Gêné a publié un Fascicule d'insecles recueillis on Sardaignc, dans lequel il donne la description et la ligure de cette femelle. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQllE. sG, \ \\^ VW\'V\ W» \VV'Vt\'\'\V*^^ 'K OBSERVATIONS 4JUELQUES GENRES D'HÉMIPTÈRES ET DE LÉPIDOPTÈRES l>Ar. M. DOYÈRF.. (Stiancf du i''"' mars iSSy.) Je me suis trouvé à même de vérifier avec beaucoup d'al- icnliou les caractères d'un certain nombre de genres parmi les insectes, et, par suite de cette circonstance, il m'est ar- rivé de rencontrer quelques faits inconnus, d'autres que Ton ne connaissait que fort incomplètement, d'autres enfin sur lesquels on n'avait que des données entièrement inexactes. (iC travail auquel je me livre est loin d'être terminé , et je compte faire part à la Société de ces divers résultats aux- quels je suis déjh arrivé, ou auxquels il me sera plus tard donné d'atteindre , sans suivre d'autre ordre que celui sui- vant lequel ces résultats eux-mêmes se seront offerts h mon étude. La plupart ont trait à la physiologie des insectes; mais il en est qui ne seront pas sans intérêt pour la classifi- cation , et de ce nombre sont ceux qui feront le sujet de celte première note. VI. 18 262 . ANNALES 1°. Sur les pattes de quelques llcmiplcrcs. [Vl.^. Cg. 1 à 5.) En portant graduellement jusqu'à l'ébullltion les tarses du Velin rivulorum , j'ai vu sortir du deuxième et du troi- sième article une sorte de pelotte molle, à parois minces et transparentes, et dont la surface paraît granulée ou plissée (fig. 2, 5 et 4). Medéfiaultoulefois du procédé un peu violent dont je m'étais servi, j'eusse hésité à publier ce résultat , si M. Audouin, à la bienveillance duquel je dois entièrement d'avoir jui me livrer à celte sorte d'étude , n'était venu le sanctionner de son expérience. Ce sont là des organes par- faitement déterminés, et non des membranes que l'é- bullition aurait fait sortir par quelque fissure artificielle. D'ailleurs, la constance avec laquelle ils apparaissent toutes les fois que l'on répète l'expérience , dans certaines cir- constances , suffirait à lever tous les doutes. Je les ai trouvés à tous les tarses, mais plus développés à ceux de de- vant (fig. a et 3),8tplus aussi au troisième article qu'au se- cond. C'est toujours en dessous, et, pour le second article, à l'extrémité, que cette apparition se manifeste; et comme dans cette famille d'insectes le troisième article est bifide , et que l'un de ses lobes est plus développé que l'autre , la pelotte est toujours rejetée d'un côté de la ligne médiane, et ce côté m'a paru être celui des deux qui est le plus déve- loppé (fig. 3). Une particularité qui me semble fort singulière, et que je ne signale du reste que pour appeler sur ce point do nou- velles observations, car je manque d'un nombre sulfisantde faits, c'est que, tandis que chez les Velia rlvuioruin cet or- gane singulier ne m'est ap[)arn que chez les mâles, et en mèuî ' temps ne m'y a jamais fait défaut, je ne l'ai plus re- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. y63 trouvé que chez les femelles de l'espèce ou variété aptère f^elia carrens. Mais je dois ajouter que je n'ai répété l'expé- rience que sur un nombre d'individus extrêmement res- treint. La même recherche faite sur des Gcrris mâles et femelles ne m'a conduit h aucun résultat. La pelotte membraneuse des Vélies apparaît au-dessus d'une fente ou ouverture de l'article nnq'.iel elle appartient; elle est consistante et ferme. Si on laisse le tarse perdre de son humidité, on la voit s'affaisser; et je demeure con- vaincu que l'insecte possède la faculté de la faire i entrer et sortir h son gré. La disposition rayonnante que prennent les poils tout autour de la fente qui lui donne issue , me semble indiquer que les bords sont eux-mêmes suscep- tibles d'une sortie et d'une rentréepartiellc qui ferment com- plètement la fente. Aussi n'ai-je jamais pu l'apercevoir h l'état sec; on sent en effet que les poils venant à se relever et h reprendre la même position que les poils environnants, l'ouverture se trouve entièrement masquée. Sont-ce là des organes analo^ijucs aux pulv'dU , peloltes, ventouses des Peutatomes , des Mouches, des Sauterelles, de beaucoup de Lépidoptères ? Je ne le crois pas ; rien dans ce que l'on sait des Vélies n'indique l'habitude ou la possi- bilité de se tenir contre les corps lisses , habitude qui se rencontre chez tous les insectes que je viens de citer; d'ail- leurs , il y aurait ici de plus la faculté de rentrée et de sortie de ces organes. Serait-ce un organe de sensation , ou bien se rapporterait- il h la faculté qu'ont ces insectes de se tenir h la surface de l'eau par la seule résistance qu'op- pose à leurs tarses la force de cohésion de ce liquide? Je déclare que je n'ai aucune idée for:née sur ce sujet, et je crois que nous ne pourrons nous en former une que lorsque nous connaîtrons mieux toutes les circonstances du fait lui-même. a6A ANNALES Naucoris, Corixa. M. Léon Diifonr a dit dans son Aiia- tomie des Jhhnlptèrcs ijue le trocliantcr manque aux mem- bres anlériciu's chez ces deux genres, et il a appuyé son opinion de figures où celle pièce manque eu effet. Ce lait, s'il était vrai, ne serait pas sans quelque importance dans rhisloirc des parties solides chez les insectes; mais il est fa- cile de s'assurer que le trochanter, dans l'un et fautrecas, cviste à l'état de pièce libre et parfaitement distincte; tou- tefois je dois dire ici que chez les Naucoris cette pièce est tout-à-fait recouverte dans certains mouvements par la cuisse, qui, comme on le sait, est énormément développée, et qu'elle cesse alors d'être faeile à distinguer. Je m'explique moins comment elle a pu échapper chez les Corises h l'ob- servation toujours si délicate et si habile de M. Léon Du- lour. (Voy. fig. 1 et 5 a.) 2". Sur Us organe:^ terminaux des tarses chez les Lépi- doptères diurnes. Un caractère important employé par Latreille dans la classification qu'il avait adoptée pour ces insectes, et dont M. le docteur Boisduval a présenté le résumé au commen- cement de fouvrage important qu'il publie maintenant, se lire des ongles terminaux, qui sont simples ou bifides. Ainsi les genres Papilio, Parnassius, Thaïs, ont pourfun de leurs caractères d'avoir les a'ochets simples, tandis que les Colias et les Pieris les ont unidenlès ou bifides. Tout indique d'ail- leurs que ces deux derniers mots, dans la penséf; de La- treille, n'avaient qu'une seule et même signification. Plus loin , et c'est surtout sur ce point que j'.ippelle l'at- tention, parce que c'est ici que s'esl glissée une incxacti- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 265 UkIc , notre illustre maître en fait d'observations délicates et sûres, établit ces deux groupes. Crochets des tarses simples (ailes souvent oblongues). Genres : Danaldc Idœna, HeLicociuà^ Aœra, Cethosie. Crochets des tarses fortement bifides et paraissant dou- bles, etc. Genres ; Argynne, Méiltcc, Vanc.ssc, Blblis, Nymphale, Morplw, BrassolUle, Satyre. Or, une observation attentive m'a fait voir qu'il manquait quelque chose aux connaissances que l'on avait surcepoint. J'ai bien trouvé dans quelques planches de Curlis, de Westwood , et M. Beisduval m'a fait voir dans Dono- van , des figures où on reconnaîtra plus ou moins bien quelques-unes des parties que je vais signaler dans cette extrémité terminale du tarse; mais je n'en ai vu nulle part une indication précise; nuilepart, que je sache, l'erreur n'a été rectifiée; elle n'en continue pas moins d'exister, et je crois que les détails dans lesquels je me propose d'entrer ne seront pas sans quoique utilité. La composition la plus grande que j'aie observée dans l'extrémité terminale du tarse ou mairi se rencontre dans les Argynnis (fig. i5, 16 et 17), dans VHeLiconias caUi- ccpis (fig. i5), dans la Ccllwsia Jiilia (fig. i4) ; on y ob- serve : 1*. Les ongles (A, fig. 17) plus ou moins longs, plusoumoins écartés, mais simples dans toutes les espèces que je viens de citer, bien qu'appartenant à des genresplacés des deux cô- tés opposés de la limite; ces ongles sont d'ailleurs grands, et, en dessous, creusés d'une gouttière. 2". Dans la concavité des ongles se trouve une pelotte ou ventouse [pulvillas, B, fig. 17) ij l'aide de laquelle ces insectes se fixent sur des corps lisses. Cet organe est soutenu par un support (B, fig. 17) très-fort, et susceptible de mouve- 2t>6 ANNALKS incnls au j^ré de i iuscclc. La base de ec siipporl parait rvvnermi'e entre Ja base des ongles. 5°. Enfin une lame membraneuse (G, %. i4, i-J cl 16) qui enveloppe , du côté interne de la jambe , comme une sorte do manchette fendue, la base des organes pré- cédents. Latéralement , dons les types que nous venons de citer , cette manchette envoie deux prolongements (îigitiformes qui ont pu tromper les observateurs , et faire croire à l'exi.^tence , chez ces espèces , d'un ongle (i7ii ou même ùidenté; mais il est facile de s'assurer qu'il n'en est point ainsi. Ces prolongements sont mous , les ongles durs et cassants; transparent^ et les ongles opaques; v«lus, et les ongles lisses; enfin on peut facilement les sé- parer avec les aiguilles, et mettre en liberté les ongles, le pulvlllus et sa base, comme on le voit dans la fig. 17, rej)ré- sentant l'extrémité du tarse d'un .'/î'^'jm^UA^oudanslafig. 18, qui fait voir les mêmes parties dans le Pions rapce. La fig. 1 6 fait voir ces mêmes organes de face chez V Ar^ynnis , et l'on y saisit mieux leurs divers rapports. Si maintenant nous étudions les divers genres qui ont été cités plus haut, sous le rapport du plus ou du moins de composition et du déveioppement relatilde ces diverses par- ties, nous arriverons aux résultats suivants : Dans les PapUio et les Parnassius, les ongles seuls parais- sent exister, -31 déplus, dans ces derniers {P. A polio , Pliœùiis, fig. 6), i'un des ongles est de près de moitié plus court que l'autre. — Je ne puis rien dire des Thaïs , n'ayant pas eu la possibilité de les soumettre à l'observation. Dans les Pieris {P. rapcB, fig. 7 et 8) les ongles sont courts, forts et bifides. Lt ventouse est bien développée; la man- cfielte e\\sic , mais avec un seul prolongement iatrral. - Dans les Colias [Col. Ilyale, etc., fig. 9) les ongles sont en- core fortement bifides et très-grands; mais la ventouse est DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOI.OGIQIJE. 2C7 nulle ou tout-h-lait rudimrnlaire; la manchette existe et offre même un prolongement latéral drais le sens des on- gles, mais court et difficile h apercevoir. Le Danois ALcippns ( fig. 10) en diffère parce qu'il a les ongles siipples ; il existe en outre une pelotte moins petite, et la manchette y csl tout aussi peu développée. Nous en dirons autant de VAcrœa Porta {fig. 11), dont Textrémité terminale du tarse offre des rapports remar- quables avec celui des Colias. Mais je regrette de n'avoir pu iaire sur ces deux genres, Danois et Acrœa, qu'un très- petit nombre d'observations; aussi je dois me hâter dédire que je n'ai pas la présomption d'aller plus loin qu'à faire con- naître des résultats positifs obtenus sur des espèces prises pour types. Je laisse h des observateurs plus versés que moi dans la connaissance des genres et des espèces, le soin de décider si ces résultats ont quelque valeur zoologique ; et, s'il en est ainsi, d'en faire une application qui reste tout-h- fait en dehors des études que je préfère. J'en dirai tout autant du genre HcUconius; les espèces que j'ai étudiées m'ont paru offrir toutes la même disposi- tion que VHeliconias Caliicopis représentée fig. i5, et qui reproduit avec une identité si digne d'attention l'organi- sation des tarses dans le genre Argynnis. Quant aux Cctiwsies, j'en ai examiné plusieurs espèces qui rentrent toutes dans deux divisions extrêmement tran- chées. A l'une appartiennent les Cethosia Jano et Penthcsile.a (fig. 1 2) ; leur ventOTise est presque nulle ainsi que la man- chette, leur* ongles à peu près droits, et recourbés seulement à l'extrémité ; et ces espèces reproduisent d'une manière frap pante les tarses du Danois Aici/>pus (fig. 1 o) ; seulement dans celui-ci la ventouse, ou son rudiment, est un peu plus déve- loppée. — Les autres, telles que Cethosia Julia (fig. ï4)> 268 AINNALES ont leur larse ideniique avec ceux des Argyniiis et de JJeli- conius Callicopis. II en est de même de MeUtcea Cynthla. Quant au genre Argynnis, les espèces qui ont servi de type sont A. Aglaja Paphia et Euphrosyne [fig. i5, iC et 17). Les Valusses en diffèrent notablement parla petitesse de la ventouse, et parce que la mauchelle n'envoie latérale- ment qu'un seul prolongement digitiforme. J'ai étudie spécialement les V. lo, Antiopa, urtlcœ,et quelques autres (fig. ,8). Là se terminent les observations que j'ai eu jusqu'à ce jour occasion de faire sur ce sujet ; je les continuerai à mesure que mes travaux m'en offriront de nouveau l'occasion, et j'aurai l'honneur d'en faire connaître à la Société les principaux résultats. Je répète ici que je n'entends pas étendre ces résultats au delà des types que j'ai eu occasion d'observer. Faire un travail de critique est une œuvre de spécialité que je n'ai pas l'ambition d'entreprendre. Ce sont des ma- tériaux, d'une mince valeur peut-être, que je viens offrir à cettte partie de la science. Je laisse à de plus habiles le soin de prononcer sur cotte question; mais sans sortir même de cette signification restreinte que j'attache pour le moment aux divers faits qui précèdent , je crois pouvoir en tirer les deux conclusions suivantes; 1°. Lorsque Latreille a séparé les genres P a pilio et Par- nasslus des Pitres et des Collas, d'aprèsles caractères de leurs ongles, il s'est appuyé sur ime observation parfaitement exacte; seulement il est à noter que l'on trouverait dans le» deux autres organes constitutifs de cette sorte de main qui termine les membres, d'autres caractères encore qui se- raient peut-être de quelque utilité. 2". Le même caractère, tiré de la considération des ongles DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOCIQLE 269 pour ii(5parer les ^cnrcsi Dnnaïs, Il ciiconias, Cclhosia, etc., des 'genres yirtrymiis , Vancssc, i>i7>/./s et suivants, ne nio paraît pas avoir été l'objet d'une observation aussi rigou- reusement exacte. D'un côté, en eflet, le seul exemple à tarses réellement bifides que nous ayons rencontré, XAcrœa fiorla (fig. 11 ) , appartient h celle des deux divisions que Lalreille caractérise par des oiigles simples; tandis que, d'un autre côté, dans les deux genres Ar Les Blattes Moles sont assurément celles des modernes, et elles semblent être les mêmes que les Sylphes de Dioscoride, puisqfi'eiles se préparaient de la même fa- çon, et que les mêmes propriétés leur étaient attribuées pour la guérison de semblables maladies. Quant au second genre, qu'on nomme Mylœcon, Latreille pense que c'est le Tenebrio MoLitor , probablement parce que Pline rapport»- qu'il se trouve près des meules, puisque, comme on le sait, cet insecte a des élytres et des ailes; et Pline ne parle de ses appendices qu'à son troisième genre de Blatte. Pour ce- lui-ci , Latreille présume que c'est une espèce de Blaps , parce que l'extrémité de son corps est pointue, et qu'il ré- pand une odeur désagréable; cette version paraît être assez fondée, car ces caractères conviennent bien au genre Blaps de Fabricius. Dans une des satires d'Horace (i) il est question des Blattes, qui, ainsi que les Teignes, mangent les vête menls. Comme ces insecles se nourrissent de toutes les (1) Qiiintiiis Iloraliits Fi'nccus Satirnrum , lib. II , salira m , veis \ iq. Age , si et straineiitis incubf t , \i\\i\i\ Octoginta annos naîiis , cni slrarrula veslJs , BlaUanin» ac lineaiain tpnlx putrfscat in arc;l : VI. 19 ^7» AIS'NALES substances, et qu'ils ne sont pas conlondus av«c les Teignes qui rongent les étoft'cs, les premiers seraient identiques avec nos BiaLtes. \irgile (i) signale, dans ses GéorgUiucs, les ennemis des Abeilles qui s'introduisent dans leurs ruches, et parmi ces redoutables ennemis se trouvent les Blattes, auxquelles il donne l'épithète de lucifages. J'ignore si les Blattes s'in- troduisent dans les gâteaux des Abeilles, mais l'épithète que Virgile leur applique ne peut pas convenir anx Clairons, qui se plaisent au soleil; cependant, comme on prétend que des insectes nocturnes pénètrent da\is les ruches et y dévorent tout le miel, les Blattes lucifuges pourraient aussi bien être celte espèce de Lépidoptères appelée Aclicroiilia Atropos , vulgairement Tête-de-Mort. On raconte que dans certaines contrées uù ces Sphinx Têle-de-Mort se trouvent en grande abondance et ont quel- que fois causé l'épouvante, à cause de leur cri sinistre et de l'image d'une tète de mort qu'ils ont sur le dos, on les aperçoit voler le soir, au moment où le soleil s'est presque caché, autour des ruches des Abeilles, cherchant à péné- trer dans leurs demeures pour y dérober le miel : aussi les personnes qui se livrent à l'éducation des Abeilles connais- sant le larcin des Tête-de-Mort, viennent le soir auprès des ruches, et tuent tous les Sphinx qui cherchent h y entrer. De sorte que nous ne pouvons savoir si Virgile a voulu parler des Blattes proprement dites, ou bien de ce Sphinx , (i) Virgiiuis Maro, Geori^icorum, lib. IV, vers 2^1 : Nam sxpè favos ignotus adedit Slfîllio, et luciliigis congesla cubilia l,>lallis, lœmunisquc sedens aliéna ad pabula fucus, Aut asper rrabro imparibus se inimiscnit alnîi•^ Aiit dirmi! tinca; genus , aut invisa Mincrva; l-axos in foribus suspeûdit aranea nasses. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. •.70 puisque ces deux espèces sont des insectes nocturnes , et par conséquent lucifuges. Si nous passons au moyen-âge, beaucoup d'obscurité règne encore à cet égard. Suidas (1) , lexicographe grec , ne donne qu'une légère indication sur le mot de Sylphe; il dit seulement que c'est le nom d'un petit animal, espèce qu'on appelle Sylphe des vaisseaux. Turnèbe (2) parle du mot Blatte, mais il ne l'emploie d'abord que pour désigner des coquilles du genre Pour- pre (3) , qui servent h. la teinture des vêtements des empe- reurs. Ces Mollusques n'ont aucun rapport avec ce que nous appelons Blattes ; aussi je n'en parle quly cause de la similitude du nom. Dans le chapitre suivant il s'exprime ainsi : « On lit dans Nicolas 3ç z«z«yp.3v>7s, que j'ai inter- » prêté par Blallcs (4), ou Papillons volant autour des lu- »mières.» Pour celles-ci, ce sont bien des insectes; mais il est presque impossible que ce soient des Blatles, car elles ne volent guère, parce que généralement leurs ailes sont peu développées en comparaison de leur corps , qui est lourd et pesant; cl il est bien probable que l'auteur cité (1) Suidas, It-xicograplie grec qui tl')rissait h la fin du neuvième si(':cln r.l au coiiniicnccmeiil du dixièiiH;. Edition de Ludolplio Kuslor , ijoS, 3 vol. in-Iolio, avec la traduction de Porl-is. Trad. d« Porlus. Vol. MI, p. 5i4. Sylphe. Nomen animalculi , ilcm , sylplias vocant gênera qu;\.'dain aca- tiorum , sive navicuLniiuu. (a) Adrien Turnèb(!, né en i.5j2, édition de Paris, i5tu]uc.i , I. III, pi. 5o, fig. 5. DE LA SOCiÉTè E.NTOMOLOGiQUE. 281 ovale , qui était beaucoup plus bombée que la Petiveriana ; le corps et les élytrcs n'élaicul plus mous comme dans les espèces de ce gcni^e: ils avaient presque autant de consis- tance que les Coléoptères; le corps était d'un beau noir brillant, et les élytres élégamment ornées de deux bandeti du plus beau rouge. Cette espèce resta seule dans ce genre, confondue avec les Blattes proprement dites, jusque dans ces derniers tenips où M. Serville (1) créa, pour cette es- pèce (2), un nouveau genre auquel il donna, en considé- ration du corselet en forme de bouclier, le nom de Pho- raspis , petit groupe qui fait l'objet de ma n:îonographie. Il mit dans ce genre une espèce alors nouvclie , dont le cor- selet était coupé droit postérieurement , au lieu d'être ar- rondi comme dans l'espèce de Drury qui avait reçu le nom de Plcta à cause de l'élégante disposition de ses couleurs. IVJ. Serville fit deux divisions dans ce genre : l'une pour son espèce, qu'il nomma Pailens, et l'autre pour la Plcta. L'in- secte de la première division semble encore avoir quelque analogie avec les vraies Blattes , parce que le corselet a à peu près lamème forme, quoique très-bombé, et les élytres, également convexes et brillantes, sont d'une couleur uni- forme. Cette espèce vient des Indes- Orientales, elclle est encore la seule connue de celte partie du monde et mémo de cette division; mais l'espèce type du genre, ou la seconde division , eut bientôt des congénères , toutes espèces ayant une même forme et h peu près une même taille; toutes ayant des couleurs brillantes, jaunes, fauves ou noires; ies unes cnricbies de taches et d'épauiettes ; les unes d'une (1) Je profiterai de cette occasion pour le remercier de l'obligeance avec laquelle il a bïea voulu me communiquer les espèces de sa collection f outes les fois qu'elles m'ont été nécessaires. (2) Extrait des Annales des Sciences naturelles; lîovuc uiétfwdujiie de l'ordre des Orthoptères , pa:;. i^ à 17. 2 8'. ANNALES couleur verniilion on rouge; les autres d'un blanc jaunâtre imitant l'ivoire. Ces insectes, revêtus de riches couleurs, sont-ils lucifuges et destinés à vivre dans les lieux sales et humides, à ne marcher que pendant les ténèbres, comme ces Blattes qui sont plaies, molles, qui répandent une odeur si repoussante et n'ont que des couleurs sombres , brunes ou grises? Cela n'est pas probable: car la forme de leur corps, convexe comme dans les Chrysomèles ou les Cassides, ne leur permettrait pas de s'introduire dans les interstices des caisses ni dans les fissures des bois, comme le font les Blattes des cuisines et autres. Les voyageurs qui s'occupent peu des habitudes des insectes ne rapportent rien de la manière de vivre de ceux-ci , et l'on ignore de quelles substances ils se nourrissent ; leur aspect brillant semble seulement attester que ces insectes recherchent la luaiière et errent peut-être aux rayons du soleil. Leur pa- trie est le Nouveau-Monde , et l'on n'en a jamais vu aucun transporté par les vaisseaux d'une contrée dans une autre, comme le sont les vraies Blat tes^ qui s'introduisent dans toutes les matières comestibles et autres, et finissent ainsi par se per- pétuer loin de leur patrie primitive. C'est ainsi que la Blatte orientale est plus commune en Europeque partout ailleurs; ainsi V Amerlcana se trouve dans l'univers entier et est plus abondante h l'Ile-de-France que dans toute autre région. Il en est demêmedes Maderœ, (iermanica, et une foule d'autres espèces qui se trouvent maintenant aussi généralement ré- pandues que les précédenies, sans qu'on puisse leur assi- gner de véritable pairie. Il n'en est point ainsi des espèces du genre Phonupis ^ qui ne soni connues, pour la plupart, que depuis très-peu de temps, et qui proviennent toujours des mômes localités. Peut être connaîtra- t-on plus tard les mœurs de ces jolis DE LA SOCIÉTS!; ENTOMOLOCIQUC. 285 insectes, sur lesquels on ne peut encore former que des con- jcclurcs. En attendant, je donne la description et les fi^^u es de tontes les espèces que j'ai pn réunir, ce qui en ajoute s'x nouvelles 5 celles déjh connues. Après la lecture de ce Mémoire, un des membres de la Société Entomologique , M. Dounierc , qui a recueilli des Phoraspis au Brésil et à la Guyane, donne quelques indica- tions sur ce sujet, et a ensuite l'obligeance de me communi- quer la note suivante : ('Lorsque je chassais , il y a quatorze ans, dans les planta- » lions de graminées, telles que le maïs, les cannes h sucre » et les autres herbes qui sont snr la lisière des forêts du «Brésil et de la Guyane, j'ai toujours pris les Phoraspis «blottis entre les feuilles qui forment les spathes de ces u végétaux; elles s'y tenaient de la même manière que les «grandes Cassides que l'on trouve, dans ce pays, immobiles ))sur les feuilles; mais aussitôt que j'agitais les tiges de ces » graminées , en ouvrant les spathes , elles se laissaient choir }> ou s'envolaient brusquement pour aller se réfugier dans » une autre gerbe. 11 me semble qu'elles ont cela de » commun avec nos Blatla llvida et paliida, qui se rencon- ))trent h l'époque où l'on coupe nos foins à la cam- » pagne. » Je n'ai jamais trouvé de Phoraspis dans nos carbcts, » tandis que les Kakcrlacs nous y dévoraient nos chaussures ))ct nos pains de cassave, Quant aux Blaberas , on ne les » prend que dans les forêts de TOréncque, i\ la nuit lom- abante, près des troncs d'arbres pourris. 284 -rr{]-\' ANNALES dMcs observations à ce sujet ne tendaient qu'à exposer »mon opinion sur la distinction des deux grandes divisions )>dc localités à étahiir dans les Blatticns : i" les Urbicol.es, » attaquant les substances et les objets qui servent dans «l'économie domestique; 2° les Agricoles, qui vivent dans r, le voisinage des forêts, attaquant les céréales, et qu'en » appellerait graniinivores. » Tout en remerciant M. Doumerc dcm'avoir l'ait part de ces indications, j'obser\erai que je ne vois pas quel rapport les Blutta Livida, germanlca, ont avec les Phoraspis qui se trouvent dans les spathes des graminées ; je n'ai jamais ren- contré ces petites Blattes sur les végétaux; mais seulement au printemps, dans les endroits très-humides, où elles se te- naient constamment cacliées sous les feuilles pourries. Pour les deux divisions des Blattiens en urbicoles et agri- coles , il n'est guère possible de les établir. Les Blalta ger- manica et livida qui habitent les champs sont tout-à-fait du même genre que la Blalta y^7ne?'icana, qui vit dans les maisons et les vaisseaux. D'ailleurs la Blalta Laponica fré- quente les forêts des environs de Paris; et, au rapport de Linné, elle habite dans les huttes des Lapons , et dévore en grande partie le poisson que ce peuple fait sécher pour sa nourriture, \oici donc un exemple d'une espèce de Blatte qui vivrait au milieu des forêts dans une contrée, et qui dans une autre fréquenterait les maisons. Ensuite , les Plw- raspis ont une structure tout-à-fait différente des Blattes, tandis qu'il n'y a aucune différence, que quelquefois la taille, pour celiesquise rencontrent dans les bois ou dans les villes. Le même fait, ainsi que M. Brullé Ta fait observer à la So- ciété, existe pour le Grillon champêtre et le Grillon domes- tique , et cependant ce sont deux espèces voisines qu: ne pcrmeilraient pas de faire deux divisions. i)E LA SOCIÉTÉ EiMOMOLOGIQUE. ^Sô GENUS PlîORASPIS. SiiRViLLj;, Rev." mélh. de l'ordre des Orthoptères, p. 17. — Brullé, Hist. des lus,, t. ix, p. 60. JJlatta, DnuRt, Faiîr. (PI. 10.) C Corpore convcxo ; capite dcpresso , snblhorace rccond'do ; antcnv.ls fdiformlbiis ; tliorace giùbo ; (dytris convexis ; ab- domine longioribus ; (dis hyailnis ; pedibas, spinis acutis , (irmalis ; abdoiuine lato. Corps ovaîe, très-bombé. Tête plaie, cnlièrcuîent cachée sous le thorax. Yeux petits et peu saillants. Antennes sétacées, un quart environ moins longues que le corps. Mandibules petites, lisses, avec des dents très -acérées. Palpes maxillaires ayant leur article terminal plus gros que les précédents, et l'avant-deriiier très-étroit h sa nais- sance et presque aussi large qude dernier à son sommet. Lèvre supérieure étroite et arrondie. Lèvre inférieure l'endue en deux, et chaque extrémité linissant en pointe. Palpes labiaux ayant leur troisième article plus gros que tous les autres. Corselet convexe. Elylres très-convexes , se rétrécissant à leur extrémité, s'aplalissanL vers leur bord, et ayant eu dessous un bourrelet qui borde le tliorax et une partie de l'abdomen. 286 ANINALES Ailes dia])hancs, presque aussi longues que les élyires. Pattes propres à la course. Jambes hérissées de deux rangées d'épines. Tarses munis d'une pelote entre leurs crochets. Abdomen plus large que îe thorax et se terminant car- rément. Filets abdominaux très-courts et aigus. Sexes exactement semblables pour la taille, la forme et la couleur. PREMIÈRE DIVISION. Bord postérieur du corselet coupé droit. 1. Phorasj is pailens. (PI. 10. flg. l.) P. Omnino tuteola ; capite punctls nlgrls notato ; ihoracero' tundissimo ; clytrls oùscuro-faris , nervis procmlncnlibus ; pcdlbiis flavis immacidatis. P/wraspis pailens. Skrville, Rev métii. de l'ordre des Or- thoptères, p. 17. Long. 20 mill. Cette espèce, la seule connue de cette division et de ce Continent, est d'une couleur jaune- pâle uniforme. La tête est couverte d'une grande quantité de petits points très-rap- prochés les uns des autres. Les palpes et les antennes sont très-pales. Le corselet est très-bombé, un peu phis brun au milieu (juc sur les côtés, et couvert d'un grand nombre de DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 287 . points enfoncés plus colorés que la surface, ce qui iinîle visiblement le chagrin. Les élytres sont absolument de la même couleur, mais un peu plus pâles , plus luisantes et moins cbagiùnées, avec leurs nervures assez saillantes; ce qui n'existe pas chez ses congénères, qui ont la surface de leurs cîylres entièrement lisse. Les ailes sont jaunes et dia- phanes. L'abdomen est large , d'un brun foncé en dessus et d'un jaune sale eu dessous, avec un anneau noir peu mar- qué. Les pattes sont aussi de la même couleur, avec quel- ques points noirs en dessous, et les jambes hérissées d'épines également jaunes. Elle habite les Ïndes-Orientales, où elle parait être assez rare. C4olleclion du Muséum d'Histoire naturelle et de M. Ser- DEUXIÈME DIVISION. Bord postérieur du corselet arrondi; bord des élytres corné dans toute la partie qui dépasse le thorax. 2. Phoraspis atomaria, Srrville. (PI. 10. fig. a.) P. Omn'm'o futva ; antennis ad hasim rufescentiùus , ad api- ccm nigris ; thorace flavo, aarantiaco, Llneâ in medlo Ion- f^iladinaU nlgrd ; dylris nitcntiùus parvis ptinclis vix pcrs- picuis ; aùdominc infrà inmedio, nigrâ macula. Long. 94 Eftill. Le corps est parfaitement ovale , d'une couleur orangé- sombrc. La lOle est i>lus retirée sous le corselet que dans 288 ANi^ALES l'espèce précédente. Les yeux sont d'nn brun noirâtre, et les antennes rousses depuis la base jusqu'à leur milieu, avec l'extrémité noire. Le corselet est fauve, transparent, avec le bord d'un blanc jaunâtre; il est de la couleur du corps au milieu et à sa partie postérieure , parce que la têlc et l'insertion des élytres se voient en transparence; il a aussi sur son disque une ligne noire extrêmement fine qui se con- tinue dans toute sa lona;ueur. Les éivtres sont très convexes, d'une couleur uniforme orangée sombre ; elles sont seule- ment parsemées d'une quantité innombrable d'atomes ou de points enfoncés presque imperceptibles; l'épaisseur de chaque élytre est noire en dessous ; la partie qui dépasse le thorax est de la même couleur que le dessus; mais ce qui la recouvre est d'un jaune-brunâtre transparent. Les ailes sont pâles et diaphanes , avec leur extrémité marquée de noir. Les pattes sont de la même teinte que la surface des élytres, et les épines un peu plus foncées. L'abdomen est jaune en dessus, avec des bandes rousses transversales; en dessous il est fauve, avec une tache noire sur chaque anneau, depuis le premier, après la troisième paire de pattes , jusqu'h l'a- vant-dernier inclusivement. Observation. Quelques individus ont le corps et les élytres plus jaunes et moins foncés. Cette espèce vient de la Guadeloupe. Collection de M. Serville. 3. Phoraspis conspersa. (PI. 10. fig. .").) p. Copitc, ah domine pcdiliusqac nigris; tlionice flavo , lineà DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIIE. 289 nigrâ; elytris obscaro-flavis Irroratis, panctis tiigris, et ad humcros, vittâ aLbo-jlavâ noiatis ; nlis fusconigris. Phoraspls conspcrsa , Brullè, Hist. des Ins., t. ix, p. 60, pi. 3, fig. 4. Long. 20 uiiH. La têle est noire , avec le sommet d'un jaune doré. Les antennes sont noires, h l'exception de leur second article, qui est jaune. Le corselet est d'un jaune clair, diaphane et roussàlre au milieu, Ji cause de la tête qui se voit au travers; il a aussi sur son disque une ligne noire longiludinaîe. Les élytres sont d'un jaune grisâtre , parsemées d'un grand nombre de points ou petites taciies noires qui manquent à la base et sur les côtés; elles ont deux épauletles d'un blanc jaunâtre imitant l'ivoire près de la côte marginale, et elles se prolongent depuis la base jusque sers le milieu des ély- tres ; en dessous elles sont un peu plus pâles qu'en dessus, ainsi que les points noirs qui s'aperçoivent en transparence; les bandes ou épaulettes sont aussi plus dorées et bordées par une large bande d'un noir brillant. Les ailes sont trans- parentes, d'un brun noirâtre, plus clair 5 la partie inférieure qu'h la partie supérieure. Les pattes sont entièrement noires, ainsi que leurs épines. L'abdomen l'est également en dessus et en dessous. Dans quelques individus les ouvertures stigmaliîjues sont jaunes, et le dernier anneau marqué à sa base d'une large tache jaune un peu rougeâlre. Cette espèce vient du Brésil. Collection du Muséum d'Histoire naturelle do P-iris. 290 ANNALES 4. Phoraspis luleola. Blanc. (PI. i..Og..,.) P. Caplle nigro, frontcrahrâ; thorncc luteo , lincà in mediô nig7'â ; clytris Ict'vihus flaviséricur de l'aile. Les ailes inférieures DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. ;>ai sont d'im blanc brillant, avec une teinte iaunàtrc qui com- mence sur le bord postérieur et se termine en diminuant de couleur vers le milieu de l'aile. Les anl<;nnes sont brunes; le corselet est jaune; la tête et l'abdomen sont blancs. Celte jolie noctuelle a été trouvée en août i83G, dans les environs de Barcelonne, par un de mes amis, M. Graclls, à qui je l'ai dédiée. Anthocharis Damone, Boisd. Alis roiundatis inlegcrrimls ftav:s ; anticls macula maximâ ad apiccni fuivd , panctocjue arcaato uii^ro ; posticis subtus vlr'ulc mannoratis. A son retour de Sicile, mon honorable collègue et ami, M. Alexandre Lefebvre , me donna plusieurs espèces com- munes de son voyage , que j'étais curieux de posséder comme types de localités. Parmi ces espèces se trouvait V Anthocharis, qui fait le sujet de cette description, et qui me parut d'abord être une variété hybride d'Eupheno et de Cardamincs. J'avais toujours hésité h la faire connaître comme une espèce nouvelle, quand un examen plus attentif m'a fait découvrir que la lunule noire, au lieu d'être placée au milieu de la raie noirâtre, oblique, comme dans Eu- phciio, est rejetée en dehors, de manière qu'elle se trouve située sur la partie aurore. Ce signe étant évidemment ca- ractéristique, j'ai communiqué cette espèce au docteur Boisduval, afin qu'elle puisse trouver place dans son excel- lent ouvrage, le Species filmerai des Lcpidoptèrés ; et il l'a décrite sous le nom de Damone. Celte espèce est un pcti jjÎus petite que s;-, voisine Eu- pheno , et le dessus des quatre ailes lui est semblable, h la 5o2 ANNALES position de la lunule près , ainsi que le dessous des pre- mières ailes. Le dessous des secondes ailes est également jaune, mais avec des marbrures vertes, comme dans Car- damines. 11 est probable que la publication de cette jolie espèce attirera l'attention des chasseurs en Sicile, où elle doit être commune ; car M. Biberon, qui accompagnait M. Lefebvre, en a rapporté plusieurs qui font en ce moment partie de la collection du Muséum. DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQIJ DESCRIPTION DE DEUX NOUVELLES ESPÈCES DU GENRE SATYRE (Latr.) PAR M. PlERRET. pi- ''^ (Séaiue (lu 3 mai i8!ij.) La i'aveur avec la([uelle la Société a bien voulu accueillir la publication de plusieurs espèces delà Jîarbarie qu'elle m'a fait riionneur d'insérer dans ses Annales, m'engage ii lui présenter aujourd'hui la description de deux Lépidoptères du même pays, que j'ai lieu de croire entièrement inédits. Il me semble d'ailleurs qu'une sorte d'intérêt local se rat- tache à tout ce qui vient de notre belle colonie d'Alger, dont les productions naturelles no doivent plus être désormais étrangères pour nous. Les deux espèces que nous avons essayé de décrire ap- partiennent au genre Satyrus de M. Boisduval, qui, comme on le sait, a restreint dans son Icônes ce genre créé par La- treille et adopté par Godart. M. Duponchel, de son côté, ayant jugé à propos de partager en huit groupes les Satyres de Latreille , la première de nos espèces se rapportera na-^ turellcment à sa division des Rupicoles, et la seconde à celle des Dumicolcs. 3o4 ANNALES Satyrtis Prlenri , Miui. Ails suprà fuscis ; anticis, maculis quiiujac alôidis, prima ter- tuicjue oculo nigro in medio secatis; posticis , denticalatis , fascid tnediâ externe angulatd, aibidd, viarginem posterio-r rem haud atiingente; suùtiis anticis albidis , daobas oculis leviter albo-pupiUatis; posticis cinerco -albidis , fus dis qua- tuor rufo-fuscis, ni gro-marginatis , fimbrid albd; capite, cor- pore , abdominecjue concoloribus ; antennis albidis , clavâ subtils 7iigrâ. Les aiies Je ce Satyre, très-voisin du Briseis, sont en des- sus d'un brun noirâtre chatoyant; les supérieures offrent une série transverse de cinq taches blanches, dont la pre- mière et la troisième, plus allongées , sont coupées chacune dans leur milieu par une tache oculaire d'un noir plus foncé que la couleur du fond. Les inférieures présentent une bande blanche, transverse, anguleuse, qui va en diminuant à partir du bord antérieur. Le dessous des ailes supérieures est d'un blanc jaunâtre. Les taches oculaires du dessus s'y reproduisent avec les pru- nelles plus marquées. Ces ailes offrent, en outre, une ligne noire, sinueuse, trans- verse, qui longe le bord extérieur. L'espace entre l'aile et ce même bord est grisâtre, avec sa partie inférieure brunâtre. On voit aussi deux taches noires qui s'appuient sur le mi- lieu de la côte, et une autre tache également noire, vers le bord postérieur. Au-dessus du premier œil, vers le sommet, il y a im espace nuancé de blanc et de roussùtre. Les ailes inférieures, d'un gris blanchâtre, sont parsemées DE LA SOCIi:Ti!: ENTOMOLOGIQllf:. 3o5 d'atomes brans et roux. On y remarque quatre larges bandes rousses, sinuées, dont une occupe la base; la troisième de ces bandes est fortement dentée extérieurement; la dernière est plus mince. Ces bandes sont bordées de noirâtre , et plus on moins variées d'atomes de la même couleur. La Irange est blanche ; le corps, les pattes et les antennes sont gris, avec la massue blanche en dessus et noirâtre en dessous. Ce Satyre tient le milieu entre le Briseis et YAnllie. Il diffère du Briseis en ce que la première tache des ailes su- périeures en dessus est surmontée ,àson extrémité interne, d'une autre tache beaucoup plus petite, d'un blanc jaunâtre, ainsi que dans le Satyre Aiitlie , seulement celte tache y est moins large que dans ce dernier. Il diffère notable- ment de ces deux espèces par la bande du dessus des ailes inférieures, qui est beaucoup plus étroite, n'atteignant pas le bord extérieur, et fortement anguleuse à son côté externe. En dessous, il diffère surtout du Briseis par les bandes des ailes inférieures qui sont beaucoup mieux marquées et éga- lement sensibles dans les deux sexes. Ce Satyre très-remarquable se trouve en Barbarie. Je l'ai dédié à M. Prieur , payeur h Bugie ( armée d'A- frique), naturaliste distingué, dont les travaux sur l'ar- chéologie ont obtenu récemment une mention honorable de l'Institut. Je suis heureux de saisir cette occasion pour le remercier hautement de l'obligeance extrême qu'il veut bien mettre à di'envoycr le produit de ses recherches entomologiqiies dans un pays si peu exploré jusqu'h ce jour. Sof) ANNALES Satyrus arcanioïdcs, Miui. /llis stiprà fascis, anticis disco rufo, latlsshno , nolatis; sub- làs, anticis concoloribas, ocido nigroptipillnto, flavi-cincto, Lncolâ argcntcâ ; poslicis siihtàs viridè corlicinis , fasciâ flexuosâ, albâ, occUis (juinquc, Lineolâque argenled margi- indi [marcm lantiim ?Jor/). Ce Satyre, qui doit se placer auprès de Vylrccudas, a le dessus des ailes diiii brun cendré, avec une large tache fauve aux supérieures, tache qui occupe les deux tiers de l'aile. Les iiifériourcs oilVent h l'angh; anul nn liseré i'auve qui s'avance en s'amincissant jusque vers le milieu du bord postérieur, et un peu moins vers le bord antérieur. On dis- tingue en outre un petit œil noirâtre cerné de Tauve, situé au-dessus de l'angle anal , à quelque distance du liseré dont nous venons de parler. La frange est cendrée;, un peu fauve vers l'ongle postérieur des premières ailes. En dessous, les ailes supérieures sont fauves, brunâtres vers les bords antérieurs et postérieurs. On y voit un liseré argenté qui longe le bord externe, et vers le soiriniot un œil r.oir pupille de blanc et cerné de fauve. Entre l'œil et le sommet on remarque une légère nuance d'un jaune roussùlre, et sur le colé interne de l'œil, une ligne jaunâtre , sinuée, qui s'affaiblit en descendant vers l'angle postérieur. Les ailes inférieures sont d'un brun-tanné -verdàtre ; elles sont traversées , nu j)eu au delà de leur milieu , par une bande blanche un peu courbe, avec les bords sinués. Cette bande, qui s'atténue vers l'angle anal, est longée h son bord interne d'une série de cinq yeux noirs pupilles de blanc et cernés de fauve. L'espace enlre les yeux et le bord externe DE LA SOCI!:Tl'i: ENTOMOLOGIQUE. 607 est, un peu nuancé de jaune roussâtrc, et près de ce bord on voit un liseré argenté comme dans les ailes supérieures. La tclCj le corps et les pattes sont bruns. Les antennes sont blanches et réticulées de noir, avec la massue de cette dernière couleur. Ce Satyre est de la taille du Satyre arcanius , auquel il est presque semblable en dessus; mais le dessous des ailes inférieures ne permet pas de le conlondre avec ce dernier. n se trouve h Oran, dans la Barbarie. Je croirais manquer ici à la reconnaissance, si je n'expri mais tous mes remerciements ti mon savant collèorue et obli- géant ami M. le docteur Rambur , qui a bien voulu m'aider de ses conseils dans l'étude comparative que j'ai faite de ces deux espèces, dont je n'aurais pu donner une description aussi exacte si j'avais été livré à mon inexpérience. ANNALES DE LA SOCIl'iT!^: ENTOMOLOGIQUE. Socj DESCRIPTION D'UNE NOUVELLE ESPÈCE DE COLÉOPTÈRE DU GENRE PURPURICENUS , TRTBU DES CERAMRYCINS, FAMILLE DES LONGlCOî'.NES ; PAn M. DuPONCHFL. (Séance du 5 juillet iSi^j.) Purpnricenus Lorcyi. ]\ is,er ', capite ihoracecjuc g7'anul.atis ; clytris h coslalis, aplce spinosls , sangnincls , fisciâ sutarali propè au scnieilo ad apicem nigrà, in ipso apice ad marglnes diiatatâ. Long. 9 lig. Il est fie Lt taille du Kocldcri , mais plus allongé. Ses (jlytres offrent chacune deux côtes longitudinales assez pro- noncées, et sont terminées par deux petites ])ointcs diver- gentes. Tête, corps, antennes et pattes noirs, à l'exception des tarses, qui sont roussalres et légèrement piibescents. Corselet fortement chagriné, unpeu plus long que large , et armé de chaque côté d'une épine obtuse. Élytres d'un rouge sanguin, avecl'écusson et les côtés noirs, et une large bande suturalc de la même couleur qui commence à peu de distance de l'écusson , et se termine par une grande tache qui atteint leurs deux bords et leur extrémité, de ma- nière à couvrir enticrementleur tiers postérieur. Le travail le pbis récent que je connaisse sur les Longi XI. 2 1 3io ANNALES cornes est celui que notre collègiic M. Serviilo a publié dans les tomes i et ii de nos Annales , et qui a pour objet uue nouvelle classification de cette famille. D'après ce tra- vail, dans lequel il donne les noms de tous les Longicorncs de lui connus h cette époque (i852 à i835), le genre Piirpu- riccnas ne rcnfeinierait que quatre espèces, non compris VE- phippium, dont il a fait son genre AnopUstcs. Ces quatre es- pèces sont le Koehlcrl avec ses variétés , le Bndensis , le Dcsfontainu et Vlialodindrl; mais il faut y ajouter celles ci- après, savoir : le Boryi, décrit et figuré par j\I. Brullé dans la partie entomoîogiquc de l'expédition scientifique de Mo- rée, qui a paru en 1 852; le Flncalalus et le Melsheimeri , décrits par M. Germar dans son premier volume des insectes nouveaux ou peu connus , publié en 18^4; et enfin VjEl- nensis , figuré et décrit par M. Bassi dans le tome m des Annales de la Société Entomoîogiquc de France (3® tri- mestre 1804); ce qui fait ca tout huit e:?pèces , dont six appartiennent h la fois à l'Europe et h l'Asie, et deux h l'Amérique. Aucun de ces Purpuriccnus ne se rapporte à celui que je viens de décrire, et je me suis assuré qu'il n'existe dans au- cune des principales collections de Paris : j'ai donc lieu de le présumer inédit.ll m'a été envoyé par mon ann le docleurLo - rey, qui habite Marseille, oùMl a été trouvé dans un chantier de bois de merrain, de planches, etc.; ce qui lui fait supposer avec raison qu'il n'y est pas né, et qu'il ne se trouvait là qu'accidentellement : car du bois ainsi travaillé, dit-il, n'a nu receler la larve d'un insecte de cette taille. Je partage h cet égard son opinion, et je présume que notre Longicorne vient ou de quelque bois des environs de Marseille, ou plu- tôt de quelque tronc d'arbre transporté des forets de l'O- rienl dans un des chantiers de construction de cette ville. DE LA SOCIÉTI- ENTOMOLOGiÇ UE. 3i ESSAI POUR SEhVlR A LA CLASSIFICATION DES NOCTUÉLIDES; PAn M. A. Gui'NÈE (de Chàtcaudun). (Suite) (i). (Séances du 5 juillet et du î aortt iSSj,) Classement complet de la tribu des NocTuo-BoMn'v.'ciDKs. Quoique les noms des genres de celle tribu, telle que je l'expose ici , ne soient pas nouveaux , la disposition et les caractères de ces genres m'apparlicnnenl , et d'ailleurs j'ai été obligé de faire tant de changements dans la tribu, que je ne puis donner une idée complète de mon travail qu'en le reproduisant tout entier. Je sollicite donc l'indulgence de mes collègues pour les détails déjà connus que je vais être forcé de leur rappeler , afin de faire de cet article un en- semble complet : détails qui n'existent , au reste, qu'épars dans les divers auteurs, et dont la plus grande partie même n'est connue que des entomologistes-pratiques. Considérée sous le rapporl des insectes parfaits , la tribu des N ocluo-BomOycidcs a encore quelque afïinilé, dans ses premiers genres, avec les IS otodontidet et les Bombycoldcs (i) l'dj/e: pag. a i <). 3i2 ANNALES par le vêlement laineux du thorax, la hricvclé des pattes et delaspirllrompe, et le peu de développement des palpes in- férieurs; c'est probablement cette affinité qui a détermine M. Boisdtival à donner h la tribu le nom composé qu'elle porte ; mais à mesiire qu'on avance, cette ressemblance di- minue et le faciès des derniers genres ne s'éloigne guère de celui des autres Noctuélidcs, Le véritable linn des genres de la tribu qui nous occupe est donc la conl'ormité de mœurs dans les premiers états. En effet , toulcs les chenilles vivent renfermées dans des espèces de cellules qu'elles se prati- «[uent h la manière des Clostera et de certaines Tortr'ix, en liant avec de la soie tantôt deux, tantôt j)lusieurs fouilles de r.ubre qui les nourrit. Ainsi soustraites en partie au con- tact de l'uir, leur peau n'acquiert jamais la mèjiie consis- tance ou ne se revêt point des mêmes fourrures que celle cics espèces qui vivent h l'air libre; celle des plus renfer- mées se couvre même d une sorte de vernis analogue à ce- lui qu'on remarque sur les chenilles des Nonagria, Gorùna, Agrotis et autres espèces qui sont rarement exposées à l'ac- tion du fluide atmosphérique. En outre, le peu d'espace que plusieurs d'entre elles occupent entre deux feuilles, souvent peu concaves et très -rapprochées , indique suffisamment une forme aplatie, et c'est en effet le caractère que présen- tent loiiles celles de la tribu h un degré plus ou moins élevé. Toutes n'ont qu'une seule génération par an et paraissent soit au printemps soit vers la fin de l'été; mais Icrirs habi- tudes rendent lear récolte assez difficile, cl il faut secouer bien forlemenl les arbres sur lesquels elles se tiennent pour les faire tomber; encore ce moyen est-il infructueux pour certaines espèces du ger.re Ccropacha. Les Chrysalides va- rient peu pour la forme , et toutes sont très-coniques dans leur partie inférieure. Quelques-unes sont recouvertes d'ufte cflloresccnce violai re comme c^llc des Catocala ; mais l'ob- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3i3 servation nous démontre qu'il l'aul attacher peu d'impor- lanc(; h ce caraclèro qu'on retrouve dans les espaces les j)lus diiïercntes les unes des autres, et c'est pour y avoir ac- corde trop d'attention que certains entomologistes ont été entraînés dans deux erreurs ircs-palpatles , selon moi , sa- voir : le classement de la N. irapezina dans le genre Cos- mia que nous discuterons h son article, et le placement ré- cent de la Mania maura auprès des Catocaiides, dont elle est si diflereule à l'état de chenille. Les Papillons de la tribu des Noctuo-Bombycides n'offrent rien de Lien remarquable dans leurs mœurs : ils se tiennent pendant le jour appliqués contre le tronc des arbres, la partie antérieure un peu relevée, et les ailes placées dans une jiosition très -inclinée. Je passe aux caractères de la tribu. NoGTUO-BoMBYCiDi (i), Boisd. Mihl. Noclua, Linn. W'ien-Verz. ; I\'ochiéUtes , Lalr. God. j Noctuidce , Kleph. Chenilles rases, d'une consistance molle, à peau fine, plus ou moins aplaties en dessous, à lête globuleuse. Elles vivent sur les arbres ou arbrisseaux , renfermées enlrs des feuilles liées entre elles par des fils de soie. Chrysalides assez courtes, cylindrico-coniques , renfer- mées soit entre des ieuillcs , soil dans un tissu léiçcr ou une coque molle arrondie, à Ja surface de la terre. Insecte parfait. Antennes plus ou moins épaisses dans Jes (i) M. Boisdiival «■•d'il Nocluo-nomhycini ; mais il m'a sem))It' plus re'>-u lier de donner la mt me terminaison à tnufcs lis tribus, vl c(;lles en idi fsl celle qui .n'ajuste le plus convenablcmeat à leurs noms, dont elle termine déjà nnr partie. 5 14 ANNALES mâles. Thorax convexe, plulôl arrondi (j'.ic carré, souvent velu ou laineux. Pattes tout an plus de lona,ncnr moyenne. Ailes supérieures ayant les taches, cl surtout les lignes, bien (lislinctos, recouvrant complètement les intérieures, et for- mant au repos un toit très-déclive. Vol nocturne ou cré- pusculaire. Gen. I. Caopaclia, Stjeph. Miui. Tclhea , Ocn. ; C ymaiophora , Treits. Boisd. Chenilles lisses, glabres, non atténuées antérieurement, très- aplaties en dessous, à peau fine et transparente, à tête assez grosse, élargie inférieurcmcnt. Elles vivent renfer- mées entre deux feuilles qu'elles tiennent rapprochées avec ^ (juelques fils, et deuis la concavité desquelles elles se logent ; elles vivent exclusivenicnl sur des arbres de haute taille. Chrysalides courtes, h partie postérieure raccourcie, très- conique, aiguë; renfermées soit entre des feuilles, soit dans un tissu lâche au pied de l'arbre. Insecte pG7' fait. Antennes médiocrement longues, épaisses, veloutées, subcrénelées, au moins dans les a^. Palpes droits ou très-pt'u ascendants , dépassant la tête. Toupet frontal peu saillant. Spiritrompc très-courte. Poitrine et cuisses très-velues. Pâlies courtes. Thorax convexe, globuleux, velu et même laineux. Abdomen velu latéralement. Ailes supé- rieures pulvérulentes, ayant le bord terminal et le sommet de la côte arrondis ; les lignes transverses distinctes et nombreuses. Les chenilles se trouvent dans le courant de l'été , et les papillons n'éclosenl qu'au printemps suivant. Ils sont lourds et volent peu. C'est surtout contre les troncs d'arbres qu'on les rencontre. Ce genre se divise ijaturellenient en deux groupes, ainsi qu'il suit : DE LA SOCIl'/rÉ ENTOMOLOGIQUE. 3i5 A. T(Hc j)elite, cnlonci-e. Palj>rs grêles, Ircs-droits; lour dernier ;i! liclc long, nu. Corps gros et velu. R'uicns, Fab. Octop^esima, Hnb. Or, Fab. Flaricornts, Lian. Dilata, Fab. Rnficoilis, Fab. B. Tète grosse et saillante. Palpes assez épais , un peu ascendants. Corps grêle. Fluctuosa, Hub. Blpuncta, Bork. Gon. II. (' hymaloplwra (i), Tbjjit. Boisd. Sthpii. Mihi. Chenilb's lisses, atténuées antérieurement, a tète petite, non élargie par en bas. Elles vivent dans un paquet de feuilles lâches attachées entre elles par de la soie , sur les arbres et les arbrisseaux. Chrysalides luisantes, cylindrico-coniques , renfcrniécs dans une coque arrondie, peu solide, à la surface delà terre. Insecte parfait. Antennes de moyenne longueur, forte- ment ciliées dans les malcs. Palpes dépassant la tète, droits, assez épais, velus ; leur dernier article court et obtus. Tho- o (i) M. Truilstliko, qui avait (i'ahord nouiiué co genre Cyni.Uopltora, ob- serve avec raisou, dans sdii Siipplenient , qu'il l'avait orlliojfiaphié d'une manière vicieuse; mais celui de Kymalopliora, qu'il lui substitue, ncus pa« raît lui-même lîiisspr à dcjircr: c'est ordinairemci t le r/i qui, en latin, rem- place le X de* Grecs. 3iG A?^NALES vax velu, de grandeur moyenne, un peu comprimé latéra- lement. Abdomen dépassant les ailes iulcrieures et terminé par un boucpiet de poils dans les cf. Ailes supérieures ar- rondies au bord terminal, presque droites à la côte, n'ayant d'autres lignes que celles ordinaires, mais avec les trois taches larges et bien écrites. Ce n'est pas sans quelque raison que les entomologistes anglais ont fait deux genres avec les deux espèces ci-dessous. En eflet , elles difl'èrent assez notablement à l'état de chenille. Celle de la f'' i mina II s se rapproche déjh du genre siiivant. Néanmoins, comme h l'état parfait les deux espèces oflrent bien les mêmes caractères, à la longueur près de la ï^[>irilronipe , j'ai cru pouvoir me dispenser de multiplier les genres, ce que je ne fais qu'avec répugnance. Elles sont les seules dans toute la tribu qui aient les antennes bien ciliées. En outre, les palpes sont mieux développés que dans les Ceropachn, et le thorax est moins laineux et moins ar- rondi. La chenille d'Oo est variée de couleurs bien tran- chées, et elle est moins aplatie en dessous que ses congé- nères ; elle n'est pas aussi étroitement renfermée que celles des Ccropacha, et elle emploie à faire sa cellule au moins cinq h six feuilles , qu'elle choisit à l'extrémité des jeunes branches àet^ chênes. ESPÎîCES. A. Oo, Linn. B. Vhninalis, Fab. * . . ISola. Ici devraient peut-être se placer les Noctuélides nommées Scoriarai. et Ilybrls que M. Boisduval vient de llgurer avec le nouveau nom générique de Cleoccrls. Mais, avant de les aduiellre dans celte tribu, il l'audrait qu'il fût DE LA SOCIÉTÉ EISTOMOLOGIQUK. 5 17 bien prouvé que la cheuillc de la Scoriacea , la sculo nn'x soil connue, vit renfermée entre des feuilles et partai^e les autres caractères de la tribu. Or, M. Treitschke, celui des auteurs qui est le plus h portée de la bien connaître, dé- ment positivement cette supposition dans son Supplément. Cette chenille ressemble, dit-il, à celle de \aPolia Flaricincla et vit sur les plantes bas«;es, contre les tiges desquelles elle se lient collée. Quant au Papillon (qu'il classe en consé- quence dans son genre Poiia), son faciès assez ambigu per- met de le placer h volonté ici ou dans le voisinage des Uadena à antennes ciliées [Lutidcntu, CespUis), où serait, je crois , sa véritable place si les mœurs de la chenille se confirment. Gen. III. Tethea, Ocn. Steph. Miiir. Cyniatopliora, Treiïs. Boisd. Chenilles lisses, rases, aplaties en dessous, atténuées pos- térieurement, à tête moyenne, subglobuleuse. Elles vivent sur les arbres, entre deux feuilles liées avec de la soie. Chrysalides cylindrico-coniques, assez courtes, luisantes, h peau fine, renfermées soit dans une petite coque de terre arrondie, soit entre les mousses et les lichens des arbres. Ivsectc parfait. Antennes un peu épaisses dans les çj*. Palpes dépassant la .tète, un peu ascendants, légèrement écartés; leur dernier article très- court, nu, tronqué au sommet. Spiritrompe de longueur ordinaire. Thorax uni , Lisse (i), ayant le collier relevé et suivi d'une petite carène (1) Je soulif^ne ce mot afin qu'on ne le confonde pas avec le mot lisse (Uevis), qui signifie dépomvti de cièles et d'elcvaliims, tandis que celui-ci (qu'on pour. ait traduiie ]iairûmi)tiis) a ici la mcmc bignificalioi) que quaud on l'emploie en parlant desclieveux. 5.8 • ANNALES aiguë. Abdomen lisse dans les o"* légèrement crélé dans les $ . Ailes supérieures lisses et luisantes , ayant le bord terminal écliancré au sommet et l'angle apical très-aigu; les deux lignes discoïdales et les taches distinctes. Ce petit genre me semble bien naturel. La forme des ailes supérieures suflit pour le faire distinguer au premier abord de ses voisins. Il est aussi le seul dont le thorax soit crèté. Les chenilles se rapprochent h la fois de celles de la division B du genre Chymatopkora et de celles du genre suivant ; des lignes longitudinales sur un fond vert ou jau- nâtre composent tout leur dessin. On les trouve au prin- temps, et elles donnent leurs papillons dans le courant de l'été. Pour se changer en chrysalide elles forment une petite coque ovalaire assez molle, entourée de grains de terre; mais souvent elles ne prennent pas la peine de descendre de l'arbre, et subissent leur méîamorphose entre les lichens (jui en garnissent le tronc. Les papillons se tiennent, comme les Ceropacha, appliqués contre le tronc des arbres; mais ils sont plus vifs que ceux-ci, et quand vient le soir iL» volti- gent souvent autour des feuilles. KSPÎiCES. lietusa, Linn. SuOlusa, Fab. Ambusia (i), Fab. Gen. IV. Cosmia, Ocii. Treits. Boisd. Miiii. Chenilles rases, atténuées antérieurement, un neu apla- ties en dessous , h tête petite , globuleuse. Elles vivent sur (i) Je 11 oi pas TU sa chenille. DE LA SOC.IP.ÏK EINTOMOLOGIQUE. 3 kj les arbres, au milieu d'na paquet de feuilles attachées par des llls de soie. ('Iirysalidos assez courtes, arrondies antérieurement, h partie postérieure très-conique, saupoudrées d'une efllo- rescence violàtre ou rougoalre , et renfermées soit entre des feuilles, soit dans une petite coque filée h la surface dr. la terre. Insecte parfait. Antennes assez épaisses et subcrénclées dans les çf , lilifornics dans les $ . Palpes dépassant la Icto, ascendants, presque connivents au sommet, lisses ; leur der- nier article aigu à Textrémité. Tète petite. Thorax lisse , globuleux. Abdomen assez mince , très-conique dans les deux sexes, terminé, dans les çf, par un pinceau de poils. Ailes supérieures denticulées au bord terminal , aiguè's à l'angle apical, ayant les ligues discoïdales bien distinctes; l'extérieure trèi-coudée dans sa partie supérieure et se rap- prochant beaucoup de l'autre dans sa partie inférieure. Quoique tous le§ auteurs aient beaucoup éloigné ce genre, je pense que sa véritable place est ici. En effet, non-seule- ment les chenilles ont les mœurs de toutes celles de la tribu, mais encore elles ressemblent tellement h celles des Tcthea, (|u'un observateur superficiel les confondrait facilement. Comme elles, elles sont marquées de lignes longitudinales blanchâtres sur un fond vert; mais elles sont un peu plus allongées et un peu moins déprimées. Ces légères diffé- rences tiennent à celle que présente leur manière de vivre : et, en effet, elles sont moins étroitement renfermées et se rapprochent en cela de la Chym. Oo. Elles se trouvent eu été et restent peu de temps en chrysalide; leurs papillons sont les plus vifs de toute la tribu, et aussitôt que le joiu' baisse ils volent avec rapidité atitoiir des buissons, se heur- lent souvent dans leur empressement contre les obstacles , et viennent s'abal're brusquement sur les feuilles ou îe^ 5-;-o • ANNALES ilcurs. La forme de leurs ailes et même celle de leur corps leur donnent une ressemblance éloignée avec certaines Tor- Irix, ressemblance que confirme encore l'habitude qu'ont leurs chenilles de lier les feuilles pour s'y chrysalider, quand elles ne veulent pas descendre jusqu'à terre. La disposition des lignes des ailes supérieures et l'elllo- rescence de la chrysalide de la N. Tranezina l'ont jusqu'ici iait ranger dans le genre qui nous occupe ; mais en l'exa- minant avec attention, on se convaincra qu'elle n'a que de* rapports apparents avec les véritables Cosrnia , méoie h l'état parfait. Sous celui de chenille, la dissemblance est plus frappante encore, et elle se rapproche plutôt de celles des espèces nommées Stabills, InstaùUis, etc., qui n'ont ni la forme, ni les dessins, ni la manière de vivre des Cosmia, Je ne connais pas la chenille à'/iùlufa, mais cette espèce oifre encore, à l'état parfait, une plus grande dissemblance que Trapezina. Je pense que ces Noctuelles, qui appartien- nent évidemment à ma tribu des Ortkosides , se rangent plus iialurellement dans le grand genre Orf/iw/a, ou dans un de ceux qu'on sera lorcé d'en démembrer par la suite, vu son peu d'homogénéité. La réunion qu'on a faite dans ces der- niers temps au genre Cosmia , des M if h. acetoscUo; , oxa- lina, etc., me paraît moins heureuse encore. Le genre qui nous occupe se réduit donc , pour nous , aux espèces sui- vantes : Dijjlnis, Linn. Jfjinis, Linn. Pyndina^ llub. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3> OOserrnllov. Comme je n'ai suivi jusqu'ici aucun ordre dans les ex- traits de mon travail que la Société a bien voulu accueillir, je crois bien faire de donner ici la série des tribus dans lesquelles, d'après mon projet de classification, se répartit la totalité des Noctuélides; ces tribus sont au nombre de dix-huit, dont voici l'ordre et les noms : I. BoMBvcoiDi, Boisd. II. PSEUDO-BOAÎBYCIDI, Boîsd. m. Brvophagidi, Mihi. IV. NONAGRIDI, Mihi. V. Leucanidi, Milii. VI. NocTi'ELiDi, Latr. Vïl. Ampuipyridi, Mihi. Mil. MisELiDi, Mihi. IX. lÎADEMDI, Milîi. X. OaxHosiD!, Mihi. XI. Xylinidi, Mihi. XII. Heîjotihdi, Boisd, XIII. CxE.NOCEr.iDi, Mihi. XIV. Pi-usiDi, Boisd. XV. Catocalidi, Boi«d. XVf. Oi'HiusiDi, Mihi. XVII. Nr>CTU0iDi, Mihi. XVIII. Noctuo-Phaloenidi, Boisd. Nota. Cette dernlcrc devra probablement se diviser pai- la suite. 322 ANNALES Ces tribus ne renferment guère moins de qualrc-vingb penres, dont une dizaine au plus m'appartiennent. Quel- que considérable que puisse paraître ce nombre de tribus et de genres, et quelque effrayant qu'il m'ait semblé h moi- même quand mon travail a été terminé, je n'ai pu réussir à le restreindre davantage d'une manière satisfaisante; en- core y aiira-l-il nécessairement de nouveaux genres à ajou- ter, surtout dans la dernière tribu, quand on en connaîtra mieux les cbcnilles, ainsi que dans les grands genres j4gro lis et Ortlwsla, qui sont loin d'être bien homogènes. Au reste, ce chiffre ne paraîtra pas exagéré quand on réfléchira qu'il y a aujourd'hui plus de sept cents espèces de Noctuélides européennes de connues , et que leur nombre s'augmente encore de jour en jour dans une proportion très-élevée. Tribu III. — Bryophagidi. (Mîhi; Noctuelidi, Lat. Boisd. Steph. ; Fam. E. Wien-Verz. Chenilles à seize pattes, cylindriques, peu allongées , h tête petite, globuleuse, ayant les points trapézoïdaux, ver- ruqueux, et souvent d'une consistance cornée et luisante. Elles vivent exclusivemmit de lichens et se tiennent cachées pendant le jour soit entre les écorces, soit dans de petites coques qu'elles filent à la surface des murs et des pierres. Chrysalides de couleurs pâles , h peau fine , contenues dans des coques de soie mêlées h la surface de corps étran- gers, et filées contre les écorces ou les pierres. Insectes parfaits petits et presque phaléniformcs. An- tennes simples (il l'œil nuj dans les deux sexes. Thorax étroit. Ailes supérieures recouvrant les inférieures et dis- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQli:^. 3^5 posées dans le repos en loit élargi et très-peu incline. ) ol crépusculaire. CcUe tribu est parfaitement tiislinctc rie toute* les aulr<'s. A l'état de chenille , les insectes qui la composent vivent exclusivement de lichens. Ces chenilles sont toujours assez raccourcies; les unes sont atténuées aux deux extrémités, les autres seulement h la partie postérieure; toutes ont la tête petite, rétractile, luisante ou légèrement rugueuse, de consistance cornée; les points trapézoïdaux sont toujours vn peu saillants et souvent très-luisants, et comme métailiqurs. Ces chenilles fuient Ja chaleur et ne sortent que le soir on le malin pour ronger les lichens ramollis par la rosée. Aussitôt qu'elles sont frappées des premiers rayons du so- leil, elles se hâtent de gagner leurs abris; quelques-unes se contentent alors de se réfugier entre les fissures des écorces ou aux aisselles des branches, dans l'ejidroit où les lichens sont très-épais ; mais celles qui vivent sur les rochers ou les mnrs exposés à toute l'ardeur du soleil, ne trouveraient pas ainsi un abri sulTisant contre la chaleur : aussi elles se filent, dans les creux ou dans les interstices des pierres, une ^lolle serrée qu'elles consolident par des parcelles de gra- viers, et qu'elles percent d'un trou pour sortir au besoin. Ce trou n'est point ménagé dans la toile, mais percé après coup, ainsi cpie le témoignent ses bords, qui excèdent la sur- face de lu coque et paraissent comme déchirés. Elles ne se mélamorphosent point dans cette habitation , et filrnl une nouvelle toile qui ressemble entièrement h la première, si ce n'est qu'elle n est point ])ercéc et qu'elle est d'une di- mension plus petite. J'ai vu de ces coques placées sur des pierres taillées et planes; elles étaient si peu bombées et les chenilles les avaient maçonnées avec tant d'art, qu'il fallait savoir qu'elles CKislaicnt pour les apercevoir. A l'étal de papillon , la^ Ji)yopliagi,lr.7 Insectes parfaits ayant l'abdomen plus long que les ailes inférieures. La spiritrompe bien développée. Les pâlies lon- gues et fortes. Ailes supérieures recouvrant les inférieures dans le repos. Vol nocturne. Cette tribu nous semble encore des plus naturelles. Toutes les chenilles qui la composent vivent étroitement renfermées dans les tiges ou les racines des plantes , et surtout des plantes aquatiques. Ce genre de vie leur communique un aspect particulier : leur peau est luisante, leur consistance molle et souple. La plaque de la nuque , qui existe h peu près sur toutes les chenilles de Noctuélides, mais souvent à peine distincte du reste de la peau, est ici fortement pro- noncée, d'une consistance beaucoup plus dure, d'une cou- leur plus foncée ; en outre , on retrouve sur le clapet anal une autre plaque à peu près semblable. La manière de vivre de ces chenilles est des j)lus curieuses; mais comme elle est maintenant généralement connue, je ne m'étendrai pas sur ce sujet. Les personnes qui ignoreraient encore ces détails peuvent consulter la notice insérée dans les Annales de la Société Linnéenne (5* vol. pog. 565), par M. Dupon chel, sur la Nonagria Tlplue , et celle que j'ai publiée moi- même dans nos Annales (tom. 2, pag, 447) ''•^^^ ^^ ^* ^'^- ludicola. Les insectes parfaits varient pour la forme : la plus grande partie est pourvue d'abdomens très-longs, cylindriques, et retraçant tout-à-fait , au moins dans les femelles , la forme de leurs chi-ysalides. Ce sont, dç toutes les Noctuélides, celles quiitournent le plus facilemsnt au gras, maladie généralement favorisée, sinon produite, par l'humidité, et au dévelop- pement de laquelle contribue même, ainsi que nous le voyons ici, l'air humide dont la chenille a été environnée pendant sa vie. 3^8 ANNALES G en. Nonai^ria. Ociis. Tn. BoisD. Steph. ; Noctiia, Latr. Chenilles effilées, allongées, vermil'ormes , munies de plaques écailleuses sur les premier et douzième anneaux , ?i tèlc assez petite, subglobulsnse. Elles vivent dans Finté- rieur des tiges des plantes aquatiques, où elles se ménagent une ouverture pour la sortie du papillon. Chrysalides cylindriques , très-allongées, ayant la partie abdominale cylindrique et brusquement terminée en cône grossier, renfermées dans l'intérieur des tiges où les che- nilles ont vécu. Insecte parfait. Antennes épaisses , crénelées ou légère- ment ciliées dans les c^. liliSormes dans les $ . Palpes dé- passant la tête, droits ou presque droits ; leur dernier ar- ticle bien distinct, nu et tronqué au sommet. Thorax lisse, arrondi. Abdomen beaucoup plus long que les ailes infé- rieures. Ailes supérieures assez étroites, arrondies au bord terminal;, ayant les taches souvent peu distinctes et les lignes presque toujours invisibles , recouvrant les inférieures dans le repos et formant un toit peu incliné. La longueur de l'abdomen suffirait seule pour faire re- connaître les espèces de ce genre. Toutes sont de couleur brune ou testacée qui se rapproche plus ou moins de celle des feuilles flétries ou des tiges desséchées. Ils ne volent que la nuit, ou du moins nous avons essayé sans succès de les voir au crépuscule dans les lieux où leurs chenilles ont vécu , et qu'ils ne doivent pas quitter. Plusieurs espèces étant récemment découvertes, nous nous contenterons de les indiquer, ignorant quels sont les noms que les entomo- lo"^isl('s qui ks cntlrou'tées les premiers, et auxquels seuls appartient le droit do les nommer, ont l'intention de leur donner. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQU. 529 ESPÈCES. Phraomitidis, Hub. Tr. Diip. ExTREMA, Hub. Tr. Dup. Fliixa, Hub. Tr. Fulva, Hub. Dup. * Despecta, Tr. Ulv^, Hub. Tr. Neurica, Hub. Tr. * HosPES, Frey. Tr. * Nexa, Hub. Tr. Dup. Paludicola, Hub. Tr. Mihi. Var. Gattaris, Hub. N. Sp. Neurica, Hub. 65 9. N. Sp. découverte en Andalousie par M. Rambur. CANNiE, Och. Tr. Dup. Arundinis, Hub. Sparganii, Esp. Hub. Tr. Dup. Typh^, Esp. Hub. Tr. Dup. * Var. ? Fratcrna, Tr. Gen. Gortyna. Ocn. Treits ; Gortyna et Celsia, Stepii. ; Xanthia et Polia , Boisd. ; Noctua , Latr. Chenilles moins allongées que celles du genre précédent , luisantes, de couleurs sales, miuiies de plaques ucaillnirses 55o AiNiNALES sur les premier et douzième anneaux. Elles vivent, soit dans l'intérieur des tiges, soit dans les racines des plantes. Chrysalides luisantes, assez allongées, reni'ermées tantôt dans les liges où les chenilles ont vécu, tantôt dans une ca~ vite de terre agglutinée, près des racines. Insecte parfait. Antennes épaisses ou subciliées dans les mâles, fdiformes dans les femelles. Palpes dépassant peu ou point la tête, remontants, assez velus; leur dernier article bien distinct , nu , court. Thorax assez robuste , subcarré , muni d'une petite crête derrière le collier (prolhorax). Ab- domen dépassant les ailes inférieures, crête sur les premiers anneaux dans les cf. Ailes supérieures ayant le bord termi- nal sinué au sommet , l'angle apical très-aigu , les lignes transverses toujours visibles, recouvrant les inférieures dans le repos et formant un toit incliné. Ailes inférieures mar- quées, au moins en dessous, d'une ligne transverse assez éloignée du bord terminal et d'un point central. Les chenilles de ce beau genre diffèrent peu de celles des JSonagria. Comme elles, elles sont vermiformes , de cou- leurs sales, souvent marquées de points noirs pilifères; mais elles sont généralement d'une forme moins allongée. Elles offrent h peu près les mêmes mœurs; mais toutefois les plantes aquatiques ne forment pas leur nourriture exclusive, puisque la chenille de la Flavago vit dans les tiges des Samùucus et môme des Vcrbascam, Les chrysalides ont éga- lement un rapport marqué avec celle du genre susnommé; c'est donc avec raison que les auteurs allemands et anglais ont fait suivre immédiatement le genre Nonagria du genre Gortyna, et nous ne saurions être, pourcette fois, de l'avis de M. Boisduval, qui a supprimé ce dernier genre et dissé- miné les espèces qu'il contenait, trompé sans doute par la dissemblance que présentent entre eux les insectes parfaits. Cette dissemblance, au reste, n'est pour ainsi dire qu'ap- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 53 1 parente; et si l'on observe l'abdomen allongé des Goriyna, si l'on se rappelle que celui des mâles a tout autant de pro- pension h tourner au gras que celui des I\'onagries , on re- connaît bien vite leur origine commune. Du reste, les ailes supérieures du genre qui nous occupe, loin de n'offrir que des nuances ternes et uniformes, sont souvent, au contraire, ornées des couleurs les plus vives; la belle et rare G. celsia, qui suffirait seule pour prouver notre assertion , n'est pas encore bien connue à l'état de chenille ; cependant elle nous semble avoir avec les autres espèces un air de famille qui se trouve encore confirmé par les vagues renseignements qu'on a pu obtenir jusqu'ici sur leurs premiers états. ESPÈCES. Celsia, Lin. Flavago, Hub. Tr. Dup. Var. Butilago, Fab. *LuT£AGO, Fab. Hub. Tr. MicACEA, Esp. Tr. Dup. Leucostigma, Hub. Tr. Var. Fiùrosa, Hub. Dup. Tribu V. Leucanidi , Mihi. Chenilles h seize pattes, de couleurs ternes, rayées lon"i- tudinalement, complètement rases et un peu allongées ou au contraire plus ou moins raccourcies, et à points trapézoïdaux subtuberculeux, munis chacun d'un poil très-visible. Tête toujours un peu rétractile. Elles vivent cachées, soit sous les plantes basses, soit dans l'intérieur des tiges des grami- 532 AINNALESI nées, mais elles se nourrissent exclusivement de leurs feuilles. Chrysalides lisses, parfois un peu allongées, renfermées dans des coques peu consistantes, soit dans la terre, soit à sa surface, et quelquefois logées dans l'intérieur des tiges où les chenilles passent souvent l'hiver. Insecte parfait. Taille petite ou moyenne. Antennes de longueur moyenne, rarement ciliées dans les cf. Palpes droits ou peu ascendants. Spiritrompe de longueur moyenne. Thorax point ou peu crêlé , jamais hien carré. Abdomen dépassant les ailes inférieures, rarement crête, terminé car- rément dans les cf et coniqnement dans les $. ^Ailes supé- rieures recouvrant les inférieures, en toit incliné, de cou- leurs ternes. Voici une tribu composée d'insectes peu brillants, mais fort intéressants à étudier. C'est principalement à l'état de chenilles qu'on les rencontre; aussi une grande partie des espèces est-elle connue depuis assez peu de temps, et en reste-t-il encore indubitablement un grand nombre h dé- couvrir. J'en connais une certaine quantité de nouvelles qui n'ont point encore été nommées, ou dont les noms sont en- core inédits; mais ils seront certainement publiés d'ici à ])eu de tenjps. M. Trcitschke a fait connaître de son côté, dans son Supplément, plusieurs espèces découvertes par Dabi en Sicile, et il est à regretter qu'elles ne soient pas plus répandues , dans les collections françaises, pour qu'on puisse, en les comparant, éviter sûrement les doubles em- plois . Les Chenilles de cette tribu peuvent se partager en deux divisions assez naturelles, mais qui, liées entre elles par des genres intermédiaires, ne sauraient être complètement iso- lées. Celles qui composent la première sont eflilées, allon- gées, rases, et traversées longiludinalemcnl par une grande DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 355 quanlitc de lignes ou de bandes; tandis que celles de la se- conde sont courtes, ramassées, traversées seulement par les lignes ordinaires, et munies de poils isolés, mais très-vi- sibles. Toutes sont de couleurs ternes ou insignifiantes ; le gris et la couleur de roseau desséché y dominent; aucune ne vit à découvert , et plusieurs ont des mœurs assez cu- rieuses, qui seront détaillées à chaque genre. Les feuilles des graminées terrestres ou aquatiques, et de quelques plantes basses, telles que les rmnex , piantago , alsine , etc., voilà leur nourriture exclusive. On a prétendu que celle de la Car. Tr'dinea se nourrissait de feuilles d'arbres ; mais il suffit d'élever cette chenille pour se convaincre du con- traire. D'après ce que je viens de dire sur les mœurs de ces espèces, on voit qu'elles' diffèrent complètement de celles des Nonagrides, puisqu'elles vivent exclusivement de feu'd- les, et non de la moelle des plantes. Cependant plusieurs espèces du genre Apaviea, dont les papillons ont beaucoup d'affinité avec ceux du genre Gortyna, me sont encore in- connues. Peut-être ces espèces devront - elles , quand on connaîtra mieux leurs mœurs , être reportées dans cette tribu. Les insectes parfaits n'ont rien de saillant. Comme leurs chenilles, ils sont en général de couleurs pâles ou grisâtres; ils volent bien, mais seulement le soir, et plusieurs se trou- \ent commune. lient au crépuscule, différents en cela de ceux de la tribu précédente, qui font rarement usage de leurs ailes. Gen. L Âpamea. Ocns. Boisi). ; Apamea et Mlana, Stepii. Chenilles lisses, cylindriques, rases, à tète assez grosse. 534 ANNALES un peu rétractile. Elles vivent de plantes basses ou de gra- minées, et se retirent parfois dans leurs tiges. Chrysalides cylindrico-conicjnes, luisantes, ù peau mince, renfermées dans des coques légères h la surface de la terre ou entre les mousses et les feuilles sèches. Insecte parfait. Antennes filiformes ou subcrénelées dans les d'. Palpes dépassant peu la tête, droits ou peu remon- tants; leur dernier article assez court , nu. Thorax velu, peu carré , ayant une petite crête bifide derrière le collier et une autre h sa jonction avec l'abdomen; celui-ci dépas- sant les ailes inférieures, souvent crête, même dans les Ç . Ailes supérieures arrondies au bord terminal, subdentées, n'ayant des taches ordinaires que la réniforme de bien dis- tincte, les lignes assez bien marquées, surtout l'anté-termi- nale, qui circonscrit entre elle et la frange un espace tou- jours plus foncé que la couleur du fond. Ce genre ne me paraît pas parfaitement homogène ; mais, ne connaissant pas une grande quantité de ses chenilles, je n'ai pas osé le démembrer, et je le donne ici à peu près comme les auteurs allemands l'ont publié : j'en ai seulement retranché VOcclusa, qui appartient évidemment aux Hadé- nides, malgré sa ressemblance apparente avec Didyma, et j'y ai ajouté la Gemma, qui diffère à peine, à l'état de che- nille, de cette dernière et de sa voisine Unanimls , et qui par conséquent ne saurait rentrer dans la tribu susmen- tionnée. A l'état même d'insecte parfait, la véritable Gemina a le plus grand rapport avec toutes les Apamea; mais comme elle varie beaucoup, ou lui a souvent associé des variétés qui appartiennent à des espèces fort éloignées , telles que Tlialassina et même Suasa , et il faut se défier des Geviina qui n'ont pas été obtenues de Chenille. La NicUtans qui commence ce genre a de grands rapports avec les espèces du genre Goriyna, auxquelles elle forme un DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 535 passage Irès-naturel; il en est de même de V ImbeciUa. Il existe d'autres espèces d^Apamea qui vivent, dit-on, dans l'intérieur des graminées , telles que Latrunada , Furiin- cula, etc. ; mais n'ayant jamais eu occasion de les étudier de près , je ne sais si elles se nourrissent de la moelle ou des feuilles de ces plantes, et si en un mot elles ne devraient pas constituer un genre particulier sous le nom de Miana que leur a donné M. Stephens. liSPÈGES. A. NicTiTANs, Linn. \av. Fucosa, Frey. Var. Clirysographa, Hub. Imbecil;la, Fab. B. Latruncula, W. V. Var. SirlgUls, Linu. Yar. Acrata, Frey. Latruncula, Hub. * C4APTIUKCrLA, Tr. FURUNCULA, w, V. * SUFFURUNCULA, Tr. C Ophiogramua, Esp. DiDYMA, Bork. Var. Secatina, Hub. Var. Niclitans, Ilub. Var. Unanimis, Hub. Unakimis, Tr. Suppl. Gemina, Tr. Hub. 336 (ANNALES ESPÈCES. Infesta, Och. Var. Anceps, Dup. Testacea, Hub. * Dumerilii, Dup. Gen. II. Mytlùmna. OcHS. Treits. Boisd, ; Mytlùmna et Segetla, Stepii. Chenilles h seize pattes, rases, cylindriques, peu atté- nuées aux extrémités, ayant la ligne vasculaire bien conti- nue et très-prononcée. Elles vivent de graminées, et se tien- nent cachées sous leurs touffes pendant le jour. Chrysalides lisses, luisantes, cylindrico-coniques, ren- fermées dans de légères coques, dans la terre ou à sa surface. Insectes parfaits. Antennes simples dans les deux sexes. Palpes dépassant peu le front, velus, leur dernier article court. Toupet frontal nullement proéminent , d'une seule touffe. Thorax convexe, velu, subcarré, garni d'une touffe peu saillante derrière le collier. Abdomen dépassant les ailes inférieures, non crête, terminé carrément dans les cf, et en pointe bien prononcée dans les $ . Ailes supérieures arron- dies et entières au bord terminal, ayant au moins l'une des deux taches plus claire que le fond. Pattes très-velues , au moins dans les d'. Ce genre' a subi bien des modifications , et dans le fait c'était un des moins homogènes des Noctuélides; malgré le peu d'espèces qu'il renfermait , on en a successivement re- tranché, et avec raison, la Neglecta, qui appartient aux Or- thosides, les Albipioicta et Lylkargyria, qui sont mieux pla- cées dans le genre suivant ; la Ncxa , qu'on a reconnu ap- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 35; parlenirpar les mœurs de sa 'cheuille à la tribu des Nona- grides; et enfin les Oxaiina et Acetosellœ, qui, parla nour- riture de leurs chenilles, les antennes des insectes parfaits et leur faciès général, ne pouvaient y rester sans disparate. M. Treitschke, en revanche, et M. Boisduval, à son exem- ple, y ont ajouté dans ces derniers temps les espèces nom- mées Cytherea (Tcxta) et Prospiciia, et j'avais suivi leur au- torité dans les catalogues manuscrits que j'ai communiqués h quelques auiis ; mais mon collaborateur, M. Duponchel , qui a bien voulu m'adresser quelques observations sur mon travail, m'a fait remarquer que ces deux espèces si brillantes ont bien peu de rapport, à l'état d'insecte parfait, avec le genre Mythimna et les autres de la même tribu, comme leurs chenilles, qui, il est vrai, s'en rapprochent bien davan- tage, n'ont cependant rien d'exclusif. J'ai transporté ces deux belles espèces dans la tribu des Noctuélides , auprès des Triphœna, en adoptant le nom générique de Cerigo créé par M. Stephens. Ainsi restreint ,' le genre Mythimna ne renferme que des espèces qui, sous tous leurs états, ont la plus grande analogie avec les Leacania ; leurs mœurs, leur nourriture sont les mêmes, et même la chenille de Tune d'elles [Xanthographa) diffère peu de celles des Leucnnia Albipuncta et Lythargy- ria ; cependant on la reconnaîtra toujours sûrement à la largeur et à la continuité de la ligne vasculaire. Les papillons se divisent bien naturellement en deux petites sections. ESPACES. A. Xanthographa, Fab. * Implexa, Tr. B. TuRCA, Linn. 538 • ANNALES Gen. III. Leucania. OcHS. Treits. Boisd. Steph. Chenilles h seize pattes, rases, cylindriques, plus ou moins atténuées aux extrémités, traversées dans leur longueur par une grande quantité de lignes fines, h tète subglobuleusc, un peu rétraclile. Elles vivent de graminées, et se tiennent cachées pendant le jour, soit entre leurs toufles , soit sous les feuilles sèches, soit enfin dans l'intérieur des tiges cou- pées, dans lesquelles plusieurs passent l'hiver, mais sans en manger la moelle. Chrysalides lisses , luisantes , parfois \\n peu allongées , contenues dans des coques légères, tantôt dans la terre, tan- tôt, mais accidentellement, dans les liges des grandes gra- minées, entre deux cloisons composées de rognures. Insectes parfaits. Antennes simples dans les deux sexes. Palpes droits ou peu ascendants, assez épais, leur dernier article très-court et h peine distinct. Thorax lisse, velu, sub- carré. Abdomen dépassant les ailes inférieures, non crélé, terminé carrément dans les cf et en pointe plus ou moins obtuse dans les Ç. Ailes supérieures entières au bord ter- minal ; celui-ci coupé un peu carrément et parfois assez aigu au sommet; dessins peu variés, presque toujours composés de lignes longitudinales ; les autres lignes rarement visibles ; taches presque toujours réduites à un point à l'extrémité de la cellule. Pattes assez velues, et souvent une toulfe de poils noirs à la naissance de l'abdomen, en dessous. Voici un genre bien nombreux, mais cependant bien na- turel, et tel qu'il s'en trouve malheureusement peu de sem- blables dans la famille qui nous occupe. Toutes les chenilles qui le composent ont un air de famille qui frappe au premier abord ; elles sont toujours un i)eu allongées, de couleurs peu DE LA SOCIÉTl^ EiNTOMOLOGIQUK. ôaç) brillantes, et, outre les lignes ordinaires, qui sont toutes bien distinctes, elles en offrent d'accidentelles; de sorte qu'elles en paraissent presque entièrement couvertes. Toutos celles qui sont connues vivent de graminées et ont en général une croissance fort lente; aussi elles- mangent peu et seulement la nuit. Pendant le jour, elles se tapissent entre les touffes d'herbe ou sous les feuilles sèches et débris qui les avoi- sinent. \ Quelques-unes cependant offrent des mœurs exception- nelles et fort curieuses : ce sont celles qui se nourrissent des grandes graminées aquatiques du genre Arando et autres. Comme les tiges sont coupées fréquemment de main d'homme ou cassées naturellement, elles leur offrent une retraite aussi sure contre les oiseaux que difficile h découvrir par l'ento- mologiste qui n'est pas au fait de leurs habitudes ; elles s'y glissent et s'enfoncent jusqu'à ce qu'un nœud vienne les arrêter, et leurs excréments, qui comblent en partie ces tiges, témoignent qu'elles ne quittent cet abri que rarement; le soir elles grimpent le long des feuilles et les rongent , et bien des fois, à l'aide d'une lanterne, j'en ai surpris ainsi. C'est donc une grande erreur que d'avoir prétendu qu'elles se nourrissent de la moelle des plantes , à la manière des No- nagria (i). Quand arrivent les premières gelées, ces che- (i) Je crois être le premier qui ait relevé cette erreur, dans un Mémoire lu à la Société en i8/)5 ; mais les dessins qui accompagnaient ma notice ayant été égarés, elle ne l'ut point imprimée. Quand j'eus la certitude que mes des- sins étaient irrévocalilement perdus, je me disposai à en iaire de nouveaux ; mais alori parut le io«^ volume de M. Treitscbke ( supplément ), et, voyant que des correspondants de cet entomologiste avaient l'ait des observations identiques avec les miennes, je jugeai inutile de publier deux fois le même fait pour une vaine question de priorité, et je supprimai mou Mémoire. Je ferai seulement observer ici, puisque l'occasion s'en présente, que la che- nille de rObsolcta qui faisait le sujet de la notice en question a été décrite très -imparfaitement, le coirespcndynt de M. Treitscbke paraissant ne 34o AiVNALES nilles se retirent une dernière fois dans leur tige, et elles y filent, an-dessus et au-dessous d'elles, deux petits planchers qu'elles entremêlent de rognures de roseau; là elles s'en- gourdissent, se contractent et perdent leurs couleurs. Elles passent ainsi tout l'hiver et une partie du printemps, et se changent ensuite en chrysalide sans quitter leur réduit. On voit donc que malgré leur rapport avec celles de la tribu des Nonagrides, elles en dillèrent essentiellement, d'abord par leur nourriture, et ensuite en ce qu'elles ne percent les ro- seaux ni pour entrer ni pour sortir, et que le papillon éclot directement par le haut de la tige. Les insectes parfaits du genre Leacania sont peu remar- quables et tous très-voisins les uns des autres. Ils sont de couleurs tomes , grisâtres , et n'offrent rien de particulier dans leurs habitudes. Généralement ils volent au crépus- cule, et la plupart ont deux générations par an , au moins dans les pays tempérés. ESPÈCES. CoNIGERA (i), Fab. Albipuncta, Fab. LiTHARGYRIA, Ilub. Ze/E, Dup. VlTELLINA, Hub. MUSCULOSA, Hub. l'avoir observée que sur des individus retirés dans les tiges pour y passer l'hiver, et sur lesquels les dessins sont presque complètement effacés. J'en donnerai une description détaillée dans l'Iconographie des Chenilles que je publie avec M. Duponchel. (i) Je n'ai pas vu la chenille de cotte espèce et je ne suis pas bien sûr qu'elle n'appartienne pas au genre précédent. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCî iCE. 54 1 ESl'kCES. CoMMA, Llnn. * \ar. ? Congene7\ Hub. 618. PCDORINA, Hub. * Var. ? Impudcns, Hub. * Congru A. Tr. RiPARiA, Ramb. L. Album, Linn. PUNCTOSA, Tr. * Var. ?? Putrrsccns , Hub, N. Sp. Alrigutta. LOREYI, Dup. N. Sp. Obsoleta, Hub. Amnicola, Ramb. * Caricis, Dahl. Tr. * SicuLA, Dabi. Tr. N. Sp. Bathyerga. Straminea, Tr. Impura, Hub. Tr. * LuTosA, Hub. * Elymi , Tr. Pallens, Linn. Var. Ectypa, Hub. Var. Pallida, Bork. Gen. IV. Siinyra. OcHs. Treits. Stepii. ; Lcucanla , Boisd. Chcuilles à seize pâlies, cylindriques, ayant les poiuis trapézoïdaux ctlaléraux élevés en forme de verrues et don- VI. 'iO 34'i ANNALES nant naissance h des poils distincls. Elles vivent sur les plantes basses ou sur les graminées. Chrysalides lisses, cylindrico-coniques, renfermées dans des coques composées de soie et de débris de végétaux, et placées îi la surlacc de la terre. Insecte parfait, lintennes courtes, épaisses ou ciliées dans les cff. Palpes ne dépassant pas la tète, très-courts, grêles et incumbents. Thorax lisse, velu et même subîaineux, ar- rondi. Abdomen court et grêle dans les ç^ , gros , long et cylindrico-conique dans les $. Ailes supérieures étroites, Irt's-aîguës au sommet cl comme lancéolées , sans taches ni lignes transversales, rayées longitudinaîement. Ce genre, créé par les aiUcnrs allemands, a été réuni au précédent par M. Boisduvai, dnns son Index ; mais je doulc que cet entomologiste, qui doit avoir maintenant étudié de plus près les espèces qui le composent, persiste dans cette réunion. En effet, une foule de caractères le distinguent, tant II l'état de chenille que sous celui d'insecte pariait. Je ne répéterai pas ici ces caractères, qu'on fera ressortir aisé- ment en comparant mes phases génériques. Les Symira lient parfaitement les Lciicania avec les Ca~ radrlna. Elles n'ont rien de saillant dans leurs mœurs sous aucun de leurs états, tît se rapprochent ù la fois, sous ce rapport, des deux genres auxquels elles l'onl transition. Ksi't;ciis. ViiNosA, Bork. NicnvosA, 'W. V. *? DiinosA, Tr. DE LA SOCihTK ENTO^llOLOGIQUE. r>4ô G r n . V . Co va drbia . Cens. TniîiTS. Boisd. Steph. Chenilles à seize patlcs, courtes, plus ou moins aplaties en dessous, h tête petite, atténuées aux extrémités, souvent rugueuses, ayant presque toujours les points ordinaires sail- lants, en l'orme de petites verrues, qui donnent naissance chacune ii un poil hien distinct et le plus souvent recourhé. Elles sont paresseuses et vivent de plantes basses sous les • quelles elles se tiennent cachées pendant le jour. Chrysalides assez courtes, lisses, cylindrico-coniques, h peau fine, renfermées dans des coques ovoïdes composées de terre et de soie, et enterrées assez prolondément. Insecte parfait. Antennes simples ou légèrement ciliées dans les o^. Palpes dépassant un peu le Iront, ascendants, leur troisième article court , nu , mais bien distinct , le deuxième taché extérieurement de brun. Thorax lisse , un peu arrondi. Abdomen dépassant peu les ailes inférieures, non crête. Ailes supérieures entières , arrondies au bord terminal, obtuses au sommet, ayant les taches distinctes, ainsi que les lignes, ou au moins l'anté -terminale. La plupart des chenilles de ce genre ont un faciès tout parlicidicr. Elles sont courtes, ramassées, d'un aspejct ru- gueux, et quelques-unes même, comme TriLinea, Aisincs^ ont cette forme à un si haut degré , qu'elles sont presque onisciformes. D'autres, au contraire, dont ies papillons sont cependant très-voisins, telle que Plantaginis , sont toul-à- fait cyiindri(jucs, mais très-atténuées aux extrémités ; mais ce qui distingue au premier abord toutes les chenilles des Caradrlna^cc sont les poils qui naissent des trapézoïdaux et des latéraux, et qui, quoiqti'cxisiant sur toutes les chenilles 344 AMNALES do NoclnéliJcs, sont ordinaîrcmenl à peine visibles. Ici, au conirairc, ils sont rudos, courls, mais gros, recourbes dans différents sens, suivant les espèces, cl presque toujours les points cjui leur donnent naissance sont élevés en forme de petites verrues. Tontes ces chenilles sontlcntes et paresseuses, et plusieurs même sont tout-h-fait incrle^s dans leur état habituel ; elles mangent assez peu h la fois, et leur croissance est très-lon- j^ue : beaucoup passent l'hiver et ne parviennent à tonte leur taille (jii'à la fin du printemps de l'année suivante; (]ueb[ues-unes cependant ont deux générations par an. Leur nourritin-e diflere de celle des genres précédents; car, bien cpîe (juelques-unes vivent de graminées, presque toutes pré- fèrent les planta Q^o , rumex , alslne , xmlcruinella et autres plantes qui cons(>rvent leur verdure pendant l'hiver. C'est principalement dans cette saison qu'il faut les chercher; elles s'abritent sous les pieds de verbascum, de chardons, de digitales, se fourrent dans les feuilles sèches recoquil- lées, se tapissent sous les pierres et même dans le gravier. Quand le temps est doux et le soleil pur, elles se traînent sous les feuilles qui les nourrissent et mangent un peu; mais le moindre iVoid les replonge dans leur léthargie. Gomme dans la plupart des genres, les insectes parfaits sont beaucoup moins intéressants h étudier que leurs che- nilles. Ceux-ci u'oiTrent rien de saillant dans leurs couleurs ni dans leurs dessins; plusieurs ont un l'aciès exceptionnel : leur' corps très-grèle, leurs ailes inférieures lin'santcs et comme irisées, les rapprochent des espèces du genre ^Igrotis, et ce n'est pas sans quelque raison qu'un de nos meillems observateurs, M. Rambur, a proposé (tom. i, pag. 287 de ces Annales) de les y rapporter; au nmins ne doivent-elles pas en être aussi éloignées qu'elles l'étaient dans les mé- thodes suivies. jusqn'h ce jour. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOlilQyE. 5^5 ESPACES. A. Trilinea, W. V. BlLK>EA, Hub. B. Respersa, îîub. Plant AGiNis, îluî). Dup. Ambii^aa, Tr. Bl.ANDA, Ilub. * Vhf. ? Super Aies, Och. Alsinks, Hub. Lenta , Tr. MoRPUiiUs, Tr. Yar. ? Taraxaci, Hub. FuscicoRNis, Ramb. * Aspersa, Ramb. GUBICULARIS, W. V. Exigu a, Hub. * Var. ? Fulgens, Hub. * LuRiDA, Tr. * Pygm^îa, Ramb. * Stagnicola, Tr. * Palustris, Hub. * DupoNCKELii (i) Boisd. ( i ) Il y a ici, comme je l'indique par une •jplusieurs espèces que je n'ai pas Tiies en nature : jen'ai donc pas lacei'tilude qu'elles soient bien coordonnées. 11 ena (Jlé découvert nne dans cesderniers temps qu'on nomme Kan'cnli; je ne l'ai pas non plus observée. Je saisis r..)Ccasion de celte note pou^r faire r)bserver qu'il existe une grande conlusiun dans les espèces nommées lUanda, Sitper.stcs, Plaiilaginis, Alsincx cl Taraxaci; elics sont p» ur la plu- part mal nommées dans les eollections, et les auteurs même les ont confon- dues. Il y a, je pense, un nom de trop, du moins tout ce que j'ai reçu t-ous If nom de Taraxaci appartenait à Blanda ou 5 Morplteus. .î^ft ANNALES Gcn. M. Busiiut. Stiîph. Mihi ; iXoctaa, Boisu. ; Agrolis , Ocn. Treits. Chenilles à seize pattes , peu allongées , atténuées aux cxlréniités, marquées de lignes longitudinales, à lèle petite. Elles vivent si:r les plantes basses , et se tiennent cachées sous des débris pondant le Jour. Chrysalides lisses, luisantes, cylîndrico-coniques, renfer- mées dans une légère coque de terre. Insectes parfaits. Antennes i'ortcmcnt ciliées dans les o", et nn peu dans les $ . Palpes dépassant notablement le iront, un peu ascendants, comprimés ; le dernier article assez long, nu. Thorax peu carré, lisse, velu. Abdomen dépassant h peine les ailes inférieures, lisse. Pattes longues, h ergots Irès-prononcés da;îs les o^. Ailes supérieures entières, ob- tuses au somiiîct, luisantes, avec les deux lignes médianes visibles, ainsi que la tache réniforme, et les inférieures bien développées. Par la forme et les mœurs de ses chenilles , ce genre se rapproche des Caradr'ina. L'insecte parfait a aussi quelques rapports avec certaines espèces de ce genre; n)ais il s'en éloigne par plusieurs caractères, et surtout par les antennes très-ciliées des rf. II forme un passage très-naturel au pre- mier genre de la tribu suivante [Hcliopkobus) ; cependant ses premiers états, et même le faciès des insectes parfaits, ne permettent pas de le laisser dans le genre Agrotis, dont \\ faisait partie dans l'ancienne méthode. Les jiapilions aiment h se cacher le jour sous les feuilles, et^ tjuand ils sont trou- blés dans leurs retraites , ils volent , même au soleil ; mais i's ne tardent pas à s'abattre eî h se caclicr de nouveau. Les chenilles mangent presque indislinclement toutes les DE LA SOCîÈTÉ ENTOMOLOGIQÎJE. 347 planlcs basses, et se tiennent cachées absolument à la ma- nière des Caradrina. C'est a-assirhivcr qu'on les rencontre; mais elles se métamorphosent dans le courant même do cette saison. r.spiici:. Tenebrosa , ïlub. Tribu YI. Noctuelidi. Boisd. Mihî ; Noctuclitcs ,hvi\v. ; Nociuida, Steph. Chenilles h seize pattes, cylindriques, rases, lisses, sans éminences, souvent luisantes ou veloutées, vivant toutes de plantes basses; les unes rongeant leurs racines, les autres leurs feuilles; se tenant toujours soigneusement cachées pendant le jour, tantôt sous les débris, les feuilles basses, les pierres, etc., taiîtôt dans des trous ou galeries qu'elles se pratiquent dans la terre. Chrysalides lisses , hiisantes, cylindrico-coniques, ren- fermées dans des coques peu solides, composées toutes do terre et enterrées, ou même simplement contenues dans des cavités pratiquées dans la terre. Insectes parfails. Antennes simples ou ciliées. Palpes bien développés, droits ou peu ascendants; leur second article large, velu, comprimé latéralement, le troisième court. Spirilrompe de longueur moyenne ou courte. Pattes lon- gues, fortes, h ergots prononcés. Ailes supérieures épaisses, h taches ordinairement distinctes; au repos, les supéricîures couvrant entièrement les inférieures, et tantôt disposées en toit peu incliné, tantôt se recouvrant en partie, ce qui donne îi l'insecte une forme étroite et allongée. Vol crépusculaire ou même dinriîc toujours rapide, mais peu prolongé. 348 ANNALES Celte tribu, comme la précédente, contient encore deux divisions assez tranchées, et j'en avais d'abord fait deux tribus, dont la première portait le nom dVigrofà/t; mais tant que le genre Agrolis, c«ui jusqu'ici est un chaos inextri- cable , ne sera pas parfaitement connu dans ses premiers états , cette scission sera très-difficile h opérer d'une ma- nière bien rationnelle; ainsi donc j'ai mieux aimé laisser les choses h peu près comme elles étaient, que de corriger d'une manière trop imparfaite. Plus tard, quand le genre yigroi £5 aura été convenablement démontré , si l'on trouve des li- mites bien positives, et qui puissent subsister même sur les insectes parfaits, la tribu des Agrotidcs devra nécessaire- ment être établie et ne sera pas une des moins naturelles. Ouoi qu'il en soit, cette division est fondée sur les diffé- rences suivantes : certaines chenilles de la tribu qui nous occupe sont mates , veloutées , ornées de couleurs assez vives et marquées de dessins bien tranchés, au nombre des- quels figurent principalement les sons dorsales , qui sont noires, veloutées, interrompues, mais presque toujours vi- sibles sur le onzième anneau, où elles iigurcnt deux taches cunéiformes. Ces chenilles vivent des feuilles des plantes basses et fuient la lumière ; mais elles ne cherchent pas d'autres abris que les feuilles sèches , les débris , les moiis- ses, etc., etc., et diifèrent peu, sous ce rapport, de celles de la tribu précédente, et même de quelques-unes de la tribu des Ortltosidcs. D'autres, au contraire , sont luisantes, de couleurs pâles et sales; elles offrent pour dessin principal les points trapézoïdaux, qui sontsubverruqueux, luisants et par- fois comme métalîi([ues ; elles ont au premier abord l'aspect de Vers ou de Lombrics, et leurs mœurs ont quelques rapports avec celles de ces derniers animaux. Eu efiet elles ne se con- tentent pas de se cacher sous lespl anles : la plupart s'en- foncenl en terre, y pralicpicnt des cavités plus ou moins DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQUE. 349 profondes et n'en sortent qne rarement ; aussi leur nourri- ture consiste plutôt en racines qu'en feuilles de plantes ; ce- pendant plusieurs attaquent aussi CCS dernières; mais alors elles se bornent ordinairement aux plus basses, et ne sortent de leur trou que la partie de leur corps qui leur est stricte- ment nécessaire pour y atteindre. C'est un spectacle curieux que de voir celles qu'on élève en captivité forcées de sortir en entier pour chercher une nourriture qui n'est plus autant à leur portée que dans la nature : il semble que l'air ne soit pas leur élément ou qu'elles ne puissent le respirer que dans leurs souterrains. Que si on plante directement dans la terre qu'on leur fournit l'herbe qui doit les nourrir, c'est un autre plaisir que d'observer toutes ces feuilles en mouvement sans qu'on puisse en voir la cause, et, quand on les quitte quel- ques heures, de voir des touffes énormes dévorées par ces ('ires invisibles. Et qu'on ne croie pas que j'embellisse h piaisir mon sujet : il m'est souvent arrivé de nourrir une saison entière des larves diAgrotls sans les apercevoir une seule fois, et de reirouver littéralement dans mes poudriers le papillon h la place de ia chenille que j'y avais mise. Toutefois il faut convenir que ces mœurs sont loin d'être exclusives. V\\xsm\x\^ jlgroiis vivent cloîtrées moins rigou- reusement ; quelqnea-unes mêmes se rapprochent, sous ce rapport, des iVoci^a proprement dites, et c'est ce qui rend la scission dont j'ai parlé plus haut beaucoup plus délicate encore à effectuer. En résumé, toutes les chenilles des Noctuélides sont épaisses, cylindriques, et dépourvues de toute espèce d'émi- nencc autre que les points trapézoïdaux. Toutes vivent exclu- sivement de plantes basses, fuient hi lumière du jour, et s'en- foncent en terre pour se chrysalider. Les ])apillons qui en proviennent sont parfois assez brillants, presque toujours munis de longues j)aUes à ergots prononcés, et leurs palpes 5 50 vUNiNALES sont généralement bien développés. Ils ont un vol rapide; mais plusienrs se ressentent, pour ainsi dire, de leur ori- gine , et passent presque toute leur vie tapis dans les trous des arbres ou les interstices des rochers. C'est à cette tribu qu'appartiennent presque tous ceux qu'on trouve dans les maisons de campagne glissés dans les feuillures des vo- lets, dans les jointures des portes ou collés aux parties ob- scures des murailles et des plafonds. Si nous les voyons si souvent dans nos habitations, cela tient à ce que leurs che- nilles sont , pour ainsi dire , nos ennemies intimes : ce sont nos jardins, nos vergers, nos cours qu'elles choisissent pour théâtre de leurs ravages ; les légumes que nous cultivons avec soin ou les plantes parasites qui poussent malgré nous jusque sous nos pieds, leur sont également bons, et c'est dans cette tribu que se trouvent les chenilles des noctuelles les plus nuisibles h l'agriculture. Gen. I. Ilciiophobas. BoiSD. Stepii. Episema et Iladena , Treits. Chenilles à seize pattes, épaisses, cylindriques, à tête globuleuse, vivant sur les graminées ou les plantes basses , se tenant pendant le jour soigneusement cachées et ne sor- tant que la nuit pour manger. Chrysalides lisses , cylindrico-coniques , épaisses , ren- fermées dans des coques légères, soitdans la terre, soit entre les mousses. Insectes parfaits. Antennes assez longues, très-fortement ciliées jusqu%^ l'extrémité dans les c^, filiformes et très- minces dans les ? . Palpes presque droits, leur dernier ar- ticle bien distinct. Spirilromc courte . Thorax carré, velu, hérissé. Abdomen dépassant les ailes inférieures , cylin- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 55i driqnc cL Icrminé carrément dans les cf , très-gros et ter- miné en cône obtus dans les $ , souvent annelé de clair et de foncé. Ailes supérieures ayant les taches réniforme et orbiculaire très-distinctes et plus claires que le lond; la ligue anté-terminale précédée de taches sagittées, et les nervures, ou au moins quelques-unes, plus claires que le fond. Ailes inférieures non transparentes ni irisées. Ce genre, tel qu'il avait été créé par M. Boisduval dans son Index, était assez héiérogène, et cet excellent entomo- logiste paraît l'avoir depuis senti lui-même , à en juger par les figures de son Icônes dont le texte n'a point encore paru. Au reste il est fort difficile, même aujourd'hui, de le limiter d'une nianière satisfaisante, car la plus grande par- lie de ses chenilles est encore inconnue. D'après les rcnsci- gnemenls que je possède sur quelques-unes d'entre elles, elles diilereraient surtout de celles des véritables, y^g'roù's, d'abord en ce qu'elles sont de couleurs moins sales , moins luisantes, en un mot en ce qu'elles ne ressemblent pas comme elles à des vers , et ensuite en ce qu'elles vivent moins cachées. Les papillons ont toujours les anleimes très- ciliées jusqu'à l'extrémité, et quelques autres caractères communs; les plus constants sont tirés des ailes, et je ren- voie, pour en juger, h l'alinéa précédent, afin de ne pas me répéter inutilement. ESl'liCES. A. Craminis, Linn. Var. Triciispis, \lvv,. BoKTicA, Ranib. (i). (i) Je ne possède que la J. - iSuta. M. Hïjiadiival, dans .son Iccncs, figure, ôr^m, le (><.-iii(; Iletiopliobus 35-2 AINJNALES ESPÈCES. Optabilis, Boisd. ^nou Hub.), * Albineura, Boisd. B. Leucopiioea, W. V. C. Hirta, Hub. Boisd. PiLOSA, Boisd. Illrla, Du}). PopuLARis, Fab. * ViTTALBA, Treits. Gen. II. Agrolis. Ocu. Treits. Steph. Boisd. (Icônes). Noclua, Boisd. {Index). Clienilles h seiza pattes, cylindriques, peu atténuées aux extrémités, rases, lisses, luisantes , ayant les points ordi- naires presque toujours subverruqueux et luisants ; munies d'une plaque écailleuse bien distincte sur la nuque. Elles vivent des racines ou des feuilles des plantes basses et se tiennent soigneusement cachées pendant le jour, tantôt di- l'espèce nommée Obesa, qui paraît pouvoir s'y placer ; mais il serait alors de toute nécessité d'y faire entrer aussi les Crassa et Lata, qui ne peuvent Être séparés de la première. Or le même auteur vient de figurer dans sa collection dos Clienilles, celles de la Crassa, sous le nom générique à.' A i;roiis, dont elle a , en effet , Ions les caractères. Le peu de renseignements qu'on possède s'ir la chenille de VOiesa suQlt cependant pour prouver qu'elle ap- partient aussi aux A^rotls, et il doit en être de même île la Lata. Ainsi floue, malgré l'autorité de M. T.eitschke, qui a tans doute déterminé M. Boisdu- val, jene saurais considérer comme rationnel le classement de ces espèces si voisines dans des genres diflerenls. DE LA SOGiÉTÈ ENTOMOLOCiQUE. 555 reclctneiU sous les tonffcs, les pierres, tantôt et plus sou- vent rclircos dans des cavités qu'elles se pratiquent dans la lerre. Chrysalides lulsanles, cylindrico-coniques , parfois gar- nies de petites pointes; enterrées plus ou moins profondé- ment, sans coques sensibles , ou du moins dans des coques très-peu solides. Insectes parfuits. Antennes plus ou moins ciliées ou seu- lement épaissies dans les cr*, filiformes dans les $. Palpes dépassant un peu la tète, droits ou très-peu ascendants. Le deuxième article large, velu , tronqué carrément au som- met; le troisième nu , tronqué à l'extrémité. Toupet fron- tal serré, d'une seule foulTc, mais oiFrant quelques dépres- sions. Spirilrompe de longueur moyenne. Thorax robuste, carré, h collier ordinairement relevé. Abdomen un peu déprimé, noncrèlé, subconique. Pattes longues, h ergots prononcés. Ailes supérieures obtuses à l'angle apical, som- ])rcs, ayant les trois taches ordinairement distinctes. Ailes inférieures h nervures bien visibles, souvent luisantes et comme irisées. Au repos ies supérieures couvrant les infé- rieures et donnant à l'insecte une forme oblongtie. C'est, de toute la tribu, le genre où il eviste le plus de confusion , parla raison qus les chenilles en sont très-peu connues. M. Treitschke en a retranché dans ces derniers temps toutes les espèces à ailes blondes et luisantes pour les transporter dans îe genre Amphlpyra ; peut-être, en elTet, devraient-elles former un genre particulier dans la tribu des Amphipyridcs ; mais on sent qu'il faudrait pour cela que leurs chenilles fussent parfaitement connues et oflris- sent des mœurs analogues ti celles des autres genres de cette tiibu, qui sont, comme on le sait, si différents sous ce rapport de celui qui nous occupe. D'un autre côté il y a l)î'Mi ans?) tnie certaines dissemblance entre les Saucio , 554 AISNALES jEqua, Ap'icola, cl les Scgctum , Tnix , etc. , puis entre ces dernières et les OcelUna, Alpcslris , etc., etc.; mais créer des gsnres avec ces groupes dans un moment où l'clude de leurs larves est si peu avancée , ce serait bâtir sur îc sable, et il vaut mieux laisser ces espèces dans une confu- sion avouée que de charger la mémoire des adeptes d'une classification qu'il faudrait détruire plus tard. Je laisse donc le genre Agrotis tel h peu près qu'il a été créé, et j'en re- tranche seulement les espèces évidemment déplacées, telles que : jEthlops, LutulcnUi, Pancratii. On sent bien qu'il est diflicilc de préciser les mœurs d'un genre aussi hétérogène. Parmi leurs chenilles les plus curieuses sont celles auxquelles se réduira nécessairement un jour le genre Agrotis, et j'en ai déjà parlé avec quelque détail dans les généralités de la tribu; mais on en a ob- servé d'autres qui sont de couleurs moins sales et qui vi- vent moins retirées, comme Polygona, Prœcox ^ liectan- gtUa, etc., etc. Les papillons ont généralement les mêmes mœurs; tous volent rapidement au crépuscule, ei se tiennent pondant le jour cachés dans les broussailles ou appliqués contre les arbres et les murs. Quelques-uns cependant volent en plein soleil, comme la Vailigera que j'ai quelquefois prise ainsi. Je crois faire plaisir aux amateurs en donnant une liste bien complète des espèces du genre Agrotis; mais je ne puis répondre de les avoir rangées convenablement , car il en est beaucoup que je n'ai pas vues, ainsi qu'on en jugera par les * dont elles sont marquées. ESPtCîiS. Crassa, llub. Tr. Ouksa, Boisd. Tr * Lata, Tr. \ ALi.iGERA, Fab. DE LA SOCliiiTÉ E.NTOMOLOGiQÎJE. ô55 r,ypj;ci-s. * Endog.ea, Boisd. PuTA, llub. Cod. 'ù\ Renitens, Hub. Var. Lignosa, God. * Var. ? Sorduta, llab. * Spinifera, ïr. * Sagiïta, îlub. * Signât A, Boisd. RiP^E, Hub. Tr. C-URSORIA, Ilub. FuMosA, Fab. Var. Nlgricans, Fab. * Var. Rubricans, Esp. Var. Faliginca, Hub. Var. Carbonea, Hub. \ ar. Urs'ina, Cod. For.ciPUi.A, W. \. SlGNIFERA, Hub. Senka, Hub. Vnldnisis, And. Boisd. FlAVlDA, Hub. Pot.ygona, Fab. Pr/Ecox, Panz. Prccceps, God. Sagittifera, Hub. * Trifida, Fisch. SiMPLOMA, Frey. Hnb. * Ericetorum, Boisd. Décora, Bork. Latens, Htib. Var. Ignicola, Hub. PyROPinLA, Fab. LrciPETA, Fab. * ÎS'ycTiMERA, Boisd. * Vallesiaca, And. * FuscA, Boisd. * Du.metorijM. Boisd. * BiRiviA, Hub. * Grisescens, Tr. * Pienigera, Hub. Catalecua, Boisd. And. Helvetiwa, And. Boisd. Fugax, Ocb. FiMBRiOLA, Hub. Var. Mararigiuv, Dup. MULTANGULA , Hub. PlECTANGULA, Fab. * Anderreggii, Boisd. OCELLINA, Boisd. Alpestris, And Boi.^d. * DiANTui, God. LlDIA, Hub. Agathina, God. Flammatra, Fab. Aquilima, Hub. God. Var. Rurls, God. Var. Montana, Dalh. * Var.? Flclilis, Hub. * Var. '}Pralicola, Hub. 5G7. \ ii.i.u-.usii, Guéni'c. 556 ANNALES ESPECES. Obelisca, ïr. God. Ruris, Hub. 567. * Var. Becussa, Hub. Erxjta, Hub. * Tritici, Boise]. IcoH. VlTTA, Hub. CiNEREA. Hub. CORTICEA, W. V. EXCLAMATIONIS, Liniî. * Var. ? Unicolor, Hub. Trux, Hub. Var.? Terranea, Frey. Cos, Hub. Segetum, ïr. God.' Var. Segetis, Hub. * Vav.? Fcrvida,li{ih. * Annexa, Tr. SuFFusA, Fab. Saucia, Hub. Var, JEqua, Hub, Agricolv. Boisd. Gen. 5. Xylopliasia. Steph. Mihl, Xylina. Ocn. Tr. Boisd. Chenilles h seize pâlies, cylindriques, épaisses, rases, lui- santes, à peau plus ou moins transparente, ayant ordinaire- ment les points ordinaires subvcrruqueux et luisants. Elles vivent de la racine des plantes ou des fcuiiles les plus basses, et se tiennent soigneusement cachées, soit dans les touf- fes, etc., soit dans des cavités qu'elles se pratiquent dans la terre auprès des racines. Chrysalides cyîindrico-coniques , luisantes, h peau fine, enterrées plus ou moins profondément, sans coques ou du moins dans des coques très-peu solides. Insectes par fails. Antennes i\ peine subciliécs dans les cf , filiformes dans les $ (simples h 1 œil nu, dans les deux sexes). Palpes dépassant un peu le front, un peu ascendants; le second article velu, épais, mais mal tronqué au soujmct; le troisième Î)K LA SOCIÉTH ENTOMOLOGIQUE. 55* i^oiirf, nu, obtus. Thorax rohusic, cnrri'', vclii, à colîior relevé ri suivi d'une crête bifide. Toupet frontal assez proéminent, uis me iircnoucei à piébcnl. Aint.i, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 509 Gcn. IV. Gtoltula\M'ih\). Cocyiia, Tkeits. ; Noctuu et IJadena^f J^/Q^SP' Chenilles h seize pattes, cylindriques, rases, luisanteSj à tcle petite, globuleuse, ayant les points ordinaires snbver- rncjucux et très-brillants. Elles vivent de plantes basses dont elles mangent les racines et les feuilles, et se cachent soigneusement pendant le jour. Chrysalides cylindrico-coniijues renfermées dans des coques de terre et enterrées. Insectes parfaits. Antennes Irès-courtes , simples et ab- solument semblables dans les deux sexes. Palpes dépassant ]>cu ou point la tête, droits, assez grêles; le dernier article court, tronqué au sommet. Spirilrompe très-courte et ru- dimcntaire, réduite à un double lîict grêle. Thorax convexe, siibcarré, velu, lisse. Abdomen gros, conique et crête dans les deux sexes. Ailes supérieures arrondies au bord lermi- il est encore doiitcux que la LllIioxyLa provienne de la même chenilit; que la rolyodon. Une personne, très -exacte ordinairement dans ses observations, m'a assuré le contraire, et j'élève en ce moment même les clienilies qui produiraient la première de ces espèces, et qui sont toutes différentes dp celles de Polyodon. Je possède la Var. Muxicalis, mais en mauvais état; M. lîoisduval la rapporte dans son Index à la Lithoxyfea ; pour moi je se- rais pluîôt porté à la croire variété de Riirea ou d'IIepa'ica on peut-être même espèce séparée. A côté de la Peirorliisa devrait peut-être se placer la Pulla, qui ne me paraît pas appartenir au genre Asteroxcopus ; mais je n'en ai vu que la femelle, et je n'ai pu d'ailleurs l'étudier sulTisamment. En- fin jescraisassezTlisposéà l'aire entrer dans ce genre la Vireni:, que M. Treits- clike, dans son Supplément, place à côléde tontes ces espèces; mais je ne connais pas la chenille, et je crois qn'd est prudent d'attendre de bons ren- seignements à ce sujet. En général les larves de ce genre sont assez diffi- ciles à étudier, et malheureusement plusieurs se rencontrent bien rare- ment. Je ne laisserai échapper aucun;; occasion de les bien observer, et |)Our jK'u que la Snricté v prenne quelque inlérèl , je lui ferai part du ré- sultat de mes recherches. 56o ANNALES liai, Irès-obluses à l'angle apical , et comme taillées en amande, nébuleuses , h lignes et taches peu distinctes, ex- cepté la réniforrae. Ce genre nouveau n été créé par M. Threitschke sous le nom de Cocytia ; mais cette dénomination est appliquée depuis long-temps h \\n genre créé par M. Boisduval dans sa Monographie des Zygénides. J'ai donc été forcé de la changer. Celle que je lui substitue appelle l'attention siir la spirilrompç, qui, par son extrême brièveté , forme dans les Noctuélides une anomalie peu commune. Le genre Glottula a été jusqu'ici confondu parmi les Agrotis , et, en effet, il s'en rapproche beaucoup si on n'examine que sa chenille. Sa forme, ses couleurs peu écla- tantes , bien que très-tranchées , et surtout les points ordi- naires , très-brillants et subverruqueux, marquent évidem- ment sa place dans cette tribu. Les vagues renseignements que j'ai pu obtenir jusqu'ici sur ses mœurs sulfisent ce- pendant pour me confirmer dans celte opinion. Mais si d'après la chenille on est tenté de laisser celle espèce dans le grand genre Agrotis, l'élude de l'insecte parfait vient bientôt rendre indispensable la création d'un genre nouveau , et cest ce (jue je laisse h apprécier à tous les entomoiogisles qui voudront bien jeter un coup-dceil sur les caractères que je donne plus haut en les comparant à ceux des /Jgrolis ou des Xylophasia. Les deux espèces qui composent ce genre ont les ailes inférieures d'un blanc mat et pur dans l<^s m-îles, et seulement légèrement om- brées (le noir au bord terminal dans les femelles. Elles li'ontélé trouvé(!s jusqu'ici que dans le midi de l'Europe. j spkcES. PAxrnATH. God. Tieils. Encai;sta. lîab. » DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOL'Iv 5Gi G en. \. I\ociita. LiNN. Trkits. Boisd. Stkpfi. , Graplùpkora , Och. Hub. Chenilles à seize pâlies, cylindriques, épaisses, non ;i(- lénuées aux extrémités, rases, veloutées, présentant ordi- nairement deux séries sous-dorsales de taches noires, dont les deux postérieures plus prononcées. Elles vivent de plantes basses sous lesquelles elles se tiennent cachées pen- dant le jour. Chrysalides cylindrico-coniques, lisses, enterrées plus ou moins profondément, sans coques sensibles ou dans des coques de terre ovoïdes très-fragiles. Insectes parfaits. — Antenn'^s simples ài'œil nu dans les deux sexes, palpes dépassant la tète, presque droits, com- primés latéralement; le deuxième article large, sécurjforme, taché extérieurement de noir; le troisième court, nu, ob- tus; thorax subcarré, ayant une petite crête derrière le col- lier, qui est peu ou point relevé; abdonu^n légèrement dé- priujé , lisse, terminé carrément par des poils dans les cf, cylindrico-conique dans les $ ; ailes supérieures arrondies au bord terminal, obtuses au sommet, ayant les deux ta- ches supérieures et parfois la cla\i!'oruîe distinctes, les deux ])remières souvent séparées par des taches noires ou bru- jies; ailes inférieures bien dévelo})pées; au repos, les ailes supérieures couvrant les inférieures et disposées en toit écrasé. Ici s'arrête complètement la série des chenilles souterrai- nes et vermiformes. Celles du genre Noclua et du reste de la tribu sont bien encore cachées pendant le jour, nijiis ja- mais enterrées. Elles sont d'ailleurs assez jolies pour la plu- part; leur aspect est phitùt velouté que luisant, et on com- mence à iijq)erce\oir chez elles ce.^ deux taches cunéiforme* 3{>2 ANNALES • que figurent les sous- dorsales sur le onzième anneau , et «jui sont si distinctes dans les TripkcBfM. C'est au premier jjrinlctnps qu'on les trouve presque toutes , bien qu'elles soient sorties de l'œuf dès l'automne précédent; aussi, quoi- que les leuilles des arbres soient encore dans toute leur verdure lors de leur naissance , la prévoyante nature les leur a interdites, car elles doivent subir leurs niélauiorpho- ses avant que la chaleur de la saison suivante ait fait repous- ser celles-ci de nouveau. Ainsi, les Bumex, les ALsincs, les PLanlago, 'es Prhnula , et autres plantes basses qui ne perdent pas. leurs feuilles , forment leur nourriture ex- clusive. Parvenues îi l'élat d'insectes parfaits, les ;Voc^«a repren- nent leur aflinilé de mœurs avec les Agrotis. Comme elles, on les trouve le soir suçant avidement le suc des fleurs , el le jour elles se cachent sous les broussailles ou se tiennent appliquées le long des murs et des troncs d'arbres. ; La principale section do ce genre est très-homogène, mais j'avoue qu'il n'en est pas de même des autres. Cepen- dant le groupe des PLecta, Musiva, etc., y est réuni depuis long-leaips. La Porphyrea que j'ai ajoutée me paraît pou- voir s'y placer sous tous ses étals, et enfin en y intercalant la GLircosa j'ai suivi l'opinion de M. Graslin , l'un des au- teurs de l'Iconographie dos Chenilles, publiée par M. lloret. Toutefois, ce dernier arrangement ne me satisfait pas par- faitement; mais n'ayant pu me procurer la Candelis€(jua , qui depuis long-temps fait ]>arlie du genre Noctua et qui par son faciès autorise, dit-on, la réunion de la Glareosa, j'ai mieux aimé laisser la question indécise quil. Porphyre V , Hub. Baja , Fab. Al'cur, Fab. BRU?iNEA , Fab. Festiva, W. V. Var. Ddhlii, Cod. Dahlii , Hub. Depuncta, Fab. Rhomboidea, Esp. Trlangulmn, Ocb. ? Sligmaliea , Hub. Sipna, GoJ. Vîir. nhomùo'idett ,Vj{.ii]. ''v.-/'. DiTUAPEZiuM, Hub. Tr. T7^lstlgm(i , Tr. Boisvl. Sigyna , Var. Cod, Sigma, W. V. Hub. Slgnutn, God. Nov. Sp. G. NlGRUM, Liiiu MusiVA , Hub. Leucogaster , Vvry. Tr. Plecta, Linn. * Candklisequa , Hub. Glareosa , Esp. /. Ceminuni , Diijn * Var. I.Intacluvi, Duj). ( i ). Geii. Vf. Ccrigo. Stbpu. Mihi , Mylhiinna , Tr. Polia , Boisd. Chenilles h seize paltcs, cylindriques, rases, vivant do plantes basses ou do sous-arbrisseaux, se tenant cachëei pendant le jour sous les mousses ou les débris. Chrysalides cylindrico-coni65 ESPiiCES. 4 Cytherea, Fabr. Texta, Tr. Prospicua, Hiib. Gen. VIL Triphcsna , Omn, Chenilles à seize pattes , épaisses , cylindriques , rases , ayant les lignes ordinaires bien distinctes, les sous-dorsales surmontées de traits noirs toujours visibles, au moins sur le onzième anneau, où ils figurent deux taches cunéiformes >eIoutées; les trapézoïdaux plus ou moins distincts, et en outre, le plus souvent, deux taches blanches arrondies dans l'incision du troisième anneau. Elles vivent exclusivement de plantes basses on de graminées , et se tiennent pendant le jour cachées sous jos Teuilles, les pierres, etc. Chrysalides lisses, luisantes, cylindrico-coniques , ren- Icrmées dans des coques de terre très-peu solides et enter- rées profondémenl. I n socles par faiis. Anîennes longues, minces et presque toujours simples dans les deux sexes. Palpes dépassant la lête, un peu ascendants, leur dernier article très-court. Thorax lisse, convexe, peu carré. Abdomen dépassant les ailes inférieures, aplati, terminé par une brosse rétrécie, même dans les ? , qui diffèrent peu des (/ sous ce rapport. Ailes supérieures étroites, allongées, ayant les deux taches distinctes ; les inférieures très-développées, jaunes, avec u ne large bordure d'un noir velouté. Au repos , les ailes supé- rieures sont peu inclinées, mais cachent entièrement les inférieures et même se recouvrent un peu mutuellement, ce qui donnent ù l'insecte imc forme très-allongée. Toutes les espèces de ce genre ont un air de l'amillc si 5G> A^'^^\LEs prononcé h l'élat parfait, ([lie le genre a él6 créé dos pre- miers ; heureusement la connaissance des clicïiillcs est ve- nue confirmer celte parenté, et c'est nujourd'luii un dci mieux établis. Toutes ces chenilles (excepté celle de la Cliardinyl) ont été élevées par moi h plusieurs reprises, et j'ai pu me con- vaincre de la parfaite conformité de leurs mœurs. Toutes se nourrissent de plantes ])asscs, telles que Plantago , Ua- vicv t Alsine, etc. j mais les plus rares ont une nourritur(^ spéciale, comme Arum, Ficaria, Haminculus , eic. , hlçn que quand elles sont pressées par la faim, elles ne dédai guent pas les premières. Elles se cachent avec soin pendant le jour, souvent assez loin de la plante qui les nourrit , et leur recherche est en général dillicile. L'une d'elles forme une légère exception, en ce qu'elle se plaît, comme les Agro- lis, dans les racines où elle est souvent à moitié enterrée; aussi acquiert-elle par là un aspect luisant et dégoûtant que n'a jamais aucune des autres : c'est la 2V. Pronu'oa ; mais ces mœurs ne sont pas exclusives, et j'ai souvent trouvé des individus très- veloutés et vivant h la manière de leurs con- génères. Toutefois les traces de ces habitudes anormales se retrouvent chez le papillon, et, pour uu bon observateur, ce dernier a dans son faciès quelque chose qui les accuse et qui ne se rencontre point chez la Fimbria, ce qui nous dé- montre bien l'imporlance que doit avoir l'observation des mœurs dans la classification des Noctiiélides. Mais revenons aux chenilles. Celles de ce genre varient généralement beau- coup pour les couleurs et les dessins , et aucune ne l'em- porte en cela sur VOrùona; la Suùse(jua, au contraire, qui en est si voisine à l'état parfait et si diCTéronte à l'état de cheniile , rt;sle presque toujours la ■même. Par une autre singularité, les taches cninéiformcs du onzième anneau, qui sont si mar([uées sur les Jouthina, Orùona, etc., disparais- DE LA SOCIÉTÉ E.MOMOLOGIOUE. 50; sent presque complètement chez Vlnlerjecta, leur voisin-. Les papillons volent tons le soir avec beaucoup de ra- pidité; en outre, ils l'ont usage de leurs ailes pendant le jour. Pour peu qu'ils soient troublés dans les broussailles où ils se tiennent habilnellemcnt, ils s'élancent brusque- ment et vont se glisser sous les feuilles, à peu de dislance. L'un d'eux, Jatithina, a de pins l'habitude de voltiger au- tour des buissons dès cinq à sîx heures du soir. Je ne con- nais dans les Noctuélides aucune espèce douée d'une force musculaire aussi grande que les Triphœna en général, et la Fimùria en particulier; elle égale presque celle de certains Sphinx. La forme allongée de ces Noctuelles leur donne aussi la facilité de glisser rapidement entre les doigts et de b'échapper par les ouvertures les plus étroites. KSPKCKS. LiNOGRisEA, Fabr, * Var. Adse(iaa,J)i}h\. CiiARDiJiYi, Boisd. * Var. Piosejjaa, Dabi llSTERJECTA, Hub. God. StBSEQUA, Ilub. Janthina, Fabr. Var. ? Connuùa, Hub. Var. ? Uuxla, Ilub. Fimbria, Linn. Orbo>a, Fabr. Var. Solav.i, Fabi-. Cornes, Hub. Tr. Pronuba, Linn. Var, Consequa, Hub. Var. Innuùa, Tr. I)K LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUfi. 5G5 (i), et que le (i) Ce Mémniip ne peut constater une anlérlorité; car lîî. Walckenacr, dans sin travailj h'j indiqiir niicun c.Triirlèrc qui ptiisse pennetlre de dis- DE LA SOCIIÎIÉ ENTOMOLOGiQUE. Û71 mien n'a clé publié qu'en i854. Telles sont les observallons que j'avais h* faire sur la synonymie générique : maintenant jo passe h celle des espèces. Celle dernière est un peu plu* embrouillée que la première , non pas parce qu'il y a cer- taines espèces qui ont été désignées sous des mêmes noms, mais parce que je ne rentre pas tout-à-fait dans les vues de Rï. Walckenaer^ Cependant j'ai l'espoir que ce savant vou- dra bien accueillir mes observations avec indulgence, et qu'il ne verra pas dans ce travail une critique, mais bien un seul désir , celui d'aller h. la recbercbe de la vérité. Je vais donc exposer le plus clairement possible les caractères qui m'ont conduit à ne pas adopter entièrement toutes les es- pèces décrites par M. Walckenaer dans le tome i de son Ilist. nat. des Ins. aptères ; mais avant d'entrer de suite dans l'exposition de ces caractères , je crois qu'il est nécessaire de désigner le nombre d'espèces dont se trouve maintenant composé le genre Actinopus. Je citerai d'abord V AcUnopus Jîaftpes y espèce décrite et figurée par moi dans les Ann, de la Soc. Enlom., lom. 3, pag. 36 a, pi. 7, fig. 1 C, souple nom doPacliytoscelis Rnfipcs $ ; VAciinopus nigripes S , dé- critct figuré dans le même ouvrage, pi. 7, fig. 2 D, sous le nom de Pachyioscelis nigripes, Lucas. L'année suivante, ayant été h même de faire quelques nouvelles observations sur ce genre, observations que j'ai insérées dans le Magasin de Zoologie de M. Guérin , à la suite desquelles j'ai dé- crit une espèce nouvelle que j'ai désignée sous le nom de Pachyioscelis fulvipes , et qui doit l'être maintenait sous celui à' Actinopns fulvipes Ç. M. Perly, dans le Dclcclus Animaliam quœin ilinerc per Brasdiam Spix et Marlius coi- liufjuer ceUc nouvelle coupe génùiiquo des autres de la tribu des Tlicra- l'Loscs; voici, au r(;ste, coiDinent cet uu!ci.ir!i'expiiine ;i ce sujet ;« Le genre S/'lioilios «-ht un tiouveau genre de ir.is uiaiiuscrils qui est inîrrmédiairi; entre les Rfvfrnlcs ei les Missulines. » 072 AINNALES iegerunl, pag. 198^ pi. 59,fig. G, i83oà 1 854, déci'ltnn non- veau genre d'Aranéide qui se trouve être mon genre Packylos<- cells ; l'espèce type de cette nouvelle coupegénériqueesiry/c- tlnopus tarsalis, Perty. Enfin, M. Walkenaer dans un travail in- séré dans les y^nn. delaSociété., tom. iv,pag GSy^etqui a été reproduit plus au long dans son Histoire naturelle des Insectes aptères, tom. I, pag. 240, décrit deux espèces, l'une sous le nom àcSphodros Abbolii, ^A alck. , et que je désignerai sous celui ({""Actinopus Abbotil ? , Lucas. M. "NValckenaer regarde comme le mâle de cette espèce mon Pacliyiosceiis nigripes [Actinopus nigripes, Lucas) , et dit que c'est un jeune mâle de l'individii qui a été décrit par lui dans les collections du Muséum. Ayant pu consulter la description qui a été fuite par M. ^\ alckenaer, et que je n'avais pu examiner lorsque j'ai publié mon mémoire sur le genre Pachyloscelis, voici les observations que j'ai faites d'après l'élude comparative de la description du Sphodros Abbotii , Walck., avec celle du Pachyloscelis nigripes o^, Lucas, hc Sphodros Abbotii o^ de M. Walckenaer ne peut pas être regardé comme étant la même espèce du Pachyloscelis nigripes o^, Lucas. M.\\ aclke- naer , dans son ouvrage ci-dessus cité, pag. 247, tonl. I, s'exprime ainsi au sujet de la description du Sphodros Ab- botii (j^ : a Corselet (céphalothorax) noir-brun, large et très- relevé à sa partie antérieure, ayant quatre lignes et demie de long. Abdomen fauve en dessus. Yeux comme dans la fe- melle, c'est-h-dire les intermédiaires postérieurs de cou- leur jaune; les latéraux antérieurs sont les plus gros, avec les intermédiaires antérieurs plus reculés (pie les latéraux antérieurs. Cuisses des pattes postérieures renflées, d'un rouge brun , et moins noires que le corselet; la quatrième paire est la plus longue; là première ensuite, la troisième et la deuxième presque égnles; ces pattes sont noires comme le corselet , et sont pourvues de poils et de piquonls. Les DE LA SOCIl'Tl!; KiMOMOLOGiQUE. ôyS palpes sont sîi)giirK>romcnt allongés , et lo radial ou le qua- trième article est trcs-Iung et renflé vers son extrémité. Les mandibules sont noires, <3t la lige est terminée par tine lame à plusieurs pointes. » Le céphalothorax du Pachyloscclis nigripes çf , Lucas, est entièrement noir , aussi long que large et assez relevé h sa partie antérieure. Les yeux sont d'égale grosseur; les pre- mière et seconde paires sont très-éloignées entre elles; les yeux qui forment les troisième et quatrième paires sont si- tués de même que dans l'espèce précédente, c'est-h-dire der- rière la seconde paire; mais ces yeux sont très-éloignés les uns des autres en comparaison de ceux que j'ai observés dans le Sphodros Abbotii ç^ , de M. Walckenaer. Les man- dibules sont allongées, robustes, de «orme arrondie, el non terminées par une lame près de l'articulation. des crochets. Les pattes sont grêles , peu allongées, non pourvues de pi- quants , avec les second et troisième articles assez renflés. L'abdomen est ovale, assez allongé, d'un fauve clair en des- sus, et d'une couleur entièrement noire en dessous (i). Maintenant, si on compare entre elles ces deux descrip- tions, il sera facile de voir combien les caractères spécifiques difl'èrent, et cette différence de caractères démontre évi- demment que ces deux individus ne doivent pas former une seule et même espèce , mais bien deux espèces distinctes. En elTct , dans l'espèce décrite par M. Vvalckenacr sous le (i) Il est impossible nussi que ce soit un jeune mi^le de l'individu qui a été décrit par M. Walckenaer dans les collections du Muséum. Par la forme desorf^anesi deia géné.'ation,ilesl assez facile de reconnaître un jeune individu mâle d'avec un autre adulte : car chei ie premier, ou dans !e jeune âge , ces organes sont toujours très peu apparents; au lieu que cIioa le second, ou dans l'âge adulte, ces organes sonl toujours très développés, et cette dernière organisation a justement lieu dans l'jciinopu.i nii;ripex: car les organes générateurs sont très-apparents, ce qui dénionfre évidem- luciil que '-'i st i!ii individu p.itveau à J'agc .itiulle. 374 ANNALlvS nom de Sphodros Abbott'n ^, le céphalothorax est très-al- longé, très- relevé h sa partie antérieure, tandis que dans \ Aclinopas [Pachyloscdis) nigripes c^ , Lucas , il est presque aussi long que large , avec sa partie antérieure peu élevée. Les yeux sont non disséminés entre eux, tandis que dans le P. nigripes, ces organes sont très -éloignés les uns des ua- très. Les mandibules sont courtes et terminées près de l'ar- ticulation des crochets par une lame ou pointe , ce qui est le contraire dans mon espèce; car les mandibules sont très- allongées et ne présentent aucune apparence de pointes. Les pattes chez l'une sont robustes, peu allongées, et sont pour- vues de piquants; tandis que chez l'autre elles sont grêles, assez allongées , avec le second et troisième article assez renflés; enfin elle en dlfierc encore par les palpes, dont les articles sont aft nombre de six, auomaliequi n'a pas été men- tionnée par M. Walckenaer dans la description qu'il a l'aile de son Sphodros Abboitli cf. C'est cet individu, comme je l'ai (iéjh dit plus haut {Sphodros Abbottil (f, Walck. ) , et qui a été décrit dans les collections du Muséimi , <}ue M. Walckenaer regarde comme étant le màlc du Sphod, os Abbotl'd , et qui provient de l'Amérique Méridionale. Je suis porté h croire, d'après les observations que j'ai faites et que je vais exposer, que cet individu n'est pas le mâle du Sphodros Abbotl'd ? deT\î. Walckenaer, mais bien une nou- velle espèce que je désignerai sous le nom de Aclhiopus JVcdckenaerii, Lucas. Voici, aureste , ce quim'a fait regar- der comme le màîe du 5. AbboUd , Walck. , l'espèce {. iiai, d(!s Ins. ant. , lou). 1, pag. a/j^. B. Espèces dont les mandibules ne sont pas terminées en pointe ou lame a leur extrémih:', mais arrondies. 4- Actinopus Aibottii $ , Lucas. Sphodros Abhottii ? , Walck. , Ann. de la Soc. Enloui. , t. 4» pag. 639. — Ibid., Uisl. nal. des Ins. api. ,lom. 1 , pag. 247, pi. i, fig. 7. Actinopus Abboltiio^, Lucas. S phodros Miiberti d^ , Walck., Ann. de la Soc. Enlom., t. 4»P' 640' — Ibid. liist. îial. dus Ins. apt., lom. jj p. 249' P'- 1' H' 7 '^"• 5. Actinopus nigripcs çf , Lucas. Pachylosccl.is ]iigripes d^ ,hvc\s, Ann. delà Soc. Enlom., tom. 3, p. 564. — CratosccUs nigripcs o^ , Lucas, pi. 7, fig. 2 d. Sphodros Abbottii çf , Walck., Ann, de la Soc. Entom., lom. 4> I>ag- ^>4f>- — Ibid., llist. nat. des Ins. apt., tom. 1, p. 247. 6. Actinopus tarsalis ç^ , PiiRTY, Delect. Anim. quœ in ilin. per Brasil. Spix cl Murtius collcg. , p. iès-alloagécs, ar- rondies et très-saillantes au-delà de leur naissance. Mâchoires très-alfongées, courbées es.térJeurement, épaisses à leur base, grêles et terminées en pointe arrondie à leur extrémité. Lèvre très-peîile,arrondieà sapartie antérieure. Plastron sternal plus long que large , tronqué antérieurement et terminé en pointe postérieurement. Palpes grêles, assez allongés. Pattes peu allon- gées, robustes, surtout ks seconde, troisième et quatrième paires; la pre- mière est gièle et presque filiioiine. Abdomen peu allongé, de l'orme ar- rondie. Ce nouveau genre doit se placer après celui d' Aciinopus, et l'espèce qui lui sert de tyi)e est le /'. fulvipcs J , Lucas, espèce décrite et figurée dans le Magasin de Zooloj^le de M. Cuérin, class. vu, pi. i4, fig. i à 7. * K'/zî.;, /•. èv. be;ui, bcUi.', ouu'x, 'J'^-, *i"c, nsjiccl. DE LA SOCIÉTÉ EÎSÏOMOLOGIQUE. 579 celle tjne j'ai trouvée dans le gynrc Pachyloscelii , Lucaj» , Acùnoptts^Vcviy , c\ que j ai riji;urée dans le» y/nu. de la Soc, toui. 3, pi. 7, fig. 2(/, aux détails du PacliyiosccLisni^^ripcs c^ . du texte, Cratoscelis nigrlpes q'', de la planche, et que j'a- vais laissée inédite. Cette anomalie, au lieu de se trouver dans les organes de la locomotion, comme cela a lieu dans le genre IlersUia, se rencontre au contraire dans les organes de la manducation, c'est-à-dire dans les palpes du Pa- chylosceUs nigrlpes çf , Lucas (1). Suivant toujours la mé- thode de M. Savigny pour la distinction des articles qui com- posent les organes de la locomotion ainsi que ceux de la man- ducation, dans la classe des Arachnides, et me conformant aux dénominations qu'il leur a données, je propose de distinguer sous le nom de métadigital le nouvel article qui se trouve danslespalpes de Wlctinopiis nigrlpes cf, Lucas, et de V Ac- tlnopus tarsalls o^,Perty (2). Ce qui rend remarquable cette anomalie, c'est que j'ai toujours rencontré ce nouvel ar- ticle dans les mâles, au lieu que dans les femelles les arti- cles qui composent les palpes sont toujours au nombre de cinq. Pourquoi cette dillerence plutôt dans les mâles que dans les femelles, cette conformation influerait-elle sur les mœurs des Aranéides? c'est une question que je me suis souvent faiteetque je n'ai jamais pu résoudre; mais ce qu'il y a de certain, c'est que la nature ne leur a pas donné en vain ce nouvel article. Maintenant, si Ton compare la nomenclature établie par M. Savigny h l'égard des articles des palpes qu'il appelle aussi bras palpaires et de ceux des pieds, on ne pourra plus (i) AI. Perly , dans la description qu'il a faite de VAclinnpits (arsalis J*, indique six articles aux palpes de cette Araix'îide. (2) Ce nouvel article est allongé, grêle à sa partie antérieure, épais et légèrement coinbé dans son milieu et diminuant peu à peu vers son extrémité. ÔSo ANNALES trouver la mcnic concordance, h cause des iu>uvcaux arli- cles qui onl élc découvcrls dans les organes de la locomo- lion du genre iîerslUa, et dans ceux de la nianducaliou du genre yJctinopus. En effet , voici la concordance éUiLlic par M. Savigny entre les articles des palpes et ceux àes pieds : Palpes. Pi(ds. Mâchoires correspondant à la . . Hanche. Article sous-axillaire ou le premier . A l'Exinguinal ( i ) . Humerai Au Fémoral. Cubital ." . . . Au Génual. Radial Au Tibial. Digital (cinquième et dernier article). Au Tarse. Pour rétablir cette concordance qui ne se trouvait plus en harmonie à cause de ces nouveaux articles, voici, d a- près de légers changements , la nomenclature que je pro- pose, laquelle au reste est la même que celle de M. Savigny, h part seulement les nouvelles modifications (|ue j'ai été obligé d'y faire : ral|)es. Pieds. Mâchoires correspondant ù la . . Hanche. Article sous-axillaire ou le premier. Al'Exinguinar. Humerai Au Fémoral. Cubital Au Génual. lladinl Au Tibial. Métadigital Au Mésotarse. Digital Au Tarse. D'après ce nouveau tableau , il est facile de voir que les [\) L'uii ;!ii!^uc ùu UrrliunlM' tics iiiicctc:. DE LA SOCIÉTÉ KMOMOLOGIQUE. 58 1 articles qui composent^ les organes de la mandiication cor- respondent entièrement h ceux de la locomotion. Ainsi les mâchoires égalent la hanche, qui se compose d'un seul ar- ticle; l'article sous-axillaire ou le premier est le correspon- dant de la cuisse, qui renferme deux articles : l'exinguinal et le icmoral; l'huméral correspond h la jambe ou au gé- nual; le radial est assimilé au second article de la janibe, qui est le tihial; le métadigital correspond au mésotarsc, et enfin le digital ou le dernier article est le correspondant du tarse, qui se compose ordinairement de deux articles : le métatarse et le tarse. Caractères génétiques et haOitudcs. Toutes les espèces composant maintenant le genre /hti- nopus, Perly, Packyloscclis, mihi , et qui ont été étudiées , ou par M. A^ alckenaer ou par moi, ont toujours été dans mi tel état de dessiccation, qu'il était très - difficile d'assigner à ce genre des caractères bien posîllls. Il est vrai que ce nou- veau genre, parla position des organes de la vue, ceux de lu manducation et la longueur relative de ceux de la locomo- tion, ne devait pas s'éloigner beaucoup des genres Eriodon et Alypus; mais jusqu'à présent on ignorait quel était le nombre des ouvertures pulmonaires, et quelle était la ])Osi- tion que ces organes de respiration occupaient sous l'abdo- men ; de même on ignorait le nombre et la structure des filières. Mais dernièrement le Muséum de Paris reçut de l'A- mérique du Nord un envoi consistant principalement en oi- seaux, et parmi lesquels se trouva une Aranéide que je re- gardai d'abord comme devant appartenir au genre J/yga/e; et ce n'est que quelque temps après, lorsque je voulus la placer an genre auquel elle appartenait, que je m'aperçus que ce n'était pas une Mygale, mais bien une nouvelle es- 582 ANNALES pèce du genre Pachyloscclis que je venais d'cîtablir récem- ment, et je n'eus plus aucun doute , surtout lorsque je la comparai avec le P. rufipes , espèce type de ce nouveau genre. Ce rapprochement me permit alors de faire une étude plus approfondie , et je m'aperçus que cette espèce , parla conformation des organes de la manducation, la posi- tion de ceux de la vue et la longueur relative de ceux de la locomotion, ne devait pas s'éloigner beaucoup de l'espèce i» laquelle j'avais donné le nom de P. rufipes. Cette espèce, remarquable par sa taille , avait été envoyée dans l'alcool , état qui me permit alors d'ajouler quelques nouveaux ca- ractères à ceux déjà exposés dans les yîjïn. de la Soc, tom. 3, pag. 56i, et que je n'avais pu examiner dans ce temps à cause de î'étnt de dessiccation où se trouvaient les espèces qui étaient alorsà ma disposition. Cependant, quoique l'espèce à laqndie j'ai donné le nom de P. fulvipes ait été envoyée dans l'alcool, il m'a été impossible de vérifier ces caractères h cause du mauvais état de l'abdomen, auquel il ne restait plus que la pellicule. Chez ces Aranéides la hanche est généralement très-ro- buste, allongée, avec l'exinguinal très-court; le fémoral est allongé, très-renflé dans son milieu, surtout dans les troi- sième et quatrième paires de pattes; tandis que dans les première et seconde paires , il est grêle et h peine ren- lié; le génual, dans la première paire de pattes, est plus allongé et plus robuste; ilans la quatrième il est plus al-- longé que dans la troisième, où il est très-robuste; cette même disposition se remarque pour la longueur et la gros- seur dans le tibial; le métatarse est généralement court, avec le tarse encore plus court et plus robuste chez les troi- sième et quatrième pair*;? de pattes. Les organes de la b)co- molion, dans les mâles, sont grêles, allongés; la hanche est longue, assez robuste ; l'exinguinal est très-court; le fémo- DE LA SOCll'.TÉ EMOMOLOGIQUE. 385 rai est très-épais, assez allongé ; le gcnual est court et hé- rissé d'épines dans les troisième et quatrième paires de pat- tes; le tibial est très-court; le métatarse est très-allongé, avec le tarse court; les organes de la manducation sont re- marquables et assez variés dans l'un et l'autre sexe; les mandibules , généralement robustes dans les mâles et les femelles, sont tantôt terminées en pointe oulame h plusieurs piquants h leur base, et quelquefois elles sont entièrement lisses et arrondies. Los raaclioires présentent aussi des diffé- rences assez remarquables : ainsi, dans les espèces désignées sous les noms de A. rufipcs ? , yl. Aadoaimi $ , elles sontplus longues que larges et non terminées en pointe l\ leur extré- mité; dans celle que j'ai nommée A. fulvipes $ (i), elles sont en forme de croissant, c'est-à-dire arquées au côté exté- rieur; enfin dans VA. nigripcs a' , elles sont allongées et tout-à-fait terminées en pointe h leur extrémité. Les palpes, dans toutes les femelles que j'ai examinées, sont composés de cinq articles, tandis que chez les mâles les articles qu: forment ces palpes sont au nombre de six. La lèvre est généralor.îeat courte, arrondie, et terminée en pointe h sa partie antérieure; mais, au reste, cet organe présente des différences peu sensibles. Le céphalothorax est cordiforme et toujours très-relevé à sa partie antérieure. Les yeux sont toujours au nombre de huit et peu disséminés sur le céphalothorax. Le plastron sternal est quelquefois rond ou ovale. L'abdomen est attaché au céphalothorax par un très- court pédicule ; il est arrondi et plus large à sa partie pos- térieure qu'à sa partie antérieure; en dessus et en dessous il est couvert de poils très-courts et très-serrés; les ouver- (i) Cette espèce ne fait plas partie du genre Acllnopus : c'<'sl le g;cnii; Calonnnalu; viiy. la pag. 576, rtunarque 1. 384 AiNNALJ:S turcs pulmonaires ou plulAl sligQiali(|ucs sont an nombre tic quatre, et sont situées sous l'abdomen : la prcuiièrc paire Ai:i'. , Ann. delà Soc. l'^nlom., lom. iv, pag. 63(). — lùid., Ilist. nal.dcslns. api., lom. i,pag. y/,G, pi. 1, fig. 7, 7 /iis. Yeux au nombre, do luiit j)laccs sur la partie jinlcricnre du céplialolhornx el peu disséminés cnlreeiix. Céphalothorax cordiibrme, arrondi et Irès-épais h sa par- tie antérieure, dilaté sur ses côtés iatéraux, se rétrécissant un peu en arrière, arrondi et déprimé postérieurement. Mandibules irès-robnsles, allongées, quelquefois termi- nées en pointe ou lame à leur base, d'autres l'ois entièrement arrondies. Crochets des mandibules peu allongés , légèrement cotir- bés, très acérés à leur extrémité, laquelle est percée d'un petit trou pour le passage de la liqueur vénéneusf;. JVhîchoires tantôt larges et allongées , quelquefois termi- nées en pointe et d'autres fois tronquées h leur extrémité. Palpes pédiformes de six articles dans les milles, de cinq seulement dans les femelles. Lèvre courte, terminée en pointe antérieurement. Plastron sternal arrondi , quelquefois de forme ovalaire. Pattes peu allongées, robustes; la quatrième paire est la plus longue, la troisième ensuite; In première est plus longue que la seconde, qui est la plus courte de toutes. Abdomen très-gros, ovale, présentant de chaque côté, h sa partie inférieure ou en dessous, quatre ouvertures slig- maliques très-écartées entre elles. Ô86 ANNALES Filières aa nombre de deux paires, donl la postérieure pins allongée. Les mœurs de ces Aranéides sont peu connues : cepen- dant voici ce que rapporte M. Walckcnaer, //tA^ nat. des Ins. apt.y tom. 1 , pag. 248, d'après l'ouvrage manuscrit d'Ab- bot sur les Araignées de la Caroline. « Cette singulière Ara- néide fait, dit Abbot, nne toile qui a la forme d'une bourse h argent, h la racine des grands arbres dans les lieux maré- cageux (in ihe hamniocks and swamps) : celte bourse en soie est enfoncée de cinq on six pouces en terre, et l'autre moitié aussi longue est en deliors de la terre et attachée an tronc de l'nrbre; c'est an fond de la partie qui est en terre que se tient l'Aranéide; elle en sort probablement la nuit, car je ne l'ai jamais trouvée hors de sa toile. En novembre, ses petits, en grand nombre, recouvrent l'abdomen de la fe- melle, qui alors est très-rappclissé. Les mâles sont plus pe- tits que les femelles, mais ils ont des mandibules plus allon- gées. Prise en mars ; elle n'est pas rare. » Description d'une nouvelle espèce du genre Aclinopiis. L'espèce nouvelle que je décris ici est remarquable par sa taille, car elle eît la plus grande de son genre : c'est h la deuxième famille les F usilabres de j\l. '\\ alckenaer on h ma première section , que je place celle Aranéicîe, qui doit ve- nir se ranger après V yl. riifipcs ? , mihi. J'ai dédié celle es- 7)èce ^ M. Andouin, professeur an Muséum d'Histoire nalu- iclle de Paris, qui a bien voulu m'en réserver la description, et je m'empresse de lui témoigner publi([uement mes rc- mercîments pour la bienveillance qu'il ne cesse de me té- Tnoigncr, des sujets d'étude qu'il se plaît toujours h me don- ner, et de ses conseils dont je suis toujours aidé lorsque je désire approfondir une partie quelconque de l'entomologie. DE L\ SOCIl^lTÉ ENTOMOLOGIQlli:. 087 ylclinonus Audoa'ui'd Ç , Lucas. Long. 2 miîl. Larg. 9 mill. A. Cephalolhoracc rufo, adiiicdium dilatato, crasso, anicriàs actUo, ac postcriùs rotnndato ; mandibidis raiidis, rotiin- datlsy ad hashn acatis , tenulssimè spinosis; max'iUislonglo- rlbas (jiiàm lationbns , ad ùasim cxtcriàs sphiosis, anlerlàs nigro-pUosis ; laùro parvo , rotundato , anlerlàs sptuoso; palpis pediformUnis, rufis, ultunis artlcuUs spinosis ; pcdi- àiis valldls , elongatls , prcBsertitn primo et quarto pare id- timls artlctdis spinosis, lu tertio parc cpdnto arllcido ad or- ttnn roarctalo ; abdumlne clncreo, plioso , rlongato, admc- dluni dilatato, anterlhs ac posleriitsrotundato; faslslonglus- c(t ils , /lavcscriitlùus. hes yeux sont placés à !a partie anlôricurc du cépIia]oiho- rax : la première paire est grosse et d'une couleur entière- ment noire; la seconde n'occupe pas tout-à-fait la même ligne que la première paire; elle est plus petite et placée un^ peu plus au dessous , et les yeux qui la composent sont si- tués sur ime petite éminence; la troisième paire est placée derrière la seconde p;iire, elle est grosse et d'une couleur jaunâtre; enfui la quatrième paire, qui est de même gros- seur et de même couleur que les première et seconde paires , est située sur la même ligne que la troisième paire ; elle est portée sur de très-pelits tubercules et sa' direction est tout-h-fait postérieure. Le céphalotliorax est cordiforme , d'un roux foncé, plus long que large; sa partie antérieure est très- relevée, ter- minée en pointe, hérissée d'épines et de poils, et sur le milieu de la gibbosité on aperçoit deux rangées longitudi- 588 ANNALES nalcs de poils très-courts , d'an roux très-foncé; ses côtés latéraux sont larges et peu déprimés; dans sa partie médiane et h la base de la gibbosité, il est marque d'une fissure pro- fondément enfoncée , nssez semblable à la lettre V , mais Irès-ouvert et arrondi h sa base; postérieurement il est dé- primé, arrondi , et on aperçoit çh et là quelques petites fis- sures, mais peu profondément marquées. Les mandibules, d'une couleur roussalre foncée, sont ro- bustes, avancées, arrondies sur leurs côtés latéraux, termi- nées à leur base par un prolongement en forme de pointe ou de lame, laquelle est hérissée d'une quantité innombrable de petites épines ; la partie supérieure de ce prolongement fist couverte de poils roussatres assez allongés, mais peu ser- rés entre eux. Les crochets des mandibules, de couleur noire, sont allongés, très-arqués, robustes à leur naissance, et terminés en pointe très -aiguë à leur extrémité; ces cro- chets, dans l'état de repos, se placent dans une rainure lon- gitudinale des mandibules, et les bords de cette rainure sont hérissés de petites épines très- aiguës. La lèvre est très- courte, large b sa base, arrondie et terminée en pointe an- térieurement; et sur ses parties extérieure et antérieure on 'aperçoit des petites épines parsemées çh. et Ih. Les mâchoires sont larges, allongées, très-écartées entre elles, arrondies h leur côté extérieur, et couvertes de longs poils roussatres h leur côî<3 intérieur, qui est légèrement épi- neux h la base. Les palpes sont pédiformes, d'une couleur roussâtre claire ; le premier article, ou le sous-axiîlaire, est très-court, ar- rondi, et sa partie médiane semble cire entourée par ime es- pèce de bourrelet composé d'épines très-courtes et de poils très-serrés ; le second article, ou Thuméral, est très-allongé, robtiste à sa naissance, arrondi jiur le côté extérieur, enliè- remenl n'nn au côté intérieur, et létrérernent coiirbé dans DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIJE. 089 sa piirlic médiane; ce second article est entièreincnt lisse et offre seulement quelques poils allon!z;és sur le côté intérieur; le troisième article, ou le cubita}, est tros-court, arrondi sur la surlace supérieure, qui présente une petite li2;ne lon- gitudinale de poils roussàtres, et entièrement lisse à sa par- tie inférieure; le quatrième article, ou le radial, est plus allongé, lisse sur ses parties supérieure et inférieure, légère- ment comprimé, avec ses côtés latéraux hérissés d'épines, surtout à la base; enfin le cinquième article, ou le digital, est un peu moins allongé que le précédent; en dessus il est entièrement lisse et hérissé d'épines peu allongées en des- sous, tandis <|ue ses cotés latéraux sont armés d'épines très- allongées; de plus son extrémité est terminée par un cro- chet robuste, peu allongé, courbe et assez acéré à sa base. Les pattes sont allongées, robustes, surtout les doux der- nières paires; les quatrième et troisième sont les plus lon- gues, la première ensuite; la troisième est la plus courte. La hanche, dans Ja première paire de pattes, est allongée, robuste, plane h sa face inférieure, avec les côtés latéraux arrondis et présentant quelques poils roussàtres ; l'exin- guinal est très-court, et présente un petit bourrelet dans sa partie médiane, qui est formé par des épines très-courtes et très-serrées entre elles, avec quelques poils roussàtres peu al- longés parsemé çh et là ; le fémoral est allongé, robuste h sa naissance, arrondi au côté extérieur et légèrement courbé dans sa partie médiane ; le génual est court, épais à sa base, arrondi sur sa partie supérieure, qui est entièrement lisse avec ses côtés latéraux présentant des poils peu allono^és; le tibial est un peu plus allonge, avec ses côtés latéraux hé- rissés d'épines très-serrées; le métatarse est court, lisse en dessus et en dessous, avec ses côtés latéraux hérissés d'é- pines assez allongées; enfin le tarse est très-court, couvert d'épines sur s(\s côlés iaîéraux comn)e le inétnlarse, et tcr- 3(jo ANNALES niin/^ h son exlrôtnilô |kiv un crocliel robuste, hifido, coni- posé (le cinq ('pines, dont deux allongées qui terminent le tarse, deux plus courtes et qui sont placées un peu plus en arrière, et enfin une cinquième très-allongée, placée encore pins en arrière, mais entre les deux premières épines et h lenr naissance; la seconde paire de pattes est entièrement semblable h la première , à l'exception cependant de la hanche, qui est un peu moins allongée; la troisième paire de pattes est très-remarquable et diiîère de toutes les autres par la hanche, qui est courte, arrondie h sa partie inférieure, c[ui est d'ime couleur rousse claire, comprimée h sa nais- sance et très-dilalée h sa base; par l'exinguinal , qui est très-court, d'une couleur rousse foncée, et ne présentant plus le bourrelet ([u on aperçoit dans les première et se- conde paires de pattes ; par le fémoral, qui est co^trt, exces- sivement renflé dans sa partie médiane et au côté externe ; tandis qu'au côté interne il est ])lat et d'une couleur rousse Irès-foncée ; par le génual, qui est court, très-robuste, d'une couleur rousse très-foncée en dessus et en dessous , avec quelques poils de même couleur sur ses côtés latéraux , d couvert de quelques épines h sa base ; et par le libial, qui, dans toutes les espèces que j'ai examinées, ne m'ont jamais présenté ce caractère. Cet article est court, d'une couleur rousse foncée en dessus; h sa naissance, il est très-com- primé, tandis qu'h >«a base il est dilate et hérissé d'une quan- tité innombrable de petites épines; par le métatarse, qui est très-courl, de même couleur que le libial : en dessus il est très-épineux , tandis qu'en dessous il est entièrement lisse; cl enfin par le tarse, qui est très-court et terminé comme dans les pattes j)récédentes; la quatrième paire de pâlies est entièrement semblable aux ])remîère et secoiide paires : elle en difiere seulement en ce qu'elle (>st plus aî- ion<ï<'e et boaucotu) nins robuste. * DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIK. 591 Le plastron stcrnal csl plus long que large, arrondi, tron- que antérieurement et légèrement rétréci h sa partie posté- rieure, qui se termine en pointe. L'abdomen, jdus allongé que le céphalothorax, y est atta- ché par un très-court pédicule. Cet organe est très-gros , large dans son milieu, arrondi à sa partie antérieure et pos- térieure; sa couleur est d'un gris cendré ou d'un jaune mélangé de grisâtre; en dessus et en dessous, il est légère- ment ridé transversalement et couvert de poils très-courts clairement parsemés ; les ouvertures stigmatiqucs, qui sont placées en dessous et sur ses'côtés latéraux antérieurs, sont très-constalables par des taches d'un jaune sale qui les cir- conscrivent. Les filières, au nombre de deux paires, sont peu allon- gées ; la première, qui est sensiblement plus longue que la seconde, est composée de trois articles, qui sont d'un jaxme clair; la seconde paire est très-courte, de même couleur que l'abdomen, et très-peu apparente, en ce qu'elle est pres- que cachée par la première paii'e. Cette espèce, qui appartient aux collections du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, a été envoyée de l'Amérique du Nord par M. Noisette. oy-i ANlNALES EXPLICATION DE LA PLANCHE XïII. 1 . Actinopus Aadoain'd Ç . : 2. Les yeux. 3. Partie iniérienre Irès-grossie ; aa, mandibules ; bb, cro- chets des mandibules; c, lèvre; dd , mâchoires; e, article sous-axillaire ; f, humerai; g, cubital h, radial; /, digital; jjjjjjjj , hanches; kkkkkkkk, exinguinal ; i, plastron sternal ; m, abdomen ; nnnn, ouvertures stigmatiques; oo, fdières. 4. Troisième paire de pattes très-grossie; a, hanche; b, exinguinal; c, fémoral; d, génual ; e, tibial; f, mé- tatarse; g, tarse, /«, crochets. .55 Milchoires vues de face de ï Actinopus nigripcs ; aa., mandibules; bù, crochets des mandibules; c, lè- vre; dd, nîâchoires; e, article sous-axillaire; f, hu- merai; g, cubital; li, radial; /, métadigital;y, digi- tal; kk , organes générateurs mcâles; //, première paire de pattes coupées. C. CcUommala. Cette figure, h laquelle les pattes ont été retranchées, est grossie de moitié. y. Extrémité du céphalothorax; a, disposition des yeux. 8. Yeux latéraux vus de côté. 9. Extrémité dn céphalothorax. Cette figure, qui est vue de profil, est très-grossie. 10. Partie inférieure très-grossie; a, lèvre ; bb, mâchoires; ce, palpes coupés ; dd, mandibules ; ee, crochets des mandibules; ffffffff, hanches; g, plastron sternal. 1 ]. Mâchoire avec un palpe; a, mâchoire; ù, article sous- axillaire ; c, humerai; (/, cubital; c, radial; f, dl- i-ital. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. StjS OBSERVATIONS SUn LA CAUSE DE LA MORTALITE DES ARBRES DANS LE PARC DE VINCENNES , A TT II I.B U ÉE AUX SCOLYTES/ PENDANT l'Été de i835; P\R M. LE BARON FeiSTIIAMEL. (Séance du 5 juillet iSôj.) Une question qui interesse les forestiers a été agitée dans plusieurs séances de la Société, et a paru caj^tiver son atten- tion : c'est l'opinion qui attribue au Scolyte {Scolydis pygmeus) la grande mortalité survenue parmi les arbres des environs de Paris pendant l'été de i855. Un de nos' col- lègues, dont l'autorité est du j)lus grand poids dans cette discussion, M. Audouin a déjà présenté h la Sociélé des observations sur les mœurs de ces Coléoptères , et ces ob- servations tendent à prouver que c'est à ces insectes que l'on doit la destruction des cinquante mille pieds d'arbres ([ui ont péri dans le parc de Vincennes en i855. Ayant, de mon côté, suivi attentivement la marche de la maladie des arbres 5 94 ANiNALES avec mon frère, garde général dn parc , je suis reste con- vaincu que le Scolyte était étranger h celle destruction, et j'ai, dans la séance susdite, présenté quekpies observations générales pour appuyer mon opinion. Aujourd'hui je crois devoir donner de nouveaux détails qui , je pense . pourront avoir quelque intérêt pour l'agriculture, en ce qu'ils em- pêcheront de rechercher la cause d'un mal ailleurs que là où olle existe naturellement. L'été de i835 a été excessivement sec : il n'est pas tomber d'eau dans les environs de Paris depuis le lo mai jusqu'à la fin d'août. Il y avait long-temps qu'on n'avait vu traverser la Seine clans plusieurs endroits de Paris par des enfants ayant à peine de l'eau jusqu'aux genoux. Dès le mois do juin, une quantité d'arbres commencèrent à se faner, et leur état de langueurattira l'attention des gardes delà forêt de Vincennes ; ils les examinèrent attentivement, et ne purent, malgré toutes leurs recherches, y trouver les in- dices de la présence de quelque insecte nuisible. Cependanlla maladie fit des progrès, et bientôt les parties voisines du parc de Saiut-Manrlé à Saînt-ÎVlaur , qui ont peu de fond et dont les terrains sont arides cl brCilauts, en furent atteintes, les racines ne pouvant pivoter: tandis que les bonnes parties du parc j)rès '\ incennes et ÎNogeut, ayant un bon terrain, soull'rlrcnt très-peu. Dès lors l'opinion des gardes de la fpr.êt fut fixée, et l'on verra plus tard qu'ils ont eu raison de l'at- tribuer à la sécheresse et à la mauvaise qualité des terrains, et non à d'autres causes. Le garde générai-nyanjtiuarqmû les arbres njorts pour être abattus, s'est aperçu qu'une partie de CCS arbres, qu'il avait visités quelque temps auparavant et sur lesquels il n'avait aperçu aucune trace d'infiect«j^> étaient alors couverts de Scolvles; mais il l'cmarqv.a çn flûiêjne temps que d'autres arbres vojçins, qui commcnçivicpt ■ttj|i\»g"h', n'en avaient aucun. D.ap*iyie promenacjc df^r^^ DE LA bOCiÉTÉ ENTOMOLOGiQlK ^[)^ icparc, il m'en fil lairc l'observalion, et c'est en vuiii que Hous dépouillâmes un de ces arbres malados de son écorcc ; nous ne pûaies y trouver la trace d'aucune lésion n; piqûre. Il en fut de même do plusieurs arbres morts chez lesquels aucune trace de Scoîyle n'apparut. Ainsi : i" aucun arbre de bois blanc ne lui atteint de Scolyte , et cependant il en périt en- viron lOjOÛO 2" 11 a péri de pieds de chêne, sans être alleints à'aucuue trace de Scolyte, euv iron le même nom- bre. lo.oon Total 5 0,000 Il est donc évident que le Scolyte n'est pour rien dans la presque moitié de la mortalité des arbres du parc. Voyons maintenant le rôle qu'il a pu jouer dans la mortalité du reste, Nous avons vu que les gardes ont remarqué que l'appa- rition des Scolytcs n'a lait que suivre la maladie de l'arbro sans jamais la précéder. Maintenant, si ce n'est pas la ma- ladie causée par la sécheresse qui a aidéàleurreproducUon, la cause en est inconnue , et il ne faut pas l'attribuer au Scolyte, qui, malgré sa présence dans le parc, a cessé d'v causer des ravages. En effet , les arbres morts sont restés debout jusqu'en avril et uiai 1806. Abattus dans ces deux mois, ils n'ont été enlevés que vers le i5 mai, encore n'ont- ils pas été conduits hors du parc; mais seulenicnt, après avoir été façonnés, ils ont été rangés sur le rond point de la pyramide, route de Vincennes h Saint-Maur. Or ce rond- point est entouré de jeunes arbres îuagnifiques. Au prin- temps de 180G les Scolyles sont écios par milliers sur les bûches amoncelées, et tous les entomologistes qui ont été visiter cet amas du bois ont pu s en convaincre ; ou devait 596 ANNALES donc s'attendre qu'ils se jetler.-iient sur les arbres voisins, dont ils no sont séparés que par trois ou quatre mètres du distance, et que bientôt leur présence destructive se ferait sentir Rien de tout cela n'est arrivé pas un arbre du voisinage n'a péri et n'a même été malade, et on ne trouve aucune trace do Scolyte sur eux. Certes les observations sur les mœurs des Scolytes par M. Audouin sont du plus grand intérêt et de la vérité la plus exacte; mais jo ne crois point, d'après celles que je leur oppose, qu'on puisse conclure , comme notre hono- rable collègue, que ces insectes soient la' cause première de la mortalité des arbres : ce n'est que dans la sécheresse qu'il faut chercher cette cause; et cette idée est consolante, puisque les étés aussi secs que celui de i8o5 sont très-rare.-?, tandis que le Scolyte existant toujours, ses ravages pour- raient se renouveler tous les ans. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 5()7 NOTE SUll LA STRIDULATION DES INSECTES; PAR M. GoURKAU. (Séance du a aoftt iSjj,) Le 6* tome des Annales do la Société Enlomolo^iqiie renferme mi Mémoire sur la stridulation', dans lequel il esî ilit que l'ordre des Diptères ne contient aucun insecte stri- dulant habitant nos contrées. Cette assertion doit être expli- quée et développée pour devenir juste, et je vais essayer de lui donner une interprétation conforme h de récentes ob- servations. Les Diptères font entendre en volant un bruit connu sous le nom de bourdonnement, qui ftie paraît produit par trois causes : i" les vibrations des ailes; 2° les vibrations des an- neaux du thorax; 5" les vibrations de l'air excitées par les deux premières. On peut s'en assurer en prenant un in- secte de cet ordre d'une taille un peu forte, et le plaçant entre le pouce et l'index, de manière à ne pas gêner le mou- vement dos ailes. On remarque alors une coïncidence par- faite entre les vibrations des parties indiquées plus haut et l'intensité du son , ce qui ne permet guère de douter de l'intime liaison de ces phénomènes , qui se produisent en- semble et cessent en même temps. 598 AiNNALES il y a deux espèces de bourdonnemcnl : ïan grave , que rinsecte fait entendre en volant; l'autre aigu, qu'il produit au repos et seulement dans certaines occasions. Le premier est peu intéressant, mais le second mérite de fixer l'atten- tion : c'est un bruit significatif, un chant d'amour que l'in - secte fait entendre dans les préliminaires de l'accouple- ment , et peut-être dans d'autres circonstances de sa vie. 11 est produit, comme le premier, par les vibrations, pres- que imperceptibles h l'œil, des anneaux thoraciqucs et des ailes. L'insecte qui le fait entendre le plus fréquemment est le Syiilta pipicns, et c'est de son nom que l'on peut donner à cette espèce de son le nom de piauiemenl. Il n'est pas le seul qui le produise parmi les Diptères de sa tribu : le Chry- soto.xum arcaafum et une espèce de Mcrodon m'en ont olî'ert des exemples. Le 9 juillet j'ai vu deux Clvysotoxam arcuatum, posés, l'un sur une branche de sapin, l'antre sur une feuille d'un hêtre voisin, poussant tous les deux un piaulement aigu. Le bruit durait quelques secondes, après quoi les insecte» s'en- volaient pour revenir se poser sur des feuilles plus rappro- chées que les premières; ils y recommençaient leur chan- son . s'élevaient de nouveau dans l'air, puis revenaient sur des feuilles çncore plus voisines. Quelquefois ils se joignaient au vol et semblaient se saisir, d'autres fois ils se précipi- taient îi terre dans Iherbe et reprenaient bientôt leur es- sor. On les entendait piauler ensemble, et le plus souvent chanter alternativement, comme s'ils avaient voulu se ré- pondre. Dans ces jeux, qui sont les préliminaires de l'amovu- et qui se prolongent long-temps, l(;s insectes, tout occupés du sentiment qui les domine, ne s'effarouchent pas de la présence de l'observateur : lis viennent se poser h ses côtés, sur ses bras, et se laissent approcher autant qu'on le désire; i)E LA SOCIÉTÉ EÎSTOMOLOGIQUE. 099 mais ils ne restent pas plus d'une minute au repos, ce (|ui nuit h l'observation : aussi je n'ai pu m'assurer si les cuil- lerons et les balanciers jouent un rôle cfens le piaulement; j'ai vu clairement un très-léger mouvement vibratoire dans les ailes, qui est sensible par intervalle et imperceptible dans d'antres moments ; il semble que \r, son devient plus aigu lorsque les vibrations échappent à l'oeil, et plus grave lors- qu'on les aperçoit. Le piaulement cesse subitement lorsque l'insecte ]irend son vol : il est remplacé par le son grave qui caractérise le bourdonnement. Quelques jours !»près j'ai renconté deux Mcrodons accou- plés sur une feuille de chêne; le mâle était placé sur la fe- melle, fort en arrière, et embrassant l'abdomen de celle-c avec ses quatre pattes postérieures; il avait les ailes à dcm; étendues et faisait entendre un piaulement aigu. La femelle, immobile, ne répondait pas à ses désirs et tenait son abdo- men abaissé; le mâle, pour la contraindre, la secouait vi- vement de droite à gauche et semblait la serrer, après quoi il essayait de joindre l'extrémité de son abdomen h l'extré- mité de celui de la femelle. Pendant ce mouvement violent !e piaulement cessait et recommençait aussitôt après. Ce jeu se reproduisit plusieurs fois de suite avant que la femelle se prélat à l'accouplement. Comme je soupçonnais que les épines crurales du màlo j)ouvaient lui servir de moyen de contrainte pour forcer^^la femelle à étendre et relever son abdomen , je voulus m'ap- procher de très-près pour vérifier cette conjecture; mais ma présence fit partir les insectes, qui se séparèrent et s'envo- lèrent chacun de son côté. Cependant la manière dont le màlc embrasse l'abdomen de la femelle avec ses patlesjpos- térieures, et les ellbrts qu'il fait pour la forcer h se prêter .^ ses désirs , ne permettent guère de douter que k)^ épines fjui garnissent les cuisses d'un grajid nombre de Syrphii/es 4oo ANNALES et leurs jambes arquées, ne jouent un rôle important dans l'accouplement, et ne soient des armes que la nature leur a données pour subjtiguer leurs femelles. Il me semble aussi que le piaulement que font entendre plusieurs espèces de celte tribu est un son significatif, un chant d'amour, un cri provocateur , et qu'il doit être dis- tingué du bourdonnement , quoiqu'il soit produit par les mêmes organes : car l'un est la voix de l'insecte et l'autre un simple bruit qu'il produit en volant. Plusieurs Hyménoptères jouissent aussi de la faculté de piauler dans certaines occasions. Une des circonstances les plus remarquables où l'Abeille domestique fasse entendre ce bruit, c'est dans la formation de l'essaim qui doit bientôt quitter ia mère-ruche. Il est probablement formé de la voix de toutes les Abeilles qui se préparent h émigrer, et qui donnent ainsi leur assentiment au projet de sortir. Il me semble donc que l'on doit reconnaître h un assez grand nombre d'insectes la propriété de se communiquer certaines idées ou certaines sensations au moyen de la voix. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. /,<.: MOTÏGE SUR LA CHENILLE DE L'IUAPTERIX SAMBUCATA , ET SVR LA MANIÈRE DONT ELLE CONSTRUIT SA Cf>QUE ; PAR M. BOTTIN DeSYLLES. (extrait d'en essai sur les lépidoptères du DÉPARTEME^T DE LA MANCHR,) (Stjance du i5 novembre iSôj.) Cette Chenille est une des pins fortes Arpenteascs con- nues en Europe. De la grandeur d'un fort tuyau de plume à son extrémité postérieure, elle s'amincit graduellement jtiscju'h la tête, qui est coupée carrémeivt en avant, et se termine par un petit bouton placé dans la ligne de section. Elle a dix pattes, paraît glabre. Sa couleur, d'un fauve tanné, simule la teinte d'une jeune branche sèche. Son corps oflVc trois tubercules à mamelons bifides, dont deux latéraux sur le sixième anneau et un sur le dos du neu- vième. Ses côtés, comme ridés, présentent longitudinale- menl une espèce de renflcmenl cordé, sur le((uel on voit les stigmates, de forme ovale «'t d'une couleur jaunâtre, cerclés de noir. \ ers la fin de n^.ai ou h Tenlrée de juin elle a arqtiis toute 4o'i ANNALES sa taille. C'est sur le siiroan , sanibucus nigra, qu'elle vit principalement. Je l'ai pourtant rencontrée dans une loca- lité où il n'existait aucun de ces arbres, çt je l'ai nourrie pendant plusieurs jours de feuilles d'érable, accr canipcstre. Elle ne mange que la nuit; alors elle s'inquiète aisément, et interrompt son repas au moindre ébranlement. Durant le jour, au contraire, ne donnant même pas signe de vie quand on ne la touche que légèrement , elle demeure en repos, puissamment accrochée par ses pattes membraneu- ses, dans une position verticale, tantôt dressée en l'air, droite comme une flèche; plus souvent suspendue la tête en bas dans une immobilité complète , comme si elle était morte. La coque dans laquelle elle se métamorphose n'est qu'un léger réseau de soie revêtu extérieurement de morceaux de feuillets'' grossièrement ajustés, qui, au bout de quelques jours, la font ressembler à un petit paquet de feuilles sè- ches. Suspendue par deux fils à ime branche d'arbre, cette coque est balancée au moindre veut. Les procédés em- ployés par l'insecte, pour sa construction, sont curieux, et méritent d'être rap|)ortés avec détails, l'observation n'en ayant pas été faite, du moins à notre connaissance. Avant de se mettre h l'ouvrage, la Chenille choisit avec soin le lieu convenable. Ce choix est important; car ill'aut que, sans désemparer, elle puisse, en promejiaul sa tête en tous sens comme ini long bras, trouver à sa portée des ma tériauxsuifisants pour l'entière confection de sa coque. On wrra qu'en ellet la forme de cette coque et son exécution exigent cette prévoyance, parce que, si la Chenille quittait une seule fois, avant racconiplisscment de son œuvre, le poste qu elle a pris d'abord, dans i'impuissanc(i de s'y re placer, le travail déjà fait serait en pure perte, et force lui sérail de recommencer ailleurs. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Aoô Voici doue sa manœuvre : La place étant trouvée (dans notre observation c'était le couvercle en papier d'un poudrier), la Chenille s'y établit solidement par ses quatre pattes postérieures ; puis , se re- pliant sur elle-même , vint coller au couvercle un fd de soie h droite et h gauche du plan de position de ses pattes, et tout contre celles-ci. Elle coupa ces deux fds de lon- gueur inégale, l'un de dix-huit lignes, l'autre d'environ deux pouces, et les laissa suspendus, de manière que, toutes proportions gardées , son corps offrait l'aspect d'un gros mât entre deux légers cordages tombant parallèlement. Di- rigeant ensuite sa tête horizontalement autour d'elle, elle rongea plusieurs aiorceaux de feuille, et les fixa successi- vement aux fds de soie, d'abord à huit ou neuf lignes au- dessous de leur point d'attache , distance h laquelle la coque est soutenue en l'air, les autres eu descendant tou- jours. Je ne sais pourquoi il ne lui convint })lus d'user des feuilles qu'elle trouvait h discrétion dans les rameaux qui l'entouraient; quoi qu'il en soit, elle s'adressa au couvercle de ]>apier du poudrier, et se mit en j)eine d'en couper un lambeau de la grandeur d'un liard. Son travail avançait, lorsque , craignant de la voir s'échapper par l'ouverlure ainsi pratiquée, j'ajustai un second couvercle sur le pre- mier. L'ouvrière troublée s'arrêta peu d'instants, attaqua de nouveau le couvercle sur un autre point, se bornant à ronger circulairement le morceau qu'elle voulait tant qu'il ne lui parut pas près de se détacher, mais ayant la j)récau- tion , dès qu'elle le sentit prêt h céder, de le retenir dans ses parties écailleuses. Le lambeau emporté fut bienlôl em- ployé, et l'insecte se disposa h recommencer. Pour lui eu épargner la peine et abréger en njême tenips la duiéc de l'observation ,' je déchirai la grandeur d'un «'eu d" papier ^o/, AjNNALES en plnsienrs parcelles , sans pourtant les séparer entière- ment, et les ayant introduits par le trou fait an couvercle, je les suspendis dans le vase. La Clienillc profila de raltcn- tion : rencontrant h sa portée ces débris de papier tous fa- çonnés, elle ne chercha plus d'autres malériaux, et acheva d'en revêtir son rudiment de coque. eTusqu'alors cet assemblage, même vu de près, n'oflro axicune espèce de forme. L'unique symétrie que l'on y dis- lingue consiste en ce que les fragments de feuille ou de j)apier les plus )>elits occupent sa partie supérieure. Cette ébauche terminée, la Chenille, sans quitter son poste, ramena l'avant de son corps sur lui-même, le glissa entre les deux fils qui sou.lenaienl la coque en sîiivant leur direction, et inlrotluisit sa tête au milieu et iiar le haut de ce paquet informe de feuilles. Dans cette position, un tiers environ du corps de l'insecte restait visible entre les fils de soie, le reste était caché dans les malériaux de la coque que , pour lors , il s'occupa d'élargir, d'arrondir intérieure- ment, en écartant, avec sa tête et ses pattes écai'leuses, les fragments trop rapprochés, réimissant les plus éloignés et les retenant tous par d<î nouveaux fils, de manière (jue la coque, toujours grossière au dehors, devient pyriforme en dedans, lien doit êlre ainsi, puisque son orifici;, (înlou- rant comme un anneau le corps de la Chruille, n'a guî're (jiie le même (iiamèlre , tan-lis que I insecte en «'iargit le fond suffisamment pour s'y loger tout entier, • 11 semble que celle coque, suspendue en l'air j)ar des fds très-déliés, soit Irès-vacillante et d'une exécution diAi- cile ; point du tout. La nature fournit toujours à l'inslinct les moyens les plus sin)ples 5 la fois et les plus coaimodes. Aussi les mouvements que la Clienille imprime à la coque sont-ils peu considérables. On le concevra, si l'on se rcpré- .sente bien raltitufîe dv l'inscclr dont lanaère-lrain resir DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4o5 conslammcnt accroche entre le point d'attache des deux fils, et dont le corps, descendant entre ces (ils connne une colonne, s'enfonce dans la coque, à laquelle il sert ainsi de pivot et d'ap|)ui durant le Iravai!. Vers le milieu du dcuxi(-nic jour, ma Chenille eut accom pli sa lâche. Quittant son poste alors et se détachant du couvercle, elle descendit doucement au fond de sa coque, tandis, que remontant sa tète h louverturc, elle y ajouta quelques fils pour la consolider, sans pourtant la fermer. riej)liant ensuite sa tèle sur son corps, elle se tint en repos dans celte coque restée héanle rt suspendue comnjc un hamac jusqu'au moment de la transformation. «7 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ EMTOMOLOGiQUE. 407 NOTE SUR LES SONS INSENSIBLES THODUITS PAR LES INSECTES PAR M. GoUREAl'. (.Séance du 6 septembre iSSj.) Monsieur et cher Collègue, J'ai l'honneur de communiquer à la Société une nouvelle ohservalion (jui confirme l'opinion émise avec doute, dans le Mémoire sur la stridulation inséré dans le sixième; tome de ses Annales, sur les sons insensibles produits par quel- ques insectes. Le bruit et le silence, dans l'acception ordinaire de ces mots, sont des phénomènes absolus, contradictoires, et (jni n'ont aucun rapport l'un avec l'îiutrc. Il paraît qu'il n'en est pas ainsi dans la nature, et que le silence, dans certaines circonstances, n'est qu'un son affaibli qui échappe à nos oreilles. Le son jiroduit par un centre de vibration dimiuue d'intensité h niesure qu'on s'en éloigne, et finit par s'éteindre ; mais les vibrations se prolongent encore au- delà de la limite où il cesse d'être sensible à l'ouïe, et l'on peut dire que le bruit, et quelquefois le silence, ne sont que des termes éloignés dans la série des vibrations d'un corps sonore. Toutes les oreilles n'ont pas la même délica lessc pour percevoir le son , et tandis qu'il échappe à l'une, /^o8 ANNALES i! iait encore impression sur une autre plus délicate. 11 n'est pas étonnant que les bruits intiniuient petits nous échap peut, et qu'une multitude de petits êtres, que nous croyons muets, soient doués d'tnie voix au moyen de laquelle ils communiquent avec leurs semblables. Je viens d'acquérir une nouvelle preuve de ce fait remarquable , qui mérite d'être établi par toutes les observations propres h le con- firmer. Elle m'a été fournie par la Sauterelle très-ponctuée { Locusta panctatissima) mâle, que j'ai vu imprimer à ses courtes élytres le mouvement stridulatoire sans produire de bruit : elle les frottait l'une sur l'autre de la même ma- nière que le font les Sauterelles chanteuses, et paraissait agir avec intention; car le mouvement qu'elle imprimait h ces organes durait huit ou dix secondes, puis cessait un in- stant, et recommençait ensuite. Je m'en suis approché de très-près , j'ai écouté avec la plus grande attention , et je n'ai entendu aucun son. Les instruments musicaux de cette espèce se voient sur les élytres, mais ils paraissent beaucoup moins développés que ceux des espèces bruyantes. L'espace translucide qui forme le tambour de la droite est ici presque opaque, mol- let, et ne résonne pas lorsqu'on le froisse; la nervure qui représente l'archet sous la gauche n'est pas striée, en sorte que l'instrument est très-imparfait; il est cependant con- struit sur le même modèle que les autres, et son jeu ne rend aucun son sensible. J'ai observé de nouveau une espèce de Ca'iquet h courtes élytres très-commune sur le Jura dans certaines localités, et qui est indiquée dans le Mémoire sur la slridulation comme muette. Le mâle est vert, avec deux bandes noires latérales qui s'étendent tout le long du corps; les cuisses sont tachées de noir, et les jambes sont aussi de celte der- nière couleur; mais le dessous des cuisses postérieures est DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 409 rouge. La femelle est entièrement verte, excepté les deux Landes du corselet, et le dessous des cuisses comme dans l'autre sexe. Les élytrcs du mâle atteignent le bord posté- rieur du premier anneau de l'aL'domcn, et sont irrégulière- ment réticulés par des nervures saillantes; mais on n'y re- marque pas de lambour apparent; la cuisse porlc un archet non denticulé, en sorte que l'inslrument musical de ce Criquet est très-imparfait. On le voit cependant frotter assez fréquemment ses cuisses contre ses élytres, marcher quel- ques pas, les frotter de nouveau, sans que l'oreille la plus attentive puisse saisir un son. Les Dyptères et les Hyménoptères produisent eu volant un bourdonnement d'autant plus fort, en général, que leur taille est plus considérable, et qui finit par disparaître dans les petites espèces. Ces mêmes insectes font entendre un piaulement dont l'intensité varie selon les espèces, et qui semble s'éteindre dans les plus petites. On peut s'en con- vaincre en les prenant dans les filets de chasse, les resser- rant dans un étroit espace, et les saisissant légèrement entre les doigts; on entend alors le piaulement, et lorsqu'il cesse d'être sensible, on éprouve encore dans la main le frémis- sement du corselet qui le produit; ce qui semble indiquer que le tact est un sens plus délicat pour percevoir le son que l'oreille même. Maintenant doit-on croire que les espèces muettes exé- cutent les mêmes mouveuients que celles qui jouissent de la propriété de pousser des sons , avec les mêmes instru- ments , par un pur hasard , sans intention et sans rés(dlat? Doit-on croire au contraire qu'en mettant en jeu les or- ganes vocaux dans les mêmes circonstances elles ont le même but, et qu'elles obtiennent un résultat analogue? Cette seconde j)roposilion me paraît |)lus jjrobabb- (pic l;i ])remièie, el je ciois que nous entendrions leurs chants si 4io ANNALES nos oreilles étaient assez sensibles pour les percevoir. Mais ce fait remarquable des bruits insensibles et des sons silen- cieux ne peut, dansce roomeîîl, se vérifier par l'expérience; il faudrait, pour acquérir celte sorte de preuve, avoir une auditte amplifiant les sons, et produisant à l'égard de l'o- reille le mcme effet que le microscope produit sur les yeux. A l'aide de cet instrument, qui manque à la physique, ou explorerait les sons infiniment petits, on entrerait dans un monde nouveau qui serait, sans doute, fertile en décou- vertes intéressantes. DE LA 80CIi<:TÉ ENTOMOLOGIQIJE. /, 1 1 MEMOIRE SUR LA QUESTION DE SAVOIR SI LES CARACTÈRES FOURNIS PAR LES CHENILLES DOIVENT PRÉVALOIR SUR CEUX TIRÉS DE L'INSECTE PARFAIT DANS UNE BONNE CLASSIFICATION DES LÉPIDOPTÈRES. PAU M. DuPONCIIFL. Les ailleurs du catalogue systématique des Lépidoptères des environs de Vienne sont les premiers , h ma connais- sance, qui aient essayé de classer ces insectes d'après des caractères tirés uniquement de leurs chenilles. On pourrait croire qn'en adoptant ce mode de classification , ils ne l'ont appliqué qu'aux espèces dont les chenilles leur étaient con- nues; mais comme, avant tout, leur but était de donner la liste complète des Lépidoptères de leurs environs, ils ont du y comprendre également ceux qu'ils ne connaissaient qu'à l'élat parfait, et ces derniers sont presque aussi nombreux que les autres. Ainsi ce catalogue, si vanté par les entomo- logistes allemands, n'est qu'une déception dans une grande parlie de sa classification , puisque près de la moitié des «■spèces qu'il renfernie y sont rapportées à leurs genres res- peclils , non d'après leurs chenilles , mais d'après leur faciès à l'état parfait. /,i'i ANNALES (}uoi qu'il en soit, c'est cette môme classification qui a servi de base h celle de Ochsenheimer et de M. Treilschke, son continuateur, dans l'Histoire naturelle des Lépidoptères d'Europe; mais, plus conséqiuMits ou moins exclusii's que ses inventeurs, ils ont fondé leurs genres, non-seulement sur les caractères tirés des chenilles , mais aussi sur ceux fournis par l'insecte parfait, en accordant même dans tous les cas la prééminence h ceux-ci. i\lalheureusemenl ils les expriment d'une manière si vague et si peu comparative qu'il serait impossible de les réduire en tabli^aux synopti- ques, véritable pierre de touche, selon moi, d'une bonne méthode en histoire naturelle. Postérieurement au cataloguedont nous venons de parler, et à la publication des deux premiers volumes de l'ouvrage d'Ochsenheimer, Dalman, célèbre naturaliste suédois, avait fait insérer dans les Mémoires de l'Académie des Sciences de Stockholm, deux classifications séparées des Lépidoptères diurnes de la Suède, l'une d'après les papillons et l'autre d'a- près les chenilles. En comparant ces deux classifications entre elles, on voit qu'il serait impossible de les fondre en ime seule, parce que leurs divisions premières ne se correspondent pas, bien qu'elles présentent les mêmes genres pour résultat. Dans l'Histoire naturelle dos Lépidoptères de France, commencée par Godart, et que je me suis chargé de conti- nuer, il est fait un fréquent emploi des caractères tirés des chenill'^s, surtout à partir de la tribu des Phalénites ; mais ils n'y figurent qu'en seconde ligne et seulement pour con- firmer ceux fournis par l'insecte j)arfait , lesquels sont pré- sentés séparément et formulés de manière qu'ils suffisent seuls pour rapporter chaque espèce ù son genre. Dans ses Icônes et dans son Spécies général , dont il n"a encore paru qu'un volume, M. Boisduval a suivi une mar- che invei'se, c'est-à-dire (nie, chez lui , le-* caractères lires ])E LA 80(;1I':TÉ ENTOAiOLOGJQlE. 4jô des chenilles précèdcnl toujours ceux fournis par les pa- pillons. I\lais quoique celle marche paraisse plus naturelle que l'autre, elle l'est beaucoup moius au fond, et entraîne avec elle de grands inconvénients , comme je le dirai plus tard. Plusieurs autres auteurs , parmi lesquels je citerai seule- ment Horsficld en Angleterre, ont aussi fait un grand usage des Chenilles dans leur classification; mais je ne les con- nais pas assez pour m'étendre sur leur compte. C'est dans cet état de choses que M. Guénée, l'un de nos plus laborieux coulrères, peu satisfait des travaux de ses devanciers, en ce qui concerne la famille des Lépidop- tères nocturnes , a entrepris d'en donner une nouvelle classification, fondée principalement sur les Chenilles, dont il fait depuis long-temps une étude spéciale. Déjà il a fourni h nos Annales plusieurs mémoires sur ce sujet, et d'après les principes qu'il y émet , il est aisé de voir que les Chenilles peuvent seules, suivant lui, fournir de bons caractères gé- nériques, et que ceux tirés de l'insecte parfait sont h peu près insignifiants, et ne doivent venir, dans tous les cas, qu'eu seconde ligne. M. Guénée, en suivant cette marche, est-il entré dans la bonne voie? Il est permis d'en douter : pour moi je ne le crois pas, et voici surquoi je fonde mon opinion, diamétralement opposée à la sienne. D'abord je lui demanderai s'il est bien rationnel d'attacher plus d'importance h des caractères tirés d'un animal dans i'enfancc, qu'à ceux qu'il offre dans l'Age adulte, car telle est une Chenille à l'égard du papillon. Ne le se- rait-il pas davantage d'adopter l'opinion contraire? En ef- fet, quel a pu être le but de la nature en distinguant les espèces par des signes extérieurs , sinon (rempècher «ju'eiles ne se confondoiil au moment de l'accouplement, afin de perpétuer leur race sans allération daus la suite des 4i4 AiNNALES ((nnj)S? C'est donc dans l'insecte parfait , c'est-i\-dire lors- «|u'il est en état de se reproduire, qu'il faut chercher les véritables caractères qui constituent son espèce, et par suite ceux du genre auquel il appartient. Jusque là les difle- rcnces qui le dislinguent d'un autre ne peuvent qu'induire en erreur le naturaliste qui veut y chercher des caractères certains de classification, puisqu'elles varient suivant l'âge, et sont remplacées par d'autres à mesure que l'animal gran- dit , ainsi qu'on le voit particulièrement dans les Chenilles «jui changent plusieurs fois de livrée et même quelquefois de forme, avant de se chrysalider. A la vérité on a remarqué que certains groupes do ces animaux incomplets sont mieux caractérisés que ceux des insectes parfaits qui en proviennent; mais cela vient de ce que l'on connaît beaucoup moins de Chenilles que de Pa- pillons; car il n'est pas douteux qu'à mesure qu'on en dé- couvrira de nouvelles, on verra disparaître les dift'érences tranchées qui les séparent , et il en sera d'elles cumme des Papillons, qu'il était bien plus facile de distinguer généri- queinent du temps de Linnée qu'aujourd hui que leur nombre est décuplé et que des espèces intermédiaires , dont on ne se doutait pas alors, sont venues remplir les la- cunes qui existaient entre les anciens genres. Au reste, la vérité de ces considérations fût-elle con- testable, qu'une classification des Lépidoptères, reposant principalement sur les Chenilles , n'en serait pas plus ad- missible h mes yeux, par la raison que pour qu'elle put l'être il faudrait que les caractères en fussent visibles pour tout le monde, et susceptibles d'être vérifiés en tout temps par celui qui veut s'assurer s'ils existent réellement. Or, je demande s'il en est ainsi des caractères tirés des Chenilles (pi'on ne peut apercevoir que sur le vivant, c'est-à-dire dans des circonstances très passagères , et «pi il n'est facile d«; .M'] LA SOCIKTK FNTOMO LOGIQUE. /,i5 lencoiilrer que jxjtir iv.s espoces les pins comimines ; car qu'on ne dise pas que ces caractères sont visibles sur les (.llienilles souillées oji conserv.'cs ilans l'espril-de-vin : ces deux j>rocédés aUèretjt. trop leurs l'ormes et leurs couleurs poiu' que cela soil possible, du moins sur le plus grand nombre. Or, ([ue signifie une niélhodc qui repose en quel ue, les autres, ISemcoblas , ont quelque rapport avec les petites espèces de MeLltœa ; d'autres , telles que les Ilelicopis , ressemblent à des Lycénides du genre Thecla; Celles du genre Diopthalma ont quelque analogie avec les Satyres ;eniia, d'antres ont une physionomie qui semble les rapprocher, aupremiercoupd'œil, da?- II cliconides, des TVjm- phaUdes, des Hespéridcs, etc. Leur vol, selon les observations faites h Cayennc par M. Lacordairc, est très-rapide, et la plu- part des espèces se reposent les quatre ailes étendues sousla face inférieure des feuilles. Elles habitent l'Amérique du sud , principalement la Guyane et le Brésil. M. Boisduviil en a fait connaître une espèce de la Géorgie d'Amérique, elles anciens auteurs en citent quelques-unes des Antilles. Genre Erycina, Boisb. Erycina, LvTR. Tête «Je moyenne grosseur; yeux saillants et assez gros; palpes longs , écartés, dirigés en avant , écailleux; le second DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 419 arlicîe très-long, dépassant de beaucoup le front; xC dernier plus grêle, beaucoup plus court et un peu infléchi par en bas; antennes longues, terminées en une massue longue, fusil'orme , infléchie en dedans. Pattes antérieures des mâles avortées et très-velues; les pattes correspondantes des femelles complètes. Corps et ailes assez robustes , ces dernières terminées par une queue allongée. 1. Erycina Licarsis. (PI. 14. IJg. let 2.) Alis 7ilgris, concoloribus fasciis duabus cœrutescenli-albis; an- ticis puncto baseos, posticis macula anaii coccincis; cauda nigro-cœrulescenti apice albida. Erycina licarsis, God , Encycl. mélh., p. 564 et 5. — Papi- iio , là. Fab, , Ent. syst. , t. m, p. 28, 85. — Herbst, tab. 58, f. 4- — Papilio rlietus, Cram., 63. — Papilio butes , Clerk., Icon., tab. 46, f. 6. Elle se trouve h la Guyane et au Brésil. Les individus du Brésil ont les bandes blanches, un peu plus larges et moins teintées de bleu. La femelle a la tache rouge un peu plus grande et comme géminée. 2. Erycina Thia, Boisd. (PI. i4. fig. 5et4.) Alis nigris, concoloribus fasciis dnabus carulcscent^-albis ni-* 420 ANNALES lidls, angusUorihus; anticls pancto bascosposticis macula an- guli ani coccincls ; cauda crprulea nllida. Elle ressemble beaucoup à la Licarsis , el elle pourrait bien n'être qu'une simple variété locale de celle espèce. Elle a environ i8 lignes d'envergure; ses quatre ailes sont noires départ et d'autre, traversées par deux bandes blanchrîs communes, droites, un peu transparentes, très-étroites, dont l'antérieure s'éteint insensiblement un peu avant d'ar- river à îa base de la queue, et dont la postérieure, qui est bleue et linéaire sur les secondes ailes, se fond avec le re- flet bien de la queue. Les premières ailes ollVent en outre Tin point basilaire écarîate. Les inférieures ont une queue longue, étroite, linéaire, précédée d'une tache transver- sale écarîate , entière ou bilobée. Le thorax est noir , cou- vert d'un reflet bleu très-brillant. L'abdomen est d'un noir brun avec le dessous du ventre d'un rouge vermillon. Les antennes sont noires. Le dessous des quatre ailes diffère du dessus en ce que le fond est d'un noir mat, avec les bandes blanches, plus nettes; en ce que les queues sont dépourvues de reflet bleu , et que la tache écarialc de l'angle anal est suivie d'une liture blancbàlrc qui reparaît quelquefois un peu en dessus. Elle se trouve an Mexique. Collection de M^L Boisduval. et Lacordaire. 3. Erycina Arislodorus , Boisd. Ails concoiorlbas, nigris,f(Jscla mcdla communi albidaodcx- timmn posticarum coccinea , alleraque remmuni cœrulca ; ails fwsliris rnudalis , pundo armait cocànco s-ihius albo. Elle a ic port et la taille d<^ la Licarsis ; mais les ailes supé- DE LA SOCIÉTÉ ENÏO^'^IOLOGIQUE. 42» ricnres sont un pcn plus pointues. Les quatre ailes sontuoircs, avec une bande médiane, commune, b!anche, droite, qui n'atlcintpasla côte des supérieures et qui devient d'un rouge carmin h la hautein* de l'extrémité de l'abdomen , sur les inférieures, où elle estsnivie d'un gros point carmin h la base de la queue. Outre la bande blanche, il y a sur les quatre ailes une raie d'un bleu brillant qui traverse l'extrémité des p'.eaiit'res et qui longe le bord des inférieures (queues cas- sées); le dessous est couvert par un reflet bleu brilîant , ex- cepté au sommet des supérieures. La bande médiane, et le point de la base de la queue, sont ici entièrement blancs. Le corps est noir, avec une raie latérale jaune sous le venlre. Elle se trouve h Cayenne et fait partie de la coHection de M. Marchand, à Chartres. I\ota. Nous ne sommes pas très-certain que celte espèce appartienne au genre Erycina proprementdit. M. Boisduval, qui a eu l'obligeance de nous communiquer cette description qu'il a faite à Chartres , sur la collection de ]\L Marcliand, n'a pu s'assurer si celte espèce avait les carac-tères du genre Eiycina tel qu'il l'a réduit, p.irce que les organes essen- tiels n'existaient plus sur 1 individu unique qu'il a examiné. Genre Diorina, Boisd. Erycina , Latu. , GoD. Tête grosse, yeux saillants et assez gros; palpes contigus à leur sommet, un peu écartés h leur base, dépassant le front; le second article long, comprimé, un peu ascendant, arrivant au niveau du front; le Iroi.-ième, plus de'moitié plus court, pointu et acicu^aire; anlennes longues termi- nées en une massue fusiforme, longue et peu prononcée. Pattes antérieures des mâles avortées et très-velues ; les 42Î AINiNALES paltes correspondantes des femelles complètes , mais un peu plus grêles que celles des deux autres paires. Corps et ailes assez robustes , ces dernières terminées par une queue large et peu allongée. M. Boisduval , qui nous a communiqué les caractères de cenouveaugenre,n'y admet qu'une seule espèce; elle diffère manifestement des Erycina proprement dites, par les palpes moitié plus courts. Diorina Laonomc , Boisd. (PI. i4. fig. 5 à 6.) Atis nigrlsj suprà caraleo nilldls , antlcls fusela cùsolcta al- bida, posiicis fascia anali coccinca; suùtus fuscis,fascus diia- bus albidis, antlcarum basi, posticarinn fascia angali anl punctocjue basUarl cocclneis. < Erycina iphinoe , mâle, God. , Encycl. métli., t. ix, p. 5G5, 7. Godart a connu celte espèce, mais il l'a prise, h tort, pour le mâle du Papilio pcriandcr de Cramer. Elle a envi- ron un pouce et demi d'envergure. Le dessus des ailes est noir, avec un reflet d'un bleu vif qui s'étend sur toutes les inférieures et jusqu'au milieu des supérieures, où il est limité par une bande transverse presque elTacéc, d'un blanc sale; les secondes ailes sont terminées par une queue courte et obtuse, précédée d'une bande arquée d'un rouge écar- lalc, quelquefois partagée en trois taches. Le corps est noir, avec uni^eflct bleu sur le thorax ; le dessous du ventre est d'un rouge vermillon; les antennes sont noires. Le dessous des DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 425 quatre ailes est d'un brun noirâtre, avec deux bandes com- mîmes blancliùlres, dont ranlérieurc est beaucoup plus nette; les premières offrent en outre uue raie longitudinale rouge qui s'étend le long do la côte, depuis la base jusque près du milieu; les secondes sont marquées d'un point ba- silaire rouge et d'ime bande anale de la même couleur , tri- lobée comme en dessus; la poitrine offre aussi de chaque côté un point rouge. La femelle diffère du mâle en ce que la bande blanche des premières ailes est un peu plus ^nette et en ce que le reflet bleu est un peu moins étendu. Elle se trouve au Brésil , mais plus particulièrement h la Colombie. Collection Boisduval et Morisse. Genre Zeonia, Boisb. Erycina, Latr., God. ïéte grosse , yeux salllanti , palpes velus , écaillcux, très- rapprochés , collés sur le front , ne dépassant pas le cha|)e- ron ; les articles non distincts. Antennes longues , non ter- minées en massue, plus ou moins allongées, un peu inflé- chiescn dedans. Pattes antérieures des mâles avortées et Irès- vclues ; pattes correspondantes des femelles complètes et un peu pliis grêles que celles des autres paires. Corps etailes as- sez robustes, ces dernières terminées par une queue plus ou moins longue, naissant ordinairement d'un appendice anal très-prononcé. Ce genre a des rapports marqués ayec les deux précédents, mais il en diffère beaucoup par ses palpes, qui sont h peu près comme dans les genres Pap'dio et Lcptocircus. Il se dis- tingue de ces deux derniers par ses pattes avortées et très- velues chez les mâles, taudis que tontes les espèces connues de Papilionidcs ou de Piérides sont pourvues de six pattes 424 ANNALES complètes dans les daux sexes ; c'est Jonc par erreur , ou faute de matériaux suffisants, cpicGodarl a mis le PapUio Carias do Fabricius [Leptocircas Cmiiis ,1^0lSD.) dans ses Erycincs à côté des espèces du genre Zeon'ui. PREMIÈRE DIVISION. Ailes non transparentes. ]. Zeonla Pcrlandcr. Ails fnscis , anticls fasciis duaùiis albls, posticis fascla alba, maculisijue analibus tribus rubrls ; caada lala, litura trans- vcisa basali apiccquc albidis ; salins concoloribits. Erycina iphinoc ,Çi on., Encycl. , ix, p. 565, 7. — Papilio pe- riander, Gram., 188. C Elle se trouve h la Guyane. Comme nous n'avons vu cette espèce qu'en très-mauvais état, il serait possible qu'elle appartînt au genre précédent. '2. Zconia Aulestes. AUsfuscis, fascia lata communi aurantiaco-fiUva, altéra pos. iica obsoleta fulvo-cincrca, posticis iatè abruplcque coudalis fascia anaii aurantiaca. Papilio aulestes , Gp.am.j 128. G. — PapUio aulctcs ,\\\-.-SKîi^y , Pap. ,tab. 6o,iig. i. — Erycina aulestes, God., Encycl. ,ix, p. 565, 8. Elle ne trouve à la Guyane. Aota. Chez la plupart des mâles ia bande est d'un jaune Dl; LA SOCIÉTÉ I^NÏOMOLOGIQUE. 4'^^ plus pâle que dans les femelles, elle repli qu'elle forme pour aUeiudrc le bord abdouiinal des secondes ailos est ordinai- rement rouge. Dans les deux sexes le dessous est semblable au dessus. IN'ous avons vu aussi des individus où la bande commune était d'un javinc blanchâtre sur les quatre aiL^s. 3. Zconia Tcdca. Aiisfascis, fascia média communi falva, altéra postica cinereo- albida ; posùcis iatè caudatis , cauda ùrcvi , extus incurvata. basi fidvo fasciala. Pap'dio tedea, Cram. , 102 , A. — IIerbst , tab. 69. , lîg. G. — Erycina aulestes\m\\Q , God. , Encycl., ix, p. £G5, 8. Guyane. Godart , qui n'a point vu celte espèce en nature, l'a prise pour le mâle de VAulestcs de Cramer. Zeonia Lysippus. AUs fusco-nigris maris micantiùus, fascia postica communi aurantiaca ; sablas ad basin /lavo-albido punctatis. Papiiio lysippus, Linn. Mus. Lud. Ulr. , p. SSa. — Fabri- cius, Ent. Syst., t. m, p. 321,218.^ — Drury, Ins. , 1 , pi. 22, fig. 3, 4. — CuAM., 38o A. — Herbsï, Paj)., tab. 284 , fig. 7, 8. — Erycina lysippus, God. Encycl. , ix, p. 566. 1 1. Guyane, Brésil. Chez le mâle, les ailes ont uu léger reflet bîi3uûtrc; dans la icmclle, et souvent aussi dans le mâle, les points dudcs- 4^0 ANNALES sous reparaissenl en Jessus; chez les deux sexes, la queue est Ironquéo et plus courte que daiis aucune espèce de la même division. 5. Zeonia Meilt,œiis. Ails nigrls, fa.scia communl sanguinca ; posticis latè caadatls macula transversa anali sanguinca ; omnibus sablas nilide cyaneisy fasciis duahus nigro ryancis, posticis puncto anali albido strigafjuead basin caadcB sangulnea. Erycina mcUbœus, God., Encyc!. ix, p. 565, 9. — Papilio meiibœus, Fabr., Eut. Syst. , t. m, p. 29, 84. — Papilio pyretus, Cram., i44' A. B. Celte belle espèce se trouve à Cayenno cl h Surinam. Nous n'avons vu que des mâles. DEUXIÈME DIVISION. Ailes plus ou moins transparentes. 6. Zeonia Octavius. Alis hyalinis, neriis striga communi margine(jue nigris; pos- ticis opicc late productis ; cauda elongala nigra; angulo anali utrmcjue ccccinco, sablas albo bipunctalo. Erycina octavius, God., Encycl., ix, p. 564. — Papilio oclavius , Fabr. , Eut. Syst., t. m, p. 28, 82. — IIkriîst, tab. 60, f. 2. — Papilio cliorincus, CuAM. , ôg. A. Elle hal)ile la Guyane. Chez celte espèce, la partie postérieure des secondes DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQl'E. 4'^7 ailes se prolonge notablement avant do donner naissance h la queue. 7. Zeonlo. Morissci, Boisd. (PI. li.fig. 7 et 8.) A lis hynllnis nervis, ùasi, slr'i^a covwtani marglncqnc iiigrls ; posticis caudatis , maculis daabus coccinels an ail b us ; cau- dâ cœridescenti, striga ùasUari apiceque albis. Erycina Morissci, Isabeld:. Voy. à Buénos-Ayres, p. oaô. ErydnaXantippc? G^xy, Animal kingd. pi. 102, iîg. i. Cette belle espèce nous a été dédiée par M. le docteur Boisduval. Elle a environ un pouce et demi d'envergure; les premières ailes, et les deux tiers des secondes, sont transparents , avec les nervures , la base , les bords , et une bande médiane, commune, droite, d'un noir profond; le tiers postérjjpur des ailes inférieures est noir, prolongé en arrière et marqué de deux taches d'un rouge écarlate ; l'une vis-h-vis la base de la queue et l'autre sur le bord abdomi- nal. La queue est noire à reflet bleu , avec rcxtrémîtc d'un gris blanchâtre; elle est précédée, à sa base, au-dessous de la tache rouge, d'une raie transverse blanche, un peu maculaire; la palette anale est saillante et forme une espèce de dent garnie de cils blancs. Le corps et les antennes sont entièrement noirs; le ventre est marqué en dessous de deux lignes blanches presque marginales. Le dessous des ailes est semblable au dessus, sinon que les parties noires des se- condes jettent, à certain aspect, un reflet bleu brillant. Fe- melle semblable au mâle. Elle habite le Brésil méridional. M. Lsabelle l'a rapportée en assez grande quantité de son voyage à la Banda orientale. Celle espèce pourrait bien être la même que celle dé- 4'.>8 ANNALES crilc par M. Gray , dans V Animal kingdom, soiis le nom de Xaniippc ; mais comme les gravures de cel ouvrage sont en noir, je n'ai pu ncqnérir la corliiiulc nécessaire sur l'iden- lilé do noire espèce avec ia 7ianlippe. Dans tous les cas, le nom de Xnnlippc devrait peut-èlre èlro rejelr^, attendu que Latrclllc a décrit dcpnlsîong-lcmps une llcspérie du Brésil sous le même nom. 8. Zeonia Ilellconldes. Alis hyallnls, nervlsj busi , strh^u comminii marglnccjnc ni- gris ; posùcis caadatis , ad baAn caadcc niucida coccincu transvasa , super Jacenle arcti albido. S^AiNsoN, Zoolog. illust., 2" série, pi. iii. Elle se rapproche beaucoup de la Morlssel; elle en diffère parles caractères suivants: elle est un peu plus grande; les premières ailes ont lebordpostérieurpîus arrondi et le som- met un peu moitts aigu ; la bande noire conimun^^ est un peu moins droite; l'angle anal des secondes est marqué d'une tache rouge transverse, assez grande, surmontée, entre la queue et la dent anale , d'un arc blanchâtre, tandis que, dans la précédente, la même région est marquée de deux taches rouges arrondies, dont une sur le bord abdouùnal , au ni- veau de l'extrémité de l'abdomen, et l'autre entre la queue et lu palette anale, suivie en arriéra d'une raie blanchâlrc ; le reste comme ciioz l'espèce précédente. Brésil septentrional. Nous aurions pu nous dispenser de décrire cctleespèce, at- tendu qu'elle l'est depuis piusiem s années par M. Swainson ; mais, comme l'ouvrage de ce dernier auteur ne se Irouvequ'cn- Ire les mains d'un petit nombre d'entomologistes , nous avons cru qu'il ne serait pas inutile de donner, après la phrase diagnostique , quelques ligues de description pour faire mieux ressortir la différence qui la caractérise. DE LA SOCIliTl-: ENTOMOLOGIQIjî:. 4^9 N O T I G E SUR LE GENRE PANGONIE; PAR M. J. Macquart. (Séance du 5 mai iS3-). (PI. i5.) Lvs genres naturels (s'il csl encore permis de s'exprimer comme Linné) , lorsque de nombreuses espèces viennent les grossir, perdent souvent de leur unité par les modifica- tions des organes; mais aussi ils la montrent en même temps plus manifeste par la persistance de quelques carac- tères qui ne sont pas toujours ceux qui leur ont été priuiili- vement donnés. Celte réflexion nous a été suggérée par l'inspection des Pangonies (i) assez nombreuses que nous avons eu l'occasion d'observer, et parliculièremcnt de celles de la collection du Muséum de Paris. Nous nous sommes assurés que les organes de ces Tabaniens présentent (i) L'origine du nom Fangoniti , primitivemeat Pangonliis , nous est in- connue. iN'(uis ne croyons pas qu'il dérive des nioli grecs Ucc-j, lowl, cl yo-nx, genou, parce que cette étymologie n'a aucun rapport avec la conformation de ces Diplères. Peut-être Latrcillc l'a-t-il emprunté, comme plusieurs au- tres, de Pline, qui nomme ainsi une pierre, une espèce d'agate. 4oo ANNAL lis xm grand nombre de rnodificalions qui rendent souvent inexacts les caractères assignés jusqu'à présent h. ce genre, et qui exigent rigoureusement une rectification. Lorsque Latrcille fonda ce genre dans le Dictionnaire d'histoire na- turelle de Délcrville, en prenant pour type le Tabanus ros- ir atus de Linné et le Tabanus macidatus de Rossi , il lui donna pour caractères la trompe allongée et le dernier ar- ticle des antennes de sept à huit divisions; et il forma de ce genre, et de celui des Némestrines , la famille des 5£- pkoncalès , méconnaissant, par ce rapprochement, 1 im- portance des différences qui les divisent et l'étroite affiaité qui lie le premier aux Tabaniens; mais, dans son Gênera , 11 le mit à sa place naturelle et lui assigna encore pour ca- ractère une trompe siphuncuîiforme, coriacée, très-longue, dirigée en avant ou inclinée. Fabricius , dans son Systema ^nf/mforHîK, et Mcigen, dans ses Diptères iC Europe, en fai- sant connaître l'organisation des Pangonies, continuèrent à mettre la forme de la trompe au nombre des caractères essentiels. Cependant cet organe présente de nombreuses modifications qui le rendent peu propre h distinguer ce genre par les fréquentes exceptions à la forme normale. Autant la trompe conserve-t-elle fidèlement ses éléments constitutifs , son suçoir composé de six soies dans les fe- melles (i) , de quatre dans les mâles, ainsi que dans tous les Tabaniens; autant varie -t-elle de longueur, d'épaisseur, de direction. Plus longue que le corps dans le Pangonia rostrata, Linn.,lii longirostriSfWhà.^Vappendiculata, nob., n'atteignant que la longueur du thorax dans les marginata., variegata , Fab., le doràalis, nob., sa longueur n'égale (i) Laireille, dans son Gênera , ne donne que quatre soies à la trompe des Pangonids, probablement parce qu'il n'avait observé que la trompe des mâles. DE LÀ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4^» que la liaulcur de la tcle dans les chysostlgma, fuscipennis, AVied., le fasclata , nob., cl plusieurs autres. Dans les es- pèces dont la Irompe est longue, les soies qu'elle renferme n'ont guère que le tiers de sa longueur; dans les autres, elles sont aussi longues qu'elle. Ëxlrcniement menue et ef- filée lorsqu'elle est allongée, elle épaissit ordinairement en proportion de sa brièveté. Les lèvres qui la terminent per- dent souvent la forme épaisse qu'elles ont généralement dans les Diptères; elles s'atténuent et sont à peine distinctes: mats quelquefois aussi elles se montrent renflées, surtout lorsque la Irompe est courte, comme dans le margaritifera, Wicd, les albltkorax , dcpressa , macroporum , Jackson'ù, aurai a , clavata, nob. Sous le rapport de la direction dans l'état de repos , la trompe varie également suivant sa longueur ; lon- gue , elle est horizontale ; médiocre, elle s'incline oblique- nient; courte, elle s'abaisse perpendiculairement. Les palpes, quoique variés d'une manière moins sensible, présentent cependant plusieurs modifications dans la forme de leur dernier article. Dissemblable dans les deux sexes , il est, dans les mâles, généralement droit, également assez étroit dans sa longueur et terminé par une pointe mousse: dans les femelles , il est le plus souvent allongé , très-dépri- mé, large à sa base, longuement pointu; il est demi-cylin- driLOGlQLIî. 44^ loncé que le reslo de Ti-ilc; la frange est (eslounco et d iia gris plus clair. Le dessus des secondes ailes est gris, avec les nervures et le bord intérieur plus foncrs; la iVange est au contraire plus blanchâtre. Le dessous des quatre ailes est d'un gris clair uniforme, avec rcxlrémilé légèrement obs- cure, surtout aux supérieures. Le corps, les antennes, qui sont filiformes, et les pattfs sont de la même couleur que les ailes. Un seul exemplaire de celte espèce a été pris en Syrie ■par M. Meslral , et fait actuellement partie de ma col- lection. Genre Xylina , Treist. Xyllna Lefeùvrei , Bugnion. (PI. 16. fig. 4.) AUs anticis albidis , nervis llnelscjae nigrls , duabus micidis ordlnar'ds nlgro chictis; posticis aibis; cor pore aibido- cinereo. Cette espèce me paraît appartenir au genre Xylina, Treist., et devoir être placée à côté de \a Xylina Austral is, Boisd. Les ailes supérieures sont blanchâtres , parsemées d'a- tomes grisâtres sur les bords extérieurs; les nervures sont noires ; au milieu des ailes on remarque les deux taches ordinaires, de même couleur que le fond et entourées de noir; celle qui est près de la base esi de forme ovale , l'autre a la forme d'un croissant; au-dessous de ces deux taches on en rem.arque une troisième ouverte , moins distincte et de forme allongée; près du bord extérieur est une ligne oblique d'atomes foncés; la frange est blanchâtre, entre- coupée d'atomes grisâtres. Les ailes inférieures sont blanches. 4^4 A^NALES avec une tache discoïdalc noire, h peine distincte; la frange est blanche, séparée du fond de l'aile par une ligne grisâtre qui se remarque aux quatre ailes. En dessous, les quatre ailes sont Hanches, avec une tache discoïdalc noire au milieu. Le corselet est blanchâtre, parsemé d'atomes grisâtres ; les palpes et le corps sont de la même couleur; les anten- nes sont filifoi^mes et grises. Cette description est faite sur un exemplaire $ pris en Egypte par M. L. Mestral. « DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 445 i«VV\\-VVVVVXVVVVVV%VV^VVV\VVVVV\VVVVVVVVVX'VVVVVVVVVVVVVVVVVXVVV\VVV*V\VVVVVVVVVV\^i'VVW*Ai*V%A/VV^ DESCRIPTION DE DEUX COLÉOPTÈRES NOUVEAUX D'ITALIE; PAR M. Pecchioli. (Séance du 4 octobre 1SÔ7.) Apotomus rufithorax. (PI. 16. fig. 6.) Çaplle thorace(juerufis ; clytris nlgro-cyancis, pro funde striât 0- panclatis, sabpabesccntibus. Long, un peu moins de 2 lignes. Larg. \ de ligne. Il est à peu près de la grandeur de V A pot ornas ru fus. La tôle est lisse, d'un rouge obscur qui devient plus foncé dans sa partie antérieure, qui est passablement allon- gée. On ne remarque aucun rétrécissement sensible dans sa partie postérieure. Les yeux sont saillants, gros et d'un noir bien prononcé. Les antennes ont les trois premiers articles et la moitié du quatrième; d'un leslacé obscur qui devient plus foncé dans les autres. Elles atteignent, comme dans l'espèce précitée, la moitié de la longueur dâiL'insectc. 440 ANNALES Le thorax, qui est très-convexe, est de la même couleur (jue la partie postérieure de la tète; très-finement ponctué, aussi long que large, échancré antérieurement, coupé pres- que carrément h sa partie postérieure. Il est marqué longi- ludinalement par une impression plus sensible qu'elle ne Test dans X A potoinm rufus. Les élytres sont d'un noir bleuâtre, plus longues que la têteetle thorax réunis, un peu plus larges que cette dernière partie, marquées de stries ponctuées moins profondes que dans l'espèce précitée. Elles sont légèrement pubcsccnles, surtout près de leur bord extérieur. Le sternum et le prosternum sont de la même couleur que le tergum , ma*s un peu plus foncée. L'abdomen et les cuisses sont d'un brun obscur, surtout les quatre postérieures. Les jambes et les tarses sont rou- geâlres. Nous avons trouvé un seul individu de cette jolie espèce en chassant avec M. Christi, entomologiste toscan, dans la province sons-marine de la Toscane {la Maremma Gros- setana) , dans un endroit humide et marécageux. é Antliaxia Passcrinu. (PI. i6. fig. 7.) Ca/Hte thoracequc œaeis; elylris caprels, triangido œneo incisis. Long. 3 lig. \. Larg. 1 lig. dans sa partie plus dilatée. Ce joli insecte, l'un des plus grands parmi ses congé- nères d'Europe, se Tait remarquoij^^entre eux par la division DR LA SOCIÉTIi; ENTOMOLOGIQUK. 447 bien tranchée de ses couleurs, et par sa forme plus cylin- drique que parallèle. La tête, d'un vert cuivreux, est très-finement ponctuée. Les yeux sont grands et d'im noir obscur. Le thorax est de même couleur que la tête ; il est plus large que long. Ses bords latéraux sont arrondis et légère- ment réfléchis vers leur extrémité postérieure. Il est aussi très-finement ponctué; cette ponctuation est irrégulière et forme, surtout sur son disque, de petites rides transver- sales. On remarque , d;ms *a partie médiane, une impres- sion longitudinale et proionde qui est marquée des deux côtés de deux taches noires , obiongues , presque rénifor- mes , et parallèles entre elles. L'écusson est noir et pres- que cordiforme. j. Les élytrcs sont d'un beau ronge cuivreux , couvertes d'une ponctuation très-fine et très-serrée qui forme, comme sur le corselet, de petites rides transversales, cependant moins senties. De leur partie basilaîre, jusqu'à peu près au premier tiers antérieur, la couleur verte du thorax rem- place la couleur cuivreuse des éiytrcs, et se dessine en un triangle dont la base est formée par la troncature du tho- rax. De ce même point basilaire, et jusqu'à peu près vers l'extrémité des élylres, se trouve une dépression sinueuse qui relève en bosse la partie moyenne de cet organe. Elles sont en outre sinueuses à leur bord extérieur, et marquées d'une petite bordure d'un beau vert doré, pareille à celle qui parcourt les côtés du triangle basilaire. Tontes les parties inférieures sont d'un beau vert métal- lique. J'ai trouvé ce charmant insecte aiix environs de Flo- rence, sur diirérentes camomiUacées. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4^9 DESCRIPTION d'une NOUVELLE ESPÈCE DU GENRE GORÏYNA (TRElTS.), PAR }L PllîBRET. (Séance du G décembre iSSy.) Gortyna Borelii, Mihi. (PI. 16. fig. 5.) Alis anticis elongalls , pallide flavidis, ferrugineotjue varils^ maciiUs tribus ordlnarus cdôidis , macula oplcaU /laves- cenle , bi-slrigâ fcrrugincâ ; posùcis albidis ; capile tlw- raceque ovinino fcrrugineis. L'espèce que nous décrivons m^^jourd'hui fait partie du genre Gorlyna de M. Treitscke. Elle est très-voisine de la Gortyna Flavago; mais elle en diffère essentiellement parles caractères suivants: Dans la Flavago, le fond des ailes supérieures est d'un beau jaune doré, saupoudré de ferrugineux, tandis que, M. 5o 45o ANNALES dans la Borcl'd, le fond est d'an jaune pâle beaucoup moins chargé d'atomes. Dans la première, les trois taches ordi- naires sont de la couleur du fond; dans la seconde, ces taches sont blanchâtres. Les ailes supérieures de la Borelii sont beaucoup plus étroites et plus allongées que celles de la Flavogo, et le bord terminal dans celie-ci est coupé plus obliquement. Dans la Borelii, la double strie transverse, placée entre le bord terminal et la tache réniforme, est pins arrondie et plus éloignée de la tache dont nous venons de parler que dans la Flavago. Les ailes inférieures delà Gortyna Borelii sont d'un blanc très -légèrement rosé, tandis que celles de la Flavago sont d'un jaune sale, traversées par une bande et des lignes grisâtres , avec les nervures de cette dernière couleur très- prononcées. En outre, dans la première, la tête et le corselet sont enliôrenient rougeàtres, tandis que, dans la seconde, le collier et les épauleltes sont d'un jaune doré, bordé de ferrugineux. Cette espèce, encore inédite , a été trouvée, pour la pre- mière fois , dans les bois de Sainte-Geneviève en i 850, par M. Bore! , l'un de nos plus habiles investigateurs, qui s'est plus d'une fois signalé par d'intéressantes découverles aux environs de Paris. Cette Gorlyna paraît depuis la fui d'août jusqu'au commencement d'octobre. Nous avons eu occasion de voir sept h huit individus de cette espèce, pris dans la même localité parle même ama- teur; ils étaient tous prfaitement semblables h celui que nous venons de décrire. Nous ajouterons seulement que M. le docteur Boisduval possède, dans sa magnifique col- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 45i îcclion, un mâle plus grand d'ua tiers que le nuire, et qui provient également des chasses de M. Borel. M. Duponcheî nous a dit avoir remarqué, dans les boîtes de M. Boisduval, une espèce de l'Amérique septentrionale qui ne paraissait dilFérer de la nôtre que par une taille deux lois plus grande. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 455 ESSAI SUR LE GENRE MONOTOMA PAU M. AuBÉ. (Séance du i"' novembre iSSj.) (PI. .7.) En examinant avec attention le genre Monotoma, tel qu'il a été établi par Herbst, sur des insectes de la famille des Xylophages compris dans les Synchlta de Hellwig , et dont les antennes, composées de dix articles, ont la massue uni- arlicnlée , il est facile de se convaincre qu'ils ne peuvent constituer une seule et même coupe générique ; aussi La- trcillc [Règne animal, t. v, p. 96) le subdivisa-t-il en trois nouveauxgroupe*. Il nomma l'un Cerylon,ei maintint an se- cond l'ancien nom àe Synchyla; enfin, le troisième conserva celui de Monoloma qui lui avait été assigné par Herbst. C'est ce dernier genre qui devra faire le sujet de ce mémoire. Je n'ai pas Finlisnlion de donner ici une monographie complète du genre Monotoma , je veux seulement ajouter, aux trois espèces déjh connues, six autres que je considère counnc nouvelles et que ie possède dans ma collection. .l'ai 454 ANNALES cru nécessaire, pour faire ressortir les différences f|ui exis- tent entre tous ces petits insectes, de décrire de nouveau les trois espèces publiées par Gylienhal , et d'en donner aussi la figure. Monotoma , Herbst. Lyctus, Pa\"K. Cerylon, Gyl. Lotridlits, Kugel. Corticaria, Marsh. Tête triangulaire, plus ou moins avancée, ayant un col bien prononcé. Anlennes en massue, plus courtes que la tête et le cor- selet pris ensemble, composées de dix articles; les deux pre- miers plus forts que les sept suivants, qui sont à peu près égaux; le dixième, le plus grand de tous, constitue la massue à lui seul (an). Epistome fortement avancé. Labre très-court , arrondi, entier et caché par l'épistomc {9. h). Mandibules robustes, légèrement denliculées h l'extré- mité (2 c). Mâchoires membraneuses, garnies en dedans de cils assez forts (2 d). Palpes maxillaires de quatre articles ; les deux premiers très-pelils; le troisième très-iort, presque ovoïde , tronqué h son extrémité pour recevoir le dernier, qui est plus petit que lui et pyramidal (2 t). Aienioii fortement écliancré (2 f). languette très-longue, arrondie et ciliée h son somaiet Palpes labiaux de trois articles; le premier très-petit; le& DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQliE. 4^'^ deux suivants comme les deux derniers des palpes maxil- laires ( 2 /t). Yeux petits, saillant^; et granuieiix. Corselet qiiadrangiilaire. Félyires allongées, tronquées à rc.vlrémité et ne couvrant pas entièrement l'abdomen. Pattes de médiocre longueur; larses de quatre articles, le dernier plus long que les trois autres réunis, et terminé par deux crochets assez forts et égaux (2 l). Les Monotorna sont de 1res petite taille, ils se rencontrent dans les lumiers et sous les écorces, et vivent de détritus de végétaux, préférant toutefois ceux qui contiennent des matières animalisùes. Les deux espèces ConicicoUisel yJiigiis- ticollis habitent en société avec les grandes fourmis. Les mâles ne diffèrent des femelles que par leur taille un peu plus petite. 1 . M onomotoma ConicicoUls. (PI. 17. fig. 1.) Auguste don gala, fusco- fer raginea hispidida ; capite valde porrccto; tlioraceragoso-punc'ato, conlco, valde anticeangus- tiorc , postlce biforeolato , lateribiis obliquis , crcnulalls , angulis anlicis valde prominulis , leviter acatis , posticis oblique Irancatis; elytris scrlatimraguloso-panclatis. Monotorna Conicicoilis , (iuiiuN. Icon. du lUg. onim. pi, 4i. fig. 2. Monotorna ConicicoUe , Cuiîv.-Dej. Cat. 3'édil. p. 047* Var. jS. Unditjue testacea. Long. 5 millim. L.arg. ^ millim. Corps étroit, très allongé .. près de quatre fois aussi long ^ A^C) ANNALES que large, àiiii brun ferrugineux terne. Tête étroite , trian- gulaire , fortement allongée antérieurement, ponctuée et chagrinée. Antennes une fois et demie aussi longues que la tête, d'un lestacé ferrugineux. Yeux très-petits, noirs et granuleux. Corselet conique, une fois et tiers aussi long que large, beaucoup plus étroit en avant qu'en arrière, coupé carrément h son sommet et à sa base; les angles an- térieurs saillants et aigus, les postérieurs coupés oblique- ment; les bords latéraux presque rectilignes, obliques etlé- gérement crénelés; il est médiocrement convexe, Irès-lé- géremcnt pubescent et couvert de points enfoncés assez forts, très-rapprochés les uns des autres et le faisant pa- raître rugueux; il présente, en outre, à la base, deux lé- gères impressions longitudinales. Écusson très-petit, ar- rondi et rugueux. El) très ovalaircs , très-allongées, deux fois aussi longues que larges, un peu plus étroites à l'extré- mité, qui est tronquée presque carrément; elles sont pres- que déprimées et couvertes de points enfoncés, disposés en stries longitudinales; ces points sont assez forts et très-rap- prochés les uns des autres; les intervalles , très-élroits et rugueux, présentent, dans toute leur longueur, une série de poils très-courts et peu visibles. Le dessous du corps ponctué, chagriné et légèrement pubescent. Pattes d'un lestacé ferrugineux. Il varie du brun ferrugineux très-!"oncé au teslacérougeâtre liés clair. Cette diirérence de couleur est due, je crois, h son développement plus ou moins complet. Il vit en société avec les grandes Iburmis {Formica Uiifa, Liun.); mais il est assez rare. Je l'ai quelquefois trouvé au bois de Boulogucau printemps et à l'automne; c'est surtout à celte .) Elongata, vigro-ùnmnea, hispidula ; capite in frontc bifoveo- tato, atrlnqae ultra ocidos splnida arcuala armât ; Ihorace (juadrato, paido tiongalo, vix onticc angustiorc, postice bi- fovcolalo, lateribus ferè rectis, crenidatis, anguiis anticis vix prominitlis , aculiuscidis, posticis oblique truncatis ; eiylris seriatim rugulosopnnctatis. Monotoma Picipes, Herbst. Col. v. t. 4^. fig- 2. Cery Ion Picipes, Gyi.. Ins. Sncc. m. p. 4i7- DE LA SOCIl'iïÉ FINTOMOI-OGIQUE. 4^9 Lyctus P ici/es, Païk. Faun. Suec. m. p. 55 1. Latridius Monolo7ntis,lifk.VGT.L. in Scheld. Mag.v.\). 576. Corticaria Contracta, Marsh. Eut. Brlt. i. p. 110. Long. 2 millim. Larg. * millim. Corps étroit , allongé , un peu plus de trois fois aussi long que large, d'un brun noirâtre terne. Tête triangulaire, \x l)eine allongée antérieurement, ponctuée, chagrinée, et présentant sur le front deux petites impressions longitudi- nales un peu obliques, et une autre punctiformc, peu visible, sur le milieu du vcrtex; on observe, en outre, de chaque côté, en arrière des yeux, un petit appendice spiniforme, légèrement arqué et pointu. Antennes une fois et demie aussi longues que la tête, d'un l'errugineux rougeâtre. Yeux assez forts, noirs et granuleux. Corselet carré, un peu allongé, une fois et quart aussi long que large, à peine plus étroit en avant qu'en arrière , coupé carrément à son sommet et à sa base; les angles antérieurs 5 peine saillants et peu aigus, les postérieurs coupés obliquement; les bords latéraux presque rcctilignes et légèrement denticulés, cha- cune des dentelures terminée par un petit poil peu visible; il est médiocrement convexe, légèrement pubescent et couvert dépeints enfoncés, assez forts, Irès-rapprochés les uns des autres et le faisant paraître rnguenx; il présente, en outre, à la base, deux impressions longitudinales. Ecus- son trèt-])elit, arrondi et rugueux. Elytrcs ova'laires, un peu allongées, moins de deux fois aussi longues que larges, un peu plus étroites à l'extrémité, qui est tronquée presque carrément; elles sont légèrement convexes et couvertes de points enfoncés disjiosrs en stries longitudinales ; ces points sont assez forts, très-rapprochès les uns des autres; les in- 46o ANNALES tervalles, très-étroits et rugueux, présentent, dans toute leur longueur, une série de j)elits poils très-courts et assez visibles. Le dessous du corps ponctué , chagriné et légère- ment pubescent. Pattes d'un ferrugineux rougeâtre. 11 se trouve sous les écorces humides , et quelquefois aussi, mais rarement, dans le fumier des écuries; il est peu commun. 4. Monotoma BrcvicoUis, Mmi. {PI. .;. fig. 4.) Elongata, fusco-brunnea, hispldula ; capite triangutare, utrin- ■ que ultra ocalos spinuia nrcuata armato; ihorace quadrato, ferè latitudine longitudinis , inx antice augusliore , posti- ce bifoveolato , laleribus fcre redis, crenulatis , atigulis anticis rectis , obtusis , postiçls oblique truncalis ; elytris seriatim ruguloso-panctatis. Long. 2 millim. Larg. j millim. Corps étroit, allongé, un peu plus de trois fois aussi long que large, d'un brun noirâtre terne. Tête triangulaire, h peine allongée antérieurement, ponctuée, chagrinée, et oflVant de chaque côté^ en arrière des yeux, un petit ap- pendice spîniforme, légèrement arqué et pointu. Antennes une fois et demie aussi longues que la tête, d'un ferrugi- neux rougeâtre. Yeux assez forts , noirs et granuleux. Cor- selet carré, presque aussi large que long, h peine plus étroit en avant qu'en arrière, coupé carrément h son som- met et à sa base; les angles antérieurs droits etémoussés. DE LA SOCiÊTÉ EÎNTOMOLOGIQLIE. /.Gi les postérieurs coupés obliquement; les bords latéraux pres- que rectilignes et légèrement dcnticulés , chacune des den- telures terminée par un petit poil peu visible; il est médio- crement convexe, légèrement pubescentet couvert de points enfoncés assez forts, trés-rapprochés les uns des autres, et le faisant paraître rugueux; il présente, en outre, h la base deux impressions longitudinales très-peu marquées, bcus- son très-petit, arrondi et rugueux. Elytres ovalaires , un peu allongées , moins de deux fois aussi longues que larges , un peu plus étroites à l'extrémité, qui est tronquée presque carrément; elles sont lég(''rement convexes et couvertes de points enfoncés disposés en stries longitudinales ; ces points sont assez forts et très-rapprochés les uns des autres ; les intervalles , très-étroits et rugueux , présentent , dans toute leur longueur , une série de petits poils très-courts et assez visibles. Le dessous du corps ponctué, chagriné et légère- ment pubescent. Pattes d'un ferrugineux rougeûtre. Il ressemble beaucoup au Picipcs, mais il en difi'ère es- sentiellement par l'absence d'impressions longitudinales sur la tête; par son corselet plus court, plus régulièrement carré et dont les angles antérieurs sont moins saillants et les impressions de la base moins marquées; ses élytres sont aussi un peu moins dilatées au milieu et plus parallèles. Il se trouve, mais assez rarement, dans le fumier des écuries et des couches à melon. 5. Monovia Amcricana , Guérin. (PI. 17. Gf,'. 5.) Elongata, fusco-brunnen , kispiduLa ; capite triangutarc, utrùique ultra oculos spinula arcaalaarmato ; thorace (nia- draio, paralielo, lalhudlne tongUudinis , postlce bifovcoLalo , 462 ANNALES lateribusrccth , crenulaùs , angalis nntlcis redis, ohtasis, postich obiUjue truncatis; clylris vatdè seriatim punclalis, vix 7-ugalosis. Long. 2 millim. Larg. f milllm. Corps étroit, allonge';, un peu pins de trois fois aussi long que large, d'un brun noirâtre très-faiblement luisant. Tête triangulaire, h peine allongée antérieurement, ponc- tuée , chagrinée , et offrant, de chaque côté en arrière des yeux , un petit appendice spinitorme légèrement arqué et pointu. Antennes une fois et demie aussi longues que la lèle , d'un ferrugineux rougeàlre. Yeux assez forts , noirs et granuleux. Corselet assez régulièrement carré, aussi large que long, de la même largeur en avant qu'en arrière, coupé carrément à son sommet et à sa base ; les angles anté- rieurs droits et émoussés, les postérieurs coupés oblique- ment; les bords latéraux reclilignes et légèrement denti- culés, chacune des dentelures terminée par un petit poil j)eu visible; il est médiocrement convexe, légèrement |)U- bescent et couvert de points enfoncés assez forts , très-rap~ proches les uns des antres et le faisant paraître rugueux ; il présente , en outre, à la base, deux impressions longitudi- nales peu marquées. Écusson très-petit, arrondi et rugueux. Elytres ovalaires, un peu allongées, moinsdedeux fois aussi longues que larges, un peu plus étroites à l'extrémité, qui est ironqucc presque carrément; elles sont légèrement con- vexes et couvertes dépeints fortement enfoncés disposés en stries longitudinales ; ces poihts sont assez forts , rapprochés les uns des autres; les intervalles, étroits, à peine chagri- nés et presque lisses, présentent dans tonh; leur longueur «ne série de petits poils très-rourîs et assez visibles. Le des- DE LA SOCIÉTI': ENTOMOLOGIQUE. 4()3 sous du corps ponctué , cliagriné et légèrement pubescent. Pattes d'un ferrugineux rougcàlre. Il est excessivement voisin du BrancoUis, dont il ne dif- fère réellement que par son corselet un peu plus court et plus régulièrement quadrilatère; les élytres sont aussi \\n peu moins rugueuses. Je n'ai vu qu'un seul individu de celte espèce; je le dois à la générosité de M. Guérin qui a bien voulu me le sacri- fier; il a été trouvé aux Etats-Unis d'Amérique. 6. Monotoma SpinicoUls , Miiri. (PI. .7.%. 6.) Elongala , liispidaia ; capitc nigro-brunneo, triangularc, utrim/iw ultra oculos spinuLa arcaata armato ; ihorace ni- gro-brunneo, iatltudine pauLo longlorc , antice vix angus- tiore, postlce bifoveolato , Latcribus in medio rotundatim paididam ampliatis , vaidè crcnulatis , angulis anficis nro- minulis , acuiis , posticis rotundatis ; eiylris hrunneo-fcr- rugineis , seriatim rugoso-punclatis. Long. 2 millim. Larg. | miilim. Corps étroit , allongé , trois fois aussi long que large. Tête triangulaire, h peine allongée antérieurement, noi- râtre, ponctuée, chagrinée, et offrant, de chaque côté en arrière des yeux, un petit appendice spiniforme légère- ment arqué et pointu. Antennes une fois et demie aussi longues que la tête, d'un ferrugineux rougeûtre. Yeux assez forts, noirs et granuleux. Corselet noirùlre, irrégulière- 464 ANNALES ment conique , presque aussi large que long, plus étroit en avant qu'en arrière, coupé carrément à son sommet et à sa base; les angles antérieurs très-saillants et très-aigus » les postérieurs arrondis; les bords latéraux rentrent un pou en avant, ressorlentens'arrondissant un peu au-delà du milieu, et sont assez sensiblement dentelés; chacune des dentelures est terminée par un poil rude très-visible; il est convexe, lé- gèrement pubescent et couvert de points enfoncés très l'orts , très-rapprochés , et le faisant paraître rugueux ; il présente, en outre, h la base, deux impressions longitudi- nales peu marquées. Lcusson très-petit, arrondi et rugueux» Élytres ovalaires, peu allongées, une fois et demie aussi longues que larges, un peu plus étroites h Textrémité, qui est tronquée presque carréaaent; elles sont d'un brun fer- rugineux, rougcâtres à la base, convexes et couvertes de points fortement enfoncés, disposés en stries longitudinales; ces points sont assez forts et médiocrement rapprochés les uns des autres; les intervalles, étroits, à peine chagrinés et presque lisses, présentent, dans toute leur longueur, ime série de petits poils très-courts et peu visibles. Le dessous du corps ponctué, chagriné, cl légèrement pubescent. Pattes d'un ferrugineux rongea tre. Cette espèce ressemble beaucoup aux trois précédentes, dont elle diffère par la forme particulière do son corselet dont les côtés sont un peu arrondies , plus visiblement den- ticulées , dont l'angle antérieur est beaucoup plus aigu et presque épineux, et la surface plus fortement ponctuée ; les points des élytres sont aussi moins serrés et les intervalles moins chagrinés. J'ai trouvé, mais une seule fois seulement, plusieurs in- dividus de celte espèce dans le fumier d'une écurie aux en- virons de Gompiègue; elle est très-rare. DE LA SOCIÉTÉ EN TOMOLOGIQUE. 465 7. Monofoma (JtiadricoUis, Miiit. (n. .7. Gg. 7,) Elongata, fasco-ferr alinéa , pabescens ; capite triangalarc , ultra oculos spinuia arcaata armato ; thorace quadraio, elongalo, parallelo, postice^bifoveolato, lateribus redis, vix crenulaùs , angulis anticis redis, poslicis oblique truncatis ; elytris seriatim ruguloso- putidatts. Monoloma Angustafa , Steph. Illusl. of Brit, Ent. in. p. 102? Var. p. Capite et thorace fuscis ; elytris teslaceis^ versus scutcllum infuscatis. Cerylon Picipes , Var. b. Gyl. lus. suec. m. p. 4>7' Monotoma Bicolor, Villa-Dej. Cat. 5*édil. p. 337. Var. 7. Undique testacea. Cerylon Picipes , Var. c. Gyl. Jns, suec. m. p. 418. Monoloma Pallida, Steph. lilust. ofBrit. Ent. m. p. io3 ? Long. 1 j millim. Larg. \ milliui. Corps étroit, allongé, un peu plus de trois fois aussi long que large , d'un brun noirâtre terne. Têle triangulaire, à peine allongée antérieurement, ponctuée et chagrinée, et offrant, de chaque côté en arrière des yeux, un petit ap- pendice spiniforme, légèrement arqué et pointu. Antennes VI. 3 1 /,6G ANNALES une l'ois et demie aussi longues que la tête, d'un ferrugi- neux rougeàtre. Yeux assez forls , noirs et granuleux. Cor- selet carré, un peu allongé, une fois et quart aussi Ions; que large, de la même largeur en avant qu'en arrière, coupé carrément h son sommet et à sa basej les angles antérieurs droits et émoussés , les postérieurs coupés obliquement; les bords latéraux reclilignes et h peine cré- nelés; il est très-médiocrement convexe, pubescent et cou- vert de points enfoncés assez forts, rapprochés les uns des autres et le faisant paraître rugueux; il présente, en outre, h la base , deux impressions longitudinales peu marquées. Écusson très-pclit, arrondi et rugueux. Llytres ovalaires, allongées , moins de deux fois aussi longues que larges , un peu plus étroites h l'extrémité qui est tronquée presque carrément; elles sont légèrement convexes et couvertes de points enfoncés disposés en lignes longitudinales; ces points sont assez forts, médiocrement rapprochés les uns des au- tres; les intervalles, étroits et presque lisses, présentent, dans toute leur longueur, une série de petits poils très-serrés et très-abondants. Le dessous du corps ponctué , chagriné et légèrement pubescent. Pattes d'un ferrugineux rou- geàtre. La Var. p est lestacée, avec la tête, le corselet et la base des élytres brunâtres. La Var. y est entièrement testacée. Celte espèce ressemble au Piclpes , mais elle est relative- ment plus étroite; sa têle ne présente pas d'impressions longitudinales; son corselet est plus long, plus parallèle et moins visiblement crénelé sur les bords; et enfin, les élytres sont moins chagrinées et plus pubcscentes. Il est très-commun dans le fumier des écuries et des cou- ches a melons. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 467 8, Monofoma Lon^lcolUs. (PI. 17. fig. 8.) Elongata , fascobrunnca , tenue pahesceus ; caplte triangutdrc atrinq ne ultra oculos spinaln. arcuata armnto; thorncc oh- conico-ijuadroto , anllcc paulo latlore , postlce blfoveolato ^ iatcribas fere rectls ^ xiix crcnnlatis , angulls antlcis paido prombuiUs, arutiuscidis , post'icis rotundatls ; clytris seria- tim panctatis. Cerylion LongicoLle^ Gyl. Ins. siiec. iv. p. 635. Monotoma LonglcoUe, Dej, Cat. 5* édit. p. 0Ô7. Long. \ } millim. Larg. '- miliiin. Corps étroit, allongé, un peu plus de trois fois aussi loug que large , d'au brun noirâtre très-légërement brillant. Tête triangulaire, à peine allongée antérieurement, fine- ment ponctuée et chagrinée , et offrant, de chaque côté en arrière des yeux, un petit appendice spiniformc, légère- ment arqué et pointu. Antennes une ibis et demie aussi longues que la tète, d'un ferrugineux rongcâtre. Yeux assez forts, noirs et granuleux. Corselet obconique, un peu plus long que large, légèrement plus étroit en arriére qu'en avant, coupé carrément h son sommet et à sa base; les an- gles antérieurs h peine saillants et presque droits , les posté- rieurs coupés obliquement; les bords latéraux rectih'gnes, un peu obliques et presque imperceptiblement crénelés ; il est légèrement convexe, h peine pubescent, un peu bril- 468 ANNALES Jaiit cl couvert de poinls très-|)clils , peu enfoncés et assez écartés; il présente,en outre, à la base deux petites impressions longitudinales , Irès-rapprochces l'une de l'autre et presque confondues en une seule, bcusson très-petit, arrondi et ru- gueux. Klytres ovalaires , allongées , près de trois ^ois aussi longues que larges, un peu plus étroite* h l'exlréniifé qui est tronquée presque carrément; elles sont t^ès-légèremenl brilianles et couvertes de très-petits points enfoncés dispo- sés en lignes longitudinales non enfoncées; les intervalles, étroits et presque lisses, présentent, dans toute leur éten- due , une série de très-petits poils peu visibles. Le dessous du corps légèrement brillant, finement ponctué et h peine pubescent. Pattes d'un testacé pâle. Il resssemble un peu au Qundricotlis , mais il se dis- tingue par sa taille plus petite et relativement plus étroite , par la forme un peu obconique de son corselet , et aussi par toute sa surface qui est légi-reinent brillante et couverte de points presque effacés et beaucoup moins serrés. Il se trouve, mais raiemenl, dans le nord de l'Europe. J'en ai rencontré un seul individu ii Paris; il était poi^é sur une bCiche dans un chantier de bois h brûler. f). Xîonotoma Quadrifovcolata^ Mmi. (PI. .7. Gg. 9.) Ëlongata, testacea, tenue hispidula; capile triangutarc ; tlio- race (juadrato, paralltlo , fcre Lalitudine tongitudinis , in disco fjiiadrifovvoUito , lateriùus rcctis bit (gris, angalis anlicis nclis, obiusis, vosticis oblif/ue Iruncaiis; eiylris seriatim ruguloso-punclalts. Long. I j millim. Larg. l millim. Corps ovale, allongé, un peu plus de trois fois aiissi long DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. /.Gcj que large , d'un lestacc un peu brunâtre et terne. Tête triangulaire, à peine allongée antérieurement, finement ponctuée et chagrinée. Antennes une fois et demie aussi longues que la léte, lestacées. Yeux très-petits, noirs et granuleux. Corselet carré, aussi long que large, de la même largeur en avant qu'en arrière, coupé carrément à son sommet et à sa base; les angles antérieurs droits et émous- sés , les postérieurs coupés obliquement : les bords latéraux rectilignes , nullement crénelés et très- étroitement rebor- dés; il est déprimé, pubescent et couvert de points en- Ibncés assez lorts, très-rapprochés les uns des autres, elle faisant paraître rugueux; il présente, en outre, sur le dis- tique, quatre impressions oblongues, deux en avant et deux vers la base. Ecusson très-petit, arrondi et rugueux. Elytres ovalaires , allongées , moins de deux fois aussi longues que larges, un peu plus étroites à l'extrémité qui est tronquée presque carrément; elles sont couvertes de points enfoncés disposés en lignes longitudinales, ces points sont assez forts et médiocrement rapptochés les uns des autres; les inter- valles, étroits et presque lisses , présentent, dans toute leur longueur, une série de petits poils très-serrés et très-abon- dants. Le dessous du corps finement ponctué, chagriné et légèrement pubescent. Les pattes d'un testacé pâle. Cette espèce se distingue de toutes les autres par les quatre enfoncements qu'on observe sur ie corselet. J'ai trouvé quelques exei iplaires de celte jolie espèce dans le fumierd'une écurie aux environs de Conipiè^ne. Elle est très-rare. t tià 1% àà. #• ANNALES DEtA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4? DESCRIPTION DE CINQ ESPÈCES DE NOCTUÉLITES ET DEUX DE PHALÉNITES, I>ÉCOrVCRTES DANS LE DEPARTEMENT DES BASSES-ALPES EN 1837 ; PAR M. Hugues Donzel (de Lyon). (Séance du ">■> décembre 1857.) 1 . Agrotis tclifcni. h% (PI. 18. fifT. ,.) Envcrg. lO 5 17 lig. çf Alis anticis cincrco' fuscls , maculis duabus cosUujue cl- nereis , strigls transversis fusc'is poslicis albicanlibas , ad margineni fiiscls; antennis cilialis. Ç Alis anticis fuscis^. maculis duabus costwjue cinerco-fuscis ; posticis albido-fus- cis ad mnrginem fuscis ; antennis fdiformibus. Cette Agrotis a le\ port cl la taille de plusieurs de. ses congénères, àeXObclisca, entre autres. Les ailes supérieures du mâle sont d'un gris-brun mélangé; la c^te et les deux 5^72 ANNALES taches sont grisâtres : ces deux dernières reposent sur un espace très-brun; la tache, en forme de fer de lance, qui est située au-dessous de l'orbiculaire, est aussi d'un brun foncé ; les lignes transversales sont en général doubles, très- fines et brunes. La première, à partir de la base, est dou- blement coudée extérieurement; la seconde l'est trois fois; la troisième est légèrement dentée et rentre vers le bord interne; la quatrième est ondulée et suit à peu près le bord terminal; elle est précédée, intérieurement, d'une rangée de petits traits bruns sagitlés , peu marqués. La frange est de la couleur du fond. Les ailes inférieures sont d'un blanc roussàlre , avec le bord terminal brunâtre. Le thorax est de la couleur du fond, avec des lignes indiquant le collier et les ptérigodes. L'ab- domen est d'un gris brunâtre, avec une touffe de poils roux h l'extrémité. Les antennes du mâle sont ciliées très-sensi- blement h l'œil nu. Les palpes et les pattes sont de la cou- leur du fond. En dessous, les ailes supérieures sont brunâtres , avec le bord interne plus clair. Les inférieures sont blanchâtres ; à partir du point discoïdal, le bord interne est semé d'a- tomes brunâtres. Cette description est faite d'après un mule. La fomcllc, qui est représentée sur la planche, offre les mêmes caractères, si ce n'est qu'elle est d'une teinte plus foncée et que ses antennes sont filiformes. Je l'ai prise en j let et août, 11900 toises environ de hau- teur, à AUos, arrondissemcntdeBarcelonnette, Basses-Alpes, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4?^ 2. A gratis gUva. (PI. 18. Cg. 2.) Enverg. i5 h 16 lig. $ Alis anticis cinereis, rufesccnlibus ; maculis duabus lineis- (jue 7iigrlcantibus ; posticls albicanlibus , ad marginem le- viter fuscis; antennis fUiformib'.is. Les yiles supérieures sont d'un gris légèrement ronssâtre. Les deux taches ordinaires sont de la couleur du fond et peu apparentes ; elles reposent sur un espace gris foncé. La pre- mière ligne transverse manque totalement; la seconde , qui est presque droite, descend de la côte en s'éloignant un peu de la base; elle est grosse , bordée de blanchâtre inté- rieurement. La troisième est très-coudée , elle enceint en partie la tache réniforme; elle est grise, un peu dentée et bordée de blanchâtre extérieurement. La quatrième est un peu ondulée et composée, pour ainsi dire, d'une série de points blanchâtres. La frange est grise. Les ailes inférieures sont blanchâtres , lavées de gris qui devient plus intense en s'approchant du bord terminal. La frange est blanche. Les antennes, le thorax et le corps sont gris. Tout le dessous est d'un blanc luisant , si ce n'est que le centre des ailes supérieures est légèrement lavé de gris. Trouvée à Digne, en juillel. Celle espèce a quelque ana- logie avec \a Décora; mais elle en diffère essentiellement par la taille , par les ailes de la lemelle presque blanches , tandis (ju'ellcs sont brunes dansla Decwa, et par la deuxièmeligne, qui est h peu près droite, tandis qu'elle forme trois coudes très-protioncés dans la Dccora. 474 ANNALES 'S. Agrotis honnoratina. (FI. 18. fig. 5, $;4, c?-) ^ En ver g. jS h 59 lig. ^ Ails anticis cinercis , cœrulescentibus , viacuiis Uneisgue alùicantibus. Posticis albicantibus ad marginem griseis ; puncto griseo. Celte espèce a le mérite Je ne se rapprocher , d'une ma- nière sensible, d'aucune de ses congénères. Les ailes supé- rieures sont en général d'un gris ardoisé, tirant sur le bleuâtre. La première ligne est peu indiquée , mais suffi- samment, cependant, pour voir qu'elle est sinuée. La se- conde, qui descend perpendiculairement, est un peu dentée près de la côte; la troisième est flexueuse et dentée; la quatrième suit parallèlement le bord terminal. Toutes ces lignes sont blanchâtres; les taches ordinaires sont grises comme le fond , mais cerclées de blanc , ce qui les rend très-distinctes. L'orbiculairc est fort petite; la réniforme pupillée de blanc. La frange est grise. Les ailes inférieures sont d'un blanc roussàtre^ avec la moitié inférieure lavée de brun ; elies ont au centre un point brun. La frange est blanche. Les auteiHics , la tête et le thorax sont gris ; l'abdomen est d'une teinte plus claire. En dessous, les ailes supérieures sont blanchâtres, avec le centre lavé de brun ; les iniérieures sont blanches. (Jiacune d'elles a , au milieu, im point grisâtre. C'est ime lèmelle qui a servi à faire cette description, et qui est représentée sous le n° 5. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 470 Les mâles oITrent, quelquefois, une teinte plus claire, sur- tout dans l'espace compris entrt; la deuxième et la troisième lijîne; tel est celui représenté sous le n° 4* La teinte bleue est beaucoup plus sensible lorsque l'insecte vient d'être pris, mais en vieillissant elle s'atténue. J'ai trouvé cette espèce, en juillet, aux environs de Digne; je lui ai donné le nom A' H onnoratina , en mémoire dn savant docteur lîonuorat, de Digne, véritable providence des entomologistes qui vont explorer les Basses-Alpes. Je saisis cette occasion pour lui témoigner toute mon estime pour son immense savoir, et en même temps toute ma re- connaissance pour les bontés dont il m'a constamment comblé. 5. Polia dumosa. (PI. 18. fig. 5.; Enverg. ? ai lig. cf .17 lig. $ AlLs anlicis fulvo-cincreis, fusco-pulvendatis ; strigis trans- versls fuscis , palUdis ; viacidis daubas flavo-cinereis nigro rinclis. Posticis fuivo-cinereis , ad marginem fuscis; fim- briaflavescente; antennis [dlfornilhas. Les ailes supérieures sont d'un gris un peu roussâtre , saupoudré de brunâtre. Les deux premières raies transverses sont noirâtres , ondées , la première est peu appparente; la troisième est à peine indiquée ; la quatrième , qui est h peu près parallèle au bord terminal , est bordée extérieurement d'tme suite interrompue de points jannâtres qui la rendent plus sensible. Le dernici de ces points ; le plus rapproché eiu bord interne, est plus gros que les autres. Les taches /,76 ANNALES ordinaires sont de la couleur du fond, mais en parlie en- tourées de gris , co qui les rend assez apparentes. Au-dessous de l'orbiculaire, on voit un caractère très-remarquable: c'est un trait jaune en fer de_. lance, très-marqué dans la femelle qui a servi de modèle, mais qui l'est moins dans le mâle. Toute la frange est d'un jaune roussatre; elle est pré- cédée , aux ailes supérieures, d'une ligne jaune, bordée elle-même intérieurement d'une suite de petits traits noi- râtres. La tèle, le thorax et l'abdomen sont de la couleur du fond ; les antennes sont brunes et filiformes. En dessous , les ailes supérieures sont d'un gris brun , avec la côte et le bord interne roussâtres. Les inlérieures sont de celte dernière teinte, avec le pourtour semé d'a- tomes bruns. Cette description est faite d'après une femelle très-fraî- che , qui a servi de modèle au peintre ; le mâle est un peu moins grand , et d'une teinte en général plus claire. J'ai pris une seule femelle à Digne, en juillet, et trois mules h Allos, en août. Un seul était frais , mais les autres étaient très-reconnaissables. 6. Apamea aqa'da. (PI. .8. fig. fi.) Enverg. $ i81ig. ALls dentatis ; anlicis ruOldo-fuscL ; lineis nis;ris , ohsolctis ; macula orbictdari , oldongâ , fnacâ , nigro-cinctà , renifor- mi, fiiscâ albo-cinctd ; fimbià:fuscà ; posticis fusco-cinereis fimbriâ-cinereâ. Toutes les ailes sont légèrement dentées. Les supérieures sont d'un brun liraul sur le rougeâtre, mélangé de petits DE LA SOCIÉTÉ K.MOMOLOCIQIjE. 477 Irails uoirs. Les deux premières lignes transverses sont noi- res, mais h peine indiquées près de la côte; la troisième, qui est à peu près parallèle au bord terminal, est composée de points plus clairs que le lond et à peine apparents. L'es- pace enlre cette dernière ligue et le bord est ci'ui. brun foncé. La frange est brune. La tacbe orbiculaire, au lieu d'être ronde, forme un ovale allongé, placé presque horizontalement. La rcniforme est grande , bordée et pupillée de blanc. La côte est entre- coupée de blanchâtre. Les ailes inférieures sont d'un gris enfumé ; la frange est brunâtre. Aux ailes supérieures, les nervures, en approchant du bord terminal, sont sensiblement noires. Les antennes , la tète et le thorax sont bruns; l'abdomen est crête et d'un gris enfumé. En dessous, les quatre ailes sont d'un gris jaunâtre lavé de brun au bord terminal, avec les points du centre et une ligne courte brunâtres. Celte description est faite d'après une femelle en assez bon état; je n'ai, malheureusement, pris que cet exem- plaire. L'établissement de cette espèce a été approuvé par les uns et combattu par les autres. Les derniers ont cru y voir une variété de ÏJIadcna gemina. Pour moi, je suis convaincu qu'ils se sont trompés; c'est, à mes yeux, une véritable Apamca ^ allant se ranger près de la Leucos- tigma. M. Fondras, de Lyon, dont les yeux sont si exer- cés et dont l'opinion doit être d'un si grand poids, est de mon avis. Dans les Hadena, la quatrième ligne affecte tou- jours, dans le milieu, la forme de la lettre M posée horizon- talement; et, dans mon espèce , il n'y eu a pas la moindre trace. 478 ANNALES Melanthla breviculata. (PI. iS. fig. 7.) Enverg. 8 lig. Ails anticis albidis cam iineis grisels et maculis rabido-fuscis, posùcis cam lincis gi'isets. Tontes les ailes sont fond blanc; les supérieures, h partir de la base, ont une tache d'un brun roussàtre, arrondie extérieurement et entrecoupée de deux lignes transverses blanchâtres; elle n'atteint pas le point discoïdal, îjni est noir. Après ce point, il descend de la côte une double ligne grise, ondulée; elle n'arrive pas tout -à -lait au bord interne. L'extrémité de l'aile est occupée par une tache presque carrée, d'un brun roussâtre , coupée trans- versalement par une fine ligne blanche, peu marquée. On voit h l'angle interne une petite tache brune. La frange , h partir de l'extrémité de l'aile , est brune jusqu'h la moitié , c'est-h-dire dans tout l'espace qu'occupe la tache carrée; puis, le reste est blanc. Les ailes inférieures sont blanches et traversées par quelques lignes grises interrompues. La frange est blanche. Le dessous des quatre ailes ressemble tout-à-fait au dessus. J'avais pris cette espèce en mai , à Ilières , il y a six ane ; puis, cette année, je l'ai retrouvée h Digne, en juillet. 8. Larentla inuscosaia. (PI. iS. fig. 8.) Enverg. 12 ù i5 lig. Alis anlicts viruli , albido griseoquc andatis ; poslicls griseis. On a voulu , bien à tort, rapporter cette Larenlia h VEu- boiiti olivala; pour peu qu'on veuille l'examiner avec quel- DE L/V SOCIÉTÉ 1< MOMOLOGIQUE. 479 que allenlion , on verra de suite qu'elle en diffère, non- seulement par la position dfs traits, mais encore parla conformation des palpes, qui, chez elle, ne dépassent pas le chaperon; tandis que dans ÏOlivata ils sont très-allon- gés et très-saillants. Cette Larcntia a à peu près le port et la taille de la Ui- guata. Elle a les ailes supérieures couvertes d un grand nombre de raies transverses vertes, grises et blanches; mais c'est le vert qui domine. La ligne la plus rappro- chée ou bord interne est composée de demi-cercles blancs, reposant sur un fond vert foncé en dedans , et vert clair en dehors. La frange est blanchi^ , entrecoupée de gris en- fumé. Les ailes inférieures sont d'un gris enfumé plus foncé vers le bord terminal. La frange est grisâtre. Dans quelques individus, on voit , près de l'angle interne, quel- ques fragments de lignes ondées blanchâtres. Trouvée à Hières, en mai , et à Digne, en juillet. A \N ALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 481 REPONSE A LA NOTE DE M. L AG ORD AIRE , SUR L'HABITAT DE QUELQUES MÉLASOMES (1); Par m. Solier. (Séance du jo décembre iSôj.) Je suis bien loin de nier l'importance de l'habitat des in sectes, et je l'admets, ainsi que M. Lacordaire; mais je ne crois pas, avec lui, que l'entomologiste qui voudrai t^enter une g<îographie des insectes dut rechercher les matériaux de son travail dans celui des entomologistes descripteurs ; car c'est dans les Faunes particulières qu'il devrait faire cette recherche (2) ; ces derniers ouvrages devant indiquer les moindres particularités de la station des insectes que l'on y mentionne. Il ne me paraît pas devoir en être de même dans un ouvrage général ou dans une monogra- phie où l'on embrasserait des insectes de tous les pays. Il sutFit d'y ciler , avec autant d'exactitude que pos- sible , les provinces où les espèces décrites ont été trou- (i) Voy. p. 247. (2) Ces Faunes sont, à la vérité, peu communes, surtout pour les pays étrangeis à l'Europe, et il serait à désirer pour la science que les voyageur nous donnassent celles des pays qu'ils parcourent. 482 ANNALES vées; car c'est presque toujours les seuls renseigncui(?als que possèdent les auteurs tic ces ouvrages (i). Je crois aussi qu'ils doivent citer la patrie des insectes qu'ils ont jous les yeux, et ne point la prendre dans les ouvrages des auteurs qui les ont précédés, h moins d'être bien assiu'és de leur synonymie, ce qui n'est pas toujours ("acile. Sans celte précaution, on pourrait désigner comme d'un pays un insecte qui n'y vécut jamais, mais que l'on avait confondu avec un autre; et cette fausse indication peut quelquefois empêcher de reconnaître l'erreur commise sur la synonymie , si ce sont deux espèces très-voisines. C'est d'après ces prin- cipes que je me suis guidé dans mon Essai sur les Collaptè- rides. J'ai cité les localités qui m'ont été désignées par les personnes qui ont bien voulu me procurer ou me commu- niquer les espèces que j'ai décrites, et j'ai désigné les en tomologisles auxquels je les devais. J'ai fait cependant une omission et commis une erreur h ce dernier sujet, que je rectifierai bientôt, et je remercie M. Lacordaire de m'en fournir l'occasion. Si je n'ai donc pas indiqué la patrie de mes insectes d'après le Mémoire de M. Lacordaire, c'est que je n'étais pas assez certain de l'identité de ses espèces et des miennes, et que mon doute était d'autant plus fort que les localités qui m'étaient désignées différaient davan- tage des siennes (y). Je ne connais le travail d;j professeur que je viens de citer que par un extrait manuscrit que je dois à l'amitié de M. Serville. Les espèces figurant dans (i) J'ai toujours indiqué tons les renstignements directs que j'avais en ma possession. (2) Cet entomologiste doit voir que j'en ai agi de mêmeà l'égard d'Eseli- scholtc, Gennar, Fubriciits, Olivier, etc.; or il n'y avait pas déraison de ci- ter l'un sans citer les autres ; quoique je ne disconvienne pas que les loca- lités que M. Lacordaire indique sont bien plus certaines que la plupart de celles de ces auteurs, puisqu'il a recueilli !ui-mt-me lus .siennes. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUK. 483 col extrait sont en giMiéral signalées par nne phrase très- conrte, quelquefois elles sont simplement citées, et je n'ai été guidé le plus souvent que par tradition, ce qui peut olFrir plus d'un doute. Si j'avais donc voulu citer les lieux oîi M. Lacordaire avait rcnconirc les espèces dont il j)arle, j'eusse été obligé de mettre h chaque l'ois : « Si cette espèce est bien celle de M. Lacordaire, elle habite aussi San- Luis (ou autre localité désignée par lui). » Si j'avais pu sup- poser l'importance que ce savant attachait à ses cita- lions , je n'y eusse certainement pas manqué; car il est bien loin de mon caractère de déplaire sciemment à qui que ce soit. J'avoue que, jugeant des autres par moi-même, je ne m'attendais pas h tant de susceptibilité. Il verra , du reste , que dans les Scotobins j'ai satisfait à son dési^ , ne demandant pas mieux que de lui être agréable. Je viens de faire connaître par quel motif je n'avais pas parlé des indications de localité de M. Lacordaire; car dire, ainsi qu'il le fait, que je n'en ai tenu aucun compte, est une erreur de sa part; je le prie de m'en croire. Ainsi , lorsque j'ai donné pour patrie h mes espèces Buénos-Ayrcs ou le Chili , c'est que ces localités m'étaient désignées par les personnes qui m'avaient communiqué ces espèces, et il ne pouvait en être autrement, puisque je n'ai jamais voyagé dans ces contrées. J'ai eu le soin de citer mes autorités, ie ne me croyais donc pas si coupable. D'ailleurs, M. La cordaire est-il bien certain de connaître parfaitement tous les Coléoptères des contrées qu'il a parcourues, et peut-il bien assurer que telle espèce ne se trouve que là où il l'in- dique ? Quant à moi , qui sais par expérience que l'on peut rencontrer, après plusieurs années de recherches., des es- pèces dans des localités où on ne les avait point lirécédem- uient découvertes, il me sera permis d'en douter. De ce que Buénos-Ayrcs el le (Uiili sont séparés par une ch.iînr 484 ANNALES (!c nionUigncs aussi élevées que les Andes, doil-on en con- clure ({'.le les productions naturelles de ces pays sont entiè- rement différentes? Je ne le pense pas; car, sans aller re- chercher si les insectes ne peuvent point franchir de proche en proche celte grande barrière , il reste h savoir s'ils n'existaient point avant sa formation. Avant l'existence de cette chaîne, le climat de ces deux pays offrant peut-être moins de différence pouvait convenir anx mêmes êtres, et plusieurs ont pu continuer de vi'»re indistinctement dans les deux positions après Télévation de l'une d'elles. A dé- faut de donnée positive pour résoudre un problème aussi difficile , ce ne pourra être qu'après des recherches d'un grand noinbre d'années f(u'il sera possible d'établir, avec quelque certitude , les différences entomologiqucs des deux localités. Ce n'est qu'après des recherches de plus d'un siècle , et non point après nn voyage rapide, que l'on a re- connu que YElenoplwras coLiaris ne se trouvait point en Hollande, tandis qu'il n'était pas rare dans l'Europe méridio- nale. Sans une longue expérience, rien n'eût pu faire juger si cet insecte était propre à ces dernières contrées à l'exclu- sion des contrées plus boréales. N*a-t-on pas, dernièrement, découvert ti Fontainebleau des espèces que l'on avait jusqu'alors jugées propres au midi de la France? Et ce- pendant celte ville, pour ainsi dire à la porte de la capi- tale , est bien mieux explorée que Buénos-Ayres et le Chili ! Nous ne sommes pas encore assez avancés pour bien fixer les limites en iiauteuroùlemême insecte peut vivre. Quoique nos montagnes soient bien humbles comparées aux Andes, je vais cependant citer quelques exemples qui montreront que des insectes peuvent vivre h différentes hauteurs au-dessus (lu niveau de la mer. La lîosalia alplna paraît un insecte habitant ordinairement les Alpes; on ne l'a encore rencon- trée dans nos environs , au moins h ma connaissance , que DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQII::. 4H'> dans le bois de la Sainle-Beaume , entre huit à neuf cents mètres d'élévation; cependant M. Barlhclemy, notre con- iVère.en a reçu plusieurs individus pris dans des vergers d'oliviers aux environs de Tunis , et il a eu la complaisance de m'en donner un. i\loi-même j'ai rencontré à une élé- vation de sept à huit cents mètres la Tagm'ui minuta que je n'avais prise que dans des régions chaudes et peu élevées au-dessus du niveau de la mer. Le Ciylas trifasciatus est dans le même cas, et il serait trop long de citer toutes les espèces qui se trouvent près de Marseille et en même temps dans les montagnes de la Sainle-Beaume, les plus élevées des environs de. cette ville. Combien d'espèces vivent eu Suède et que l'on rencontre ici! Je ne vois donc pas pour- quoi j'aurais dû douter de l'existence de quelques insectesen même temps au Chili et h Buénos-Ayres. L'expérience seule aurait pu me détromper, et je n'en avais aucune pour me forcer à suspecter les indications qui m'étaient données. Je vais maintenant examiner les insectes dont M. Lacor- daire a voulu redresser les localités, et si j'indique quelques pro])abilités qu'il s'est trompé, au moins une fois, en affir mant , ne peut-on pas soupçonner qu'il peut s'être trompé pour d'autres? Myctelia nodosa. J'ai indiqué cette espèce comme de Buénos-Ayres, et il cSt probable qu'elle s'y rencontre et que même elle n'y est pas très-rare; voici sur quoi je me fonde: d'abord, M. Von Winthcm m'a envoyé cette espèce comme de cette localité; j'en ai eu ici quelques individus choisis dans une boite achetée à Buénos-Ayres; et enfin M. Germar, qui le premier a fait connaître cet insecte, sous le nom de Zophosis nodosa (i), l'indique aussi de Bué- (i; Germar, Inseci.Sj). uov. , p. i3^. 48(i AMNALES nos-Ayres. Quant h l'individu que M. (iay a pris au Chili , il offre quelque différence avec les autres, et pourrait être une espèce distincte des premiers, si on en peut juger sur un unique individu. S'il est donc probable que le type de la NyctcLia nodosa se trouve à Buénos-Ayrcs, ce genre ne manque pas entièrement à cette province , ainsi que l'afTirme M. Lacordairc. PsECTRASCELis DiscicoLLis. Je dois Cette espèce h M. Bu- quet et non 5 M. Petit; c'est une erreur de ma part que je m'empresse de rectifier. Elle figurait dans la collection de M. Gory, comme du Chili ; j'ignore si elle habite réellement cette république (i). M. Spinola l'indique du Pérou dans sa collection (2). PsECTRASCELisMAMiLLONEUs. Jcu'aurais pu cilcr ici M. La- cordaire, parce que, dans l'extrait que M. Servillc m'a en» voyé , je ne vois point d'espèce sous le nom de MamiUoneus, mais seulement une nommée MaxlUosus (5). D'ailleurs, il était peu important, pour mon genre de travail, d'indiquer le revers occidental.ou oriental des Andes, ces détails étant plutôt d'une Faune locale; et puis, est-il bien certain que cet insecte ne se trouve que sur un revers de celte chaîne de montagnes ? Ceuostena deplanata et Gebostena vestita. Je dois (i) Les éliquetlcs sous les espèces de M. Goiy m'ont pani (juelquefuis J'une écriture différente de _la sienne, et Terreur de localité, s'il y en a, pourrait donc venir des personnes qui les lui ont communiquées. (2) Cet insecte pourrait donc être plus répandu que ne le pense M. La- cordairc; mon travail était termifié pour cette Tribu lorsque M. Spinola m'a communiqué sa collection. (3) Scrail-'jc une erreur du copiste? DE i.A SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 487 ees deux espèces à ramitié de M. Arsène Maille , qui me les a désijinces comme du Chili. La première figurait aussi couiDie de celle localité dans la collection de M. Goiy , et la seconde est indiquée , par M. Spinola, comme du Pérou. MiTRAGi'NiusDEJEANn. C'cst eucorc ti M. Maille que je dois le seul individu en ma possession, et il était indiqué comme du Chili, localité que M. Lacordaire ne semble pas contester. Je suis charmé d'apprendre que ce professeur a rapporté six espèces du même genre, parce que cette coupe générique se trouve ainsi confirmée. AuLiDERA ANDicoLA. Si M. Lacordairc doute de l'iden- tité de son espère avec la mienne, il voit donc qu'il en pou- vait cire de même pour moi, et qu'alors je devais citer la localité de l'individu communiqué, localité qui est, du reste, adoptée par lui. Epipedonota ebeni.\a. C'est ici que j'ai omis, par un oubli iiDpardonnable , de citer Lalreille, duquel j'ai reçu cette espèce. L'inlerruj)tion continuelle que mon Essai éprouvait de mes devoirs du service aura été la cause de cet oubli. Ce célèbre entomologiste m'ayant désigné Bué- nos-Ayres pour sa patrie, M. Lacordaire sentira que je ne pouvais repousser une iadicalion venant d'un homme que j'étais habitué h vénérer comme mon maître, et que je ne puis encore la croire erronée, malgré la confiance que je puis avoir aux connaissances de l'entomologiste auquel je réponds. Cette espèce figure, dans la collection de M. Spi- nola, comme du Chili; serait-elle plus répandue que ne le pense M. Lacordaire? EpiPEDoxoTA ERYTHROPUs. CcUc cspècc , quc jc n'ai dé- 488 ANNALES crite que d'après la collection de M. Gory, y était bien dé- signée comme du Chili. J'ignore s'il s'est trompé , ou si , contre l'avis de M. Lacordaire, cette espèce habite cette ré- publique, aussi bien que Mendoza , ce qui ne serait pas im possible. Entomoderes erebi. Cette espèce m'a été désignée comme du Chili, par M. Arsène Maille; mais j'avoue que pour elle j'aurais pu indiquer aussi le Tucuman pour sa atrie, en consultant le catalogue de M. Dejean , qui a bien ulu m'en donner une femelle , sans désignation de pa- irie. Cet oubli n'est pas trop surprenant dans la position où je me trouvais. Si j'ai donc commis quelque erreur de localité, on peut voir , d'après ce qui précède , que ce serait par suite de fausses indications ; mais il peut se faire aussi que M. La- cordaire se soit trompé, en supposant que ces espèces ne se rencontraient que là où il les a trouvées , et je crois même que la chose est probable pour quelques-unes, à moins que je n'aie pas toujours décrit les espèces de son voyage. Il me reste à dire un mot sur la critique que le profes- seur auquel je réponds a faite démon travail sur les Bupres- tides. J'avoue franchement que j'ai été surpris que M. La- cordaire madresse le reproche d'avoir créé trop de genres dans celte Tribu ; car, h l'exception de huit qui me sont pro- pres, j'avais été devancé pour les autres, ce que j'ignorais alors complètement, par MM. Eschscholtz, Dejean, Serville, Carcel , de Laporte et Mégerle. Parmi mes huit genres, mes Buprestis et Latipalph ont fourni un grand nombre de coupes génériques à MM. Dejean et Maximilien Spinola. Je ne sais donc poiu^quoi M. Lacordaire m'a donné la préfé- rence sur les savants que je viens de citer. Serait-ce parce qu'il croyait plus facile de s'attaquer à un homme aussi DE LA SOCrÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 489 obscur que moi p que de s'en prendre à des savants aussi distingués? mais, alors, y a-t-il générosité et justice? Au reste, j'ai reçu de M, Serville un reproche, sans doute bien mérité , de n'avoir pas divisé mes deux genres Buprcstis et Latipaipis. J'avoue que si je m'étais laissé guider par le seul faciès, ainsi que m'en accuse M. Lacordaire, je n'aurais pas présenté ces deux genres ainsi que je l'ai fait , et je les eusse divisés, comme MM. Dejean et Spinola,* mais toutes les espèces de ma collection m'offraient tant d'uniformité dans l'organisation buccale, que je n'ai pas osé ou su les séparer. Plus hî.bile que moi, notre savant collègue M. Maximilien Spinola a publié, dans nos Annales, une division de mon genre Latipaipis (i),et il donne les ca- ractères de ces genres, presque tous déjà adoptés par M. Dejean (a). - J'ai été également étonné que M. Lacordaire, ayant étu- dié les caractères de mes Buprostides, n'ait point aperçu les niodifications que j'indique dans îa forme du menton ou de tout autre organe. J'ignore quelle marche il a suivie dans son examen; mais je puis l'assurer que s'il avait pris la peine de décomposer la bouche de ses Buprestides, ainsi que je l'ai fait, il eût reconnu l'exactitude de mes figures, et j'en ap- pelle de son premier jugement à un nouvel examen de sa part, pour lequel je l'engage à savoir sacrifier quelques in- sectes; car la bouche des Buprestides est tellement con- (i) Ainsi qne le présume ce savant, je ne connaissais aucune espèce du genre Po/ybothris lors de mon Essai, et ces insectes doivent rentrer dans mes Latipaipis; ce genre mé.itait donc d'être divisé. (2) Je ne connaissais point non plus le catalogue de M. Dejean , dont la première livraison m'a été envoyée par mon ami M. Serville, après la communication dr. mes Buprestides. Les travaux d'Eschscholtz m'étaient également entièrement inconnus, et il paraît que Latreille les ignorait aussi: car en approuvant mon prodrome il ne m'en parlait pas. ( Voyez le Mèm. posiU. de Latr. , Ann, de lu Soc. Ent., t. III, p. ii3.) 4(jo ANNALES verlc de poils, qu il est difl'icile de bien l'examiner sans une décomposition préalable. S'il avait désigné les genres qui lui ont ofl'crt des inexactitudes, j'aurais pu soumettre les parties buccales, ou autres, à la Société Entomologique, qui aurait pu juger de quel côté est Terreur. Tout eu semblant rendre justice à la manière consciencieuse avec laquelle j'ai tra- vaillé, M. Lac.ordaire, par diverses insinuations, détruit lui-uième cet hommage h la vérité. En ellcl , si j'eusse cher- ché h étayer le faciès par des caractères (juclcorujiics que j'eusse e/î5/i(7efhi- sieurs espèces bien dislinc'<-s. \m LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 493 Si j'ai cherché h reconnaître les espèces décrites par les anciens auteurs qui sont en mon pouvoir, je crois avoir rem- pli un devoir, et je suis prescpie assuré que la ])lupart des entomologistes ne m'en feront point un reproche. Il eût clé sans doute plus facile et plus commode pour moi de ne point les consulter; mais je crois qu'alors j'eusse encouru un reproche mérité. ANNAf.ES DE LA SOCïl'TÉ EiMTOMOLOGIQUE. 497 OBSERVATIONS SUR LES HABITUDE? DES INSECTES DR LA GU A DELO II IM! ; PAR M. Lhf.riminier (l). Dans l'ordre des Arachnides, on distingue en première Jigne les Scorpions, qui ne sont pas aussi redoutables à la Guadeloupe que dans quelques autres îles. On les trouve sous les pierres, entre les Tentes des vieux murs, dans les bois et les planches, et quelquefois sous les tapisseries; ils sont entoniophages. Leur piqûre est brûlante, mais les frictions d'huile et d'ammoniaque ou les savons ammonia- caux soulagent sur-le-champ. Les Scorpions se dépouillent de leur lest ou de leur peau une et deux fois par an , suivant leur ûgc. L'étude de cet insecte n'est pas indifl'érenle; on admire ralTection que la femelle porte à ses petits, son courage et la hardiesse avec laquelle ces animaux se présentent au combat. Les espèces américaines sont remarquables par la lon- gueur de leurs membres chélilères. Les Pinces ne sont pas robustes en proportion; mais laiguillon , ou ])lulot l'arn^e offensive qui termine leur queue, est très-aigu. Ces arachn'- des se servent de leurs mains avec beaucoup d'adresse. (i) ExU'ait d'un Mémoire manuscrit sur les insecles nuisibirs de la Gua- deloupe, rédigé sur l'invitation du gonvcincnient en 182a , et adresse par l'an leur à la Société Entomclogique. VI. 35 4()8 ANNALES Les Pinces, chcllfcr, partagent l'adresse des Scorpions, dont ils paraissent se rapprocher, mais ne sont pas dan- gereux. Ces insectes sont peu multipliés. Les Jules habitent les lieux ombragés et humides. On les trouve sous les troncs d'arbres pourris; il en existe plu- sieurs espèces; la première, Juins viaxima:, , est très-com- mune; je crois les autres inédites. Les Jules ne sont pas dangereux par eux-mêmes; on peut les prendre impunément et les tenir dans la main, mais seulement jusqu'au moment où ils dégorgent une humeur limpitle et visqueuse, doul la propriété est d'être corrosive , ce qui est prouvé par un fait dont je fus témoin. Deux négril- lons jouaient avec plusieurs Jules; l'un d'entre eux voulait enlever à l'antre ceux quil possédait, et ce dernier, plus faible et ne pouvant lutter avec avantage , s'empressa de les écraser sous ses pieds. Le premier de ces enfants se trou- vait malheureusement penché vers la terre, et reçut dans les deux yeux quelques gouttes du liquide brûlant. La douleur qui en résulta fut très-vive, et l'entant jierdit la vue. Je fus assez heureux dans une autre circonstance pour la conserver h un enfant qui jouait imprudemment avec un Jide, et qui reçut également dans les yeux une certaine quantité du liquide dont j'ai parlé. C<' qtie j'ai dit des Scorpions s'applique aux Scolo- pendres , qui généralenjent sont peu redoutables. L'espèce Scol. viorsiiaiis est la plus répandue; elle fait luie guerre active aux Blattes, dont elle dévore la poitrine; mais elle devient à son tour la proie du Sclm]ac à deux raies. La Scolopendre de terre , ou Bête à mille pieds de terre, celle qui est désignée sous le nom de Bête à mille pieds bleue, sont '«ius dangereuses que l'espèce Scol. morsilaiis, et (inoi- fpie ])lus petites, leur morsure est plus grave. Quoique en- lomopluiges en général, on voit quelques espèces géoplia- DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLïi 499 ges. Les Scolopendres habitent dans les troncs d'arbres pourris de nos bois, sons les rochers et les pierres , dans les masures ou les fentes des planchers; on les retrouve jusque dans les armoires. Quelques espèces sont diurnes, et d'au- tres fuient la lumière. On les voit paraître plus fréquem- ment après les grandes pluies , dans les changements de temps. Elles sont Irès-vives et marchent rapidement. Dtins l'ordre des insectes proprement dits et en particu- lier parmi les Coléoptères, nous trouvons plusieurs genres re- doutables: tels sont parmi les Clavicorncs, IesDern3estes,les Anthrènes et les Byrrhes. Les espèces que nous trouvons à la Guadeloupe sont toutes étrangères. Celles que l'on nomme Dcnnestes lardarius, pellio, apparticnnimt h l'Europe et sont suiïlsaumient connues. La plus importante , par les ravages qu'elle commet, est celle qui s'attache aux papiers et aux li- vres. Je la rapporte h l'espèce chinensis. Il nest personne qui n'ait pu juger de la voracité de sa larve , toujours funeste aux bibliothèques. C'est ordinairement en scpteni- bre que les insectes parfaits préparent le support de leurs œufs; rarement on les voit de jour, mais vers ie soir et dans la nuit; les femelles lacèrent le dos des livres reliés ou brochés à l'aide de leurs mandibules robustes , et déposent leurs œufs au milieu du feutre qu'elles ont préparé; quel- quefois aussi elles se logent dans la j)artic qui correspond à l'attache du signet, surtout quand il s'y trouve un peu de poussière accumulée. La jeune larve ne tarde pas h s'ou- vrir une galerie dans le corps du livre; cette galerie n'af- i'ecte point de direction particulière. La larve s'augmente journellement et se nourrit exclusivement de papier qu'elle a préparé. Celte larve est hexapode , d'un blanc légère- ment jaunâtre ; ses mâchoires sont fortement armées; par- venue au moment de sa métamorphose en nymphe, elle [)erd sa vivacité et jirésente l'insecte parfait dans un élal 5oo ANNALES d'immobilité complète; ses membres sont placés sur les côtés du corps; ses yeux noirs contrastent fortement avec la couleur blanche qui lui est particulière; elle reste long- temps dans cet état , perd peu h peu sa mollesse , se colore en brun léger qui passe au Lriju ferrugineux, et, peu de temps îiprès avoir subi cette dernière métamorphose, elle achève d'ouvrir sa gakrio au dehors, lanlôlsurles tranches et tantôt sur les côtés des livres. L'insecte parfait est très-agile; mais, dhs qu'il rencontre quoique obstacle ou qu'on le touche, il contracte ses pieds sur les côtés du corps , rentre sa tète et devient immobile, j'en ai observé plusieurs lois qui per- sistaient dans cet état pendant plusieurs heures. On ignore à quelle époque cet insecte fut introduit, et comment et par qui ce funeste présent a été fait aux colonies. Une observation assez importante est que ce Dermeste n'at- taque les livres qu'a près qu'ils ont subi une sorte d'altération dont la cause est due h une augmentation en poids ; celte augmentation est produite par l'absorption de l'eau atmos- phérique, dont la j)roporlio:i est beajicoup plus grande sous la zone torrido que dans d'autres climals , ]>uis(|u"('lle est toujours en raison progressive de la chaleur, et la quan- tité en est telle qu'elle s'élève h plusieurs onces dans les in-f" et in-4°; elle augmente en proportion des formats. Dans cet étal , et après (pielque temps , le papier présente à l'a- nalyse une certaine quantité de sucre et de fécule qui n'é- taient pas perceptibles avant sou altération. LLuropt; et les contrées soumises h un abaissement de tenîpérafure n'ont pas h redouter ce fléau connue les colonies, dont la température est presque la même toute l'année; c'est pour- quoi ces insectes s'y maintiennent et se propagent rapide- ment. On a remarqué que tous les livres ne sont pas éga- lement piqués; quelques ouvrages anglais et allemands, ainsi que d'anciens livres français ou latins, ne présentent au- DE LA SOCIl'nÉ ENTO'\IOLOG!()! E. 5oi cnnc piqûre. Je pr(';sume que les ouvrages anglais doivent celle heureuse exception h jabase de la pâte du papier, qui pr(>sque toujours est l'abritjuée avec des chîfl'ons provenant d'clolTes ou de lissus de coton; peut-être l'encolagc est-il lait avec d'autres substances que les fécules de céréales. Les Anglais imaginèrent dans le temps de subsliluer les mucilages (ie plusieurs lécidées à la gomme arabique, dans les manufactures de toiles peintes; peut-être ont-ils étendu cette utile découverte h la fabrication du papier. Il serait intéressant de tenter quelques essais avec les lécidées, comme aussi do fabriquer les pâtes des papiers avec les tissus de colon. Le seul reproch.*. h l'aire aux différents papiers faits d'après ce procédé, est (ju'ils se coupent facilement lors- qu'on les plie, et que la plume est souvent arrêtée par l'es- pèce de feutrage qui recouvre leur surface. Les ravages produits par le Dcrmcste de la Chine dans les bibliothèques, les greffes, archives, ou dépôts des no- taires et des homnies de loi , ont engagé à chercher un moven pour prévenir la perte douvrages précieux, rares «>t chers , ainsi que de minutes importantes et utiles. On a préconisé les substances odorantes et volatiles, telles que le musc, le camphre et certaines huiles; elles n'ont pas rempli lebutqu'onenaltendait. Le musc cependant a réussi quelquefois; c'est ainsi que M. le docteur Rr.iffer est parvenu h conserver sa bibliothèque médicale très-nombreuse et ben choisie. Il recommande de tenir les livres dans des armoi- res vitrées bien closes. M. le docteur Amie père, dont le nom .:ippel!e mi des célèbres praticiens et un savant mo- deste, cmplojait l'onguent mercuriel double ap])liqué sur les faces internes des couvertures, et s'en trouvait assez sa- tisfait. J'essayai dans le temps d'isoler les livres le plus que je pouvais, en les faisant porter sur des tringles au milieu desquelles je prati([uais une rainure que je garnissais de 5o2 ANNALES gros fils imbibés d'huile volatile de térébenthine. Je ne fus pas plus satisfait de ce moyen que des précédents. Je crus obtenir plus de succès dans l'application de l'onguent ci- trin ou de nitrate d<' înercure ramolli et rendu liquide h l'aide de l'huile volatile de térébenthine; j'essayai sans plus de succès les substances auières sous la forme de teintures alcooliques. Les fruits de la coloquinte ( Cucitmis colocyn- ihis) , la racine de gcntia7ic [gcntiann /wicrt) , les feuilles d'herbe ^ pique, [Calca lohata de Swartz) , et le suc concret d'AloëSjneréiissirejitpas mieux. J'essayai les plantes vireuses ou suspectes , telles que quelques Lobélles , Lohelia futnn , tongiflora , stricta, V fJlppomane mancincUa , \e S/)igclta nn- tkelmia; il en fut de même. Ennuyé de tant d essais infructueux, je mis h la pour- suite de ces larves une espèce de Fourmi, Formica sac- chdrivora ; elle en d(^truisiî queiropriété de conserver les couleurs des fleurs, nuit à celles Dli LA SOCIÉTI^: li^^TOlOLOGIQÏJK. 5o5 des feuilles récemment étendues, et n'altère presque pas les feuilles sèches. Je n'exagère pas en disant que douze herbiers do la Guadeloupe, fruits de longues années de persévérance , furent détruits par plusieurs espèces d'insectes , et que je ne dois la conservation actuelle de mes plantes qu'au moyeu que j'ai indi(|iié. J'ai été égaîeujent satisfait de son emploi dans la préparation des auinjaux, et j'ai utilisé les huiles volatiles extraites et séparées dans la confection d'un savon analogue h celui deBécœur. Lesiusecles, si difficiles à conserver en coilcclions dans ce l>ays , ont été mis h l'abri delà destruction à laide de la soluîiou alcoolique. Los Lameliicornes les plus remarquables sont le 5m- rabc Hercule. 11 coupe les branches de quelques arbres, mais les dégâts qu il eommet sont peu importants ; son énorme b'.rve vit aux dépens des bois pourris (i), ainsi que quelques (n olrupes. Les œufs d'une espèce de Mélolonthe sont funestes aux Gallinacées qui les recherchent. Ces œufs sont connus dans le pays sous le îiom de graines d'or, ou grain' s dorées; ils se trouvent dans les fumiers et les terres arénacées nouvellement fouillées. Le seul moyen d'arracher i'animal h une. mort rapide est de lui inciser le ]>remier estomac et den faire sortir ces prétendues graines, eu y injectant de l'eau tiède; cette opération faite, on pra- tique une suture commune à la peau et h l'estomac , et l'animal ne tarde pas h recoiymencer h manger comme au- paravant (2). (1) Le meilleur iiioyt-n de se, [nocwor ce hcaii Scarabi'; consi.-ile à abattre des bois de soie , ou a'-bies à glu {Sopiiiin aiiciipnrlutn). Quelques jours aprèscette coupe, et lorsqu'il ixsudc de leur Ironc une substance mu- cilagineu.se qui est accompagnét: d'une odeur particulière, on voit les Sca- rabés Hercules se jeter avec avidité sur les arbres renversés ou sur la j^or tion dutioncqui reste debr.iil. (i) Cetleopératioa singulière se pratique avec succès non-seulement sur 5o4 ANNALES Les PassHles habi'.cnl les bois pourris, aiii'^i ([ue leurs larves. Parmi les Charansons, le genre Bruche apporlé d'Eu- rope s'attache aux légumes et s'attaque ('également h quel- ques autres végétaux de la Guadeloupe. Les Attclabes, et surtout les Charansons, qui en Europe causent tant de di'gàts, agisî-ent de niôme en ce pays. Les l'arines des céréales, le biscuit, les légumes , le maïs et le pain à cachptpr sont les aliments qu'ils préfèrent. Les Brenlcs vivent sous les écorccs et dans les bois pourris. La Calandre du blé se joint ù ces espèces destructive?. Celle du Palmiste, ou Charanson du Palmiste, ne dépose ses œufs que lorsqiie la cime, ou la partie qui contient le chou , en a été coupée. C'est toujours dans le centre mé- dullaire ilcV ylrcca olcrorca que l'on trouve sa larve nommée ver palmiste, dont que]f[Mes personnes sont très friandes. On distingue j)arnii les Longicornes le Prione du fromager, qui se trouve dans le tronc pourri dc.^ Bomhax ei Adansonia. Oucîqucs Lainics, Calli(:hi(mi<'s, Capricornes, déposent leurs larves sous lesécorces, dans l'intérieur des arbres et de leurs racines. La belle JSaperde des bois de la Guade- loupe , h laquelle uîcn savant ami le révérend docteur Forstiom, .Suédois, digne élève de Swarlz et naturaliste profond, a bien voulu ajouter mon nom comme une preuve d(! son estime et comme nom spécifKiue de cette Saperde (i), ies espèces des genres Co'mnba, Pavo, Gallus, mais nu peut ia l'aire iaipunc- uientburli;s ■genres A'(a?iirfiJ (\uniadf:), iVeteagris {. rtai le reste à Saint-Bartheiemi , où un séjour assez prolongé me permit de les multiplier. J'en laissa' 'gaiement à Sain! Euslache. Enfin j'arrivai MIS la fin de ncv-'^nihie à l.i (Guadeloupe, où je les multiplini Haes le .lar- 5o8 ANNALES Les insectes Névroj)lères en tomophages présentent quelque inlérùt. Les nymphes de plusieurs espèces cio Libellules et d7Eshnes,inlrodnile,s dans l'estomac des quadrupèdes mono i^aslres ou pulygaslres, peuvent déterminer des plde^masies latentes de cet organe et donner la morf, comme j'ai eu occa- sion de l'observer sur un cheval , j)Iusieurs inuiels cl bœui's. Ces accidents n arrivent que dans les quartiers ou colonies privés d'eaux courantes, et où l'on se trouve obligé de re- courir aux mares. C'est surtout après les longises sécheres- ses, et lorsque l'évaporation ou la consommation journa- lière ont .-ibaissé l'eau jusqu'au niveau des conrerves,que les animaux sont exposés à rencontrer ces nymphes, eu barbo- tant parmi les ])lanles qui tapissent le fond des mares. La douleur que produit leur morsure est tellement vive et aiguë qu'on est obligé de làclier prise; elle détermine une sensation comme celle d'une brîilure , ^ laquelle succède un engourdissement pénible. J'ai souvent éprouvé i'cHet de leurs mâchoires tranchantes, et j'ai été quelque- fois mordu jusqu'au sang en cherchant des mollusques et coquilles fluviatiles ou d'eau douce. Les Termites , auxquels appartient une espèce d'Hé- mérobe, tiennent un rang distingué parmi les insectes les plus funes;;es aux arbres de nos Ibrèts ainsi qu'aux habita- tions des hommes. Celui que nous signalerons le premier est V llemerobius palsatorius de Fabricius et Termes pitlsatoriits de Linné, C'est cette espèce qui s'introduit dans les plafonds et les planchers sans issue apparente, en Délaissant souvent sur tlin lienl rapidement. On signale comme un de leurs ennemis une espèce de Pyra'e. Le miel est toujours beau cl de boime qualité , si l'on n'a pas dépassé le temps prescrit pour le récolter j dans ce cas i! est rouge et acre. Il est de mauvaise qualité lorsqtie les Abeilles viennent butiner dans les sucreries ; alors il perd son odeur aromatique et est composé de plus de moitié de gros sirop. C'est toujours la privation de fleurs qui les oblige ii rechercber le sucre brut ou les sirops. Le miel enivre parfois lorsque ces Hyménoptères pré- cieux et utiles le puisent sur quelques solanées. On n'est pas dans Thabilude de cultiver aucune des plantes propres h entretenir les Abeilles, lors même qu'on les réunit sous ses yeux ; elles sont entièrement confiées à leur industrie niturelje. Parmi les espèces d'Apiaires propres à ce genre, il eu est une qui est malheureusement peu connue ; elle habite de préférence la partie dessous le vent nommée la Pointe- Noire; mais ce quartier nest pas le seul où on la trouve. Les produits de son industrie consistent en un miel noir inutile et une cire brune-noiràtrc, flexible, dont l'odeur est aromatique. Celte cire, jadis employée pour sceller les da- mes-jeannes, est devenue rare ; ses propriétés la rendraient précieuse aux arts du graveur en creux sur pierre et sur métaux, ainsi que sur cachets. Je pense qiic celle espèce appartient aux Mélipones. FL\ DU lO.Mli: SlXJliMIî. VI. 34 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i '%Iusieurs Crustacés offrant ce caractère (les Gylhérées, les Cypris, les Lyncées, les Liujuadies) ,• mais ici , la ressemblance est encore plus complète, car on distingue sur ce test jusqu'aux stries d'ac- croib.scmeut, ci son volume est au moins d'un ccnlimèlre. > ANNALES Toutefois , on ne saurait se méprendre sur la classe à la- quelle a|)j)artiennent ces aniniaux. Ce sont évidcmnien! des Crustacés que M. Audouin )iig<*, d'après un prc^uiier examen, devoir constituer un nouveau genre qui se placera l\ côlé des Lyncées , et établira le passage entre eux et les Lym- nadies. Ces Crustacés, qui seront l'oljjet d'un mémoire, ont été trouvés sur la côte d'Afrique, h Arzeu , près <î'Oran , dans une petite mare d'eau légèrement saumâtre qui nour- rissait (juelques Dyiiques. M. Audouin entretient ensuite In Société de Crustacés fort analogues , dont il doit la communication à M. Des- hayes. Ces Crustacés, qui égalent en volume ceux d' Arzeu, ont été trouvés dans différentes provinces de l'empire de Russie. Ce sont ceux qu'un naturaliste de ce pays , i\l. Kry- nicki, a récemment fait connaître dans le Buiietin de la Société (les naturalistes de Moscou , sous le nom de lAmna- dia tclracera. M. Audouin entre dans les détails de l'orga- nisation (le ces Crustacés , et démontre qu'ils ne peuvent être placés dans le genre Limnadie, qu'ils se rapprochent bien j>lus des Lyncées, et qu'enfin ils appartiennent au même genre que le Crustacé d'Arzeu. M. Audouin assigne \x ce nouveau genre le nom de Cyzique, Cyzicas. Dès h présent il se compose de deux espèces ; le Cyzique de Bra- vais, Cyzicas Bravaisii, et le Cyzicas tctraceras. M. Audouin fait remarquer, au sujet de ces habitat si difl'érents, les côtes d'Afrique et la Russie, que ce n'est pas le seul exemple que l'on connaisse d'animaux d'un même genre, dont les espèces, encore fort f>eu nombreuses , se trouvent comme dispersées sur des points très- éloignés du globe. Pour ne pas s'étendre au-delii des Enlomostracés , ii cite le genre Limnadie de ]\1. Adolphe Brongiiia»!, qui naguère encore ne se composait que d'une seule espèce observée en France, et qui vient récemment d'être enrichi d'une seconde es- i>E LA SOCIÉTK ENTOMOLOGIQDI-: xi |uct' Irès-analogiic, el que M. Desjardins a découverte à i'il(î Maurice, située, comme on sait, près des Tropiques. ' Revenant à parler des Enlomoslracés d'Or an et de Russie, M. t'itîdouin observe qu'il a pu distini^uer paruji eux des individus mâles et des individus femelles. Ce foit est d'une grande importance pour l'histoire de ces animaux ; car, chez plusieurs, et en particulier chez les Limnadies , on n'a pu encore reconnaître les sexes , ce qui les a fait considérer comme hermaphrodites. Ici, c'est-à-dire dans les Cyziques d*Arzeu et de Russie , il n'y a aucun doute sur la séparation des sexes. Les mâles , outre qu'ils ne présen- tent jamais d'œufs sous le test, sont pourvus, h la partie an- térieure du corps, de deux paires d'appendices terminés par des pointes et des crochets robustes , à l'aide desquels ils saisissent sans doute les femelles et les retiennent pen- dant l'acte de l'accouplement. Celles-ci sont privées de cos organes, et, de plus, elles ont des ovaires qui ont été trou- vés garnis d'œufs. M. Audouin termine sa communication en montrant h la Société des petits Crustacés du genre Lyncœus , peut- être le Lyncceus brachyurus de Muller. Ils lui ont été adres- sés par M. Waga, professeur distingué d'histoire naturelle h Varsovie. Bien qu'ils n'aient que trois millimètres, ils étaient considérés comme des géants parmi les Eulomostra- cés bivalves, tels que 1rs Daphnées el les Cypris; ce sont maintenant des nains à côlé des Limnndies et des Cyziques. Ce que ces Lyncées offrent de curieux , c'est qu'ils ont aussi les sexes distincts. M. Audouin reviendra sur ces particularités, dans un mémoire (|u'il préparc sur ces di- vers animaux. Lectures. — Description des Libellulincs dos environs d'Aix , par M. Boyer de Fonscolcmbe. xn ANNALES Description d'une nouvelle espèce du genre Adeiia, par M. Pierre t. Mémoire sur deux Teignes qui attacpient l'olivier, j)ar M. Boyer de Fonscolombe. Membre reçu. — M. Alirens, J. T. , à Augsbourg , pré- senté par M. Bufjuet. {Séance du i5 février 1837.) Présidence de M. Al'DouI^. Ouvrages offerts. — Monographie des Trachydéridcs, par M. Dupont, 1'" iiv. (Extraite du Magasin de Zoologie.) Histoire naturelle et Iconographie des Insectes Coléo- ptères; par MM. de Castelnnu et Gory, ii°!ivr. Correspondance. — Le Secrétaire donne de nouveau lecture de la lettre dans laquelle M. Guérin adresse sa démission de membre de la Société. A ce sujet, M. le colonel Feislhamel, vice-président de l'année dernière, récuse tout ce que cette lettre pourrait renfermer qui lui soit applicable. La Société déclare ensuite hl'unanimité que les allégations sur lesquelles M. Guérin appuie sa démission ne sont nullement fondées. Cette démission est acceptée. Communications. — M. Feisthamel donne à la Société des détails circonstanciés sur la mort de M. Picard, dont il a annoncé la nouvelle sur la fin de l'année dernière. La Société, dont la plupart des membres ont connu M. Picard , considérant que ce jeune voyageur est mort victime de son dévouement à la science qu'elle cultive, engage M. Feislha- mel h rédiger une notice nécrologique à s(m sujet. — M. Aujlouin fait savoir à la Société, de la part de M. de Théis, qu'étant chargé du consulat général en Valachie , il DE LA SOCIÉTÉ ENTOVIOLOGIQIJE, xnr uo pourra ilc long;-triuj)s assislcr 5 ses séances. Il offre ses services à la Sociclé dans le pays où il va résider. — M. Amyol fait part à la Sociélé de la publication pro- cliaine d'ime traduction d'un ofivragc chinois traitant du Ver à soie et de,'; moyens de l'élever. Cette traduction a été deiuandée par le ministre du commerce, et il en sera dis" Irihué des exemplaires aux différents élablissemcnts pu- blics. M. Amyot prie donc M. le Président de vouloir bien (aire en sorte qu'il en soit donné un exemplaire à la Société. — M. Audouin j)résente deux individus d'un Crustacé sin- i,ajlier qui a l)caucouj) d'ana!o;;ie avec l'Argule foliacé de Jurine, mais qui en diffère surtout par l'absence de ven- iouses aux pattes antérieures, et par sa taille, qui dépasse iiu centimètre et demi. Co Crustacé a été trouvé h Caycnne par M. Lacordaire; il est parasite ssir un poisson nommé /lymara , dont la chair est très-estimée , et qui vit dans toutes les rivières. M. Audouin en donne la description et le regarde comme le type d'un nouveau genre; auquel il assigne le nom de Dolops. 11 dédie celte espèce à M. Lacordaire, Dolops La- cordairci. Ce nouveau genre sera décrit en détail et figuré. Lectures. — iM. Duponchel donne lecture du rapport d'une commission nommée dans la séance précédente, pour l'examen des modifications à apporter au règlement, au su jet de la bibliothèque et des attributions de l'archiviste. La Sociélé ajourne l'examen de ce rapport h la prochaine séance. M. Duponchel, en son nom et en celui de M. Pierre t , donne lecture d'un outre rapport sur un mémoire de M. Des jardins (de l'Ile-de-France , relatif h une espèce d'AIucite. Les conclusions de ce rapport sont adoptées. La Sociélé décide, en outre, qu'il sera imprimé dans les Annales, h la suite du niijmoire do M. Desjardins. ?tiv ANNALES M. Scrville donne u^cliuc, en son nom cl en celui de M. Brullé, d'un rapport sur un autre mémoire de M. Des- jai'dins ^ sur une nouvelle espèce d'Uémiptère de la fa- mille des liydrocorises. La Société adopte les conclusions du rapport et en ordonne aussi l'impression à la suite i u mémoire de M. Desjardins. Membres reçus. — M. le comte Dejean, à Paris, présenté par M. Audouin. M. Doyèrc, h Paris, présenté par M. Audouin. M. le docteur Gréville , à Edimbourg , présenté par le Secrétaire. {Séance du i" mars 1857.) Piésiclence de M. Âiidouin. Ouvrages ofjcris. — Annales françaises et étrangères d'Analomie et de Physiologie comparées, par MM. Laurent etB;izin, i"" livr. ; juir l'éditeur, M. Lcvranlt. J)c ijulbasilum (olcupteris Itidicù noxHs aut rarioribus , thèse inaugurale de M. Arogona; par M. Villa. M. le comte Dejean offre h la Société les quatre premières livraisons du Nouveau Catalogue rie sa Collection. Cornmanicatlous. — • i\L Boisduval annonce h la Société la mort de M. Chardiny, entomologiste de Lyon. La So- ciété charge le Secrétaire d'écrire h M. Donzel , 1 our le prier de rédiger une notice nécrologique sur M. Chardiny. — Le Secrétaire fait savoir à la Société, de la pari de M. La- conlaire, qu'elle vient de perdre un autre membre dans la personne de M. Robert, dcuieurant h La Chénée, i)rès de Liège. — M. Aube donne lecture d'une lettre que lui a adressée DE LA SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGiQUE. xv M. Paris, meuihrc de l.i Socirlé, au sujet du Dylicus latis- i/mas, que cet entoiuologisle a reconnu en grande rjuanliw'! dans les étangs des environs d'Epernay. Ce lait, ajouté te les conclusions du rapport, et charge le bureau de rédiger un règlement concernant la bibliothèque , et de le placer dans le local des séances , afin de prévenir to!!t malentendu un sujet des attributions de l'agent gardien de la bibliothèfjuc. Lectures. — M. Duponche! présente, au nom de M. Gué- liée , la description de deux Lépidoptères nouveaux, de la f.iuiille des Noctuélides. - • ;■ , Notice sur les métamorphoses d'une espèce à'yfgrilus, par Xi. Aube. XVI ANNALES Observations sur quelques organes dans différents gen- res d'insectes , par M. Doyère. Manbrcs reçus. — M. Faldermann , à St-Pétersbourg , présenté par le Secrélaire. M. Oluhausen, à Ausbourg, présenté par M. Buquet. {Séance du i5 mars 1837.) Présidence de M. Acdodin. Ouvrages offerts. — Bibliographie Entomologique; par M. Percheron. Communications. — M. Guyot appelle l'atlention de la Société sur un Dytique qui semble faire le passage entre les D. circumcinctus et duùius. C'est une femelle à élytres lisses , ou n'ayant que des stries fort légères et nullement comparables aux sillons profonds qu'elle devrait présenter. Le seul individu que possède M. Guyot, et le seul atissi qu'il ait vu, lui semble parfaitement développé, bien que ses élytres soient encore assez molles, — M. Audouin fait connaître à la Société l'existence d'tuie brochure publiée il y a plusieurs années, à Perpignan, par M. Farines, au sujet d'une espèce de Pyrale , Pyralis pit- leriana, Hiibner, qui nuit particulièrement h la vigne. — M. Audouin dépose sur le bureau le prospectus d'une Société qui va s'établir h Paris , sous le titre de Société sè- ricicole , et qui s'occupera exclusivement de tout ce qui a rapport aux Vers à soie, à leur éducation, et au parti que l'industrie peut retirer de leurs produits. — Le mèiiic membre annonce h la Société l'existence d'une brochure de M. Félix Duval , imprimée h Montpellier , sur les Insectes qui nuisent à la vigne, et dont l'ouvrage espa- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xvii gnol de M. Lopez y Ramos semble n'être que la traduction littérale. Les planches qui accompagnent chacun de ces deux ouvrages sont absolument les mornes ; quelques figmxs seulement ont été placées d'une manière un peu différente dans l'ouvrage espagnol, qui en renferme en outre un fort petit nombre de nouvelles. Enfin , M. Audouin termine ces communications par quelques détails sur l'ouvrage fort rare de (^yrillo, fasci- cule grand in-folio, accompagné de douze planches, et ren- fermant la description des insectes qui se trouvent aux en- virons de Naplcs. Il annonce qu'il en a fait l'acquisition pour sa bibliothèque. — M. Doyère entretient la Société des observations qu'il a présentées récemment à la Société Philomatique, au sujet des organes de la perforation dan* les insectes , et en parti - culier de la tarière des Cigales femelles. Réaumur s'est occupé de ce sujet à plusieurs reprises, et tous les auteurs qui sont venus après lui se sont contentés de reproduire sans objections les explications qu'il a don- nées des divers cas sur lesquels se sont portées ses recher- ches. M. Doyère pimse que l'étude de cet intéressant mé- canisme méritait d'être reprise de nouveau , et il croit pos- sible de réunir la plupart , sinon tout l'ensemble des cas , dans une théorie générale qui n'est aucune de celles que Réaumur a proposées. Il prend pour exemple la Cigale femelle. Dans cet insecte, la tarière est formée de trois pièces, ou liges , assemblées avec beaucoup de précision. Suivant l'opinion admise, les deux latérales ou limes joueraient le long de la médiane , ou pièce d'assemblage, qui n'aurait d'autre but que de di- riger leurs mouvements en les empêchant de s'écarter. La perforation résulterait donc du va et vient de ces deux limes à bois. M. Doyère fait observer : VI. b XVIII ANNALES i" Que les dentelures de ces prétendues limes sont trop mousses, et lui paraissent offrir des dispositions contraires à cet usage ; 8° Par des considérations toutes mécaniques et a priori ^ que l'instrument, dans la théorie de Réaumur, manquerait d'un point d'appui suffisant, n'en ayant d'autre que ic corps de l'insecte porté sur ses pattes , et se trouvant par consé- quent réduit , pour limite maximum d'action , au poids de ce corps lui-même , force tout-à-fait insuffisante dans tous les insectes h aiguillon ou à tarière. Celle considération , dit-il, suffirait seide , et indépendamment de toute recher- che anatomique, pour faire pressentir la nécessité de solu- tions différentes de celles qui sont admises par la science; 3° Que, du reste, le mouvement longitudinal des limes est impossible. En effet, dit-il, si Réaumur n'avait pas né- gligé l'analomie des parties internes, il eût vu que ces deux tiges latérales , auxquelles il assigne le rôle principal dans l'acte de la perforation , sont , en réalité, fixées par un de leurs bords au pénultième anneau de l'abdomen, et que la seule des trois tiges qui soit véritablement mobile, c'est la lige médiane , laquelle est portée à l'extrémité d'un fort levier du premier genre, mu par deux puissantes masses musculaires. En conséquence de ces faits, et d'autres qu'il serait trop long de rapporter ici , l'auteur du mémoire est conduit à penser : 1° Que le seul mouvement que puissent exécuter les tiges latérales est un mouvement de rotation, qui a pour résultat de faire sortir la tarière du fourreau où elle est engagée pendant le repos; 2" Que ces mêmes pièces latérales, appelées à tort, limes, ne sont, dans racle de perforer, que des sortes de grappins. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xix qui, écartés par l'aclloii de la tige médiane, s'engagent soli- dement dans le bois par les dentelures de leur tête, et four- nissent ainsi h l'instrument le point d'appui qui lui manque dans la théorie de Réaumur; 5° Enfin, que la tige médiane est, en réalité, l'instrument de perforation, instrument qui agit tout h la fois comme un coin pour écarter les têtes des grappins et fixer les den- telures dans les fibres du bois, et comme un poinçon, après qu'il a dépassé l'extrémité des grappins, en pénétrant pro- fondément dans la substance même du bois. Dans cette théorie, tout ce qui constitue le mécanisme, la puissance et le point d'appui, se trouve renfermé daus le pé- nultième anneau de l'abdomen, qui suffit par conséquent à ses fonctions, indépendamment du reste du corps. L'auteur fait voir, par un exemple emprunté aux Abeilles, que toute solution qui n'admettrait pas cette particularité serait, par cela même, mise hors de cause. 11 remet à un prochain tra- vail l'exposé des résultats auxquels il est déjà arrivé sur d'autres instruments de perforation, tels que l'aiguillon des Hyménoptères, le bec des Hémiptères, et la tarière de plu- sieurs femelles d'Orthoptères. Lectures, — Note sur les particularités que présentent les changements de peau de la Chenille du Ckaraxcs Jasius , par M. Duponchel. ^ Description de trois Lépidoptères nouveaux de Sicile cl d'Espagne {Cleophana Eiisaldci , Anihocaris Damonc et Acontiu Graellsii), par M. Feisthamel. ANNALES *v*%vv***% \v^^fc^^v\-w^w^ NOUVELLES DIVERSES. — M. le docteur Helfer (de Prague) , membre do la So- ciété, sur le voyage duquel il a été donné des détails (t. iv , p. Lxxxviii, du Bulletin de nos Annales, et t. v, p. lxwiii), vient d'adresser h M. Lefebvre , en date du 7 novem- bre i856, une lettre de Calcutta, où il est arrivé heureuse- ment après avoir partagé les vicissitudes de l'expédition anglaise sur l'Euphrate. Les deux Afghans qui devaient le conduire dans leur pa- trie le laissèrent bientôt, après l'avoir dépouillé; cependant notre malheureux collègue trouva , auprès de l'expédition, les secours que réclamait sa positiou. Il quitta l'expédi- tion h Bassora , après avoir fait des récoltes précieuses en entomologie. De Bassora, il se rendit dans le golfe Persi- que , toucha h Bushir, en Perse, puis à l^lascwt , sur In Côte Arabique, où il s'embarqua dlreclement pour Calcutta. Il parvint da^s cette dernière ville en octobre dernier , après un séjour de quinze mois dans des contrées fort peu explo- rées des naturalistes. Ses premières recherches aux environs de Calcutta, dont les richesses naturelles l'ont vivement frappé, lui pro- curèrent en six semaines plus de cinq cents espèces de Co- léoptères , la plupart nouveaux; et comme il s'attache à recueillir les plus petites espèces, si négligées des voya- geurs, il a lieu d'espérer les résultats les plus satisfaisants. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxi Il borne d'ailleurs ses autres investigations cntomologiques aux Lépidoptères , Orthoptères et Hémiptères, dont il fait également des envois à M. Merslix, à Prague, auquel on peut s'adresser pour en obtenir. M. Helfer a l'intention d'explorer l'IIindoustan , mais il appréhende que l'extrême cherté de la vie dans les possessions anglaiscs.n'apporle un grand obstacle à ce désir. En effet il mande que dix mille francs par an suffisent h peine à l'existence la plus médiocre. 11 espère cependant être employé du gouvernement anglais dans ce but inté- ressant. Il a le projet d'envoyer plus tard, h la Société entomolo- gique , des notes sur la géographie des insectes des Indes , travail qui l'occupe beaucoup en ce moment , et auquel il joint ses observations en Botanique et en Géologie , et il se propose de publier , par centuries , la description des insec- tes de son voyage. Il se chargerait volontiers d'investigations qui auraient pour objets les mammifères , les oiseaux et les reptiles ; et on peut lui écrire à cet effet, à Calcutta. {Extrait d'une lettre de M. A. Lefebvre.) — M. Botta, voyageur envoyé par le Muséum pour explo- rer l'Arabie, etc., a adressé h M. de Blainville quelques dé- tails sur son voyage (i). Le 5 novembre j856, M. Botta élait h Cahim. A Hais, il avait été parfaitement reçu par le Cheikh Hassan , homme très-puissant et très-redouté dans cette partie de l'Yemen. De Hais , M. Botta s'est rendu à Djebel-Ras, qu'il n'a pu visiter complètement, les Cheikh des parties supérieures ayant refusé de le recevoir. Après (i) Ils onl clé communiqués à la Société par M. Gervais , de Ih part de M. de Blainville. xxii ANNALES son retour à Hais , il s'est transporté ù Djebel-Maïuuarn , puis à Cahim , d'où sa lettre est datée. « D'ici, dit M. Botta, je vois Taas et le mont Saber. Dans deux ou trois jours, je parcourrai <;n sûreté et à mon aise cette grande montagne , cé- Jèbre chez les Arabes par la variété et la richesse de sa végétation. Je se- rais déjà ])arli si le jeune Casem (fils de Hassan) n'avait donné des ordres pour me faire apporter les animaux mentionnés par Furskael. Je ne puis savoir encore si j'irai plus loin que Taas : cela dépendra des circonstances politiques. Jusqu'à présent, mes collections ne s'augmentent qu'en plan- tes. 11 y a beaucoup moins d'oiseaux et d'insectes que je ne m'attendais à en trouver; et , quand aux grands mammifères , ce n'est qu'à Taas que je compte mêles procurer. En revanche, la végétation est très-belle et variée d'une localité à une autre. Je compte rester dans les montagnes des envi- rons de Taas; puis je descendrai à Moka ou à Hodeida, où je m'occuperai des productions de la mer. Au mois de mai, je retournerai dans ley mon- tagnes pour me procurer les espèces priutanières ; et en juin, s'il plaît à Dieu, je partirai pour Djidda. » — Crustacés. M. Dujardin a présenté à la Société Philo- matique , dans sa séance du 2 5 février, un mémoire de M. Straus-Durkheim, déjh imprimé, pour être publié pro- chainement dans les actes du Muséum Senkenùcrgianum de Francfort. Le sujet de ce mémoire est la description anatomique d'un Crustacé du même genre que ceux dont M. Audouin avait entretenu la même Société dans deux précédentes séances {Voyez le Bulletin entomolof/uiue , pag. ix). Comme eux il a un test bivalve long de i centimètre, analo- gue Il la coquille d'un mollusque acéphale, d'une arche, j)ar exemple; la tète est, en outre, munie d'une plaque en l'orme de losange , susceptible de rentrer entre les valves ; près de la bouche sont quatre rames servant à la locomo- lion, et tout le long du corps se trouvent des lames bran- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUli. xxni chiales en grand nombre. Les mâles ont, en avant VW\'V\AVV\V'MVM'V%A«VVW\W\W%W\VW4^AV«AVVt> encore con- nue, mais qui doit se rapporter au genre des Mygales. Il aété envoyé récemment de la Nouvelle-Grenade h M. le docteur Roullin. Sa construction le rapproche beaucoup du nid de la Mygale de Corse, décrit dans le tome ii de ces Annales ; mais son couvercle ne présente aucune trace des trous nom- breux et rangés en demi-cercle qui se voient dans ce der- nier. Le nid de la Mygale américaine est conslruil avec une terre végétale d'une nature grasse ou un peu argileuse. 11 n'est pas complet , la partie supérieure ayant seule été re- tirée de terre , de sorte que sa longueur reste i2;norée. M. Audouin pense qu'il pénétrait en terre usqua six à huit pouces au moins. Son orifice, de l'oruie circulaire, a près iVun pouce de diamètre. Il surpasse donc un peu le nid de la Mygale de Corse, et plus encore celui de la Mygale de Mont|)eUier, qui n'a guère que la moitié de ce tiiauièlre. Lintéri; ur du nid est tapissé d'une substance soyeuse. /jCcLure. — Observations sur les Aranéides du genre Pa- clijlosceUs et synonymie de ce genre, par M. Lucas. Meinbre reçu. — M. Lcraairc , à Paris, pré: enté par M. BruUé. i)\i L\ SOCIÉTi': E>iTOMOLOGlQl)i:. u NOUVELLES DIVERSES. Noie sur la composition destinée à remplacer le lié^e , et pré- sentée par M. Serville dans la séance du 7 juin 1 ?,7>y. On sait, dit M. Serville, que le plus beau et le meiliciir liège oflVe toujours des trous irr«^guliers plus ou moins gros, et que l'on ne peut s'en procurer de morceaux que d'une grandeur trcs-limitée , quand on exige que l'épaisseur soit égale partout. Dès lors on est forcé d'en réunir plusieurs planchettes et de les ajuster les unes contre les autres, pour en l'aire un tond de boîte, quand celle-ci est d'une certaine; dimension ; ce qTii prend du temps et nécessite une sorte d habileté dans la main-d'œuvre. La nouvelle pâte que l'on propose n"a aucun de ces in- convénients : j)resque aussi légère que le liège, cotte pâte s'é- lalo -acilement. On peut toujoi'.rs l'obtenir en tablettes d'une seule pièce , quelles que soient l'étendue et l'épaisseur de- mandées; on peut ainsi atteindre à la grande dimension des cadres que l'on expose dans les musées d'bistoire naturelle. La surface de ces tablettes reçoit très-bien le papier, et 1rs épingles, mêmes les plus fines, entrent sans effort cl y sont suffisamment assujetties. Mais le plus grand avantage que les naturalistes retireront de cette décou- m ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. verte, c'est la modicité du prix comparé à celui du liège , dont la cherté est connue de tout le monde. Cette pâte est livrée à raison de 4o cent, le pied carré (port non com- pris) , ce qui procure aux acheteurs une économie de 5o pour loo à peu près. On peut donner à ces tablettes l'épais- seur et la dimension que l'on désire (i). Ayant encoura<^é et suivi les divers essais qui lui OQt été soumisj et reconnaissant les avantages que présente cette pâte, M. Serville n'emploie plus que cette substance pour sa collection. — Une lettre de M. Villa, adressée au Secrétaire de la Société, renferme les détails suivants : M. Bussi, de Milan , jeune entomologiste qui a renoncé depuis deux ans à l'étude des insectes, vient de partir pour Constantînoplc, où il va faire sa demeure. Il se livrera, dans ce pays, à la recherche des insectes de tous les ordres , et particulièrement des Coléoptères et des Diptères, ainsi que des Coquilles terrestres et fluviatiles, pour satisfaire les naturalistes qui désireront ces objets. Il répondra volon- tiers aux demandes des entomologistes , auxquels il expé- diera les insectes par centuries composées de quarante à soixante espèces. 11 leur fera, suivant leur demande, des envois de cinq cents h mille insectes, et recueillera des Hyménoptères, Orthoptères et autres pour ceux qui le dési- reront. S'adresser, pour les demandes et les conditions, à M. An- toine \ iLLA, h Milan. (i) S'adresser, franc de port, à M. Aidikkt-Sbhville , rue de Buffault , ' 2 1 bis. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQLE. un B€LLETIi\ ENTOMOLOGIQUE. ■ ANNÉE 1837. — 3' TRIMESTRE. *' SÉANCES I)K I.A SOClfiTK ENTOMOLOGIQUK DU FRANCE. ;«)»;, »)V f; . ,.; (Séance du ^ j aîllet x^'b'] .) ' - .-) Présidence ry, i5* livr. Mémoire sur le j^oiire Pacitylosrèle , de la classe des Arachnides, par M. Lucas (extrait du Magasin de Zoo- logie). Correspondance. — M. Barthélémy, do Marseille, adresse h la Société la descr'ption d'une nonvelle espèce de Za- ph'umi, d'un Procriistes nouveau, etc. A celle occasion, M. Duponchel fait remarquer cpie le Prospectus de la So- ciété engageait MM. les Naturalistes de province h joindre, autant (jne posi^iblc les insectes h Ifurs descriptions. Il de- mande en conséquence que le socrélairo écrive à ce sujet à M. Barllu'lemy. La Société approuve cette mesure. — M. Coureau envoie à la Société de nouvelles obser- vations sur la striduiatioii des insectes. Sa lettre étant dr nature h faire partie des Annales de la Société, y sera in- sérée parmi les Mémoires. C ommanications. — M. Brullé fait part h la Société de l'excursion (\n\\ a faite avec M. Audonin dans les vignes d'Argenteuil , aux environs de Paris, afin d'être témoins des ravages que leur a causés une petite Phalène que la Société reconnaît ])our le Tortrlx pillcr'iana de Hiibner. Il donne <|uelques détails sur le résultai de cette excursion, elaimonce en même temps le départ de M. Audonin , qui se rond à Màcon pour observer des ravages plus grands en- core , occasionés par le même insecte. Lvm ANNALES — M. Duponchel fait remarquer que les auteurs allemands ne regardent pas le Tortrix p'dlcrlana comme nuisible à la vij^ne. Suivant eux, cette Phalène vit toujours sur le Sla- chys gerinanica. — M. Brullé présente h la Société une grappe de raisins rongés par VEumolpus vitls h l'état partait. Il lait voir com- ment l'insecte coupe les grains en travers à Taide de ses mandibules, et cause ainsi la destruction des grappes en- tières. L'Eumolpe ne se contente pas de cette nourriture; il ronge également les l'cuilles de la vigne, et les perce de part en part, comme îe montrent diverses feuilles recueil- lies en même temps que les grappes. — M. Aube communique à la Société une observation curieuse qu'il vient de faire , dans un voyage à Fontaine- bleau, au sujet deVEiiviolpas prctiosus. Cet insecte, dit-il, laisse suinter, par tous les points que présente la surface de ses élylres, et mèxaie de son corselet, une liqueur lout-ci- fait incolore, et dont l'odeur est fétide. Celte sécrétion se produit au dehors lorsqu'on irrite l'insecte; en un instant il se montre couvert d'une multitude de petites gouttelettes de liquide. La Société constate par elle-même l'cxaclitude de cette observation sur quelques-uns des Eumolpes vivants que lui montre M. Aube. A ce sujet, M. Rambur fait observer que la liqueur ex- crétée par le Meloc majaiis du midi de la France est tout-à- fait insipide; il ajoute que la liqueur produite au dehors par les insectes en général n'est pas ordinairement corro- sive. — M. Buquet rectifie une erreur qui a échappé h M. Spi- nola dans un Mémoire publié récenmient dans nos An- nales (iSSy, pag. 101 ), au sujet d'une espèce de Buprcs- tide dont ce dernier Entomologiste a fait le type du genre Ectisonia. Cet insecte, qui porte le nom de Ectigonia JJu- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ux (fueti, se trouve à Cayeiine el non pas au Chili, comme l'a dit M. Spinola. Lecture. — Mémoire sur la Classification des Noctué- lides, par M. Guénée , troisième article. Membre reçu. — M. Diipiii , Docteur en Médecine \\ Ervy (Aube), présenté par M. Pierret. {Séance du 6 septembre 1837.) Présidence de M. Audocib. Ouvrages offerts. — Essai sur les genres i 'Insectes ap- partenant à l'ordre des Hémiptères Hétéroptères , par M. Spinola; Gênes , in-8°. Rapport sur la culture des Mûriers et l'éducation des Vers à soie, fait au nom de la Société d'Agriculture, par M. Loiseleur Deslongchamps. Bulletin des Concours, ou Recueif des Sujets de prix proposés par les Sociétés savantes. Prospectus , par M. Cas- sin. Correspondance. — M. Gonreau adresse à la Société une nouvelle Lettre sur la stridulation des insectes. La Société décide qu'elle sera imprimée à la suite de la précédente. Communications. — M. Buquet appelle l'attention de la Société sur le dégât causé , dans une soute placée h bord de la frégate la Dryade, en station dans le Tage , par des in sectes Xylophages , qui ont presque entièrement détruit el mis en poudre environ quatorze mille kilogrammes de bis- cuit. Il présente à la Société un fragment de biscuit avarié, qui contenait un grand nombre de ces insectes destruc- teurs encore vivants, et parmi lesquels il fait remarquer un Cucuje qu'il croit nouveau , deux très-petites espèces d'y^- pate , un Silvanus , le Trogosita Caraboiiies et ea larve , un Lx ;A^NALES Taxicorne du j2;ciirc Cerandria, et une très-pclile espèce (l'Ht'miplère à diflcrenls âges. iM. Bnquet donne ensuile lec- ture de la lettre que lui a adressée h ce sujet M. Alphonse de Moges , qui commande la slation du Tage. A l'occasion delà communication de M. Buquet, M.Au- douin rappelle qu'en 1775 un commissaire de la marine royale. Joyeuse, a jvublié un petit volume sous le titre d'Histoire des Vers qui s'engendrent dans le biscuit qu'on embarque sur les vaisseaux, avec des moyens pour s'en ga- rantir. L insecte qui a surtout occasioné alors les domma- ges était une larve de Tinéite. Cependant Joyeuse signale de très-petits Coléoptères , mais il les décrit très-vague- ment. — M. Audouil), de retour ùc son voyage dans le Mâcon- iicfis, rend compte des i-avages causés dans quelques can- tons des départements du Rhône et de SaôncvetLoire par la Pyrale de la vigne; il pai'le des moyens qu'il a employés pour s'opposer aux progrès du mal, et entre dans le détail des résultats qu'ils ont produits. Il fait ])récéder ces re- cherches de l'exposition des habitudes de l'insecle à ses divers états, il éîudie successivement le mode d'accouplc ment, les circonstances de la ponte, l'élat d'incubation de rtcu!", .l'éclosion de la Chenille, qui, dès sa naissance et par un procédé curieux, gagne les tiges de la vigne, se rél'ugie sons l'écorce dès le mois d'août , y lile les j)arois d'une petite loge, d'où eile ne sort qu'au mois de mai sui- vant j)0(u> commencer ses ravages. li explique de quelle nature sont ces ravages, et comment les grapj)es se trou - vent coiupromises, bien que la larve ne se nourrisse pas du raisin. Il expose le genre de vie de la Chenille jusqu'au mo- ment où elle se change en Chrysalide; puis le temj)s de durée de celle-ci jusqu'à la sortie du papillon. Enfin il eu- Irèlient la Société de» nombreux ennemie qui l'ont lu guerre DE LA SOCiETK ENTOMOLOGIQUE. i.xi h !a Pyrale. Un Mollusrnic. et une larve d'IIémérobe se nourrissent de ses oiifs; plus fréqncuimenl encore la Che- nille et la Clirysulidc sont allatjnées par des Iclineumoni- des , des Chîilcidiles, des Miiscidcs ai)parlenanl à différents genres et au nombre .!<' plus de div espî'ces. (Ces recherches, cpi'accouipajj,iieal un grand nombre de dessins, formeront un ouvrage; en allendant, l'auteur publiera ce résumé, et les observations sur les moyens pré- servatifs, dans les Annales de la Société.) — M. Diiponchel fait observer que le fait de l'engourdis- sement de la Pyrale de la vigtie, au uiilieu de l'été, n'est pas particulier à cette seule espèce; car il a nmarqué que ce fait existait aussi dans ini grand nombre d'autres Lépido- ptères, entre autres dans plusieurs Diurnes, tels que l'yir- gynnis Euphrosyne , etc. Il est (lilficilc, ajoute M. Dupon- chel , de donner la raison physiologique de cet engourdis- sement; mais il y a lieu de croire que le véritable motif est une réserve prudente (pie se fait la nature, qui semble suppléer d'avance au cas où réch>sion viendrait h manquer. Ce fait rentrerait par conséquent dans la catégorie de cer- taines Chrysalides, dont une partie n'( clôt qu'au bout de deux ou trois ans. — AL Rambur fait remarquer à son tour que, dans pres- (pie tout I3 genre Zygana , dont les espèces éclosent pen- dant l'été, les petites Chenilles sorties' des œufs pondus presque inuuédiatement restent engourdies sans prendre de nourriture. Souxenl, dil-il, les grandes chdours de l'été produisent le même effet que l'hiver pour certains animaux. Par exemple, dans J*^ midi, plusieurs Salaman- dres s'engourdissent au milieu de la terre sèche, d où elles ne sortent qu'à l'époque des pluies. M. Serville donne des nouvelles de M. Gay, voyageur au Chili. Voici la lettre qu'il a reçue h ce sujet de M. Solier, de Marseille. Lxn ANNALES « J'ai reçu il y a quelque temps, écrit notre collègue, des » nouvelles de ]M. G a y. Sa dernière lettre est datée de Co- » quinibo. Il jiaraît très-salisl'ail de ses récolles dans les pro ■ » vinces de Valdivia et de r4hilr.ë, et sa collection d'insectes » paraît très-intéressante, surtout en Coléoptères. Il visi- » tait , lorsqu'il m'a écrit, les provinces de Coquimbo , » Iluasco etCopiopo, où jusqu'alors ses récoltes étaient • assez heureuses, mais moins abondantes que dans les » provinces méridionales. Les Mélasomes sont à peu près » les seuls Coléoptères que présente l'aridité de ces con- » trées. On y trouve quelques Carabiques et Longicornes, D mais en petit nombre. Les Diptères et les Hyménoptères, s mais surtout ces derniers, sont beaucoup plus nombreux. » Le gouvernement chilien favorise toujours de plus en plus » les recherches de ce voyageur. » Lecture. — Notice sur quatre espèces de Lépidoptères nouveaux de la Syrie, j)ar M. Bugnon, de Lausanne. Membre reçu. — -M. Carré, ancien major du génie, pro- posé par M. Pierret. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxui NOUVELLES SCIENTIFIQUES ET AVIS DIVERS. Lépidoptère hermaphrodite. — M. Wesmael a pré- senté à l'AcadéiDie des Sciences de Bruxelles, dans la séance du \l\ janvier 1857, une notice sur un Lépidop- tère gynandromorphe, c'est-à-dire qui tient à hi fois des caraclères du mâle et de la fenielle. L'insecte observé est un Argynnc pophia, vulj^airement Papillon tabac d'Espagne, dont les caraclères lui ont offert ceux du mâle et ceux de la variété femelle décrite par quelques auteurs sous le nom de Faialsun. Des cas de monstruosité analogue ont été signalés bien des fois sur des Lépidoptères ; mais cela ne doit pas empêcher d'enregistrer les cas nouveaux , car ce n'est que sur la masse des faits comme sur leurs consé- quences , habilement déduites, que doivent s'appuyer les théories , pour avoir quelque chance de stabilité. C'est pourquoi nous allons suivre l'auteur dans la revue qu'il fait des trois régions principales du corps de l'insecte observé , tète, thorax et abdomen , ainsi que de leurs appendices. \° De la tête. Les palpes et les antennes n'offrant pas , chez VArgynne paphla, de difi'érences sexuelles apprécia- bles, il ne faut pas s'attendre à en trouver ici : aussi ces organes sont - ils parfaitement symétriques quant h la forme et à la coloration. Il n'en est pas de même des yeux, dont le droit est un peu plus grand que le gauche : or, les LxiT ANNALES youx des uiàlcs occupent une plus grande étendue que ceux des Icuielles , dans celte espèce. 2° Du thorax, (considéré dans son ensemble, le thorax paraît être syinétri({ue ; mais les poils qui le couvrent sont d'un jaune plus vcrdûlre diins la moitié de gauche que dans celle de droite. A la preinière paire de pattes ( celles qui ne servent pas ou ne servent qu'imparfaitement h la lo- comotion ) , la patte droite est conformée comme chez -les mâles ; la palte gauche comme chez les femelles (i). Les quatre pailes postérieures n'ollrent pas de difierenccs sen- sibles de conformalion. Laiie antérieure droite est généra- lement colorée camme chez le mâle , mais elle a , contre le bord postérieiu', une rangée de taches noires aussi forte- meiit marquées (jue chez la femelle. L'aile antérieure gau- che oflVe x\u mélange delà coloration du mâle et de celle de la variélé femelle du Valaisien. L'aile postérieure droite est celle d'un mâle quant h la disj)Osilion des taches, mais celles-ci sont un peu plus grandes et sur un fond d'un testacé plus sombre. L'aile postérieure gauche est absolument co- lorée comme chez le Valaisien. 3" De Cabdomen. La diflerence de coloration partage nettement le dos de l'abdomen en deux moitiés latérales ; celle de droite est colorée comme chez V Arg. paplila, mâle; celles de gauche, comn)e chez la variété femelle du Valai- sien. L'extrémité de droite est armée des pièces copula- trices mâles et d'un faisceau de poils; ces pièces et ce (i) Les pattes de devant, chez les mâles de V Argynnc pnphia, sont plus courtes, plus velues, et ont les articles des tarses |)«;u distincts, exepté le dernier qui est légèrement brunâtre; tandis que chez, les l'emclie», ces pattes sont notablement plus longues, ont moins de poils, et ont des tarses com- posés de cinq articles distincts. garniscliacun eu dessous d'une p;iirc de pe- tites épines brunes, et dont les quatre derniers articles ont une teinte bru- nâtre en dessous. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. . Lxr faisceau manquent complètement de l'autre côté. Quant au pénis, l'auteur ne sait s'il existe, mais il n'a pu l'aper- cevoir. « En résumé, dit 1\I. Wesrancl, si on excepte l'aile anté- rieure gciuche , qui olTre un mélange des couleurs des deux sexes, le resle du corps et de ses appendices retrace assez fidèlement dans chaque moilié lalérale les caractères d'un sexe différent, ceux du mâle h droite, ceux de sa femelle h gauche. Ce cas de gynandroniorphisme a donc la plus grande analogie avec celui mentionné par Oclisenheimer, qui est relatif également h ud yJrg. papliia mâle à droite, et femelle h gaucho. Hiihner a aussi représenté une mon- struosité de V Arg- paphla qs i , par la forme do son abdo- men, semble être du sexe femelle : toute la moitié droite du corps et les deux ailes du même côté sont colorées couimechez le Valaisicii, tandis que les deux ailes de gauche et la moitié gauche du corps ont ia color;ilion du paphia mâle. Voilà donc trois cas de gynandromorphisme dans la mênje espèce : dans les deux premiers, la moilié droite est n)âle tant sous le rapport des formes qno de la coloration; dans le trois^ième cas, la Uîoitié droite est femelle, et la gauche est n^àle, mais par coloration seulement. » JM. Buriieislcr ^ dans son Manuel d' EnLomoiog'ic , se demande quel est, en règle gén-'rale, (;ans les cas de gy- nandromorphisme, le côlé mâle, io droit ou le ganchc, et pour(juoi tel (oti'î est plutôt màlc que tel aulro. In relevé fait par lui des cas de celte monstruosité mentionnée jus- qu'aujourd'hui , donne poi:r résultat : i" vingt-trois cas de gynandromorphisme complet, dont quatorze- mâles h droite et femelles à gauche, et neuf femelles h droite et mâles h gauche; '2° onze cas de gynandromorphisme incom- plet, dont six avec prédominance du sexe femelle, et cinq avec prédominance du sexe mâle; le sexe prédominant oc- lAvi . ANNALES cupant ordinairement le côté droit. Ces résultats, dans Tune on l'aulre catégorie, paraissent à M. Biirmcisler en harnjonic avec la plasticité prédominante et la vigueur du côté droit chez les animaux. Or, il est h remarquer que le ca% degynandromorphisme représenté par Ilnbner, et que je viens de décrire, vient parfaitement l\ l'appui de celte conclusion; le premier s'olTrant avec coloration fe- melle h droite et prédominance du sexe femelle; le second étant mâle h droite et femelle h gauche. » L'insecte qui est l'objet de celte notice fait partie de la collection de l'auteur, et a été pris par lui auprès de Bruxel- les. {Extrait du journal de C Itistitut.) Nouvelle clnssificalion des Myriapodes. — M. Brandi a présenté à l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg une nouvelle classification des Myriapodes. Elle repose sur la différence qui se trouve entre les organes de la mandu- cation de ces articulés, depuis l'introduction parmi eux d'un nouveau genre que l'auteur avait fait précédemment connaître sous le nom de Polyzonium. D'après des obser- vations récentes, M. Brandi a reconnu que les Polyzonies ne peuvent point prendre de substances dures , parce qu'ils manquent d'organes propres h triturer les aliments, et qu'ils «e nourrissent de substances liquides qu'ils avalent par succion. En conséquence, M. Brandt propose de changer la disposition des Myri.ipodes , telle que Latreille l'a pré sontée dans ses ouvrages et qu'il avait déjà modifiée. Les Polyzonies lui paraissent devoir former un ordre h part dans la classe des Myriapodes, qu'il divise de la manière suivante ; \" ordre , Myriapodes broyeurs ou Gnatho^ènes , renfer- mant les Chilopodes et les Chilognathes de Latreille. II* ordre , Myriapodes suceurs ou à syphon , qui se com- posent des genre Polyzonium , Syolionotiis et Syphonophora. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOtilQï E. lxiv! Ce que ce travail offre de curieux, c'est que chacun de ces genres ne renferme qu'une seule eepèce, dont la Iroi- sit'^me s'éloigne des deux autres par l'absence des yeux. (Voir les Mémoires de l'Académie des Sciences de Saint- Pétersbourg, et les Archives de Zoologie de M. Wiegmnnn.) Phos/hcrcscence du Fulgore porle-lanlcrnr. — M. Wes- mael a communiqué a l'Académie des Sciences de Bruxel- les, dans la séance du 8 avril iSSy, une observation ten- dant à réfuter ce qui a élé dit et écrit récemment , que le Fulgore portr-lanterne n'est pas phosphorescent. Depuis les ouvrages de mademoiselie de Mérian , on ad- mettait généralement que cet insecte, l'un des plus beaux do l'Amérique méridionale , a la faculté de répandre dans les ténèbres une lumière phosphorescente parle prolonge- ment antérieur de la tète. IMais ce fait a élé contesté der- nièrement. On lit en effet dans la Revue entomoLogique de Silbermann (loni. i , pag. 222) : « M. le comte de Hoffman- segg, s'appuyanl des communications de Sicber, a le pre- mier attaqué l'assertion de mademoiselle de Mérian et a avancé qu'elle était sans fondement. Le prince de Nenwied a enstiile confirmé ce démenti en déclarant qu'il n'avait ja- mais remarqué la moindre lueur sur le Fulgore du Brésil, qui n'est pas du tont rare dans ce pays. » En opposition h des dénégations aussi fausses, ]\I. Wes- mael fait connaître une observation toute contraire, qui a élé faite par un naturalisîe belge, ^. Lindrn, récemment revenu du Brésil. Ce voyageur lui a assuré avoir pris un Fulgore pendant une nuit obscure, et ne l'avoir aperçu qu'à cause de la vive lueur qu'il répandait. (:. '.;T'>;r-..! ixviii ANNALES « La rnulll|)licalion excessive du Scolytc destructeur aynnt fait aballre une grande quantité d'ormes aux parcs et aux boulovarts de Bruxelles , au prinlenipsde l'année dernière, je pus exauiiner de nombreux iragments d'écorces sillonnés par les larves de ers insectes. Je trouvai en abondance dans ces silloné de petites coques brunes, longues de deux lignes et demie à trois lignes , appartenant évidemment h un Hy- ménoptère pupivore. Eflectivement , environ six semaines après, il sortit de ces coques des mâles et des femelles du Bracon inltudor, Fabr. Il résulte de cette observation que ceBracon dépose ses onifs dans !e corps des larves de Sco- lytes, et nous rend, en les faisant périr, un important ser- vice. Chargées de cette difficile opération , les femelles ont l'abdomen terminé par une tarière ou oviducte aussi long que le corps entier. Vers la fin de l'été dernier, j'eus occa- sion d'observer plusieurs de ces femelles parcourant lente- ment les troncs des vieux ormes. Quoique séparés des larves des Scolyles pai- toute l'épaisseur de l'écorce, ces Bracons savent, avec un instinct admirable , deviner au juste la place où elles sti trouvent; profitant de quelque étroite fissure, ils y iulroduiscnl kuir longue tarière flexible en tous sens, et déposent un œuf dans le corps do leurs victimes. » [Idun.) Crustacèx fossttcs. — M. Milne lùhvards a présenté à la Société Pliilouiathiquc, dans sa séance du 8 juillet iSSy, des observations sur ([uelqnes Crustacés fossiles , qui appar^ tiennent à la division des Décapodes anomoures, et parais- sent devoir pr -ndre place dans ia tribu des Dromiciis. L'un de ces Crustacés provient du terrain tertiair»"^, de l'île de Sheppy et se rapproche des Dromies par la fbrms générale de la carauace, par la disposition do ses régions, par l'existence d'ini siliou îrausversal qui divise eu deux moitiés chacune des régions branchiales, par la confor- mation du iront ; les pattes postérieures paraissent être DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIJE. i.xix aussi petites et relevées au-dessus des autres, coiiiinc chez les Dronnies; mais il diffère de ces animaux par d'autres caractères qui le rapprochent des llomoles , et il paraît de- voir constituer un Foyai;!'. de M , Bcskc à Mozamhiqiie. — M. Sommer a transmis à M. Bmllc les détails suivants sur M. Bcskc, au- quel les collections d'insectes de l'Europe sont déjh rede- vables d'un»> foule de beaux insectes du Brésil. L'ex])édilion de M. Beske à Mozambique n'a pas en de résultats salisfaisanls , et la recolle d'insecles que cet En- lomoloji;isle y a faite a été si faible que je n'ai reçu aucun f'nvoi pour satisfaire aux demandes de tous ses amis. Il a éprouvé h son arrivée h Mozambique et à San-Jo- hauna une maladie causée par le climat, ce qui le mit hors d'état de poursuivre ses recherches. Apr^s nn séjour de phisieurs mois, il s'est embarqué très-faible et languis- sanl pour le Brésil, où il arriva après une traversée de ST) jours; rétabli au bout de quelques mois , il est parti dans Tinlérieur du pays, d'où j'attends de ses nouvelles, Voyage de M. de Castelnaadans l'yimèri(jae du Nord. — M. deCastelnnu, qui a quille la France vers la fin d'août dernier et qui vient d'entreprendre un voyage de recherches et d'explorations scientifiques dans l'Amérique du Nord, est arrivé à New-l^ork après une heureuse traversée, et peu de temps après il s'est mis en roule pour Philadelphie, Balti- more et Washington. En quittant cette dernière station , il s'est rendu à Richmond, capitale de laVirginie , et bientôt après il s'est remis en chemin pour aller à Charlesto'svn , capitale de la Caroline; mais au lieu de s'embarquer h Norfolk, comme on le fait ordinairement faute de chemins pratiqués entre les deux capitales , il a gagné Pétersbourg, auquel un chemin do fer conduit en c[uelques heures, et de Ih il s'est dirigé vers Charleslovvn , en ligne droite, h travers les marais el les bois qui couvrent le pays. Cette dernière excursion dura environ quinze jours- De là M. do xxMi ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Castelnau se propose de se rendre en Floride ,en traversant par terre toute la Caroline i la latitude de Charleslown. par terre toute la Caroline du sud et la Géorgie, clen suivant Ouvrages nouveaux sur CEniomologie. Il a paru chez M. Arlus Bertrand, rue llauleleuille, n° 25, la première li- vraison de la Faune enlomologique de l'Andalousie , par ?»I. P. Rambur, ouvrage composé de lo livraisons et de 5o planches. Prix de cette première livraison, 6 fr. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGiQUE. lxxih BÎJLLETLr^ ENTOi^IOLOSIOlJE. A^'XÉE 18^^7. — If TÎIIMESTRE. SKANCtS DE hk SOCl/iTÏ- ENTOMOI.OGÎQ\JE DK l'RVN'CE. [Sàmce du 4 octobre iSiy.) Prcsldcnce de M. Audociw. Ouvrages offerts. — Mémoire stir quelques inscclcs nui- sibles à ragr'cultnre ; par M. Passerini (en italien). Bulletin de la Société Impériale des Naturalistes de Mos- cou, n" 3. Correspondance. — Lettre de M. Passerini , qui présente à la Société un nouveau membre, M. Ferdinando Luciani. Lettre de M. de Sélys Longchamps , au sujet d'un Mé- moire sur les Lîbellulines , imprimé dans le deuxième nu- méro des Annales. Monsieur, Je viens de recevoir le dernier numéro de nos AnnaVs , et j'y trouve un travail intéressant de M. de Fonscolombe, sur les Libellules. J'aurais plus d'une ohsci valion a l'aire sur ce travail ; mais j(; ut- liorue- VI. 1. ixxiv ANNALES );ii aujoiiiiriiiii à vdiis prier de ne pas perdre de vue le (catalogue de nus Jjibcllidiiifs ijiie j'ai publié, el où se tr(juvenl les desrriplions de» «Icux espèces nciuvcHes : OEsItnn [Pelalura) Flavipcs et Àgrion Auranfiaciis, afin que si M. de Fonseoloiiihe étend son travail aux genres Œslina et Agriori, la Commission de juiblicalion ne lasse pas Hgun-r comme nouvelles ces deux espèces, dont j'ai déjà adressé la description et les /imrres à la Société En- tonrologique, en février i8ô6. A co sujet, M. RaiTibiir signale une erreur quia écha})pc h l'iuileur du Mémoire au sujet de la nomenclature de cer- taines pi^ces de la Louclie : a Dans le travail estimable que JM. de Fonsco!onil)e a publié dans le deuxième trimeslrc du tome 6 de nos Annales , sur les Libellulines des environs d'Aix, cet enlomologisle, en donnant les détails de la bouche de ces insectes, a commis une erreur grave dans la désigna- tion des difl'érenles pièces qui la composent. Il est facile de s'en convaincre en lisant les dénominations appliquées aux mêmes organes par Lalreille, dans la partie enlomolo.'dquo un Règne animal de Cuvier; et SLirtout en consultant un Mémoire publié par M. Brnllé, dans le lom. 2,pag. 543 de ces mêmes Annales, où il figure très-bien les parties de la bouche des Libellulines, à l'état de larve et à l'état parlait. M. de FoDscolouihe représente, pi. 5, fig. e, une partie de la bouche de ces itisectes qu'il nomme menton, et qui n'est autre chose que la lèvre inférieure, dont les deux grands lobes latéraux ont été considérés, peut-être avec raison, par M. Brnllé, conimeles analogues des palpes labiaux, opinion (jui semble se confirmer par la forme de ces mêmes parties dans les /i prions. De même la pièce représentée même planche, fig. d, et qui est appelée lèvre inférieure, est une parlic !crt difïVrente, mais qui, n'étant pas bien sensible dans !c plus grand iiou)iu-c d< : insectes, n'a i);;s encore leeu de dénomination jîrécise , quoiqu'elle ait été mentionnée par l^alreilhN i'V\ orirane, qui est silué au uiilieu el Jiu fond de î)!-: i.A socnVn':: li.Nro.viOLOGioiJK. i.xw ];i bouche, acquierl un <;rand dévoloppemcnt chez cerUiiuN Oiihoplèrcs , tels que les Cryllus el Locusta de Fabricius , chez lesquels il j)ri'senle la forme d'un caroncule charnu , cl paraît remplir, chez ces insectes, les fonctions d'une langue. Ainsi ce que M. de Fonsrolombc ap]tcl!c menton , esl bien la lèvre inférieure, el ce qu'il ligure puar ceiie-ci est une partie « qu'on pour rait appeler glotte ou langue » . Letlr3 de M. Barthélémy au sujet du Procrustes Dapon- cidiu dont il a envoyé récemnienl la description ci la figure, et qu'un des Membres de la Société avait cru devoir rap- porter au genre Carabe. M. Iîarni:''!emy pense, par l'examen des caractères de ! insecte, que c'est véritablement un Pro- cruste. M. Brullé aj)puie les observations deJM. Barthélémy, qui a envoyé un individu de ce rrocruslc an Muséum d'Iîis- loirc ui, tu relie. Lettre de M. Pecchioîi, renfermant la descriplion el !a figure de deux Cokioptères nouveaux anj)arlenant auxt;enres /Jj}ototviis cl Anthaxia, (pii ont été trouvés en Italie. Lettre de M. PaccardùM. Audouin, au sujet des habitudes de- certains Lépidoptères nocturnes : \ oiis m'avez dit. Monsieur, lorsque j'ai été tionoré de votre visite, que tout ce qui a rajjport aux uiœun* des Léiùdoplères, et que l'on pourrait ap- pujersur des preuves, serait utile aux travaux de, la Société Enlomolo- gicjue de France. Dans ce but, j'ai l'honneur de vous adresser quelques do- cuments sur un fait assez remarquable. Us sont précis : une expérience de plusieurs années les a confirmés complètement. Dans mes courses noc- turnes, j'avais remarqué que cerlains arbres étaient couverts chaque an- née de Noctuelles, tandis que d'aulri's, situés dans la même localité, n'é- taient pas même visités paï ces inscoles. J'ai dû naturellement en recher- cher la caus(;, je croisl'avoir trouvée, el je m'empresse, dans l'intérêt de la science et des explorations, de la signaler aux entomologistes. L'arbre que les Noctuelles affectii^nnenl, celui sur lequel on lus voit arriver à t're d'ai- les pour s'y poser, en lécher les branches et les feuilhîs , y passer la nuit, et se laisser piquer, pour ainsi dire, par le chasseur, est celui sur lequel ha- bite le Puceron [Apliis). Clmcun connaît la prédilection de la fourmi pour cet insecte, qui lui i'oinnit le miel dont elle nourrit ses petit«. Un célèbre î.xxv'i ANNALES naruralls?e a dt^crit ses moeurs. Je n'ai pas remarqué que les Lépidoptères lussent aussi adroits que la fourmi qui enlève la goulte'.elte de miel appen- (lue aux cornes du Puceron ; mais je les ai vus sucer avec avidité les bran- che.* et les feuilles où cet insecte a séjourné, et que son miel a imprégnées de ses sucs. Pour m'assnrer que là était la cause et l'eUet de l'attraction des Noctuelles, j'ai attaché une branche de saule couverte de Pucerons à irae autre branche d'un saule qui en était dépourvu et sur l. Flava'^o. DE LA SOCIÉTÉ fiMOMOLOGlQlji:. lwmu M. lîoisdavalsc propose d'apporter des individus du[^. Fia-^ vago, afin que la Sociôlé puisse arrêter son opinion h cet égard. [Séance du 20 décembre iSSy.) Présidence de M. Addooih. Ouvrages offerts. — Systcma Insectorum; par !\1. Cisli , 1" livr. , in-8% avec une planche. Enamcrafio insectorum agrl monacensis; par le même. Sur un insecte formant une nouvelle famille, une nou- velle section et un nouveau genre de Coléoptères ( Meio- clastiis); par le même. — M. Brullé fait observer que cet in- secte semble être le même que celui publié par M. Desma- rest , il y a plusieurs années, sous le nom de ilypocephaius. Correspondance. — Lettre de M. Gistl accompagnant l'en- voi de la 5" livr. , d'un Systetna insectorum qu'il adresse à la Société. Dans cette lettre, M. Gistl annonce son prochain départ pour l'Orient avec M. le baron de îlallberg. Communications. — M. Boisdnval présente à la Société un nouveau modèle de l'iustrimicnt qu'il appelle nécrcnfome, et qui est remarquable par ses dimensions et par quelques perfectionnements qu'il y a apportés. «Il n'y a pas, dit M. Boisduval, de plus grand fléau pour les collections d'histoire naturelle (jue les insectes ron- geurs; aussi les naturalistes, et les entomologistes en parti- culier, ont-ils inventé mille procédés plus ou moins eflicaces pour s'en préserver ou pour les détruire. Le plus simple et le meilleur est sans contredit d'avoir des b(»îtes closes herméti- quement et d'y laircdes visites fréquentes ;mais malgré ces précautions, il arrive tous les jours que des parasites destruc- teurs pénètrent dans Icsboîlcslesmieux fermées, soit qu'ils s"y ixxxit ANNALES introduisent à l'état de larves, soit que quelque espèce nou- velicment classée recèle des œufs de ces animaux. Pour se mettre à l'abri de leurs ravages, sans s'aslreindre h. des in- spections trop {Véquentes.quelquî'S collecteurs emploient le savon arsenical deBecœur, délayé avec un peu d'eau et appli- qué avec précaulion sous la poitrine et l'abdomen des insectes. Ce moyen est certaincnienl très-bon comme préservatif; mais i! a l'inconvénifut grave d'empâter tout le dessous des in- sectes et de masquer une partie des caractères qu'il est es- sentiel de conserver; outre cela il gâte complètement les Lépidoptères, dont on ne peut plus distinguer les pattes, et les dispose a lourner au gros. C'est ce qui a engagé d'au- tres naturalistes à remplacer le savon arsenical par une lé- gère solution alcoolique de deutochlorure de mercure (su- blimé corrosif) dont on imbibe avec un petit pinceau le des- sous des insectes. Il est inutile de dire que ce préservatif a des inconvénients plus grands que le premier : tous ceux qui ont eu l'imprudence de l'employer ont vu leurs insectes se recouvrir, au bout de quelque temps , d'ime efflores- cence de sublimé, et les épingles se détruire promptement par l'oxidation. Eu Allemagne , plusieurs entomologistes croient mettre leurs collections h l'abri des insectes rongeurs en laissant rouler dans leurs boîtes quelques globules de mercure. Ils prétendent que la quantité infiniment petite de ce métal, qui sevapori^;e h la température ordinaire, est sulfisante pour détruire toute espèce de mites. D'autres em- ploient, dans le même but, tant en Franco qu'en Allemagne et en Angleterre, quelques gouttes d'essences fortes et pé- nétrantes, telles que celles de seri)olet, de thym, de téré- benthine, ou bien de l'huile de pétrole, de cajeput, etc. , ou enfin quebjues morceaux de camphre fixés avec des épin- gles dans le fond des boîtes ou enveloppés dans un petit sa- chet de gaz. DE LA SOCIiiTÉ ENTOMOLOGIQUE. i.xxxv Nous avons essayé successivement tous ces procédés, et aucun, nous devons l'avouer, n'a répondu à notre allenle d'une manière salisfaisante. En conséquence noi's avons re- noncé h tout moyen préservatif, autre que des boîtes bien fermées que nciis exposons nne fois chaque année à une tem- pérature de 100", alin de détruire les insectes parasites qui pourraient y avoir pénétré. En 1827, nous avons inventé pour cette opération une espèce de marmite appelée nécren- tonic, dont l'usa^ije est adopté aujourd'hui par tous les en- tomolo"istes de Paris. CeJ instrument , dont nous donnons- ici la figure et la description, est fort simple et peut être comparé au bain-maric d'un alambic ; A est le corps du nécrenlome : il se compost* de doux vases en iVr-bhmc ou autre mélaî, exactement de même forme, de manière h ce que l'un puisse entrer dans l'antre en laissant un ponce de dislance tout aulonr, et deux pouces dans le fond. Ces deux vases doivent être soudés très -exactement et à de- meure au point aa ; B est le couvercle : il doit être ovale I.XXXTI ANNALES pour i'ermer le plus liAruiéliquemenl; possible; F est une poignée qui sert h l'enlever pour Touvrir ou la fermer; £E sont les deux poignées qui servent à prendre le nécren- tome; C. est un trou en forme d'entonnoir par lequel on introduit l'eau, et que l'on ferme avec un bouchon de liège lorsque l'appareil est eu activité; D est un tu\au coudé par lequel la vapeur s'échappe pendant l'opération. Lorsque l'on veut faire usage de cet instrument, on introduit de l'eau par le point C, de manière à ce que l'intervalle entre les deux fonds soit à peu près remj)li. On bouche le trou et on place l'appareil sur un fourneau pour que l'eau soit con- stamment en ébullition. On enlève le couvercle B pour pla- cer les objets que l'on veut désinfecter; on referme l'ap- pareil, et au bout d'un quart d'heure on relire les boîtes. Ce temps est sufTisant pour détruire tous ies insectes ainsi que leurs œufs. La chaleur qu'éprouvent les objets soumis au nécreatome est environ de loo", température de l'eau bouillante. Si l'on veut , on peut l'élever h un plus haut degré, en augmentant la densité de l'eau par l'addition de sel commun. Il faut avoir soin de remettre de temps en temps un peu d'eau pour que l'appareil ne soit jamais h sec; sans celte précaution on s'exposerait à le dessouder et h brûler les insectes que l'on veut désinfecter. Le nécrentome n'est i)as seulement indispensable pour purifier les collections d'insectes : il sert encore pour les herbiers , les collections de champignons , les oi- seaux et autres animaux attaqués parles vers, les pellete- ries, (>tc, (i). Lcilures. — M. Serville préjcnte, de la [larl de M. Solier, (i) jM. Guillcmin, rue Saiat-Jacques, n" i34, f( rblanlier du Collège tic France, se charge do la conslnicliou ries îiécrontomes de toute gran- deurs, lanl en cuivre qu'en fei-blauc. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQIJK. lxxvmi im Mémoire faisant suite aux Collaplérides phani'roglosscs, et renfermant la tribu des Tagcnitcs. M. Scrville dépose ce Mémoire sur le bureau, après eu avoir lu un extrait à la Société. M. Duponchel lit, de la part de M. Donzel, la description de cinq espèces de ÎSocluélilos et de deux Phalénites, dé- couvertes dans le déparlement des Basses-Alpes, en 1807, par M. Donzel. LxxxMu ANNALES NOUVELLES DIVERSES. — M. Klug a présenté a ï Académie royale des Sciences de Berlin, dans la séance du 3 avril, la descripliou de deux genres nouveaux de Coléoptères de Madagascar. L'un de ces genres se rapproche du Pùtodactyla , De]. ; car 11 n'a de même en apparence que quatre articles aux tarses; mais ses affinités avec les genres de la série des Pentamères ce permettent pas de l'en éloigner. Il difï'ère d'ailleurs du Pli- lodaclyla par ses ongles simples et par un article en forme de hache qui termine les palpes labiaux. M. Klug propose de nommer ce genre Colobodera (de xoÀoSôf et^sorî), par allu- sion au raccourcissement du bouclier, qui est fort élargi à l'extrémité postérieure. II distingue cinq espèces de ce genre : \. C. ovata : Thorace confertim punctalo, subde- pressa , nigra; elylris alutaccis , dense punctalis, obsolète striatis, testaceis, basi nigris)» . — 2. C. elongala : « ïhorace snblilissime dense punctato; elongata, nigra; elytris dense punctulatis, subslriatis; pedibus testaceis. » — ô. C. viu- cronata : « Thorace subtilissiaii con ertim pimctato; elon- gata, nigra; elytris subaiutaceis, confertim punctatis,apice mucî'onalis; pedibus testaceis. » — 4* ^* nitida :« Thorace vage et subtilissitue punctato, lateribus dcpresso;eiongata, nigra; elylris confertim punctatis; pedibus testaceis. » — 5. C.slridta : a Thorace confertim pimclalo; elongata, nigra ; elytris punctalis, punctalo striatis; pedibus testaceis. » DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxmx L'autre genre, Vf;isin des jEgialia et de Aphodius, cl <|ni rappelle surtout les petites espèces noires , h élytres striées de ce dernier genre, ne montre pas moins de ros~ semblance, au premier coup-d'œil, avec le genre O^xfirwm, qui est cependant placé fort loin de là dans le système ; en elFet, il présente également des jambes antérieures et des tarses élargis, une tête large et déprimée, un bouclier voûté à son milieu , et rectangulaire à sa partie postérieure. M. Klug a surtout remarqué une rainure située le long de la face intérieure des jambes antérieures, et servant, lorsque la tête et les pattes sont rétractées , à loger le dernier ar- ticle des palpes maxillaires, lequel est allongé; c'est à cause de cette structure que IM. Klug a donné au genre le nom à' Aulonocnemis ( de «Owv et de vMnyài). 11 a également si- gnalé l'élargissement des mandibules en une membrane in- térieure bordée de cils. Deux espèces forment ce genre : 1 . A. opatrina : « Nigra ; capite thoraceque confcrtim punc- talis; elytris striatis; slriis punctis Iransversis crebre inlo- ruptis, interstitiis planis , seriatim punctatis. » — 2 y/, exa- rata :« Nigra; capite thoraceque impresso-punctatis; ely- tris obsolète snlcatis, sulcis punctatis, interstitiis elcvalis, subcostatis, » [Journal C Institut.) Métamorphoses des Diptères. — M. Wesmael a présenté h l'Académie des Sciences de Bruxelles , dans sa séance du 1" juillet, une notice sur les métamorphoses de plusieurs larves du Xylophagu marginatus , Me'v^. , qu'il avait re- cueillies au printemps de cette année entre les feuilles du li- ber d'un peuplier. Comme on ne possède que peu ou point de notions sur les transformations desDi])lères de ce genre, nous allons rapporter les détails que l'auleur fait connaître. Le peu d'importance que j'avais d'abord attaché à ces larves, dit-il, et l'oubli dans lequel je les avris laissées, sont VI. h xc A FINALES cause qu'elles ont passé à l'étal de nymphe, sans que j'aie songé h les décrire sous leur première forme. Je crois néan- moins en avoir conservé un souvenir assoz exact, pour dire qu'elles dilî'èrent bieu peu pour l'extérieur des nymphes, si toutefois elles en difl'èrenl. Ces dernières ont le corps lon^ de quatre lig;nes, sur une ligne de large, brun, un peu plus large qu'épais, convexe au-dessus, et en dessous, insensi- blement aminci sur les côtés, composé de douze anneaux. Le premier est formé par la tète , qui est écailleusc et une fois plus étroite an moins que le second anneau. Celui-ci porte d,e chaque côté un stigmate. Les deux anneaux sui- vants sont successivement un peu plus larges que le se- cond. A partir du cinquième, les anneaux conservent tous la même largeur jusqu'au douzième ou dernier. Celui-ci offre à son extrémité mie fente transversale dans laquelle viennent déboucher deux stigmates, un de chaque côté. La tête, le disque du second anneau, et le disque dorsal du troisième sont lisses; le reste de la surface du corps est finement chagriné. Le sixième segment et les suivants ont en outre, tant sur le dos qu'au ventre, une rangée trans- versale de petits tubercules, le long du bord antérieur. Sur le dernier segment , quelques-uns de ces tubercules sont notablement plus gros; en dessous de ce même segm^^nt, se trouve une fenle médiane longitudinale, et immédiate- ment au devant d'elle une rangée transversale de petites épines mousses, assez irrégulières. Ce que je viens de décrire n'est en quelque sorte rpi'une peau servant de coque à la véritable nymphe. Celle ci n'a pas les membres libres, mais elle est recouverte d'une en- veloppe générale, très - mince , diaphane, sur laquelle sont empreints les traits qui indiquent déjà la forme de l'insecte parfait. Lorsque le moment est venu pour celui-ci de se dcbarrass<'r de ses langes, il fend sur le dos, à partir DE LA SOCIKTI-: EÎSTOMOLOGIQl E. xci du troisième anneau, trois ou quatre anneaux de son enve- loppe prolectrice extérieure , et entraîne souvent en partie au dehors son enveloppe iaimédiato. Celle-ci n'offre rien de particulier, si ce n'est tnic rangée de cils nombreux diri- gés en arrière, et placés le long du bord postérieur de chaque segment abdominal, h la face dorsale scnlemen!. Ainsi , la nymj)he du XyLophagas viarginatus participe tout h la fois de la nature des nymphes nommées Pupcè coarclalœ, comme celle des Stratiomes et des nymphes nom- mées Pwpte larvaiœ, telles que celles des Diptères, des Tipu- laires et des Lépidoptères : comme cliez les Stratiomes, la larve se métamorphose sans sa propre peau ; comme chez les Tipulaires, la nymphe est emmaillotée. [Ibid.) Diffonnilê des Lépidoptères. — M. Wesmaè! a In ^i la même Académie, dans la séance dn 7 août, une note sur le cas de difformité suivant qu'il a observé chez un individu femelle de la nymphale du peuplier. Celte nymphale est arrivée h l'élat parfait en conservant sa tête de chenille. Du reste, le thorax, les ailes, l'abdomen el les pattes sont complètement développés et colorés comme. de coutume. Pendant sa vie, l'insecte tournait crite sin"u- lière tête de droite et de gauche, et, par momenls, a"-ilail avec vivacité les patles de devant, comme ])our la repous- ser et s'en débarrasser. Désirant ra'assurer de l'éîal de l'intérieur de la tète ajoute M. Wesmaël, autant que cela était possible, sans la raellre complètement en pièces, j'enlevai un fragment de l'enveloppe e'xtérieure du côté gauche; je trouvai au-des- sous une seconde enve!oj)pe beaucoup plus mince que la première, et dont je ne pus d'abord apprécier la destination; je la perçai, à son tour, et je découvris sous elle Iccil très- bien formé d'un Lépidoptère. La surface de la région voisine xcii .\NNALES clait couverte de poils écailloux , comme elle l'est ordinai- rement chez CCS insectes. Dès lors il devenait évident pour moi que la seconde enveloppe ccphalique était celle de la nymphe, et que la dilTormité de notre nymphale provenait : i" de ce que, h l'époque du passage de l'état de larve à l'état de nymphe, elle n'avait pu rejeter la peau de sa tête ; 2° do ce que, à l'époque du passage de l'état de nymphe à l'état parfait, elle était rcslée coift'ée de sa peau de nymphe «t de larve tout h la fois. L'enveloppe céphalique de la chenille est donc restée constamment extérieure. Sous la tête de la chenille, et immédiatement au-dessus de l'enveloppe de la nymphe, se trouvait à gauche une an- tenne repliée plusieurs fois sur elle-même , sans renflement distinct vers l'extrémité, et enfermée dans une gaîne mem- hraneuse très-mince, en grande partie diaphane et striée de hrun en travers. Il est probable que l'antenne droite est semblablement disposée. Le palpe gauche est rejeté hori- zontalement en arrière, sans être engagé sous les enveloppes de la tête, de sorte qu'il a pu atteindre li peu près la forme et les dimensions ordinaires. Le palpe droit semble avoir été cassé, car on voit distinctement la place de son insertion. D'après ce qui précède , l'absence de la faculté de voir était évidente chez noire nymphale : 1° elle ne pouvait voir comme voyait la larve, puisque, depuis long-temps, l'enve- loppe de la nymphe s'était interposée entre le cerveau et la ])eau de la larve, et avait ainsi causé l'oblitération des filets nerveux qui se rendaient primitivement aux ocelles; 2° notre nymphale ne pouvait voir avec ses yeux h facettes, puis- qii'ils étaient recouverts par la peau de leur bymphe et de la larve tout h la fois. Ce cas de diffurmité , tel que je viens de le décrire , me semble prouver : 1" Que chez les entomozoaircs ;>ujels i^i des mues , l'exu- DE LA SOCIÉTÉ KiMOMOLOGIQUE. xoiu vialion peut avoir lieu partiellement, sans que le dévelop- pement des portions du corps exuviées paraisse souffrir du défaut d'exuviation d'une autre portion, quelque importante que soit d'ailleurs celle-ci à raison de ses fonctions. Cette in- dépendance mutuelle des diverses portions du corps, plus grande chez les Entomozoaires que chez beaucoup d'autres animaux, n'est d'ailleurs qu'une conséquence toute natu- relle de leur segmentation ; 2° Que la portion du corps accidentellement incxuviée n'en continue pas moins h parcourir avec le reste de l'ani- mal les diverses phases du développement qui doivent ame- ner celui-ci à l'état parfait. Des observateurs célèbres, parmi lesquels je citerai Bon- net et Swammerdam, ont cru h la coexistence originaire et simultanée des diverses peaux dont les larves exuviables se montrent successivement revêtues. Je ne pense pas que l'é. lat accidentel de la tête de notre nymphalc puisse fournir le moindre argument en faveur de ce système d'emboîle- menls. Il me semble d'ailleurs trop bien prouvé aujourd'hui que chaque nouvelle peau 5e forme peu de temps seulement avant la chute de l'ancienne. [Ibid.) Nouvelle espèce d'Acarus. — M. Turpin a rendu conq>lo h l'Académie des Sciences, dans sa séance du 1 3 novembre, de l'examen qu'il a été charg-é de faire d'une espèce à^Aca- 1US adressée par MM. Cross et Roberton, et qu'ils ont vue se développer en détachant quelques parctdles de la surface d'une pierre vésuviennc , et en les entretenant h l'état hu- mide par du silicate de potasse étendu , sursaturé d'acido muriatique et constamment électrisé. D'après les observations faites h l'aide du microscope par M. Turpin, cet insecte lui parait constituer une espèce nou- velle du genre Acanis. Les espèces décrites et figurées dont xciv ArsNALliS elle se rapproche le plus sont celles du IVomage et de la fa- rino, el peut-être plus particulièrement de l'Acarus d'uni- diatus, Hermann. Elle dilTère des deux preDiicres par l'ab- sence du faux corselet , par les deux articles plus longs et plus affilés îjul j)récèdent le tarse, par la Torme du corps «|ui est plus ovoïde, plus courte et plus bombée, et enfin par les nombreux et longs poils qui hérissent tout le dos. Elle se distingue de IVi. dhnidialas , qui a le corps sphérique, avec un simulacre de corselet plus coloré que le reste de l'abdo- njen , par le manque des petits poils courts qui recouvrent la siu'face des huit membres appcudiculaires de ce dernier, mais elle s'en rapproche par les nombreux poils qui recou- vrent, en rayonuaut, toute la partie du dos. M. Turpiu pro- pose pour cette nouvelle espèce ie nom d Acare horrible [Acarns horridtis). Après une description détaillée parties par parties, do cet insecte, M. Turpîn passant aux circonstances dans lesquelles la production de cet Acare a été observée par M. Cross, leur dénie l'importance que ce dernier leur avait attribuée. « M. Cross, dit-i', n'a point créé, n'a point construit de foutes pièces V Ararus horrldus à l'aide des seuls moyens (ju il indique. Ces nutyens en supposant même qu'ils aient été indispensables dans cette circonstance ;t rapj)arilion de l'animal , n ont été que de sim()les sin)ulacres qui, sembla- bles h ceux qui excitent et favorisent la germinalion d'un i^rain de blé, ont hâté léclosion d œufs pareils à celtu' qui contient 1 individu fcmeîle envoyé par M. Cross îui-niême; OinCs qui se trouvaient pondus et apportés h la surface des pierres vésuvicnnes mises v\v %AAft«^VMW^««A4«^4AA^.'^«»^^'^ MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUEDE FRANCE. (année 1837.) ÏITIKMK DE SA FO^DATIO!^. Nota. * indique les Membres fondateurs. Les noms en majuscules «ont ceux des Membres honoraires. MM. 1857 Ahrens, Professeur de Mathématiques à Ausbourg. 1834 Amyot, Avocat à Paris, rue Neuve-Saint-Roch, 24- 1 856 Abnatjlt, Secrétaire de la Direction des Douanes et Gabelles de la Savoie, à Chambéry. i855 Asmt'iss, Batelier en Philosophie, à Dorpat (Livonie). * AtJBÉ, Docteur en Médecine à Paris, rue de Ponthieu, 14. * Audouin, Membre de l'Institut et de la Légion-d'Hon- neur, Professeur an Muséum d'Histoire naturelle de Paris, etc.; au Muséum. B. j836 Badham, Docteur en Médecine, Associé du Collcj^c royal des Médecins de Londres; à Paris, rue Basse du Rempart , 4^- VI. i en AMNALES i833 Baridon, Membre de rAcadémie du Gard, de la Société Linnéenne, etc.; à Baucaire (Gard). i853 Barthélémy, Directeut- du Muséum d'Histoire naturelle de Marseille. i853 Bassi (le Chevalier), îi Milan (Lombardie). i834 Bavalan (le Marquis de), à Vannes (Morhiban). i836 Beck, Docteur en Médecine, à Copenhague. j 835 Becker, Naturaliste, à "NViesbaden (Duché de Nassau). i835 Berce, Grareur, à Paris, rue Mauconseil, 81. ti 837 Bernard-Deschamps, ;\ Auxerre (Yonne). i836 Bertrand, Chirurgien Aide-major au 7* chasseur à che- val, à Provins. i832 BLAINVILLE ( Ducrotay de), Membre de l'Institut, Professeur à la Faculté des Sciences et au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, etc. ; au Muséum. 1837 Blanchard, Attaché au Laboratoire d'Entomologie du Muséum d'Histoire naturelle, rue Saint-Jacques , 116. i832 Blondel, Architecte, à Versailles (Seine-et Oise). i853 BLtTEL, Directeur des Douanes, à La Rochelle (Charente- Inférieure ). 1837 Bocandé, au Sénégal. i832 BoHEMAN , Lieutenant, etc., à Grenna el.Anncbrrg (Suède). • iSS/f BoiÉ, à Kiel (Danemarck). * BoiSDuvAL, Docteur en Médecine, Membre de plusieurs Sociétés savantes, Chevalier de la Légion-d'Honueur; à Paris, rue de la Vieille-Estrapade, i5. |835 Bol^roxjvray (le Baron de), ancien Officier de la Marine, MemJjrc de la Société des Sciences et Arts de Blois ; à Chartres (Eure-et-Loir). |83G Bottiw-Desylles, Jugc-de-Paix à Saint-Sauveur-le-Vi- comte (Manche). DE LA SOClÉTIi ENTOMOLOGiOUE. cvii i85ô Bouchard-Chantereaux, à Boulognc-sur-Mer. i835 Boi'LARD, Docteur en Médecine, à Orléans (Loiret). i835 BouRAS!?h, Professeur d'flisloire naturelle au petit Sémi- naire de Tours (Indre-et-Loire). i855 BoYER, Pharmacien, à Aix (Bouches-du-Rliône). i832 BRONGNLVRT (Alexandre), Membre de l'Académie des Sciences, Professeur de Minéralofjie au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, etc. ; au Muséum. i852 Brcctiière, Négociant, à Nîmes (Gard). * Bkiîllé, Aide-Naturaliste au Muséum d'Histoire natu- relle de Paris, Chevalier de la Légion-d'Honneur et de l'Ordre grec du Sauveur, etc. ; rue Copeau, 25. ï837 Brunet, Capitaine au 5i' régiment. i83a BiGisiON, Membre de la Société helvétique des Sciences naturelles, etc., à Lauzanne (Suisse). i833 BuQCET, Naturaliste, à Paris, me de Seiiie-Saint-Ger- main, 5o. C. i834 Carlier, Professeur intérimaire d'Histoire Daluielle à l'Université de Liège, Conservateur du Cabinet de Zoologie de cette ville. Membre de la Société d'His- toire naturelle de Liège et de la Société Philomatiquc d'Ath, à Liège. î837 Carré (Paul-Dorothée), Ancien major du génie, Otficicr de la Légion-d'Hunneur, Chevalier de Saint-Louis, à Fontainebleau, rue Sainl-Méri, 14. i833 Cartier (Ali), à Mortcau (Doubs). 1834 Chaudoir (le Barou Maxiuiilien de), à Dorpat (Livonie). * Chaiidouet, Avocat, à Paiis, rucNolre-Damc-Jes-Vic- toires, i \. c m ANNALES i832 CnAuvENET (le Baron de). Capitaine du Génie, Cheralier delà Légion-d'Honneur, à Hesdin (Pas-de-Calais). 1854 Chevalier (Charles), Ingénieur-Opticien, Membre delà Société d'Encouragement et des Sciences physiques et chimiques, etc., premier constructeur en France des microscopes achromatiques ; à Paris, galerie du Palais- Royal, i63 * Chevrolat, Vérificateur à l'AdministRation de l'Octroi, Membre de plusieurs Sociétés d'Histoire naturelle, à Paris, rue de la Ferme-des-Mathurins, 53. «833 Childreîs (J.-C), Esq. , Secrétaire de la Société Royalis et Président de la Société Entomologiquc de Londres. i833 CoMPANYO, Docteur en Médecine, à Perpignan (Pyrénées- Orientales). i835 Contamine, Capitaine au 1" régiment de Lanciers, Ch<- valier de la Légion-d'Honneur, à Nevers (Nièvre). i832 CotiLON, Membre de la Société Linnéenne du Calvados et de la Société Helvétique des Sciences naturelles ; à ISeufchâtcl (Suisse). i856 Christy (C), Membre des Sociétés Linnéenne, Zoologi- que et Entomologique de Londres, et de la Société TVernerienne d'Edimbourg; à Londres. 1854 CtiRTïs (John), Membre de la Société Linnéenne de Londres, Membre honoraire des Sociétés d'Histoire naturelle d'Oxford, des Georgofili de Florence, etc.; il Londres. 1833 Dahi.bojî, Doctcn»' on Philosophie, à Lund (Suède). S83C Daruoin, Poseur du Commerce, à Marseille (Bouches- : .i.j-i- du-Rhône), rue Pisnuçon, 17. i832 Davuk, Pritis^ier, à Monîpellicr (Hérault). DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. cix 1834 Davis (A.-H.),Esq., Membre de la Société Entomologique de Londres. 1857 Dejean (le Comte), Lieutenant-Général, Pair de Fran- ce, etc., rue de l'Université, 17. 1837 Demary, à Pari?, rue Saint-Hyaointhe-Saint-Michel, 33. i832 DES3IAREST, Correspondant do l'Institut, Professeur de Zoologie à rÉcole vétérinaire d'Alfbrt, etc. ; à Pa- ris, rue Saint-Jacques, 161. i835 DoNZEL, à Lyon, place Sainte-Claire, i. 1834 DouBLEDàY (E.), Membre de la Société Entomologique de Londres, etc. ; à Londres. i833 Doué, Chevalier delà Légion-d'Honncur, Chef de bureau au Ministère de la Guerre ; à Paris, rue Sainte-Anne, 64. ,^ 1837 DotMEUc, Docteur en Médecine, à Paris, rue de l'Échi- quier, 34. 1837 DoviîRE, Professeur d'Histoire naturelle e\ l'Académie de Paris, rue Neuve-Saint-Etienne, i5. 1834 Drewsen, Fabricant de papier, à Slrandsmollen, près Copenhague. i832 Dvbus (le Chevalier), ^^ruxelles. 1802 DUFOUR (Léon), Docteur en Médecine, Correspondaui de l'Académie des Sciences et de l'Académie royale de Médecine, Chevalier de la Légion-d'Hoimeur; i Saiiit-Sever (Landes). i83.i DUMEPiIL, Membre de l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire natin-elle et à l'Lcole de Médecine de Pa- ris, etc.; au Muséum. 1837 DcpiN, Docteur en Médecine, à Ervy (Aube). * DupoNCHEL, Membre des Sociétés d'Histoire naturelle de Paris, des Georgofili de Florence, Chevalier de la Légion-d'Honneur; à Paris, rue de Sèvres, 45 i832 DrroNT, Naturaliste des Princes, à Paris, qmi Saîiit- Michel, a5. ex ANNALES E. igSô Elisalde, Docteur en Médecine, à Cadix. i835 Émond d'EscLEviN, Capitaine d'Artillerie de la Marine à Toulon. i85a Èmy, ancien Capitaine d'Artillerie, Officier de la Légion- d'Honneur, à Rouvray (Côte-d'Or). >853 EscHER ZoLMKOFBR, Banquier, à Zurich (Suisse). 1837. FALOEhAiANiN , Jardinier en chef de S. M. Itnipereur de Iiussic, à Saint-Pclcrsbourij. »S33. FARnœts , Chef de district dtjs Douanes, Chevalier de l'Étoile polaire, à Gœthembourg (Suède). î835 Fantouliek, Pharmacien, à Paris , rue des Cinq-Dia- mpints, 8. * Feisthamel (le Baron), v. ificier de la Légion-d'Hon- neur, Chevalier de Saint-Louis, Colonel conunaiidanf la Garde Municipale de Paiis, Membre correspondant de l'Académie royale des Sciences et Arts do Barce- lonne, etc.; à Paris, rue de Yaugirard, 49. j836 Fischeb deWaldheim, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Moscou, etc. i836 Fischer de Roseerstamm, à Nixdorf (Bohême). 1837 Fol, Négociant, à Paris, rue de Cléry, i5. i832 FoNSCOLOMBE (Boycr dc), à Aix fBowches-du-Rhône). iS32 Frat, (Commissaire-Ordonnateur des Guerres, Chevalier de lîi Légion-d'Honncur, Membre de pltisîeurs Sociétés «avanies; ;'i L^m<)<;t's f !I;uiie-\ iennc). DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIOUE. cxi i833 GASPEniîfi, Directeur des Poste?, à Toulon. i833 Gay, à Paris. i853 GÊNÉ, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle de Turin (Piémont). i835 Genty, Étudiant en Droit, à Paris, passage Tivoli, 17. i83a GEOFFROY SAIN T-HILAIRE, Membre de l'Institut, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle et à la Faculté des Sciences de Paris, etc.; au Muséum. i833 Germar, Professeur d'Histoire naturelle, à Halle. i835 Gervais, Elève en Médecine, à Paris, rue Neuve-Saint- Etienne, 5. i836 GiRALDÎîs, Docteur en Médociue, à Paris, rue des Beaux- Arts, 9. 1 850 G «ENEAu d' AcMONT, ancien Elève de l'École Polytechnique, Officier au 9* régiment d'Infanterie. * Godet, Membre de la Société Helvétique des Sciences naturelles, à Neufchûtel (Suisse). * GoRY, Chevalier de l'Ordre royal espagnol de Saint- Ferdinand, Capitaine de Cavalerie; à Paris, place de la Madeleine, 32 bis. i835 Goi'REAiT, Capitaine du Génie, à Collonge (Ain). i833 Graells fds, Professeur de Zoologie à l'Académie royale des Sciences naturelles de Barcelonne, Bibliothécaire de l'École de Médecine de Barcelonne. i832 Graslin, Propriétaire, à Château-du-Loir (Sarthe). 1 835 Gravenhorst, Docteur en Philosophie, Conseiller privé de la Cour de Prusse, Professeur de Zoologie et Directeur du Musée zoologique de l'Université de Breslau (Si- lésic), etc. cxir AIVNALES i832 Gbeene (Copley), Docteur en ÎMédecinc, Membre de la Société d'Histoire naturelle de Boston (États-Unis). 1837 Gréville, Botaniste, à Edimbourg (Ecosse). i833 Grey, attaché au Jardin d'Horticull(u-e de S. M. l'empe- reur de toutes les Ilussies ; i Ropslia, près Pétersbour^^ i832 Gukkée, Avocat, à Châtcaudun (Eure-et-Loir). i835 GuTCH, Docteur en Médecine, à Londres. i836 GuYOT, Docteur en Philosophie, Membre de la Société Helvétique des Sciences naturelles, impasse Saint- Dominique d'Enfer, 4. i832 GYLLENHALL, Membre des Académies des Sciences de Paris, Stockholm, Upsal, et de plusieurs Sociétés sa- vantes, Commandant des Gardes, Chevalier de l'Ordre royal de Vasa, etc., ù Hœberg. près Skara (Suède). H. i853 Haàn (de), Docteur en Philosophie, Conservateur du Mu- séum d'Histoire naturelle, etc., à Leyde (Hollande). i835 Hanson (S.), Esq., à Londres. jt833 Hammebschmidts, Docteur en Droit, Employé à la Pio- cin-ature aulique Impériale et Royale, Membre de plusieurs Sociétés savantes, à Vienne (Autriche). j835. Heeger, à Mœdling, près Vienne (Autriche). i853 Helfer, Docteur en Médecine et en Chirurgie, à Prague (Bohême). 1834 Hérétiev, Contrôleur des Contributions Directes, et Membre du Conseil-Général du Département du Loi , à Cahors (Lot). j8'c»5 Hoepfneb, Juge au Tribunal d'Appel de Darrastadf. i*>35 lIoi'E ( Kev. F. AV. ), Vice-Président et Trésorier de l» Sociél»' j'",iiluui<>lrjgi(jiic de liOlldrc^. DE LA SOCIÉTÉ EISÏOMOLOGIQUE. cxrn i83a HUMBOLDT (le Baron de), Membre des Académie.i royales des Sciences de Paris et de Berlin, etc.; à Berlin. i834 JvBiNE, à Genèvft (Suisse). K. »832 RIRBY (W.), Président Honoraire de la Société Ento- mologique et Membre de la Société Linnéenne de Londres, Recteur de Barham, etc., à Barham (Angle- terre)s i852 KLUG, Docteur en Médecine, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Berlin, etc. i855 KoLLAR, Conservateur du Muséum d'Histoire naturelle de Vienne (Autriche). 1 856 RcNZE, Professeur de Botanique à rUniversité de Leipsic. iSSa Lacokdaire, Professeur de Zoologie et d'Anatomie com- parée à l'Université de Liège. ï837 Laferté Sénectaire ^Comte de), à Azay-le-Rideau (In- dre-et-Loire). i853 Lakier, Ingénieur-Géographe, à la Havanne (Cuba). * Laporte (Comte de Castclnau), Auditeur au Conseil- d'État, Membre de plusieurs Sociétés savantes, Paris, rue de l'Université, 67. 1834 Leclerc, Docteur en Médecine, à Tours (Indre-et-Loire). 1806 Leconte, Négociant, au Hûvrc (Scinc-Inl'éricurc). cxiT ANNALES * LedouX, Architecte, ancien Chcl de bataillon, Chevalier de l'Ordre royal des Deux-Sicilcïi, à Paris, rue de Sè- vres , ii6. * Lefebvre (Alexandre), Correspondant du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, des Académies et Socié- tés savantes de Lille, Catane, Moscou, Barcelonne, Membre Honoraire de la Société Entomologiqne de Londres, etc., à Paris, rue du Jardinet, i5. l835 Lefébure de CÉrisy, Ingénieur de la Marine, Oflicier de la Légion-d'Honneur, à Toulon. 1837 Lemaire, à Paris, rue du Cimetière Saint-André-des- Arcs, 5. 1834 Lepaige, ancien Député, Membre de la Légion-d'Hon- neur, à Darnay (Vosges). * Le Pelletier de Saint-Fargeau (le Comte), Membre des Académies de Moscou et de Dijon, de la Société d'Histoire naturelle de Paris ; à Saint-Germain-en- Laye (Seine-et-Oise). 1834 Leplay, Propriétaire, à Saint-Chaptes (Gard). iSoy Lepriei'r jeune. Pharmacien, à Dieuze (Meurthe). 1837 Lequien , Libraire, à Paris, quai des Grands- Augustins, 47. i836 Loches (le Comte de). Membre des Académies royales des Sciences et des Beaux-Arts , Président de la Société Académique de Savoie, à Chambéry (Savoie). i853 Lorey, Docteur en Médecine, Chevalier de la Légion- d'Honneur, Membre de l'Académie royaledes Sciences et Belles-Lettres de Dijon, et de la Société Linnéenne de Bordeaux; à Marseille. (Bouches-du-Rhône). i833 LoHQuiN, Agent d'affaires, à Viilcnciennes (Nord). ï833 LtCAs, Attaché au Laboratoire d'Entomologie du Mu- séum d'Histoire naturelle de Paris. )837 LwciAwi, Pharmacien, à Castel-Nuovo (Toscane). * Luczor, Ingénieur en chel' des Ponts-et-Chaussécs, DE LA SOCIÉTÉ liNTOMOLOGIQUE. cxv membre de lu Société Polymathiquc du Morbihan, «;t lie la Société (U- Statistique universelle; à lielleville, près Paris, rue Soint-Laurent, 26 ter. M. i832 JMacqtiart, Membre de plusieurs Sociétés savantes, à Lille (Nord). i853 Mannerheim (le Comte de ) , Gouverneur de Wiborg, Chevalier de l'Ordre de Saint- Wladimir; à "Wiborg (Russie). i835 Maravigna (Carmeloj, Professeur de Chimie à l'Uni- versité de Catane, Membre de plusieurs Académies et Sociétés savantes, à Catane (Sicile). i835 Marc, Négociant, au HSvre(Seine-Tnférieure). i832 MiRCHAND, Propriétaiie, ancien Adjoint du Maire, à Char- tres (Eure-et-Loir). i852 Marparot, Propriétaire, à Nîmes (Gard). j833 Marloy, Chirurgien de la Marine, à Auriol, près Mar- seille (Bouches-du-Rhône). i835 Marsefil (de). Professeur d'Histoire naturelle, à Sainte- Croix lès le Mans (Sar(lie). 1802 Mathieu, Docteur en Médecine, à Orléans (Loiret). 1834 Maximilien de Chaddoir (le Baron), A Dorpat (Livonie). i832 Meissonkier, Homme de lettres, à Hyères (Var). i832 Melly (a.), Esq., Négociant, à Liverpool (Angleterre). i833 Merck, Propriétaire, IMembre de la Société Linnéenne du département du Rhône, etc., à Lyon. î85/| Michel, Capitaine à la deuxième compagnie de Fusiliers- de discipline. * MiLNE Edwars, Professeur de Zoologie à l'École cen- trale des Arts et Manufactures, Chevalier de la Légion- d'Honncur. etc. : àParis, rucNcuvc-S. -Etienne, iq. cxYi ANNALES i835 Montaxjlt-Desylles, ùLoudon (Vienne). 1834 MoRiNEAu, Lieutenant de Grenadiers au 8* régiment de ligne, à Bitch (Moselle). i835 Mûrisse, Membre de la Société Géologique de France, etc. ; à Graville, près le Hûvre (Seine-Inférieure). i832 MrtsANT, Propriétaire, à Lyon (Rhône). N. i833 Newmank (E.), Esq., à Londres. i833 Nodier (Charles), Bibliothécaire de l'Arsenal, ChevaUer de la Légion-d'Honneur, Membre de l'Institut, et€. ; à Paris (à l'Arsenal). 1853 Nybloexjs , Chef de bureau au Collège de la Chambre, Greffier dans les Ordres du Roi, à Stockholm (Suède). O. i835 OcsKAY (Baron de Ocsko), Chambellan de S. M. I. et 11. l'Empereur d'Autriche, Membre de l'Académie im- périale et royale des Curieux de la Nature, de la So- ciété impériale des Naturalistes de Moscou et de la Société Entomologique de Londres; à OEdembourg (Hongrie). 1837 OtNHAusEN, Professeur de Chimie, à Ausbourg. 1857 Paccabd (Martin), négociant, à Châlons-sur-Saône, rue d'Autun. 1834 Paris, Avoué, à Èpernay (Marne). i833 Passerini, Professeur-agrégé de Zoologie au Muséum d'Histoire naturelle de Florence (Toscane). 1837 I'eccuioli, à PiïC (Toscane). DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. cxvn i833 Peiroleri, Maître-Auditeur à la Cour des Comptes de Turin (Piémont). 1807 Perrochel (le Comte de), au château Saint- Aubin (Sar- the), ou i\ Paris, quai Voltaire, i5. i835 PiCTET, Membre de l'Administration du Muséum d'His- toire naturelle de Genève. i833 PiERRET, à Paris, rue Corneille, 3. 1834 PiNART, Prêtre, Professeur d'Histoire naturelle au Sémi- naire de Saint-Germer (Oise). * PoEY, Avocat à la Cour Royale, à la Havane (Cuba). 1834 Proust delà Gironnière, Propriétaire, à Jalajala, près Manille (Philippines). 11. * Rambur, Docteur en Médecine, à Paris, rue de Fourcy, 7- I 234 Ramon de la Sagra , Professeur de Botanique et d'Agri- culture, à la Havane (Cuba). i835 Reich, Professeur et Docteur en Médecine à l'Université et à l'Académie militaire de Berlin, Chevalier des Or- dres de la Croix-de-Fer, de Saint-Wladimir et de la Légion-d'Honneur, Membre de plusieurs Académies et Sociétés savantes, à Berlin. * Reiche, ancien Officier de santé, Bachelier és-lettres, à Paris, rue du Marché-Saint-Honoré, 4. 185') Reichenbach, Conseiller de la Cour, Professeur et Direc- teur du Muséum d'Histoire naturelle du Roi de Saxe, Docteur en Philosophie et en Médecine , à Dresde (Saxe). i835 Reinhart, professeur de Zoologie à l'Université de Co- penhague. i835 HippERT, Propriétaire, à Beaugency (Loiret). cKviii ANNALES i852 R08YMS, à Bruielles (Belgique). i85a Roger, Négociant à Bordeaux (Gironde). * Romand (de), chcvalierdelaLégion-d'Houneur, à Tours (I.oiro). S. «855 Saglio, Négociant à Paris, rue Martel, 17. i855 Sahlberg , Docteur en Médecine, Professeur de l'Aca- démie impériale d'Alexandre, Chevalier de l'Ordre de Saint-Waldimir; à Helsingfors (Suède). i833 Saint-Florent (Domergue de), Prt)priétaire, à Vandœu- vres, près Nancy (Meurthe). 1854 Sans (Mariano de), de l'Académie royale des Sciences et Arts de Barcelonne. Secrétaire de la Section d'His- toire naturelle. i832 Saporta (le Comte de), à Aix (Bouches-du-Rhône). i835 Saunders, Londres. i832 SAVIGNY, Membre de l'Institut, à Versailles (Seioe-et- Oise). i835 Schiffer (Herrich), Docteur en Médecine et en Chirur- gie, à Ratisbonne (Bavière). i832 Schoenherr, Conseiller de Commerce, Chevalier de l'É- toile polaire, à Skara et Sparresœter (Suède). 1837 Scumidt, Docteur en Médecine, à Brème. 1 834 Selts-Longcuamps (de). Membre de la Société des Sciences naturelles de Liège (Belgique). * SERviLLE(Audinet), Membre de la Société Impériale des Naturalistes de Moscou ; à Paris, rue de Buflaut, 21 bis. i832 Silbermann, Avocat, un des Directeurs du Muséum d'His- toire naturelle de Strasbourg (Bas-Rhin). i85G Soldé, Professeur de Zoologie au petit Séminaire de Paris. 1853 Solier, Capitaine du Génie, à Marseille, rue Reinard, 9. 1834 Sommer, Membre deplusieurs Sociétés savantes, à Alloua, près Hambourg. i8J3 SrENCECSV.-B.), Secrétaire, pour l'Élianger, de la Société J"!iil()tn()]oi;iqi!(,' dr Londres. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIJK. oxix 1834 Spence (R.-H.), (ils du précédent, h Londres. i835 Spinola (Maximilicn), à Gènes (Piémont). 1834 Steven (Chevalier), Conseiller d'État, à Symphéropol (Tauride). T. i853 Terht, ancien Capitaine-Lieutenant des Gardes-dn-Corps de S. M. Britannique, Membre de la Société Géolo- gique de Londres, à Auxerre (Yonne). * ThÉis (de), Consul de France à Leipzic, Membre de la Société des Sciences et Arts de Saint-Quentin. 1 833 TinoN, Docteuren Médecine, Directeur-adjointdu Cabinet d'Histoire naturelle d'Orléans, Membre de plusieurs Sociétés savantes, à Orléans (Loiret). i835 ïreitschke, Membre de diverses Académies et Sociétés savantes, à Vienne (Autriche). i833 Tricov, Docteur en Médecine, à la Nouvelle-Orléans. 1837 Trobert, Docteuren Médecine, Chirurgien de première classe entrc'lcnu de la iMarine, Membre correspondant de la Société Anatomique et du Cercle Médical de Montpellier, à Brest, Grande-Rue, 55. V. * ViARD, Négociant, à Paris, quai de la Mégisserie, 43- 1834 Villa (Antonio , à Milan (Lombardie). ViLLARET (Foulques de), Capitaine d'Infanterie, Che- valier de la Légion-d'Honneur et de l'Ordre royal espagnol de Saint-Charles. i832 ViLLiERS (de) , Capitaine d'Infanterie, Membre corres- pondant de la Société Linnécnne de Paris; à Chartres (Eure-et-I-oir). i835 ViNSOT, Docteur en Médecine, à Melun. 1 83G VoN Geheur, Elève en Médecine, à Paris, rue Christine, 1 o. i83G "NYaca (de) , Professeur d'Histoire naturelle ù Varsovie. * WALCRENAEIl (le Baron), Membre de l'Institut, etc.; à Paii>, iiu; CauMiarlin, r»i. cxx ANNALES i83a Walker (F.), Esq., Membre des Sociétés Linnéenne et Entomologique de Londres. 1854 Walker (sir Patrick), Esq., à Edimbourg (Ecosse). 1834 Westermann, à Copenhague. i855 "Westwood, Membre desSociétésLinnéenneetEntomoIo- gique de Londres, d'Histoire naturelle de l'île Mau- rice, Plinienne d'Edimbourg, etc.; à Londres. 1854 WiLSON J., Esq., à Edimbourg (Ecosse). Z. 1834 Zanella, à Milan (Lombardie). i85o Zetterstedt, Professeur de Zoologie, à Lund (Suède). i855 ZouRKOFF, premier Secrétaire de la Société impériale des Naturalistes de Moscou. MEMBRES DECEDES PENDANT l'année l857. MM. Baudet-Lafarge. Cristofori. Robert. Walker (Sir Patrick). MEMBRES DÉMLSSIONNAIRES PENDANT l'année 1 83^. mm. boudiee. goijgelet. Gxjérin. JorSSELIN. LORET. Meunier. MiCARD. MEMBRES REÇUS DEPUIS LE i" JANVIER. MM. HoREAi', Docteur en Médecine, Pharmacien en chef de l'Hôpital militaire de Rennes. Wei r.F.NTtFRC, à Lrvdr, DE LA SOCIÈTi: I NTOMOLOGIOUE. cxxî ERRATA ET ADDENDA DU TOME Vî. M K M O 1 n li S. / Piig. 25, lig. 1, Horthoptères, /('«ei : Ortlitiplèies. — «25 à 124, partout où le mot Bryopliila est m'a an masculin, met- tez-le au féminin. (Duponcliel.) — I 2G, iig. 3i, Passarini, lisez : Passerini. — 15J, — 1, après ces mots; j'engage les amateurs à porter leurs pa<» investigateurs dans la Cùte-d'Or, ojoulcz ceux-ci : pour se procurer cette espèce rare. — 198, — a5, le i5 août, lisez : le iS aviil. niJÎ.LETIN. Va^. XIX, Iig. 5.1, Acontia, au lieu de : Acouliu. — xxvii, — 17, ïreilshke, Usez : Treitschke. — xxviii, — 7, principalement exotiques, Usez : principalement en exotiques. Id. — II, Mannheircm, /('.s-cs : Mannerrheiin. id. — «2, s'occupent, /(.cet : s'occupaient. id. — 18, le Puris Cloridice et le Cclias aurora , Usez : la Pieris Chloridice et la Colias aurora. (Dtiponchel.) — id. — aS, le Notodeataalbida,/(.?cr .-la Notondonîaalbida. (/(/.) — id. — .îa, le charmant petit Triplucna Cliardinyi, /(S6Z ; la char- mante petite Tripha:na Chardinyi. (Duponchel.) XXIX, — 1, un Anarta, Usez : une Anarla. {Idem.) id. — 4> Pigcrra Timon, //AC3 : Pigœra Timon. — id. — 23, le Catocala neonympha, lisez : la Catocala neonyiu- pha. (Duponchel.) — id. — 29, Pterogon goryonioides, lisez : Pterogon gorgoniades. — XXXII, — 16, Selys Delongchamps, lisez : de Selys Longchamps. , — 1.11, — a5, au lieu de : graminées, lisez ; caryopliyllées. V I , k ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. cxxni WV* WVWV WVWVWVWVWVVW \ W VW%*(VV TABLE DES MATIERES CONTENUES DANS CE VOLUME» Acariis (nouvelle espèce), par M. Tiirpin. xciii. Agrilus vu'idls (notice sur les premiers états de cet insecte) , par M. Aube. 189. Allica oleracea, xlix. A Incite, XXIV. Aluclle xylosteUe (note sur cette espèce), par M. J. Des- jardins. S29. Alucite xylostcUe (rapport sur le mémoire de M. J. Desiafr- dins), par M. Duponchel. 255. Amara trivialis. liv. Antkrènes (leurs sexes), lxxx. Aphodius marginellus, vii. Archives de Wiegmann, partie entomologique. xliv. Bracons (leurs mœurs), lxvii. Bryophyla AlgcB (note sur les mœurs de cette espèce) , par M. Gucnée. i2 5. Bulletin enlomologîque. i. xxxvii, lui. lxxiii. Bupreste nouveau {Sternoccra),\'tav M. Buquet. i.xxvi. Buprestides ( lettre adressée à la Société sur un groupe de celle famille), par M. Maximilien Spinola. 101. Cébrions (observations sur les causes de leur apparition) , par M. Graells. gS. Cliarnxes Jasitis (notice sur les particularités rpic pré- sentent l«s changements de peau de la chenille de celle espèce), par M. Duponchel. iqo. Charaxcs Jasius (son éclosion). xux. ^x.xïv ANNALES Chili (lettre de M. Gay voyageant dans ce pays). Lxir. Cigales (observations sur les organes générateurs de ces insectes), par M. Doyère. xxxix. Coiaspis barbara (ses ravages), xlix. Coléoptères' (genres nouveaux), par M. Klug. lxxxviii. Coléoptères nouveaux d'Italie, par M. Pecchioli. 445- Coliaptérides (suite de l'essai sur cette tribu), par M. So- lier. i5i. Cooimunicatiouî*. ii, vi, ix , xii, xiv, xvi , xxxvm , xliv, XLYir, Xl.VllI, LIV, LVII, LIX. Composition destinée à remplacer le liège (note par M. Ser- ville). 4»- Correspondance, ix, xii, xxxvii, xkiv, xlvh, lvii, mx. Crocalie. du Lentisque [CrocaUis tentiscariu), par M. Don- Ciruslacés lossiles, par M. Miinc-Edwards, lxvih. Crustacés (Remarques sur (juelcjues espèces de), ix, xiii, >;x(i. Cryptocéphale nouveau (Notice sur la docouvcrle d'un), par M. le docteur Lorey. i '20. Cyzlcas Bravaisii et autres, x. Cythèrèes. jx. Dophnées. xj. Diorine (essai sur ce genre), par M. Morisse. 417- Diptères (sur les métamorphoses de ces insecles), par M, AVesmacl. i.xxxix. Dolojjs (genre nouveau des Crustacés), par M. Audouin. XIII. Dylicus latlssimus. xv. Dytique (observation sur un individu de ce genre intermé- diaire entre le D. circumcinclus el le D. dubius) , par M. Guyot. XVI. Eçtiaonia Bwj'.ieii, lviii. DE LA SOCIETE ENTOIOLOGIQIIE cxxv lùioplium dulce. liv. Entoinostracés. xi. Errata, cxxi. Erycine (essai sur ce genre), par M. Worissc. 417. Eumolpus pretiosus. lviii. Eumolpus vitis (ses ravages), lviii. Fidgore porte-lanterne (phosphorescence de cet insecte). LXVII. Galle de la Bruyère à balais (Mémoire sur une), par M. Léon Dui'our. 83. Géophiîes (Observations sur les), par M. Gervais. ix. Goliathas Grallii. xv. Gortyna (nouvelle espèce de ce genre), par M. Pierret. 449. Guadeloupe (observations sur les insectes de cette île), par M. Lhcrminier. 497- îladcna (description d'une nouvelle espèce de ce genre), par M. Pierret. 177. Hémiptères et Lépidoptères (observations sur quelques giMires de ces ordres), par M. Doyèro. 261. J chneiunons. xxin. Iules (variations des), vu. Li'ctLires. vin, xi, xiii, xv, xix, xi.iii, xlv, xlvii, l, lvi, i.ix, LXIl. Lépidoptères de la Syrie et de l'Egypte (description do quatre espèces nouvelles), par M. Buguion. it^t). Léj)idoptères (description de trois nouvelles espèces d'A- i'riquc), par M. Pierret. ly. Lépidoptères (description d'iinc nouvelle espèce), par M. Guénéo. 170. Lépidoptères (Difformités des), par M. Wesmael. xci. Lépidoptère hermaphrodite, lxiii. Lépidoptères (Mémoire sur la question de sa\oir si les ca- CXXTI ANNALES ractères fournis par les Chenilles doivent prévaloir sur ceux tirés de l'insecte parfait, dans une bonne classifica- tion de cet ordre d'insectes), par M. Duponchel. 4ï1' Lépidoptères nocturnes (leurs habitudes), lxxv. Lépidoptères (notice sur trois espèces nouvelles), par M. Feisthamel. 299. Lépidoptères ( notice sur quelques nouveaux genres à éta- blir dans cet ordre, et principalement dans le genre Noc- tua de Linné), par M. Guénée. a 19. Lépidoptères (observations sur l'accouplement de quelques genres de diurnes), par M. Donzel. 77. Libellnlines. lxxih. LibcUulines (Monographie de celles des environs d'Aix), par M. Boycr de Fonscolombe. 129. lÀr.inadles. ix, x. Liste des Membres de la Société Entomologique. cv. Lithobics (Métamorphoses des), viii. J.yncées. ix, xi. Maurice (note sur un insecte nouveau faisant partie de la Faune de cette île), par M. Julien Desjardins. aSg. Mélasomes (notes tendant h rectifier Vliabltat de quelques insectes de cette famille), par M. Lacordaire. 247. M'';lasomes (sur V habitat de ces insectes), réponse de M. So- iicr à M. Lacordaire. 481. Miio'c majalis. lviii. Membres reçus, viii, xii, mv, xvi, xlih , xlvi, l, lix , LXII. Monotoma (essai sur ce genre), par M. Aube. l^bd. Monument Latreille (rapport delà Commission d'examen des comptes f(ui y sont rc'alifs). xi.ïi. Monnolyce p'iiyllodcs. lxxix et rxxx. Mnacardine. xxiv, xxxviii, lxxx. Mygale (Observations sur le nid dune), i,. DE LA SOCIÉTÉ K!NTOMOLOG[()UE. cxxvn Myriapodes (Nouvelle clflssificalion des), lxvi. Nécrcntome. lxxxiii. Nécrologie, xxvi, xxxi, xxxiv, xcvii. Noctuélidcs (descriplion de cinq espèces nouvelles), par M. Donzel. I\']\. INoctuélides (essai pour servir h la classificalion de celle Iribu), par M. Guéace. 5i i. Nouvelles diverses, xx, li, \.\n\. Odynères, par M. Wesmael. xiv. Orthoptères (nouveau genre de la famille des Manlides), par M. Serville. 20. Otloryncliiis (leurs mœurs), i.xx. Ouvrages offerts, i, vi , xii , xiv, xvi , xxxvti , xi.ui , xlvii , XLVIII, LUI, LVIl, LIX, CI. Pachyioscelis (observations sur les Aranéides de co genre) , par M. Lucas. 569. Pachypus excavatus, ^ar M. Fcisthamel. sSy. Pangonie (notice sur ce genre), par M. Macquart. 429- Perforation (Observations au sujet des organes de la), par M. Doyère. xvii. Phoraspis (Monographie de ce genre), par M. Emile Blan- chard. 271. Pkoraspis (remarques faites par M. Doumerc sur quelques espèces de ce genre), xlvi. Porcellion (espèce nouvelle de), vi. Procrustes corlaceus (larve voisine de celle de cet insecte), lv. Purpuricenus (description d'une nouvelle espèce de ce genre), par M. Duponchel. Sog. Pyrale de la vigne (ses ravages), xxxviir, lx. Pyralis piUeriana (Hubner). xvi. Rapport sur le Mémoire de M. Julien Desjardins par M. Ser- ville. 243. Réaumur (Lcllre écrite de la main de), xxxix. cxxviii ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Rkynchitcs Bacchus (dégâts occasionéà par cet insecte), lvi. Satyre (descriplion de deux nonveiles espèces de ce genre) , par M. Pierret. 5o3. ' Scarabeus Dejean'd. xlviii. Scolyles (observations sur la cause de la mortalité des ar- bres dans le parc de Vincennes , attribuée 5 ces insec- tes). SgS. Scolyles (Ravages des), ii. Séances, i, vi, ix, xiv, xvi, xxxvii, xini, xi.viii, lui, iah, LIX. Sociétés Entoraologiqnes (Essai pour servir h l'histoire des), par M. Laporte de Castclnau. 5. Sons insensibles produits par les insectes, par M. Gou- rcau. /107. Sphinx Nerii (découverte de ce Sphinx sur la pervenche). XLV. Stridulation des insectes (Essai snr la), par M. Goureau. 5). Stridulation des insectes (Note sur la), par M. Goureau. 397. Stridulation des insectes (Observations sur quelques parti- cularités de la), par M. Solier. 199. Teignes (notice sur deux espèces qui attaquent l'olivier), par M. Boyer de Fonscolombe. 179. Vropterix sambucaria (notice sur la Chenille de cette espèce, et sur la manière dont elle construit sa coque), par M. Bottin Desyllcs. l^o\. Xyiopliagea (dégâts causés par ces insectes), lix. Zconie (essai sur ce genre), par M. Morisse. l^x']. Zygœna (observations sur l'engourdissement des petites chenilles de ce genre), lxi. .t/tnt/^ fa X^i' i'ittttntoioqiquc lie Irattce . l :> l rocal I l S Icnliscaria flo/ii. 5 4 •'^''tt.'VIlHI" Srlcnis Aiit'r.r 06 SalvniS \l)(l-ol-kaHor /'/<■/■. \rivus Aluiicori-aiviis /iiv. 8 /\OHriia /uliin.i /'/<■/■ -Un. de la Soc. £,itotno/o(fi,fne de Fr T. ri. PI. 2'. Pat,;,/ ,M ■|0\O(J(-r-a denlirulala AWv . hnpi-l'Je loin,,,. Ani, ,ie la Xn- . l:nh.rd. W/,-«;.y /«y. fiun^nil .rculp liiifi "" Je Folliau ■ -//(/( ,/.- 1,1 Xn. Kniomolo.ii.iiie i/e Jr /: //. J'I. t! Maruepinu-. ^fiu,. Suménit j;-ulf>. 1. I.i 1)0 II 11 la Olt/m/iio h 2 itU'D) Dh/m/'iii y .") uli'ill liruniu'u î //«/.''• ,/,' folli, An/t^ t/e/tiJoc. Entonvoloif itfiie df France. T.V[.n.-j. Auq Puiuéiul .icn/fi i-b dert/i' Kurvchorii (S .ftiiii'nt l'oo'oli.xlis y^i.") idem Adolostoiua //iifi'f Je Follum /(/i. lie liiJocAnionio/oifufue Jef'ra/tce- rtheleim/ Je/. luif Dutnénil .rcvip. 1. AoM'oti» I ï//ù>r\r il i 2. idem uï o S.II.icleiin l.atenipi 4- Tinoa OLiveUa j id. OleelUtKt vi. Ag'rihi» l'ïridis i5. Vrocvns^Kcf. Duponchelii 14 i;').PacIj\pus E.vawatJis Ifnp'^' lie t'ai lui tt . ,/,. ta Soflintomoloiiù/ue ,1e l-hwuv 7:17. PI T^a^yejv puiœ luç. J)uménil se- /,np •■ <7e 7i,/7,au I J/in. lie la S/>.iy>i'rj-a /,„/,'• Ji- /«///« > Ann a «•'•".'tv.:' S (2- ^ M ♦ * DlaiwAard pùur ■ .,/„,^. Dumenil se 1. PhoTaspis bitpoa/it ■_» k1 /f/iri/ic- ."> h\ /i,i/i//ie/i/iit . 4 \à.yà,fau>d'a i> id. /<■»/•(>-' f/e /•'oUitiu ./n/i. df ia S»t- Kntomolo^ttfue de FtHxnce 7i>m. VI . Plia. tiio /}ti/né/u/ J-Cliip . 1 Allllux-llai'is /«o//,,-/,,. /lo,x,/imal ■-■ t'lc()|)liail;l S,;raln 7r,;UcU,- .'). Voonlia ///w/Av. //Vii-z/w/,,,/ + l'iii'piiricTniis /.oifyi /)ii/win/ie/ .) Sntvriis .l/;,i/i,, 1(1 nii/ri/n;!' h (), 7, }), <),io, 11, (!"" { ii/i^';sî;':-â:^ ,;^^ :mm^::.&: ,-^v, .■^••. ^i^ ■'■•..■.; :., T^^W:^^^"^^ ■V -* .. «VW SMITHSONIAN INSTITUTION LIBRARIES 3 9088 00843 4102 '^ -^t ' .^^. ïi '?**'^^ -s- «t.- *«v^;#-: